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Le supérieur général des Missions Etrangères de Paris à Rome

Le Supérieur Général des Missions Etrangères de Paris à Rome
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    Le Supérieur Général
    des Missions Etrangères de Paris à Rome
    Sous ce titre, l'Agence Fides envoie de Rome, à la date du 8 avril, l'interview qui suit : « L'Asie, assurément, est secouée par des révolutions, mais ces révolutions sont les épisodes d'une immense évolution, qui renouvelle la moitié de la population du globe ». C'est ainsi que Mgr de Guébriant, Archevêque titulaire de Marciano polis, et qui, comme Supérieur Général des Missions Etrangères de Paris, se trouve à la tête de 1.300 missionnaires répandus en Extrême-Orient, caractérisait les grands mouvements qui troublent les nations orientales. Mgr de Guébriant, qui est né à Paris, en 1860, a commencé son ministère sacerdotal comme missionnaire à l'intérieur de la Chine. Eu 1910, il était nommé Vicaire Apostolique du Kientchang et transféré, en 1916, au Vicariat Apostolique de Canton. En 1921, le Saint Père le désignait comme Visiteur Apostolique de Chine. Il eut ainsi l'occasion de parcourir personnellement toutes les Missions de cet immense pays. Il fut ensuite élu Supérieur Général des Missions Etrangères de Paris, dont les prêtres évangélisent l'Extrême-Orient. Aussi est-il reconnu de tous comme un juge compétent et impartial en la matière.
    « L'Asie a besoin d'hommes et de femmes décidés à se consacrer entièrement à ce continent », commence Mgr de Guébriaut, qui a bien voulu répondre aux questions d'un rédacteur de l'Agence Fides, pendant son récent séjour à Rome. « Ne perdons pas notre temps à parler de ce que l'on est convenu d'appeler les périls du christianisme en Orient. Évidemment, il y a eu des pillages et des massacres, et nos missionnaires devront encore passer par de nombreuses tribulations. Mais, permettez-moi d'aller immédiatement au fond de la question. Les Missions d'Asie sont d'ores et déjà des Eglises où, sur le fondement posé par les missionnaires, il faut, à tout prix, que les auxiliaires de l'apostolat viennent à la rescousse. Actuellement, le Missionnaire est obligé de tout faire. Cherchons à mettre fin à cette situation, en lui fournissant les aides auxquels le Pape adresse depuis longtemps des appels. Il faut lui donner des maîtres pour enseigner, un personnel médical pour exercer la médecine, des contemplatifs pour fonder des couvents, tous travaillant ensemble, sous l'autorité des mêmes Ordinaires sans vouloir chacun jouir de son autonomie, sur un territoire à lui. Parmi les sociétés religieuses d'Europe et d'Amérique qui, depuis trente ans, ont répondu aux appels des Supérieurs, il n'en est aucune qui, aujourd'hui, ne soit heureuse d'avoir pris cette initiative et n'en recueille des fruits pour elle-même, par le recrutement de plus en plus abondant que lui fournissent les chrétientés d'Extrême-Orient.
    « L'Asie est en pleine évolution, et, dans ce profond mouvement d'idées, il est inévitable qu'il y ait des excès de la part des extrémistes et des foules qui les suivent. Il ne faut pas même s'étonner si, dans certaines circonstances, l'évolution se change en révolution violente. Mais l'Asie marche en avant, et nous sommes décidés à aller en avant avec elle.
    « La Chine, il y a quatre ans, sous l'influence du bolchevisme prétendait se débarrasser purement et simplement des missionnaires. Pendant quelque temps, nous avons vraiment eu raison de craindre. Ce moment d'extrême péril est passé. Nous le devons avant tout à la Providence, et, après Elle, au courage et à la discipline des missionnaires, hommes et femmes, qui restèrent toujours à leur poste, parfois au prix d'indicibles souffrances. Les sages directives de Sa Sainteté Pie XI, le clairvoyant Pape des Missions, et l'énergie pleine de tact du Délégué Apostolique, Mgr Costantini, n'y contribuèrent pas moins. Si aujourd'hui, nous sommes aussi forts que jamais, c'est parce que la Chine a appris à nous mieux connaître, et qu'elle a touché du doigt notre force de résistance. Elle comprend que nous représentons une puissance qui a déjà poussé de profondes racines dans son sol, et elle sait bien que nous avons créé avec son peuple des liens spirituels qui ne seront plus rompus.
    « L'Indochine possède ce que j'ose appeler les plus belles missions du monde. A côté des missionnaires français, les dominicains espagnols y travaillent en parfaite harmonie avec les prêtres des Missions Etrangères de Paris. Quant au péril bolcheviste, il n'est pas à l'intérieur des frontières indochinoises, mais à Canton et à Paris, où des centaines de jeunes gens font leurs études sous des influences qui les préparent à devenir un jour dans leur pays, les destructeurs de l'ordre actuel des choses. J'ajouterai que nous avons, en Indochine, un magnifique exemple de la manière dont des Prêtres d'Instituts différents peuvent coopérer dans un même territoire. Il y a cinq ans, grâce au Cardinal Van Rossum, qui est Rédemptoriste, la Province canadienne des Rédemptoristes se décidait à envoyer ses premiers prêtres en Annam, et, plus tard, au Tonkin. Aujourd'hui, sans parler d'institutions bien établies, entreprises sans préoccupations territoriales, nos confrères canadiens ont déjà pu accueillir de nombreux jeunes gens indochinois dans leur noviciat.
    « Le Japon, en dépit du petit nombre des catholiques, représente actuellement pour l'Eglise une des meilleures espérances missionnaires. L'explication de ce fait a déjà été donnée. Le Japon a tenté d'organiser une nation moderne, sans religion, et il s'est aperçu que son expérience a fait faillite. Il essaie de redonner des forces à ses antiques croyances païennes, mais le Japonais est trop intelligent, pour ne pas sentir que cet effort n'aboutira pas. De là des préoccupations et des études qui l'amènent toujours plus près du christianisme. Si les conversions sont encore peu nombreuses, elles sont en revanche de grande importance, et je les comparerais volontiers, pour leur valeur individuelle, à celles qui, en Angleterre, font passer, chaque année, nombre d'anglicans au catholicisme.
    « Cette année, en Corée, les chefs des cinq circonscriptions ecclésiastiques se réuniront, pour la première fois, en synode pour donner aux 100.000 catholiques de la péninsule une organisation et des règlements uniformes. Il est intéressant de constater qu il y a juste cent ans, en 1831, les premiers prêtres des Missions Etrangères de Paris pénétraient en secret dans le pays. Pour surprenant que cela puisse paraître, c'est en quelque sorte spontanément que, dans les dernières années du XVIIIe siècle, la Foi prit naissance en Corée par l'action directe de la grâce divine sur l'âme de trois lettrés, avides de la vérité religieuse et qui la trouvèrent dans la lecture fortuite d'un opuscule de Doctrine catholique, imprimé à Pékin, et qu'un hasard providentiel égara entre leurs mains. De terribles persécutions et le martyre de nombreux et zélés ouvriers de l'Evangile ont caractérisé le XIXe siècle en Curée. Ensuite, la liberté est venue et, avec elle, un progrès rapide. Là encore, comme partout ailleurs, chaque missionnaire est surchargé de travail. L'unique solution est dans l'envoi de nouvelles énergies.
    « L'agitation politique de l'Inde crée aussi un problème missionnaire. Il n'est cependant pas excessivement préoccupant, puisque, dans ce pays, les missionnaires catholiques, venant de tant de nations diverses, ne peuvent être confondus, dans l'esprit des masses, avec le pouvoir civil. Les missionnaires, cela va de soi, respectent et apprécient l'impartialité de celui-ci, et ne s'occupent que des choses spirituelles.
    « Enfin, la Birmanie, le Siam et le Thibet sont les forteresses du monachisme païen, où le bouddhisme, bien différent de ce qu'il est en Chine et en Annam, a sur les âmes la même emprise que l'Islam parmi les mahométans. Ici, l'Eglise aurait besoin d'un grand et fort contrepoids de monachisme chrétien, aussi riche en forces spirituelles que l'a été l'institution monastique en Occident. Un te mouvement ne devrait avoir en lui-même rien de mesquin et d'hésitant. Il devrait, au contraire, il devrait se présenter avec tousses moyens d'action, et les meilleurs. Comme aime à le dire le Père Manna, des Missions Etrangères de Milan, il faudrait pour impressionner la Birmanie, faire surgir de toutes pièces un grand centre religieux comme le Mont Cassin ».
    1931/146-150
    146-150
    Italie
    1931
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