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Le premier séminaire général dans les missions d'Extrême-Orient (1665-1783) 2 (Suite)

Le premier séminaire général dans les missions d'Extrême-Orient (1665-1783) (Suite1.) En 1698, le P. Pocquet, fatigué, revint en France et prit rang parmi les directeurs du Séminaire des Missions Etrangères. Le collège fit par son départ une perte d'autant plus sensible que le petit nombre des missionnaires permit difficilement de le remplacer. Les PP. Jarossier et Godefroy aidés tantôt par le P.Vincent Len, tantôt par des séminaristes, se partagèrent la direction de la maison.
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    Le premier séminaire général

    dans les missions d'Extrême-Orient (1665-1783)

    (Suite1.)

    En 1698, le P. Pocquet, fatigué, revint en France et prit rang parmi les directeurs du Séminaire des Missions Etrangères. Le collège fit par son départ une perte d'autant plus sensible que le petit nombre des missionnaires permit difficilement de le remplacer. Les PP. Jarossier et Godefroy aidés tantôt par le P.Vincent Len, tantôt par des séminaristes, se partagèrent la direction de la maison.
    L'évêque, Mgr de Cicé, s'occupa directement de l'enseignement et de la discipline. L'habitude de parler latin pendant les récréations commençait à tomber en désuétude ; il la rétablit ; et pour en assurer la pérennité il employa le moyen suivant : il se rendit un jour au séminaire et alla, une planchette à la main, assister à la récréation des élèves. Au premier élève qu'il entendit prononcer quelques mots en une langue autre que le latin, il remit la planchette: « Et maintenant, lui dit-il, tu vas garder le silence jusqu'à ce que tu entendes un de tes camarades faire comme toi et parler autrement qu'en latin ; tu lui donneras la planchette; alors tu pourras parler ; mais lui devra se taire jus qu'à ce qu'il ait passé la planchette à un élève qui manquera de la même manière au règlement ». Ainsi fut fait.
    En 1707, la pauvreté de la mission força l'évêque à renvoyer en Cochinchine et:au Tonkin une partie des élèves.
    Le nombre de ceux qui restèrent, petits et grands, ne dépassa guère la trentaine pour animer « le vide de la maison ».
    Vers 1712, un prêtre originaire du Bengale, Jérôme d'Oliviera fut nommé au séminaire, mais il mourut peu après, et pour ne pas laisser les élèves sous la direction unique du P. Vincent Leu, Mgr de Cité se chargea de la classe de philosophie. Il essaya de prendre pour aide un Augustinien espagnol, venu lui offrir ses services ; mais celui-ci au bout de 10 à 12 jours « se brouilla tellement avec les écoliers » que l'évêque fut obligé de le prier « de ne pas continu nuer plus longtemps ».

    1. Voir Ann. de la Soc. des M.-E. et de l'OEuvre des Part, mai juin 1926, n°169,

    Le collège végétait donc, lorsqu'en 1713, Mgr de Bourges, chassé du Tonkin, arriva avec 22 séminaristes et des secours en argent. Ce fut la résurrection. Conseillé par le vieil évêque, le Vicaire apostolique de Siam prit une excellente mesure. Il réinstalla le collège à Mahapram, dont on lui rendit enfin le terrain.

    FLORISSANT SUPÉRIORAT DU P. ROOST

    En 1714 fut envoyé à Siam un missionnaire admirablement doué pour conduire une maison d'éducation, André Roost, du diocèse de Rouen, licencié en Sorbonne, ancien régent d'Un collège parisien. Il était grand temps, car le P. Vincent Len, déjà fort souffrant, allait mourir en 1717.
    Dès que le nouveau venu mit la main â l'oeuvre, le collège changea de face ; et il n'était pas supérieur de Mahapram depuis deux ans, que Mgr de Cicé s'écriait avec enthousiasme : « Notre collège est sur le pied des collèges de l'Université de Paris, les plus exacts et les mieux réglés, soit pour la piété, soit pour la science ». Et ailleurs : « Je regarde le rétablissement du collège, dans l'état où il est présentement, comme quelque chose de plus précieux que l'or et la topaze ».
    Roost eut pour collaborateurs pendant une année à peine le P. de Lolière Puycontat, et ensuite le P. Lemaire, avec plusieurs séminaristes annamites. Cette pénurie de professeurs était causée par le petit nombre de missionnaires envoyés à Siam, puisqu'il n'y en eut au total que 7 pendant tout l'épiscopat de Mgr de Cicé qui dura plus de 25 ans.
    Aussi pour venir en aide au P. Roost, l'évêque, âgé de 72 ans, s'offrit à faire une classe de latin. Très touché du dévouement du prélat, le supérieur crut avec raison que la place du chef de la mission était à l'évêché et non au séminaire général.
    En 1717, sept Chinois envoyés par Mgr Le Blanc vinrent grossir le nombre des élèves. C'était pour la plupart d'anciens élèves du P. de La Baluère, et parmi eux André Ly, dont les talents, le zèle et la vertu soutiendront la mission du Se-tchoan pendant de nombreuses années. La petite école de Juthia, composée d'une vingtaine d'élèves, et qui était une sorte de probatorium, fournit également quelques recrues à l'établissement.

    En 1718, le séminaire renfermait 50 élèves ; 14 de Siam, 24 du Ton-kin, 5 de Cochinchine, et 7 de Chine. Ils étaient divisés en 6 classes : dans la première on enseignait la théologie et la philosophie, dans la seconde les humanités, dans les autres le latin et les langues d'Extrême-Orient.
    Les grandes lignes du règlement sont celles-ci : Lever à5 heures ; à 5 h. 1/2, prière, méditât ion, récitation de prières ; à 6 heures, étude ; à 7 heures, messe ; à 8 heures, déjeuner suivi d'une demi heure de récréation ; à 9 heures, étude; à 10 heures, classe ; à 11 h. 1/2, plain-chant ; à midi, dîner et récréation ; à 2 heures, étude à 3 heures 1/2, classe ; à 5 heures, travail manuel dans le jardin où les élèves font des remblais, creusent un étang, « parce que d'eux-mêmes ils ne sont pas fort portés à faire beaucoup d'exercices ; cela fortifie leur tempérament, et les rend capables de fatigue » ; ils jardinent et pêchent, « ce qui est une économie ».
    (A suivre.)

    1926/155-157
    155-157
    France et Asie
    1926
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