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Le triduum à Paris

Le triduum à Paris Les fêtes à Paris ont eu lieu les 21, 22 et23 juin. L'église Saint François-Xavier où elles ont été célébrées est décorée de bannières rouges rehaussées d'or. A l'entrée du chur, sur des tables ornées de fleurs et de lumières deux châsses contiennent les reliques des Bienheureux Théophane Vénard et Paul Tchen.
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    Le triduum à Paris

    Les fêtes à Paris ont eu lieu les 21, 22 et23 juin. L'église Saint François-Xavier où elles ont été célébrées est décorée de bannières rouges rehaussées d'or. A l'entrée du chur, sur des tables ornées de fleurs et de lumières deux châsses contiennent les reliques des Bienheureux Théophane Vénard et Paul Tchen.
    Le tableau représentant l'apothéose des Martyrs est placé dans l'arcade du choeur, un peu en arrière de l'autel : au sommet, des anges tenant des palmes et des trompettes semblent exalter les combats et les victoires des martyrs ; ceux-ci largement groupés dans leurs vêtements multicolores chantent les louanges de Dieu ; au bas du tableau l'artiste a jeté les instruments du supplice : tenailles, fouets, sabres, chaînes de fer.
    Dans le choeur sont groupés le supérieur et des directeurs du Séminaire des Missions Etrangères, le clergé de la paroisse, ayant à sa tête le vénérable et sympathique curé M. Gréa.
    Dans le transept sont massés des directeurs du Séminaire, des missionnaires et les aspirants de nos deux communautés de Paris et de Bièvres.
    Le lundi, la messe est célébrée pontificalement par Mgr Le Roy, Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit Le panégyrique est prêché à vêpres par M. l'abbé Poulin. Tout Paris connaît l'éloquence vigoureuse, rapide, pleine d'onction, pénétrée de piété du curé de Notre Dame de la Croix, de Ménilmontant. Il nous a montré combien grande fut la foi des Martyrs dans leur vie, dans leurs paroles, dans leur mort ; quels enseignements nous en pouvons tirer et quels secours nous pouvons attendre d'eux, qui sont aujourd'hui près de Dieu, pour nos âmes, pour les âmes de nos frères qui ne prient pas, pour la régénération de notre pays qui s'oublie dans des voies si attristantes.
    A 8 h. 1/2, le soir du même jour, avant la bénédiction du Saint-Sacrement, M. l'abbé Garcin, avec une diction parfaite, nous expose les progrès de l'union des âmes de nos Martyrs avec Dieu. Cette union commencée dès l'enfance, développée dans la jeunesse, augmentée au Séminaire perfectionnée dans la vie apostolique, se parachève dans le martyre.
    Dans un exorde gracieux et émouvant, M. l'abbé Garcin nous avait redit l'impression profonde que lui avait causée le Credo chanté par des Français dans la crypte Sainte Cécile, à Rome, dans une péroraison aussi belle et aussi douce, il nous a rappelé le fait de la vie du Bienheureux Pierre-François Néron, encore enfant, conduisant chaque dimanche un aveugle à la messe pour y chanter le Credo, préludant ainsi à sa carrière et symbolisant la vie de tous les apôtres qui conduisent vers le Credo les infidèles aveuglés par l'idolâtrie.
    La bénédiction du Saint-Sacrement a été donnée par M. le curé de Saint François Xavier.
    Le second jour, mardi, la messe est chantée par Mgr Farges, vicaire général du diocèse de Paris, Mgr Pelgé, évêque de Poitiers, assiste au trône.
    Le discours des Vêpres, que présidait S. G. Mgr Pelgé, a été prononcé par M. le chanoine Janvier, dont la vibrante parole a excité les meilleurs sentiments de ferveur. Il a eu pour sujet le Bienheureux Théophane Vénard. L'éloquent prédicateur ne s'est pas contenté de
    faire ressortir la beauté douce et ferme de cette âme d'apôtre, il a tracé en larges traits le tableau de l'apostolat en Extrême-Orient à l'époque des plus sanglantes persécutions, il a indiqué les enseignements qui découlent de la vie du Bienheureux, pour les enfants qui trouveront en Dieu un refuge assuré, pour les jeunes gens qui goûteront leurs meilleures joies dans la pratique du devoir, pour les hommes qui devront profiter des exemples de courage donnés par ce prêtre, pour les séminaristes des Missions Etrangères qui ne devront jamais laisser s'attiédir l'ardeur dont Dieu les a embrasés.
    A la réunion du soir, M. l'abbé Garcin, dans son second sermon, a eu la très haute pensée de comparer le martyre des Bienheureux à la Passion de Notre Seigneur : il y retrouve les traits principaux : du côté des persécuteurs, la violence, l'injure, le mépris, nés de la haine ; du côté des victimes, l'humilité, la douceur, la souffrance, la mort, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Ce sermon a été suivi de la bénédiction solennelle du Saint-Sacrement donnée par M. l'abbé Thomas, Vicaire général, archidiacre de Sainte-Geneviève.
    Le troisième jour clôture dignement les fêtes des Martyrs. Sa Grandeur Monseigneur l'archevêque de Paris célèbre la messe et les vêpres pontificales. Le panégyrique des Bienheureux est prononcé par M. le chanoine Lenfant, curé de la paroisse Saint-Antoine, qui a
    vivement intéressé son auditoire en citant de nombreux traits de la vie des Martyrs annamites et chinois. Il a terminé en précisant la note qui se dégageait de nos fêtes : une leçon d'énergie pour chacun de nous, une espérance pour la Société des Missions Etrangères que les Martyrs béniront en augmentant le nombre de ses ouvriers et ses succès apostoliques, et la conviction que notre pays de France qui avait envoyé des apôtres en Extrême Orient recevra en récompense les grâces dont il a tant besoin.
    Le soir, M. l'abbé Garcin, dans un sermon fort éloquent, nous a également indiqué les leçons que l'église nous offrait par cette Béatification dont les héros ont eu une existence si contraire aux idées du siècle, par leur mortification, leur humilité, leur pureté, par toutes les vertus qu'ils ont pratiquées, par leur croyance en l'immortalité de l'âme, puisqu'ils ont sacrifié leur vie pour gagner le ciel, par leur foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ et leur amour pour Lui, foi et amour qui ont été jusqu'à l'effusion du sang.
    La bénédiction du Saint-Sacrement donnée par M. Fleury, le Supérieur du Séminaire des Missions Etrangères, a terminé cette dernière belle journée.
    Telles ont été, brièvement résumées, les fêtes du Triduum en l'honneur des trente-trois martyrs des Missions Etrangères. Elles ont été suivies par une foule nombreuse de chrétiens et de chrétiennes. A plusieurs offices, particulièrement aux vêpres et le soir à la bénédiction du Saint-Sacrement, l'église était absolument remplie ; que nos Martyrs accordent à tous les grâces qu'ils leur ont demandées avec tant de ferveur.

    1909/215-216
    215-216
    France
    1909
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