Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Le Triduum en l’honneur de nos Bienheureux

ANNALES DE LA SOCIÉTÉ Le Triduum en l’honneur de nos Bienheureux 11, 12, 13 Juin 1900 Selon les rites de la sainte Église un Triduum d’actions de grâces peut être célébré en l’honneur de ceux que le Souverain Pontife a béatifiés ou canonisés. Le Séminaire est heureux de profiter de cette faveur pour honorer nos Martyrs, et remercier Dieu de la grande grâce accordée à toute la. Société. Il fixe cette fête aux 11, 12 et 13 juin.
Add this
    ANNALES DE LA SOCIÉTÉ

    Le Triduum

    en l’honneur de nos Bienheureux

    11, 12, 13 Juin 1900

    Selon les rites de la sainte Église un Triduum d’actions de grâces peut être célébré en l’honneur de ceux que le Souverain Pontife a béatifiés ou canonisés.
    Le Séminaire est heureux de profiter de cette faveur pour honorer nos Martyrs, et remercier Dieu de la grande grâce accordée à toute la. Société. Il fixe cette fête aux 11, 12 et 13 juin.
    Mais comme les foules qui voudront vénérer nos Bienheureux ne pourront trouver place dans notre petite église, l’église de notre paroisse, dédiée à saint François Xavier et située sur le boulevard des Invalides, s’ouvre pour elles, le lundi 11 juin à 9 heures du matin.
    A l’entrée du chœur, sur des gradins ornés de fleurs et de lumières, douze châsses contiennent les reliques de douze Bienheureux.
    Près d’elles, se tiendront comme des gardes d’honneur, des Directeurs du Séminaire et des aspirants, qui se relayeront pendant toute la journée.
    Près des châsses placées à droite, flotte une gracieuse bannière : d’un côté, sur fond blanc, elle porte, artistement brodée, la statue de la Vierge, reine des Martyrs; de l’autre, peints sur fond rouge, les portraits des neuf évêques et prêtres français et de deux prêtres indigènes.
    Le tableau représentant l’apothéose des Martyrs est dans l’arcade du chœur, un peu en arrière de l’autel: au sommet le Christ vainqueur de la mort triomphe dans une gloire resplendissante; près de lui la sainte Vierge et saint Joseph contemplent, dans un groupe d’exécution parfaite les 49 Martyrs qui chantent les louanges de Dieu ; les BB. Dufresse, Borie et Gagelin, debout dans l'attitude du ravissement, représentent les trois groupes des missions auxquels appartiennent tous les Martyrs ; autour d'eux eux gravitent les six autres prêtres français, que suivent, comme un bataillon d'élite, dans leur costume multicolore, les Annamites et les Chinois au premier plan la B. Agnès Tsao-Kouy, à genoux, rayonnante de foi dans son vêtement bleu de ciel à broderies jaunes et brunes, est placée près du B. Chapdelaine dont elle avait voulu partager le supplice.
    Au bas du tableau, l'artiste a jeté les instruments de supplice : cangue, tenailles, fouets, chaînes de fer que les Bienheureux semblent offrir à Dieu, pendant que, dans le lointain des nuées, des anges leur apportent des palmes et couronnes. Merveilleux échange que seule la toute-puissance divine pouvait promettre et donner.
    Non loin de ce tableau, un peu en avant, se lisent, tracés en grandes lettres d'or, les noms de tous les Bienheureux.
    Dans l'église, des tentures de velours rouge, sur lesquelles tombent des cordelières et des glands d'or, ferment à moitié les grandes baies du pourtour de la nef, mais sans recouvrir ces colonnes cannelées qui sont une des beautés architecturales de Saint-François-Xavier ; au-dessus courent des inscriptions : Te martyrum candidatus laudat exercitus. Beati qui lavant stolas suas in sanguine Agni ; sur d'élégants cartouches ont été peints les chiffres des Missions-Étrangères et les noms des contrées lointaines, patries de nos Bienheureux : Tonkin, Cochinchine, Chine ; enfin, dans le transept, de longues et larges oriflammes portent les instruments de supplice et appendu aux tribunes apparaît le cachet du Séminaire : Notre-Seigneur debout au milieu d'une moisson prête à cueillir.
    Ce premier jour du Triduum, Son Excellence Mgr Lorenzelli, nonce du Souverain Pontife, a célébré la messe pontificale. Il fut reçu à l'entrée de l'église par M. le Supérieur du Séminaire, auquel M. le curé de la paroisse avait absolument voulu céder cet honneur, et qui remplit l'office de prêtre assistant. Quelle joie d'entendre chanter par le représentant du Souverain Pontife et par les futurs missionnaires la première messe des martyrs ! Dans le choeur sont groupés Mgr Biet, Vicaire apostolique du Thibet, Mgr Pineau, Mgr Gendreau, tout le clergé de la paroisse Saint-François-Xavier, ayant à sa tête le vénérable et sympathique curé, M. Gréa, qui assistera à toutes les cérémonies avec une scrupuleuse exactitude et une édifiante piété, les Directeurs du Séminaire des Missions Étrangères et d'anciens missionnaires.
    Dans le transept sont massés tous les aspirants de nos deux communautés de Paris et de Bièvres ; dans la nef, les fidèles, et parmi ces derniers, au premier rang, nous remarquons aujourd'hui comme nous les verrons pendant toute la durée de la fête, les associées de l'Œuvre des Partants.
    Après la messe, les assistants s'approchent des châsses pour vénérer les reliques des Martyrs ; ils baisent celles qui sont contenues dans deux reliquaires spéciaux, dont l'un restera à l'église Saint-François-Xavier en témoignage de notre gratitude, puis ils reçoivent une petite brochure élégamment illustrée qui résume la vie et la mort de nos 49 Bienheureux.
    Les vêpres que présidait Mgr Potron, de l'Ordre séraphique, et auxquelles assistait Mgr Vie, Vicaire apostolique du Kiang-si oriental, ont été fort bien chantées par le noviciat de Saint-Lazare.
    Le discours a été donné par Mgr Demimuid, directeur général de l'Œuvre de la Sainte Enfance dont voici les premières paroles :

    C'est un beau et glorieux jour, pour une famille religieuse, que celui où l'un dé ses enfants, dont les vertus étaient depuis longtemps honorées, et la puissance invoquée dans le secret des cœurs par ses frères, est solennellement placé sur les autels et publiquement proposé par la voix du Souverain Pontife à la vénération et au culte de l'Église.
    Mais aujourd'hui, ce n'est pas seulement un membre de la vénérable Société des Missions Étrangères qui est proclamé Bienheureux, c'est toute une foule, turbam magnam, dont on pourrait presque dire qu'on a peine à compter ceux qui la composent et qu'ils sont de suite les rois de toutes les tribus et de toutes les langues : ex omnibus gentibus, et tribubus et linguis (Apoc.,VII, 9) qui s'avance et nous apparaît sur le seuil du Ciel, et tous ces Bienheureux se penchant et inclinant leurs palmes vers la sainte maison dont tous ils se réclament et sont, à des titres divers, les disciples et les enfants, la bénissent et projettent sur elle un reflet de la gloire dont ils sont investis.
    Parmi eux toutefois, il en est, si je ne me trompe, qui lui font plus spécialement honneur : ce sont les deux évêques et les sept missionnaires français qui se sont formés aux labeurs et aux luttes de l'apostolat dans ce pieux asile, qu'on a si bien nommé le Séminaire des Martyrs.
    C'est à leur mémoire que je voudrais consacrer ce discours, m'attachant à les peindre sous les traits qui leur sont communs à tous et qui permettent de les grouper sur un tableau d'ensemble, où, en conservant chacun la physionomie qui lui est propre, ils nous apparaîtront, je l'espère, comme des frères du même sang.
    L'orateur montre d'abord comment nos martyrs se ressemblent par leur vocation, quels obstacles ils ont eu à vaincre pour la suivre; parlant des oppositions de la famille, il dit avec beaucoup de justesse :
    Dieu permit donc que tous ces Bienheureux eussent à traverser cette épreuve, — car c'en est une, pour un cœur bien né — de ne pouvoir suivre l'appel d'En haut sans contrister des êtres que l'on aime plus que soi-même et d'avoir à engager, contre eux, cette lutte où les blessures les plus sensibles sont certainement pour la piété filiale, lors même qu'elle en sort victorieuse. Sans doute le Ciel voulut ainsi épurer leur vocation et fortifier leur courage en vue des combats plus redoutables encore qu'il leur réservait dans l'avenir et du triomphe final qui devait couronner leur carrière.
    Puis il ajoute en exposant la raison dernière de la force apostolique de nos martyrs :
    Il n'en est pas un seul qui n'ait la conviction profonde d'être sur la voie que Dieu lui a lui-même tracée, et de répondre aux vues de la Providence sur lui.
    Or, c'est là pour un homme une grande force. On est quelquefois surpris quand on lit la vie des saints, des saints missionnaires en particulier, de l'apparente disproportion que l'on peut trouver entre les ressources dont ils disposaient et les œuvres qu'ils ont accomplies. C'est le cas de se rappeler le mot célèbre de sainte Thérèse : « Thérèse et trois ducats, ce n'est rien ; mais Thérèse, trois ducats et Dieu, c'est tout ». En effet, celui qui est dans la vocation que Dieu lui a réellement assignée n'est pas seul : Dieu est auprès de lui et travaille avec lui.
    Je comprends dès lors qu’un missionnaire qui se sait appelé de Dieu ne mette pas de bornes aux ardeurs saintement ambitieuses de son zèle et rêve de convertir le monde. Je comprends aussi la paix et la satisfaction qu'il ressent en son âme et que rien ne saurait troubler, ni danger, ni persécution, ni sensation même d'aucune sorte. Il sait bien que Dieu l'accompagne et l'assiste et qu'il peut tout avec l'aide de sa grâce.
    Le second point du discours débute par ces très hautes pensées :
    Nous n'essaierons pas de les suivre dans les péripéties diverses de leur apostolat en Chine ou dans l'Annam. Certes, plusieurs d'entre eux ont eu une vie de missionnaire admirablement remplie et dont le récit pourrait nous édifier et nous instruire. Mais tous les travaux, tous les prodiges de leur zèle pâlissent et disparaissent devant l'éclat d'une mort telle que la leur.
    Cette mort, d'ailleurs, a été, à le bien prendre, la plus grande œuvre de leur vie.
    Gardons-nous de croire que pour ceux-mêmes qu'elle a frappés dans la fleur de l'âge, elle est venue interrompre prématurément leur ministère et les empêcher de les mener à bien.
    Elle y a mis le sceau de la perfection et en a multiplié les fruits.
    Aux yeux de Dieu et aux yeux de la Foi, ils ne pouvaient rien faire de plus grand, de plus utile pour la cause qu'ils servaient que de lui offrir leur sang.
    Et après avoir nourri cette seconde partie de son discours comme la première de nombreux faits de la vie de nos martyrs, l'orateur termine par cette éloquente péroraison :
    O Bienheureux Martyrs, après avoir étudié votre âme en vertus, en souffrances héroïquement supportées, après avoir cherché dans ce spectacle une lumière pour notre esprit, une force pour nos volontés, nous recourons à vous, exaucez nos prières.
    Protégez-nous, bénissez-nous.
    Bénissez et protégez ces prêtres vénérables, dignes successeurs de ceux qui ont formé votre jeunesse et à qui vous devez d'avoir vécu et d'être morts comme vous l'avez fait.
    Bénissez et protégez ces jeunes gens qui brûlent de marcher sur vos traces et qui demain peut-être auront besoin d'un courage et d'une abnégation portés comme les vôtres jusqu'à l'héroïsme pour soutenir les épreuves et traverser les difficultés qui les attendent
    Bénissez et protégez ces fidèles qui se pressent aux pieds de vos restes vénérés et qui presque tous sont des bienfaiteurs de ces œuvres apostoliques destinées à venir en aide par des secours qu’elles voudraient plus abondants et plus dignes du but à atteindre, aux efforts et aux entreprises de ces admirables missionnaires.
    Enfin, puisque vous êtes tous Français, puisque tous vous êtes nés sur le sol de notre chère Patrie, protégez, bénissez la France. Obtenez lui de rester digne de son glorieux passé de nation chrétienne entre toutes et de voir sortir encore de son sein, des enfants semblables à ceux qui l'honorent par leur vie généreuse et au besoin par leur mort héroïque.
    Le soir, à huit heures et demie, à la bénédiction solennelle du Saint-Sacrement, le sermon du R. P. Gaffre, des Frères Prêcheurs, n'a pas été moins éloquent. Devant parler chacun des jours du Triduum, il étudiera le martyre sous un triple aspect : aujourd'hui les racines ou le motif vrai qui fait agir les confesseurs de la foi, demain les fleurs, c'est-à-dire les vertus que le martyre suppose, et mercredi les fruits ou les avantages qu'il procure.
    L'exorde est de grande allure.
    Il (1) y a deux choses, que l'homme ne peut regarder en face, le soleil et la mort. L'homme a besoin d'un voile qui lui cache la face hideuse de la mort ; l'explorateur qui va au-devant de la mort dans les régions polaires a les yeux voilés d'un pan du blanc manteau de la science ; le soldat, du voile du patriotisme, les passionnés du voile des passions.
    Et cependant les martyrs regardent la mort en face. Quelle en est la cause? Ce ne peut être l'exaltation, la gloriole de la publicité comme le pensent Renan et les rationalistes ; il faut en chercher la cause plus haut. C'est l'amour de Dieu et des âmes.
    Le second jour, mardi, la messe est chantée par Mgr Pineau.
    Le scolasticat (2) du Séminaire du Saint-Esprit a envoyé une députation de ses jeunes gens chanter la messe et les vêpres; leur chant, d'une harmonie grave et douce, semble faire grandir encore la ferveur d'une assistance nombreuse qui s'incline sous la bénédiction de Mgr de Courmont (3), de la Congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie.

    1. Nous citons ce texte de mémoire, par conséquent sans pouvoir garantir l'exactitude absolue des termes.
    2. Le Directeur du scolasticat faisait prêtre assistant et le maître de liturgie dirigeait les cérémonies.
    3. En remplacement du supérieur général de cette Congrégation, Mgr Le Roy, qui avait été appelé en Normandie.

    Mgr Morel, le directeur des Missions catholiques, nous retrace dans un large tableau la marche de l'Évangile à travers le monde ; la naissance de l'œuvre si utile de la Propagation de la Foi, dont il est le représentant, il termine en citant les paroles les plus touchantes de quelques-uns de nos Martyrs.
    Dans son second discours, le R. P. Gaffre nous expose, avec la même chaleur que la veille, les fleurs de l'arbre du martyre : la foi, l'abnégation, la force. Quelle admirable gerbe il sait cueillir! C'est le grand acte d'humilité de Mgr Dumoulin Borie qui, après avoir entendu silencieusement la teneur du décret royal le condamnant à mort, se lève et dit gravement au mandarin : « Depuis mon enfance, je ne me suis encore prosterné devant personne, maintenant je remercie le grand mandarin de la faveur qu'il m'a procurée, et je lui en témoigne ma reconnaissance par cette prosternation ».
    Ce sont les paroles de femmes et d'enfants annamites ou chinois exhortant au sacrifice suprême leur mari et leur père.
    Mais tout passe, et souvent trop vite ! Nous voici déjà au troisième jour, Mgr Gendreau célèbre la sainte messe que chantent avec entrain les aspirants du Séminaire des Missions Étrangères.
    Les vêpres ont été les plus solennelles du Triduum grâce à la présence du vénéré Cardinal Richard, archevêque de Paris, dont la douce et ascétique physionomie fait répéter autour de nous : « On dirait saint Charles Borromée ».
    Déjà notre Séminaire avait eu, à midi, la joie de le posséder pendant quelques instants, et à M. Delpech qui lui demandait une bénédiction spéciale pour la communauté, il avait répondu avec l'aimable sourire qui ne le quitte jamais, « que s'il apportait sa bénédiction, il venait aussi en chercher auprès de nous, qui avions les mains pleines des bénédictions des Martyrs ».
    S. G. Mgr l'Évêque de Poitiers, interrompant un moment le cours de ses visites pastorales et des confirmations dans son diocèse, avait tenu à donner aux Missions Étrangères la joie et l'honneur de sa présence.
    A cet office assistaient également M. Fages, vicaire général du diocèse de Paris, M. Peuportier, promoteur et M. l'abbé
    Rivière, qui tous les trois avaient procédé à la reconnaissance des reliques de nos Martyrs.
    Deux directeurs du Séminaire, MM. Parmentier et Mathon, faisaient diacres d'honneur.
    L'orateur, Mgr Jourdan de la Passardière, prend pour texte ces paroles d'Isaïe : Coronans coronabit te tribulatione ; quasi pilam mittet te in terram latam et spatiosam ; ibi morieris et ibi erit currus gloriœ tuœ. Il y trouve la division de son discours : le premier point, l'évangélisation sur les terres lointaines au milieu de la tribulation ; le second, la mort; le troisième, la glorification.
    Pendant une heure, le pieux évêque nous tient sous le charme de son éloquence : les pensées les plus hautes enchâssent les plus beaux textes de la sainte Écriture, les faits les plus édifiants de la vie de nos Bienheureux sont racontés avec une émotion qu'inspire, on le sent, un désir ardent de glorifier Notre-Seigneur (1).
    A la bénédiction du Saint-Sacrement qui suit le sermon, on chante le Te Deum; il eût été plus naturel de le réserver pour le salut du soir, mais on a voulu profiter de la présence de Son Éminence, puis les vêpres étaient le dernier office strictement liturgique, et enfin le Cardinal avait eu l'extrême bonté, dans une lettre pastorale, d'annoncer qu'il clôturerait lui-même le Triduum.
    D'ailleurs la cérémonie du soir n'en a pas été moins belle.
    Par exception, la communauté de l'Immaculée-Conception y assistait. Pour la dernière fois, le Chant des Martyrs (2), avec l'admirable mélodie de Gounod, vibre sur les lèvres des aspirants des Missions Étrangères avec un enthousiasme communicatif, et les assistants emportés par un élan de sainte ferveur répètent eux aussi:
    Tous nous voulons gagner cette couronne
    Pour Jésus-Christ tous nous voulons mourir (bis).
    1. M. le Supérieur du Séminaire des Missions-Étrangères s’est empressé de demander aux orateurs de bien vouloir lui remettre leurs discours afin d’en publier le texte; déjà il e reçu celui de Mgr Demimuid, il espère recevoir bientôt les antres, alors tous ces discours seront réunis dans une brochure que nous tiendrons à la disposition de nos associés et de nos abonnés au prix de 0 fr.50.
    2. Pendant trois jours, il a été chanté avant chaque sermon, on avait fait quelques légères retouches aux paroles de M. Dallet, afin de les mieux adapter à la circonstance.
    Le R. P. Gaffre nous a exposé trois fruits principaux du martyre : fruit de patriotisme, de philosophie morale, de foi catholique.
    Le salut qui, le lundi, avait été donné par M. le Supérieur général de la Congrégation de Saint-Sulpice, le mardi par M. Meugniot, représentant le Supérieur général de Saint-Lazare, l’est aujourd'hui par le Supérieur du Séminaire des Missions Étrangères. On y chante une des hymnes composées à l’occasion de la Béatification de nos Martyrs:

    Retro mors abiit: transiit et dolor :
    Sanctorum lacrymas, propitia manu
    Abstergens Dominus, continuo nova
    Electis facit omnia.
    Par merces meritis : strenua martyrum
    Splendentem referunt prœlia lauream,
    Et fuso rosei sanguine, ceu stola
    Cincti purpurea nitent.
    « La mort a fui, la douleur a passé d’une main bienfaisante séchant les larmes de ses saints le Seigneur leur a, en un instant, donné la vie nouvelle des Élus.
    « La récompense est égale aux mérites : par des luttes courageuses nos Martyrs ont remporté une brillante couronne ; rougis de leur sang ils resplendissent, comme s'ils étaient revêtus d’une pourpre éclatante.»
    En vérité, pendant ces jours bénis, nous avons vu, par ce que l’Église de France renferme de meilleur, la glorification de nos saints missionnaires, et surtout de Notre Seigneur Jésus-Christ à qui, seul véritablement est dû tout honneur, tout amour et toute gloire.

    1900/176-187
    176-187
    France
    1900
    Aucune image