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Le vieux Goa de Saint Francois Xavier

Le vieux Goa de Saint Francois Xavier Le R. P. Robert écrit des Indes à la date du 30 décembre dernier : « Nous n'avons passé que 24 heures à Panjim et Goa, mais c'est bien suffisant pour visiter tout ce qu'il y a à voir.
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    Le vieux Goa de Saint Francois Xavier

    Le R. P. Robert écrit des Indes à la date du 30 décembre dernier : « Nous n'avons passé que 24 heures à Panjim et Goa, mais c'est bien suffisant pour visiter tout ce qu'il y a à voir.
    Le Patriarche était absent et ne devait rentrer que le 1er janvier, mais son Vicaire Général et son Secrétaire Nous ont admirablement bien reçus. Hier matin, à 6 h. 1/2, nous avons dit nos messes sur le tombeau de saint François Xavier, consolation bien douce pour un missionnaire, car saint François Xavier fut sur la terre le plus grand des missionnaires et il est au ciel notre meilleur protecteur et patron. Aussi ai-je célébré la messe à toutes les intentions du vénéré Supérieur de notre Société, portant dans mon coeur celles de tous nos missionnaires, celles de nos aspirants, de nos frères, de nos bienfaiteurs.
    Le territoire de Goa à une population de 500.000 âmes, dont 200.000 sont catholiques. Le diocèse a 600 prêtres et le séminaire (petit et grand) a 200 élèves.
    Dans l'île de Panjim, il y a 30 paroisses, quelques églises très belles.

    Mars Avril 1929, n° 186.

    Panjim (New-Goa) est à 15 kilomètres environ de la vieille cité de Goa. Le Patriarche habite Panjim, dans un palais du Gouvernement, sur la colline qui domine le port.
    Le vieux Goa est déserté depuis bientôt 200 ans. Il reste encore la Cathédrale où chaque jour les chanoines viennent réciter et chanter l'office, exactement comme dans nos cathédrales de France. Immense église de style roman elle est dédiée à Sainte Catherine car c'est en la fête de cette sainte, le 25 novembre 1510, que le grand Alphonse Albuquerque s'empara de Goa occupé par les Mahométans.
    Les couvents des Franciscains et des Augustiniens sont en ruine, il n'en reste que quelques pans de muraille. Le couvent des Franciscains est une immense construction qui s'en va de toutes parts : il n'en restera pas grand chose dans vingt ou trente ans. La chapelle de ce couvent est très grande et très belle, mais la voûte menace ruine. L'église des Théatins est fort jolie, mais le couvent n'est plus qu'à l'état de souvenir. Le couvent de Sainte Agnès est encore un de ces établissements en voie de disparaître. C'est une formidable construction, plus grande que l'ancien séminaire de Saint-Sulpice. Dans la chapelle une église plus qu'une chapelle on vénère encore une croix miraculeuse : Notre Seigneur aurait été vu pleurant sur cette croix. Les Goanais viennent nombreux prier devant elle.
    La résidence des PP. Jésuites et l'église de saint François Xavier forment un groupe imposant, le seul qui soit bien conservé et bien entretenu. C'est là, dans cette église, que se trouve le corps du grand apôtre des Indes, enfermé dans un tombeau recouvert d'argent, au dessus du maître-autel. Ce monument est ainsi disposé que sur ses quatre côtés il y a un autel, en sorte que quatre prêtres peuvent en même temps célébrer la sainte messe devant les insignes reliques du patron des missions.
    Tous ces sanctuaires du vieux Goa sont infiniment riches comme décors et dorures.
    L'ancienne cité de Goa avait, clans ses jours de grande prospère rite, une population de 300.000 âmes. Il ne reste rien, rien, de ce qui fut l'ancien Goa, si ce n'est ce que je viens de nommer. Tous les ordres religieux ont disparu, et pour garder les monuments qui restent encore il n'y a que quelques gardiens goanais. Les chanoines de la cathédrale y occupent ponctuellement leurs stalles, mais la messe chantée et l'office psalmodié, ils se hâtent de regagner leurs résidences à quelque 3 kilomètres de là.
    Goa a été visité par la peste il y a 200 ans : la population, décimée par la mort, a pris peur : la ville fut désertée et tout est tombé en ruines.
    Les missionnaires m'ont assuré que le pays est toujours fiévreux et c'est la raison pour laquelle, même à cette heure, personne ne peut rester à demeure sur l'emplacement de l'ancienne cité. J'ai quelque idée que la peur est présentement le seul mal qui empêche les gens de se fixer dans le vieux Goa. La terreur des anciens jours continue à hanter tous les cerveaux. Le vieux Goa est délicieusement situé sur un bras de mer, le « back water », et il y a, de la mer au sommet des collines, une pente très douce mais cependant bien marquée. Rien de plus facile, à mon sens, que de rendre la vie à l'ancienne cité en ouvrant des rues très larges et en s'inspirant des meilleures méthodes de l'urbanisme colonial. Il y faudrait dépenser quelques dizaines de millions de roupies, et, pour le Portugal, c'est un chiffre !
    Toujours est-il que ces grandes et belles reliques religieuses, dans ce désert, produisent sur l'âme catholique une impression de grande tristesse.
    Par contre, une note consolante est donnée par les 200.000 fidèles du Patriarcat de Goa. Trois jours plus tard, j'en recueillais l'écho sur les lèvres du Supérieur des Capucins français d'Ajmer. Parlant des catholiques du « patroado », il n'a pas hésité à affirmer que les chrétiens formés par les anciens Portugais étaient incontestablement les meilleurs catholiques des Indes. C'est bien l'impression qui m'est restée, à moi aussi, après la visite que j'ai faite à Cochin, Ernaculam et Mylapore ».

    1929/50-51
    50-51
    France
    1929
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