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Les Annamites en France pendant La Guerre 1

Les Annamites en France pendant La Guerre Par le P. Raynaud, Missionnaire apostolique (fin). Impressions causées sur les Annamites par leur séjour en France. Si parfois les païens se moquaient de la religion, (nous avons dit plus haut le mobile qui les faisait agir), il leur arrivait aussi de prendre la défense des catholiques.
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    Les Annamites en France
    pendant La Guerre

    Par le P. Raynaud,
    Missionnaire apostolique (fin).

    Impressions causées sur les Annamites par leur séjour en France.

    Si parfois les païens se moquaient de la religion, (nous avons dit plus haut le mobile qui les faisait agir), il leur arrivait aussi de prendre la défense des catholiques.
    C'est ainsi qu'un jour un ouvrier français de l'arsenal de Tarbes eut l'audace de fouler aux pieds un crucifix, devant un groupe d'Annamites. Ce fut un païen qui s'interposa. Un couteau à la main il fit reculer ce misérable en lui disant : « Si tu le touches encore une fois, tu es mort! » A l'officier qui accourait pour arrêter la bagarre, il donna cette explication : « Mon capitaine, je ne suis pas catholique; mais j'estime beaucoup la religion et je ne permettrai à personne de l'insulter devant moi! »
    En bien des circonstances nous avons entendu des bouddhistes discuter entre eux sur la religion ; souvent les avocats de Bouddha étaient moins nombreux que les autres. C'est ainsi qu'un certain soir, debout près d'un baraquement, nous entendîmes la conversation suivante : « Pourquoi les Français viennent-ils chez nous prêcher la religion? Un grand nombre ne sont pas catholiques, on ne les voit jamais à l'église.
    Tu te trompes ; ils y vont tous; quand ils n'y vont pas c'est qu'ils n'ont pas le temps d'y aller.
    Comment peux-tu dire une chose pareille? S'ils allaient à l'église, tous se conduiraient bien; or on en voit qui mènent une vie très peu recommandable.
    C'est vrai cela; mais dans le fond, ils ne sont pas méchants comme les Boches par exemple.
    L'autre jour, j'en ai entendu un qui disait qu'il n'y avait pas de bon Dieu.
    Bah ! Manière de causer, voilà tout. Beaucoup de Français ont la bouche athée, mais le ventre est catholique (sic). Du reste, tu n'as qu'à aller te promener dans un cimetière, tu verras qu'il y a une croix sur chaque tombe. Si tu avais observé comme moi, tu aurais remarqué que tous les enfants dès leur naissance sont portés à l'église. Vers l'âge de dix ans, les petits garçons mettent une bande de soie blanche sur le bras gauche, les petites filles s'habillent tout de blanc, et les parents les conduisent à l'église.
    « Tu sais bien le chef bourrelier de l'Arsenal qui affectait de donner un coup de poing à son chapeau chaque fois qu'il passait devant la porte de l'église, eh bien ! Lui aussi a habillé sa petite fille en blanc, et lui-même ce jour-là a revêtu un costume tout neuf pour aller l'accompagner à l'église. Le soir il m'a même invité à prendre une tasse de café chez lui. Il était rayonnant de joie. Il m'a demandé si j'étais catholique. Sur ma réponse que je ne le pouvais pas parce que mes parents étaient confucianistes, il s'est moqué de moi et m'a dit qu'en France tout le monde était catholique ».
    Ce qu'il y a de certain, c'est que bien des païens aimaient à assister à nos offices dans les belles églises de France. Quelques-uns ont affirmé n'avoir jamais laissé passer un seul dimanche sans aller à ce qu'ils appelaient la messe du soir, c'est-à-dire les vêpres ou le salut du Saint-Sacrement.
    Souvent la maladie les amenait dans les hôpitaux où ils étaient à même d'apprécier le dévouement des religieuses, dévouement qui ne se trouve à un degré tel que dans la religion de Celui qui a dit : « Ce que vous ferez au moindre de ces petits, c'est à moi-même que vous le ferez ».
    Enfin, comme l'écrivait Mgr Gendreau, le vénérable Vicaire apostolique du Tonkin occidental : « Ils ont été témoins de l'intérêt que, de près comme de loin, les missionnaires portaient à leurs ouailles ».
    Nous osons espérer, en terminant, que le séjour en France des Indochinois leur aura été profitable à de nombreux points de vue. Même au point de vue industriel et commercial, ils auront appris la nécessité de s'associer pour mettre en commun leurs ressources pécuniaires. Ils auront compris la nécessité de s'instruire de plus en plus dans toutes les branches de la science, afin de devenir des hommes utiles à la société. Ils retiendront aussi que tout ce qu'il y a de beau, de grand, de noble en France, c'est à la religion principalement que la France en est redevable ; que la civilisation, basée sur le catholicisme avec ses dogmes si solides et sa morale si pure, est la seule civilisation digne de ce nom, capable de conduire les peuples dans la voie du progrès, de donner à l'individu la lumière et la force nécessaires pour atteindre son maximum de développement intellectuel et moral.
    Répétons que cette impression qu'ils ont emportée de la France eût été bien meilleure, si les milieux dans lesquels beaucoup d'entre eux ont été placés n'avaient pas été des pires au point de vue moeurs et idées.
    Si parfois ils ont vécu de mauvais jours durant le temps qu'ils ont passé dans notre patrie, ils songeront sans doute qu'ils ont souffert pour une noble cause et que leurs souffrances n'ont pas été vaines, puisqu'elles ont contribué à obtenir la grande victoire. La douleur, qui a fait réfléchir tant de pauvres égarés durant le cours de cette guerre, sera profitable à chacun d'eux.
    La mort édifiante de tous ceux qui ont reçu la grâce du baptême au moment suprême, celle de plusieurs anciens chrétiens admirables de patience et de résignation, pèseront dans la balance de la miséricorde divine, et obtiendront des grâces abondantes et décisives pour une plus rapide extension de la foi catholique en Indochine.

    NOTICE

    Sur les auxiliaires laïques ou frères coadjuteurs de la Société des Missions Etrangères de Paris.

    La Société des Missions Etrangères de Paris se compose d'Evêques, de Missionnaires et d'Auxiliaires laïques ou Frères coadjuteurs.
    Son but spécial étant la prédication de l'Evangile et l'établissement de l'Eglise parmi les nations infidèles, telle doit être aussi, dans la mesure de leurs aptitudes, la fin que se proposent les Auxiliaires laïques en s'unissant à elle. Si, comme il convient, il sont poussés à se dévouer au service de la Société, par le désir de leur propre sanctification, ils peuvent être assurés d'y rencontrer les moyens les plus aptes pour l'obtenir, tout en ayant la satisfaction de coopérer, chacun selon ses forces, à la continuation de l'Oeuvre commencée par Notre Seigneur Jésus-Christ sur la terre.
    « La Société dit le Règlement général, art. V, n'ayant d'autre raison d'être que les missions étrangères dont elle porte le nom, dirige tous ses efforts vers ce but unique. Toutes ses oeuvres, tous ses établissements n'ont d'autre fin que la propagation de l'Evangile et l'établissement de la religion chrétienne dans les pays infidèles. Tous ses membres, quel que soit le poste que la Providence leur ait assigné ou la fonction qu'ils remplissent, concourent à l'oeuvre commune, et peuvent, à juste titre, se glorifier d annoncer Jésus-Christ aux nations...»
    N'étant pas appelée au ministère de la prédication, les Frères coadjuteurs, soit en France, soit dans les Missions, contribuent au résultat général de l'Oeuvre surtout par la prière et par le soin du temporel.
    Pour embrasser cette vocation, un postulant doit donc avoir, outre la volonté générale de tendre à sa perfection, un désir sincère de coopérer à la conversion des infidèles, à l'extension du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et une détermination fermé et bien résolue de servir avec dévouement la Société qui se consacre exclusivement à cette oeuvre si importante. Pour cela, il doit être dans la disposition d'accepter avec une complète indifférence ci en vue de Dieu, tous les travaux et toutes les fonctions qui lui seront assignés par les Supérieurs.

    Du Noviciat. Les Coadjuteurs font régulièrement deux années de noviciat qui sont comptées à partir de leur entrée au Séminaire des Missions Etrangères. Pendant ces deux années, outre les exercices de piété qui leur seront prescrits: ils seront appliqués à un travail conforme à leurs aptitudes.

    Agrégation à la Société. Après deux années dé noviciat, s'ils réunissent les conditions requises au point de vue de la piété, de la santé et des aptitudes nécessaires pour leur rôle à remplir dans l'oeuvre générale ; s'ils ont en outre la ferme volonté de persévérer dans leur sainte vocation, les Coadjuteurs sont appelés à faire le voeu annuel de Chasteté, et le bon propos solennel de pratiquer l'obéissance et la pauvreté, selon les règles et l'esprit de la Société des Missions Etrangères.
    Après le bon propos solennel, les Auxiliaires laïques sont considérés comme membres de Lia Société, mais ils ne sont définitivement agrégés qu'après avoir accompli une seconde probation qui est régulièrement de trois ans.
    A partir de ce jour, ils ont droit à être entretenus et assistés dans tous leurs besoins. La Société ne pourra être déliée de ses engagements vis-à-vis d'eux, ni par la maladie, ni par les infirmités, même perpétuelles, qui pourraient survenir à ceux qui, après le noviciat et la probation ont été définitivement agrégés.
    Ceux-ci ne perdraient leur droit de membres de la Société que s'ils encouraient, pour des fautes très graves, une sentence d'exclusion,

    N.-B. En entrant daus la Société, et même après leur agrégation définitive, les Coadjuteurs conservent la propriété exclusive et la libre disposition des biens qu'ils possèdent ou qui viendraient à leur échoir dans la suite.
    1922/12-18
    12-18
    France
    1922
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