Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

L'Ecole industrielle de Coimbatore

L'Ecole industrielle de Coimbatore A 100 mètres de la Cathédrale de Coimbatore, dans la « Grande rue des Bazars », on voit un large portail avec cette inscription : « Ecole Industrielle Saint-Joseph ». Si l'on y pénètre, on est un peu abasourdi par le ronflement des machines ; plusieurs centaines d'ouvriers travaillent activement à leurs établis. L'impression qu'on ressent est celle d'une activité intense, en même temps que de forte discipline et de travail ordonné.
Add this
    L'Ecole industrielle de Coimbatore

    A 100 mètres de la Cathédrale de Coimbatore, dans la « Grande rue des Bazars », on voit un large portail avec cette inscription : « Ecole Industrielle Saint-Joseph ». Si l'on y pénètre, on est un peu abasourdi par le ronflement des machines ; plusieurs centaines d'ouvriers travaillent activement à leurs établis. L'impression qu'on ressent est celle d'une activité intense, en même temps que de forte discipline et de travail ordonné.
    A droite sont les bureaux. D'abord celui des secrétaires : trois Indiens sont penchés sur de grands livres et la caisse est tenue par un Frère du Sacré-Coeur. Puis le bureau du Père Directeur, propre, spacieux ; le Père travaille dur ; il examine les papiers, discute les commandes, écrit des lettres, reçoit des visites, et, au milieu de toutes ces occupations, ne cesse de jeter un oeil vigilant sur les différentes sections d'ouvriers occupés à l'ajustage, la menuiserie, la charpente, la forge, etc. Suspendu au mur, le portrait du fondateur de l'école, le P. Petite, maintenant un beau vieillard de 77 ans, attire le regard du visiteur.
    C'est en 1900 qu'il débutait ici, dans des bâtiments étroits et avec un personnel très restreint. Il s'était rendu compte de la nécessité de donner aux orphelins, dont il avait alors la charge, des occupations utiles et pratiques : il acheta donc quelques métiers de tissage, quelques machines à coudre ; ainsi, pensait-il, ils apprendront un métier et, lorsqu'ils quitteront l'orphelinat, ils seront en mesure de gagner leur vie. L'école industrielle devenait ainsi partie intégrante de l'éducation des orphelins.
    Une telle oeuvre, de par l'idée même qui l'avait fait surgir, était appelée à prospérer et à devenir un auxiliaire de plus en plus précieux pour la Mission. En raison du nombre toujours croissant des chrétiens, les Pères furent amenés peu à peu à agrandir l'école et à y admettre des ouvriers de l'extérieur, chrétiens et païens. On ne doit pas oublier que la plupart de nos convertis sont pauvres, vivant dans des conditions parfois misérables, et qu'ils attendent du catholicisme, en plus du bienfait de la foi et des avantages spirituels, certains secours matériels qui les aideront à vivre, car il est bien vrai, comme le dit Saint Thomas, qu'un minimum de bien-être est nécessaire à la pratique de la vertu.
    Il s'agissait donc de procurer du travail à de nombreux chrétiens ou à certains catéchumènes en quête d'emploi. L'Ecole devint ainsi le gagne-pain de beaucoup d'indigents. Le nombre des ouvriers alla croissant ; il atteint aujourd'hui 300.
    Si l'Ecole apporte une aide matérielle aux malheureux, elle attache une importance bien plus grande aux bienfaits spirituels qu'elle procure à ceux qu'elle emploie. Par la discipline qui les régit, par le dévouement dont on les entoure, par la prière qu'on leur fait réciter avant le travail, comme par le contrôle qu'on exerce sur eux, on leur donne une formation qui ne les rive pas au simple profit, ni au machinisme qui est à leur disposition.
    Aussi cette Ecole rayonne à l'extérieur par la sympathie qu'elle attire et par la confiance qu'elle inspire. Son bon renom est répandu dans les hautes castes païennes et parmi les Européens. La Municipalité, les grandes industries, les services gouvernementaux, lui adressent leurs commandes. Et cela importe comme moyen de pénétration dans les milieux païens ou protestants, pour lesquels il nous faut des procédés d'apostolat adaptés et variés.
    Les missionnaires n'auront jamais assez d'oeuvres qui les aident à avancer dans la conquête des âmes, et, lorsqu'on songe aux services que rend, à ce point de vue, l'Ecole industrielle, on ne peut que remercier ceux qui l'ont créée et ceux qui lui consacrent aujourd'hui tout leur dévouement.

    Fr. AUDIAU,
    Missionnaire de Coimbatore.

    1935/126
    126
    Inde
    1935
    Aucune image