Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Les Américains à Nagasaki

NAGASAKI (Japon). Les Américains à Nagasaki Lettre de Mgr COMBAZ Evêque de Nagasaki.
Add this

    NAGASAKI (Japon).

    Les Américains à Nagasaki
    Lettre de Mgr COMBAZ

    Evêque de Nagasaki.

    Quelques jours avant Noël 1917, sont arrivés à Nagasaki près de 300 ingénieurs civils américains du « Russian Railway Service ». Leur séjour de plusieurs mois a donné à la ville une animation particulière. Notre chère paroisse s'en est ressentie par la présence parmi eux de près de 80 catholiques, dont le lieutenant-colonel du détachement. Leur première apparition à l'église fit sensation. Les bancs du côté de l'Évangile leur avaient été réservés ; mais lorsque les chrétiennes japonaises, habituées au pas léger de leurs maris ou frères, entendirent des souliers marteler le plancher de la vieille cathédrale, et qu'elles virent s'avancer en rangs ces hommes à haute stature, ce fut un sauve-qui-peut dans la nef latérale.
    Leur fidélité à remplir leurs devoirs de chrétiens a été une source d'édification ; la manière dont ils s'approchèrent des sacrements à Noël leur gagna l'estime des bons chrétiens japonais, si peu habitués à de tels spectacles.
    Les Américains, eux aussi, qui n'avaient aucune idée du catholicisme au Japon, étaient émerveillés de voir aux offices ces assistances japonaises si nombreuses et si pieuses. Leur séjour fut plus long qu'ils ne l'avaient pensé, mais leur assiduité à l'église ne se démentit pas.
    Parmi eux signalons deux figures surtout, bien sympathiques : un Américain Canadien aux ancêtres français et parlant lui-même le « français d'antan ». Logé près de la cathédrale, il venait presque chaque jour et assistait à la messe en faisant une visite au Saint-Sacrement. Zélé, il amenait à confesse des « garçons » un peu en retard. Un jour, il vint avec des «garçons» qui allaient appareiller : « P'tet bin, qu'ils ne pourront se confesser de longtemps », nous dit-il. Le lieutenant-colonel aussi venait le matin de bonne heure et le soir assez tard. Sans doute, craignait-il les coups de soleil, pensaient quelques-uns ; en réalité il voulait veiller sur ses hommes, et il attendait le soir pour rendre visite au vicaire général, et de bonne heure le matin il allait recevoir la sainte communion.

    1919/4
    4
    Japon
    1919
    Aucune image