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Les diocèses de France

ANALES DE LA Société des Missions Etrangères SOMMAIRE LES DIOCÈSES DE FRANCE ET LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES.
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    ANALES
    DE LA

    Société des Missions Etrangères

    SOMMAIRE

    LES DIOCÈSES DE FRANCE ET LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES.
    M. Guerlach, provicaire apostolique, supérieur de la mission de Kon Tum. LE MERVEILLEUX ANNAMITE par M. Souvey. Malacca : INCENDIE DE L'ÉGLISE DE KUALA LUMPUR. Cochinchine Orientale : UN DIMANCHE A KIEU-DONG, lettre de M. Perreaux. Birmanie Méridionale : HISTORIQUE DES STATIONS CHRÉTIENNES par M. Luce. (fin). Kouy-tcheou : LE SÉMINAIRE Dioï, lettre de M. Williatte. DES SOUFFRANCES APOSTOLIQUES. NOUVELLES DIVERSES : Se-tchoan Oriental, Birmanie Méridionale. Nagasaki. Récompenses. BIBLIOGRAPHIE.
    Gravures : TROIS PORTRAITS DE M. Guerlach. CATÉCHISTE ET CHRÉTIENS DE M. Guerlach.

    France Anonyme Les diocèses de France

    ET LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS ÉTRANGÈRES

    LORSQUE les premiers évêques et les premiers prêtres de la Société des Missions Etrangères quittèrent la France, de 1660 à 1662, pour aller porter en Extrême-Orient la Bonne Nouvelle, ils furent immédiatement désignés dans les documents officiels ou privés, aussi bien que par le public, sous la dénomination, qui leur resta durant de longues années, de missionnaires français.
    Sans doute, quelques ouvriers apostoliques de notre nation avaient évangélisé ou évangélisaient la Chine et l'Annam, mais fort peu nombreux, puisque la très grande majorité des missionnaires du XVIe et du XVIIe siècle, portugais ou espagnols, appartenant tous à des Ordres religieux internationaux, c'est-à-dire qui se recrutaient ou pouvaient se recruter dans toutes les nations de l'Europe, étaient naturellement englobés sous le nom de leurs Congrégations respectives.

    NOVEMBRE DÉCEMBRE 1912, N° 90.

    Nouvelle venue, à peine fondée, la Société des Missions Etrangères offrait ce caractère spécial d'être exclusivement composée de Français, et sur la terre étrangère aussi loin qu'ils y voudraient aller, aussi longtemps qu'ils y pourraient vivre, ses membres gardaient tous leurs droits de Français, puisqu'un décret royal les déclarait régnicoles. On avait donc raison de les appeler des missionnaires français. Avec le temps, on a oublié ce nom ; avec les changements survenus dans les Congrégations religieuses qui se vouent à l'apostolat, il ne serait plus guère possible de l'employer pour les seuls membres de la Société des Missions Étrangères, et cependant la Société pourrait encore le conserver en toute justice. Car outre que les Lettres Patentes de 1775, qui fortifient et précisent celles de 1663, sont adressées aux Evêques, Vicaires apostoliques français, le Règlement général qui les accompagne déclare que : « L'on n'admettra dans la Société aucun ecclésiastique dont la langue maternelle ne serait pas le français, si ce n'est dans des cas rares et de vraie nécessité ». Et il faut bénir cette clause puisque sa formule générale permet à la Société de recevoir parmi les siens des fils de Lorraine et d'Alsace......
    C'est donc en France que les Missions Étrangères se recrutent ; tous les diocèses de France lui ont donné des prêtres, et à des exceptions si rares qu'il serait plus qu'inutile d'en parler, leurs chefs ont eu pour elles les sentiments que le cardinal Pie exprimait en ces termes:
    « La tribu sacerdotale ne se maintient et ne s'accroît chez nous que parce qu'elle fournit son ample contingent au recrutement apostolique. Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité. Les sacrifices que nous lui faisons de si grand cur seront le principe d'une bénédiction plus abondante et plus féconde pour nos missions indigènes ».
    Assurément, cette générosité des évêques envers les Missions Étrangères ne saurait s'apprécier par des chiffres, et quand on étudie la liste des missionnaires, que les divers diocèses de France nous ont donnés, on s'aperçoit bien vite des différences de résultats. Près de diocèses qui comptent 100 ou 150 représentants dans la Société, se placent des diocèses qui n'en comptent pas dix. D'où viennent ces différences? Des circonstances de temps, de lieux, des influences plus ou moins directes, des relations, des hommes, mais surtout de la volonté de la Providence, car en cette chose si haute et si noble qu'est la vocation apostolique, la Providence doit certes avoir le dernier mot et le plus décisif.
    Mais s'il est impossible de déterminer avec rigueur les causes humaines qui ont amené les jeunes lévites aux Missions Etrangères, il est facile de savoir en quel nombre ils sont venus, quels diocèses alimentent le plus abondamment l'apostolat lointain d'Extrême-Orient ; d'ailleurs il n'est ni sans charme ni sans intérêt de jeter un coup d'oeil sur le nombre des prêtres que chaque diocèse de France a fournis à notre Société.
    Depuis deux siècles et demi, le diocèse de la Propagation de la Foi, Lyon, nous a offert 198 missionnaires ; est-il donc en tête de la liste ? Le Puy pourrait lui disputer cet honneur, car avec sa population qui ne dépasse guère 300.000 âmes, tandis que celle du diocèse de Lyon approche de 900.000, Le Puy compte 153 noms apostoliques. Evidemment ceux qui aiment à décomposer les statistiques et à faire des moyennes, placeront Le Puy avant Lyon.
    Le diocèse de Rodez nous a donné 144 de ses prêtres, un grand nombre envoyés par le Cardinal Bourret, qui aimait tant à venir dans notre Séminaire et à y être entouré de ses fils dont il était si fier : « Je veux, s'écriait-il un jour, tout vibrant d'enthousiasme, je veux qu'on les mette aux avant-gardes, aux postes les plus périlleux, ces fiers enfants du Rouergue, solides comme le granit de leurs montagnes, ils sont mes fils, je veux qu'ils soient les premiers».
    Après Rodez, se place Besançon avec le chiffre de 126.
    Rennes, la tête de la Bretagne, en compte 113 ; Angers 95, il fut un temps un peu lointain déjà où le collège de Combrée nous adressait ses élèves presque par dizaines ; Nantes 81 ; Strasbourg 77, n'avais-je pas raison de dire que l'ancien Règlement a employé une formule heureuse, ses rédacteurs devinant sans doute que si la langue maternelle est française, le coeur l'est aussi.
    De Strasbourg à Bayonne la route est longue, mais le dévouement ne s'inspire pas des degrés de longitude ou de latitude, Basques et Béarnais sont presque aussi nombreux chez nous que les Alsaciens, ils atteignent le chiffre de 74 ; Paris également en a 74, et à ce diocèse où les besoins sont si grands, les oeuvres si multipliées, où les prêtres sont surchargés par un ministère si complexes, nous devons une gratitude spéciale.
    Cambrai a attendu longtemps avant de tourner vers nous ses regards et ses pas, mais il a marché vite, puisqu'il arrive à 73, le même chiffre que Saint-Brieuc qui commença longtemps auparavant. Nos missionnaires, originaires de Clermont, sont beaucoup moins nombreux que ceux du Puy, quoique leurs voisins, on en compte 71 ; Luçon, le centre du pays vendéen, en a 66 ; Coutances 65.
    Nous pourrions continuer, parcourant tous les diocèses de France, jetant à chacun une note de souvenir et un mot de reconnaissance ; nous nous arrêtons, préférant donner sans commentaires la liste que nous avons dressée du nombre des prêtres sortis des anciens diocèses de l'Eglise de France et des diocèses actuels, pour entrer dans la Société des Missions-Etrangères.1

    Lyon 198 Arras 28 Avignon 10
    Le Puy 153 Rouen 28 La Rochelle 11
    Rodez 144 Grenoble 26 Amiens 9
    Besançon 126 Quimper 26 Lisieux* 2 9
    Rennes 113 Mende 25 Belley 8
    Angers 95 Saint-Flour 25 Carcassonne 8
    Nantes 81 Tulle 25 Orléans 8
    Strasbourg 77 Reims 24 Evreux 7
    Bayonne 74 Gap 23 Fréjus 7
    Paris 74 Toulouse 22 Marseille 7
    Cambrai 73 Bourges 21 Perpignan 7
    Saint-Brieuc 73 Viviers 21 Sens 7
    Clermont 71 Cahors 20 Valence 7
    Luçon 66 Verdun 20 Chambéry et
    Coutances 65 Versailles 20 Genève* 6
    Chambéry 64 Moutiers 19 Moulins 6
    Le Mans 58 (Tarentaise) Saint-Jean de
    Nancy 58 Digne 18 Maurienne 6
    Langres 57 Montauban 18 Meaux 5
    Metz 57 Tarbes 18 Nevers 5
    Poitiers 49 Chartres 17 Nîmes 5
    Bayeux 45 Laval 17 Troyes 5
    Séez 45 Limoges 17 Blois 4
    Annecy 40 Aire 15 Angoulême 4
    Autun 38 Tours 15 Avranches* 4
    Saint-Dié 38 Beauvais 14 Chalon- sur-
    Vannes 37 Agen 14 Saône* 4
    Albi 36 Montpellier 13 Pamiers 4
    Dijon 36 Aix 11 Tréguier* 4
    Saint-Claude 35 Auch 11 Saint-Malo* 4

    1. Les chiffres indiquent le nombre des missionnaires originaires du diocèse, sans tenir compte de l'incorporation ou de l'appartenance pour un motif ou pour un autre.
    2. Les astérisques indiquent les anciens diocèses supprimés lors du Concordat.

    Boulogne* 3 Vienne* 2 Oloron* 1
    Périgueux 3 Ajaccio 1 Orange* 1
    St-Pol-de-Léon* 3 Arles* 1 Riez* 1
    Soissons 3 Béziers* 1 Sisteron* 1
    Auxerre* 2 Dax* 1 Toul* 1
    Cavaillon* 2 Lescar* 1 Toulon* 1
    Châlons-sur- Mirepoix* 1 Uzès* 1
    Marne 2 Narbonne* 1 Pondichéry 1
    Embrun* 2 Nice 1 Ile de la Réunion 1
    Laon* 2 Noyon* 1 Ile Maurice 1

    Nous gardons l'espoir que la lignée des apôtres des Missions Etrangères se perpétuera de par tous nos diocèses français, que malgré les difficultés de l'heure présente elle trouvera des jeunes lévites dignes des aînés. D'ailleurs, à des yeux exercés et attentifs, l'avenir n'apparaît-il pas aujourd'hui moins sombre qu'hier, et si les rangs de la milice cléricale ne sont pas aussi serrés qu'il le faut souhaiter, des recrues assez nombreuses se préparent dans les petits séminaires à venir les renforcer.

    1912/281-284
    281-284
    France
    1912
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