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Le Séminaire Saint Pierre de Bangalore

Le Séminaire Saint Pierre de Bangalore
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    Le Séminaire Saint Pierre de Bangalore

    Le grand organe catholique de la Présidence de Madras, le CATHOLIC LEADER, dirigé par un prélat indigène, Mgr Thomas, a fait paraître un long article sur les activités missionnaires de la Société des Missions Etrangères, surtout en ce qui concerne la formation du clergé indigène dans les pays infidèles. Nous traduisons de l'anglais quelques passages de cet article, qui est tout à la gloire de la Société de la rue du Bac et reconnaît les immenses services par elle rendus à l'Eglise, spécialement dans l'Inde, où elle a eu la préoccupation constante de former des prêtres indigènes.
    Dans l'histoire des efforts fournis au cours des siècles, dit Mgr Thomas, par les nations chrétiennes pour conquérir le monde au Christ, ceux de la France forment un long et remarquable chapitre. Aucune autre contrée n'a jamais égalé, encore moins surpassé, la Fille aînée de l'Eglise pour la richesse et la variété de ses oeuvres en faveur des Missions, aussi bien que pour ses travaux héroïques vaillamment soutenus au milieu des nations païennes. Depuis bientôt trois siècles, la France a envoyé, avec autant de persévérance que de générosité, ses armées de missionnaires porter le message de la Bonne Nouvelle aux pays les plus éloignés et les plus sauvages et les a toujours soutenus par une charité admirable dans leur besogne apostolique. Les deux grandes Sociétés qui ont joué un rôle remarquable dans la poursuite de cette oeuvre sont la Société de Jésus et celle des Missions Etrangères de Paris. Celle-ci fut la première en date établie avec un but exclusivement missionnaire. L'évangélisation des terres infidèles et la formation d'un clergé indigène ont toujours été son but primordial et spécifique. Aussi a-t-on vu, au cours du dernier quart de siècle surtout, le clergé indigène prendre dans les diocèses qui lui sont confiés une importance considérable, en accord d'ailleurs avec les besoins du temps.
    Dans l'Inde, le vieux Séminaire de Pondichéry a pu donner à l'Eglise missionnaire plus de 180 prêtres tamouls au cours d'un siècle et demi d'existence. Comme il était devenu trop petit pour recevoir les séminaristes de plus en plus nombreux envoyés par les diocèses de Pondichéry, Mysore, Coimbatore, Kumbakonam et Salem, le Supérieur général des Missions Etrangères, d'accord avec les évêques de ces diocèses, a décidé, voilà quelques années, de bâtir un Séminaire plus spacieux, dans un climat plus tempéré. L'ouverture du Séminaire Saint Pierre, qui eut lieu à Bangalore le 3 août dernier, marque donc le début d'un nouveau chapitre dans l'histoire des travaux de la Société des Missions Etrangères dans le sud de l'Inde.
    Ce Séminaire est le premier Séminaire régional de l'Inde. Situé dans la solitude d'un charmant paysage, à 4 milles du centre de la bruyante ville, le nouveau Séminaire est un monument d'architecture du plus beau style, avec ses deux étages, ses vérandas aux arches romanes qui l'entourent de toutes parts, ses larges salles, ses innombrables chambres, les multiples avantages enfin que donnent l'eau et l'électricité, permettant d'avoir des salles de bain à tous les étages. C'est vraiment un endroit idéal pour l'étude et la contemplation.
    Grâce à la généreuse assistance du Pape des Missions, cet imposant bâtiment, de 36 pieds de longueur et 58 de largeur, a pu surgir de terre et s'élever dans toute la splendeur de sa majesté. Il est sans conteste une preuve remarquable de la fervente sollicitude que prend pour la formation du clergé indigène la Société des Missions Etrangères, qui, fidèle en cela à son esprit et à ses traditions, a toujours placé dans les prêtres qu'elle élève tous ses espoirs pour la rapide évangélisation des infidèles.
    Ils sont à présent 72 séminaristes à Bangalore : nous avons l'assurance que ce nombre augmentera d'année en année et que des centaines de jeunes et zélés lévites sortiront de ce Séminaire, prêts à rayonner leur foi et à la rendre plus vivace dans notre pays. Le soin et la responsabilité de construire l'édifice de l'Eglise dans l'Inde incombent de plus en plus au clergé indigène, comme l'a dit son Exc. Mgr Kierkels, Délégué Apostolique, au cours d'un discours admirable prononcé au Séminaire St Pierre le jour de l'Assomption. Nous sommes certains que les élèves formés par les Missionnaires des Missions Etrangères mettront tout leur coeur a s imprégner de leur esprit apostolique et travailleront avec la foi, le courage et le zèle qui ont toujours fait la force de cette grande Société et de ses membres.

    ***

    La rentrée des séminaristes dans le nouveau Séminaire Saint Pierre de Bangalore était fixée au 3 août. Tous arrivèrent joyeux et furent émerveillés par la beauté de leur nouveau palais : chacun s'empressait de trouver sa chambre, puis de visiter les différentes salles et de faire le tour de l'édifice.
    Le lendemain, Mgr Despatures, évêque de Mysore, procédait à la bénédiction solennelle du bâtiment et célébrait la première messe dans la chapelle.
    Le 6 août, l'année scolaire commença : on se trouva un peu dépaysé dans ces grandes salles où, en raison de l'écho, les professeurs doivent mesurer l'exacte portée de leur voix.
    Alors qu'à Pondichéry l'étroitesse de la chapelle ne permettait pas les offices solennels, ici, chaque dimanche, il y a grand'messe avec diacre et sous diacre, et, dans la soirée, vêpres suivies de la bénédiction du Saint-Sacrement.
    Rien d'étonnant si ce beau séminaire attire les visiteurs : il serait difficile d'évaluer le nombre de ceux qui, le soir après le travail ou dans la journée du dimanche, sont venus l'admirer. Les membres du Gouverne ment de Mysore ont tenu à le visiter. Le 7 août, le premier Ministre du Maharajah vint lui-même, accompagné de plusieurs de ses secrétaires, et fut l'objet d'une réception en rapport avec sa dignité. Mgr Despatures était là pour l'accueillir, tandis que les séminaristes s'étaient massés clans le grand parloir, où une estrade avait été dressée pour les visiteurs. Le doyen des séminaristes lut un compliment en anglais ; la réponse du Divan fut courtoise et sympathique : — « Je ne m'imaginais pas, commença-t-il, recevoir ici une réception si cordiale. Je vous en remercie et je me félicite encore une fois d'avoir contribué à l'érection de ce magnifique établissement. Il m'est très agréable de vous voir tous enchantés de vivre sur le territoire de Mysore, dans l'un des sites les plus gracieux de Bangalore. Je souhaite à cette institution plein succès et à vous, élèves de ce Séminaire, un brillant avenir ». En terminant, il dit combien il appréciait les promesses de prières et la sympathie d'une jeunesse dont l'idéal est de se dévouer toute sa vie au service de ses semblables.
    De telles paroles, prononcées par un Musulman, représentant officiel du Gouvernement de Mysore, sont un précieux encouragement. Le Ministre, d'ailleurs, ne se contente pas de paroles ; il sait prouver sa sympathie de façon pratique : il a donné des ordres pour que le service des eaux soit conduit jusqu'au séminaire et que les abords de l'établissement soient rendus plus accessibles et plus avenants.
    Et maintenant que le séminaire a pris le cours normal de sa vie de piété et de travail, Dieu donne à tous, professeurs et élèves, santé et courage pour mener à bonne fin l'oeuvre si importante de la formation d'un clergé indigène vertueux et zélé !

    1934/259-263
    259-263
    Inde
    1934
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