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Le premier Séminaire des Missions Etrangères

Le premier Séminaire des Missions Etrangères Après sa consécration épiscopale à Rome le 17 novembre 1658, Mgr Pallu, de retour en France, mit tout son zèle à recruter des missionnaires : au bout de quelques mois, il avait déjà autour de lui une vingtaine d'ecclésiastiques qui se destinaient aux missions et qu'il fallait préparer à leur lointain apostolat. Mais où les loger ?
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    Le premier Séminaire des Missions Etrangères

    Après sa consécration épiscopale à Rome le 17 novembre 1658, Mgr Pallu, de retour en France, mit tout son zèle à recruter des missionnaires : au bout de quelques mois, il avait déjà autour de lui une vingtaine d'ecclésiastiques qui se destinaient aux missions et qu'il fallait préparer à leur lointain apostolat. Mais où les loger ?
    Ce fut Mme de Miramion qui vint à son secours en mettant à sa disposition le château de la Couarde, dans la paroisse de Galluis, qui devint ainsi le premier Séminaire de la Société naissante des Missions Etrangères. C'est dans cette solitude que l'évêque conduisit ses futurs missionnaires. Aussi bonne que riche, Mme de Miramion pourvut aux besoins de la nouvelle communauté pendant les dix-huit mois qu'elle l'abrita chez elle. A cause surtout de son éloignement de Paris, la Couarde fut délaissée, mais son souvenir mérite de demeurer parmi les membres de la Société dont elle abrita le berceau.

    ***

    Le domaine de la Couarde est situé à proximité du village de La Queue Lez Yvelines, à 50 km au sud-ouest de Paris, sur la route nationale de Paris à Brest.
    Enclavé dans la forêt de Montfort-l'Amaury (Seine-et-Oise), il fut érigé en seigneurie pour Etienne de Brézé, 40e abbé commendataire de Coulombs, qui édifia les premières constructions entre 1550 et 1560.
    En 1626, il fut acquis par Aignan de Beauharnais, 4e fils de François de Beauharnais, trésorier de France à Orléans, lequel le donna en 1645 à son fils Jean-Jacques, chevalier, seigneur de Miramion, à l'occasion de son mariage avec Marie Bonneau, âgée de 16 ans, fille de Jacques Bonneau, écuyer, seigneur de Rubelle et de Purnon. Jean-Jacques mourut d'une fluxion de poitrine l'année même de son mariage (2 novembre 1645), laissant la Couarde à sa jeune veuve, Madame de Miramion.
    Lorsque le jeune Chanoine de Saint-Martin de Tours arriva pour la première fois à Paris vers 1645 pour y faire ses études théologiques, il logea d'abord chez sa tante Anne Pallu, mariée à Thomas Bonneau, seigneur du Plessis et de Valmer. Dans la même maison habitaient Jacques Bonneau, frère du précédent, et sa fille Marie, de trois ans plus jeune que François Pallu, qui allait devenir Mme de Miramion.
    De là on s'explique aisément que, en 1659, Mme de Miramion, veuve, ait pu et voulu mettre son château de la Couarde à la disposition de Mgr Pallu pour une oeuvre à laquelle elle portait un généreux intérêt, et si l'on ne profita que durant dix-huit mois de son hospitalité, c'est, comme il a été dit plus haut, à cause de l'éloignement de Paris, qui devait demeurer le centre de la Société naissante. Mgr Pallu garda toujours une vive reconnaissance à Mme de Miramion pour le secours qu'elle lui avait alors apporté et conserva un agréable souvenir de ce premier asile des futurs missionnaires. Le 1er mars 1663, il écrivait de Surate aux directeurs du Séminaire : « Je vous prie de vous entretenir toujours bien avec Mme la duchesse d'Aiguillon et Mme de Miramion. Vous serés aussi bien avec la seconde à la campagne quand vous voudrés vous retirer, qu'en aucun autre lieu, car vous n'y serés diverti qu'autant que vous voudrés ».

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    Madame de Miramion mourut le 24 mars 1696, âgée de 66 ans, laissant le domaine de la Couarde à sa fille Marie Marguerite, qui, en 1660, avait épousé Messire Guillaume de Nesmond, chevalier, seigneur de Dizan, conseiller du roi, maître des requêtes, connu sous le titre de Président de Nesmond.
    Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, la seigneurie de la Couarde passa à divers propriétaires. En 1890, elle fut achetée par M. Ernest May, banquier à Paris. A sa mort en 1925, sa seconde fille Annette May épousait M. Christian Lazard et reçut en dot le château de la Couarde avec tous les meubles et autres objets qui le garnissaient.

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    Le 25 avril 1934, Mgr de Guébriant et le P. Sy, aimablement invités par M. et Mme Lazard, se rendaient à la Couarde.
    Le bâtiment central, reproduit par notre gravure, comprend un rez-de-chaussée divisé en plusieurs pièces : vestibule, salons, salle à manger ; à chaque extrémité, un escalier conduit à l'étage, où un corridor assez étroit longe les fenêtres de la façade nord et donne accès dans une dizaine de chambres orientées au sud.
    Une aile en retour, de construction plus ancienne, à gauche du bâtiment central, est flanquée, à son extrémité avant, d'une tour ronde surmontée d'un toit en pointe ; à l'extrémité arrière se trouvait la chapelle, qui fut démolie à la fin du XIXe siècle et remplacée par une salle de chasse.
    L'aile correspondante de droite n'existe plus ; la tour ronde seule est restée debout.
    Tout l'ensemble était entouré de douves, actuellement comblées. Un pont-levis également disparu, donnait accès dans la cour d'honneur, tapissée aujourd'hui d'une grande pelouse.

    1935/9-12
    9-12
    France
    1935
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