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Le rôle des Missionnaires Français en Indochine.

VARIÉTÉS Le rôle des Missionnaires Français en Indochine
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    VARIÉTÉS




    Le rôle des Missionnaires Français en Indochine


    Dans un travail intitulé : Politique à suivre et moyens à employer pour fortifier notre : établissement dans 1'Indo-Chine française et rendre la colonie prospère, un officier supérieur, qui signe le commandant Guy d'Hon (1), expose le concours que les missionnaires peuvent donner à l'administration et à l'armée; les services que leur intelligence, leur patriotisme, le dévouement des chrétiens permettent d'espérer, si l'on sait et si l'on veut, mettant de côté une politique anticléricale absolument hors de saison, aider leurs efforts, accepter leurs secours et se servir de leur influence.


    Nous pensons que nos lecteurs, qui ont tant de protégés, d'amis, de parents sur les bords du Mekong et du fleuve Rouge, à Saigon et à Hué, liront avec plaisir ces lignes, qui leur prouveront une fois de plus qu'en faisant une oeuvre charitable en faveur des missionnaires, ils travaillent en même temps pour la France (2).


    ***



    « Pour tout esprit impartial et qui raisonne la question en connaissance de cause, ce n'est qu'avec le concours des missionnaires français que nous pourrons obtenir les résultats désirés promptement, sûrement et s'ans violence.


    (1) Extrait de la Géographie, 10° année, n° 437, 15 avril 1897.


    (2) Les missionnaires, dont parle l'auteur de cet article, appartiennent tous à la Société des Missions Etrangères.


    « En effet, le missionnaire en Indo Chine dispose sur le peuple des mêmes moyens d'action que le mandarin, avec, en plus, une intelligence plus élevée, un esprit d'équité incorruptible et un désintéressement personnel que tout le monde est obligé de reconnaître.


    « Le missionnaire qui part pour l'Indo Chine quitte la France sans esprit de retour. Comme le mandarin, il y passe donc pour ainsi dire toute- son existence. Comme le mandarin, il parvient à parler la langue du pays. Comme le mandarin, et plus que lui encore, il vit au milieu du peuple avec lequel il est en contact permanent et immédiat. Plus que le mandarin, il se solidarise avec lui, le guide dans ses travaux, connaît ses intérêts et les protège. Comme le mandarin, il a sur le peuple le prestige que lui donne son caractère religieux de représentant d'une divinité sur la terre. Et ce dernier avantage n'est pas un des moindres chez une race extrêmement superstitieuse. Au reste, personne ne contestera, car l'histoire fourmille d'exemples pour le prouver, que toutes les fois qu'un conquérant a su joindre à l'action matérielle, l'action religieuse, sa mission a été plus facile et .son oeuvre plus durable.


    « Tous les peuples primitifs ont été gouvernés par des chefs qui se faisaient passer en même temps pour les représentants des puissances surnaturelles.


    « Le missionnaire est à la fois un pionnier et un colon remarquable. Par sa ténacité, son énergie, son esprit de suite, son abnégation et son courage, par toutes les forces que lui donne le désir de mériter les récompenses de la vie future, cet homme convaincu parvient, avec les moyens les plus modestes et sans capitaux, à créer des industries et à défricher de vastes terrains incultes qu'il transforme en plantations productives.


    « Nous avons quelquefois entendu contester le patriotisme des missionnaires. Nous ne connaissons pas un seul fait qui ait pu donner lieu à une appréciation de ce genre à l'égard des missionnaires français.


    « Personnellement, toutes les fois que nous avons eu affaire avec des missionnaires français, dans l'intérêt de la France, nous avons toujours trouvé chez eux le plus entier dévouement, malgré les amertumes et les inconvenances dont les ont abreuvés certains de leurs compatriotes, officiers, fonctionnaires ou colons. Et qui pourra jamais dire tous les services rendus par Mgr Puginier et tous ses missionnaires?


    « Il est de notre intérêt de multiplier sans bruit les missions françaises, car tous les Annamites groupés autour des missionnaires sont par cela même enlevés à l'influence des mandarins, et nous ne saurions trop le répéter, les missionnaires seuls sont capables de conduire cette tâche à bonne fin. Au point de vue colonial, nous disposerons en même temps, avec les missionnaires, dans, les parties les plus reculées de l'Empire, de pionniers qui y mettront intelligemment la terre en valeur et qui y attireront les produits nationaux.


    « Un autre résultat éminemment appréciable, et qui contribuerait de la manière la plus efficace au maintien de la sécurité intérieure de la colonie et à sa défense contre toute invasion étrangère, pourrait encore être obtenu avec le concours des missionnaires.


    « Ces gens-là sont tous des hommes vaillants et prêts à tous les sacrifices. En cas de- révolte, leur cause est la nôtre; les dernières insurrections contre nous pendant lesquelles les mandarins faisaient massacrer tous les chrétiens ne l'ont que trop prouvé. En cas d'invasion étrangère, leur cause est également la nôtre, puisqu'ils sont Français et très bons Français.


    « Admettons donc un instant que l'Indo Chine française soit couverte de chrétientés, que celles-ci soient fortifiées à la manière du pays et que chacune d'elles dispose d'armes et de munitions nous aurions par cela même, sur tout le territoire, un réseau de postes qui se défendraient énergiquement, qui nous offriraient de précieux points d'appui et qui, en somme, nous seraient d'un secours incalculable, surtout en Annam, où nous n'avons presque pas de troupes...


    « A-t-on songé à ce qui pourrait survenir en ce moment, en IndoChine, si nous avions une guerre européenne et si les communications de la métropole avec la colonie étaient coupées?...


    « Nos troupes, comme les colons, seraient dans la situation la plus critique, il faudrait s'attendre aux plus grands malheurs.


    « Or, pour empêcher l'insurrection générale, il nous faut gagner le peuple, et, ce résultat une fois acquis, notre cause vis-à-vis de tout étranger, sera la sienne. Sans le secours des missionnaires nous n'y parviendrons jamais; aucune illusion n'est permise à cet égard..,


    « Les missionnaires pourront nous rendre aussi un très grand service, en organisant dans chaque chrétienté une ou plusieurs écoles, où ils enseigneront aux jeunes Annamites la langue française. »








    1898/86-87
    86-88
    France
    1898
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