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Le Père Rousseille

Le Père Rousseille (1832-1900) Le 1er août 1832, naissait à Bordeaux un enfant qui devait tenir une place importante dans la Société des Missions Etrangères durant la seconde moitié du XIXe siècle. Une courte notice biographique suffira à prouver que ce centenaire méritait d'être mentionné dans nos Annales.
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    Le Père Rousseille

    (1832-1900)

    Le 1er août 1832, naissait à Bordeaux un enfant qui devait tenir une place importante dans la Société des Missions Etrangères durant la seconde moitié du XIXe siècle. Une courte notice biographique suffira à prouver que ce centenaire méritait d'être mentionné dans nos Annales.
    Jean-Joseph Rousseille, élevé dans une famille profondément chrétienne, fit ses études au Petit Séminaire de sa ville natale, où il se distingua tout à la fois par son intelligence et par sa piété. Eu 1850, il entrait au Grand Séminaire et, sous la direction des prêtres de Saint-Sulpice, se prépara au ministère apostolique en pays infidèle, car, dès la première retraite à laquelle il prit part, il avait senti son âme pénétrée d'une vive lumière et d'un ardent désir d'être missionnaire. Son directeur cependant lui imposa une longue épreuve de réflexion et de prière, et ce n'est qu'au bout de quatre ans qu'il l'autorisa à répondre à l'appel de Dieu.
    L'abbé Rousseille était diacre lorsque, le 30 décembre 1854, il entra au séminaire de la rue du Bac. Ordonné prêtre à Noël de l'année suivante, il reçut sa destination pour la procure de Hongkong et, le 23 janvier 1856, il s'embarquait pour l'Extrême-Orient. Il fit la traversée, avec trois autres jeunes missionnaires, sur un voilier anglais, la Taffarette, et, le canal de Suez n'étant pas encore ouvert, dut faire le tour de l'Afrique en doublant le cap de Bonne-Espérance, ce qui demanda cinq mois pour un trajet que l'on fait aisément aujourd'hui en trente jours. Le 8 juin les voyageurs débarquaient dans l'île malaise de Pinang, où ils furent accueillis avec une cordialité toute fraternelle par les professeurs du Collège général et par Mgr Boucho, alors vicaire apostolique de la Malaisie. Après un mois de repos, le P. Rousseille reprit la mer ; le 16 juillet, il était à Singapore ; le 3 août, il débarquait à Hongkong, terme de son long voyage.
    Il trouvait là, comme procureur de la Société, le P. Libois, dont il allait devenir l'assistant. Le P. Libois était une célébrité en Extrême-Orient. Attaché au service de la procure depuis 1837, il avait d'abord travaillé à Macao; en 1847, il avait transféré la procure à Hongkong, où, tout en exerçant ses fonctions de procureur avec autant d'habileté que de zèle, il était en même temps préfet apostolique du Kouangtong et Kouangsi et supérieur de la mission du Japon. Il accueillit avec grande bienveillance son nouvel auxiliaire et s'efforça de l'initier aux devoirs de sa charge. Ces devoirs étaient multiples, mais plus matériels que spirituels et ne concordaient guère avec les rêves d'apostolat qui avaient enthousiasmé sa jeunesse. « Correspondre avec les missions, écrivait-il, leur faire passer l'argent nécessaire, leur procurer ce dont elles ont besoin, recevoir les missionnaires de passage et expédier ceux qui arrivent de France ; aller dans les maisons de commerce européennes ou dans les boutiques chinoises pour les achats, s'occuper des soins du ménage : voilà l'emploi de mon temps, tout matériel et dissipant. Pour le ministère des âmes, il est nul ; c'est même un devoir de ne pas s'en occuper. Hongkong a des prêtres italiens : ce sont eux qui s'occupent de l'administration spirituelle des catholiques et de la conversion des païens ». Le sous procureur s'appliqua courageusement à sa tâche et s'efforça d'y prendre goût : il n'y réussit pas et le fardeau lui parut de plus en plus lourd. Sur ces entrefaites de tristes nouvelles lui arrivaient de France : la mort lui avait enlevé coup sur coup son beau-frère, son frère et sa soeur. Ces deuils aggravèrent le trouble de son âme et, plus désireux que jamais de travailler directement au salut des infidèles, il demanda à ses supérieurs à Paris d'être relevé de ses fonctions de procureur et d'être envoyé au Japon, qui venait de s'ouvrir aux missionnaires : « Aller au Japon, disait-il, la terre des martyrs : rien que d'y penser mon coeur bat avec violence et les larmes me viennent aux yeux ! » Il attendit anxieusement la réponse, en étudiant la langue japonaise pour se préparer au ministère espéré. Enfin la décision arriva : il était bien retiré de la procure, mais non pas envoyé au Japon : il était rappelé à Paris pour y être professeur au séminaire.
    Il lui en coûta de renoncer, et apparemment pour jamais, à l'apostolat ardemment désiré ; mais son obéissance n'hésita pas: le 7 novembre 1859 i1 quittait Hongkong et, le 16 avril 1860, après un pèlerinage en Terre Sainte et deux mois de repos dans sa famille, il était reçu directeur du séminaire et commençait aussitôt ses fonctions de professeur et de procureur des missions du Japon, de la Corée et du Thibet. A ces charges on lui ajoute celle d'archiviste qui ne devait pas être une sinécure. Au mois de janvier 1793, après inventaire ordonné par la municipalité, une par lie notable des archives du séminaire et de la société avait été confisquée et transportée à la Bibliothèque Nationale ; à ce qui en restait, laissé en désordre, étaient venus s'ajouter tous les documents lettres, rapports, comptes rendus, venus des missions depuis 60 ans. M. Rousseille se mit courageusement à l'oeuvre pour apporter un peu d'ordre dans ce fouillis ; aidé de quelques aspirants, il poursuivit la rude et fastidieuse besogne et, après dix ans, les 300 premiers volumes des archives étaient classés, reliés, catalogués.
    Sous le titre de « La Salle des Martyrs du Séminaire des Missions Etrangères », il publia une monographie donnant l'inventaire des reliques, avec une relation des supplices de chacun des missionnaires mis à mort pour la foi. Ce petit volume a été réédité avec les additions nécessaires.
    En 1867, à la mort du P. Albrand, lorsque le P. Delpech fut nommé supérieur du séminaire, le P. Rousseille le remplaça comme directeur des aspirants, charge qui correspond à peu près à celle de maître des novices dans les maisons religieuses, et, l'exerçant avec fermeté et bonté en même temps, il sut se concilier le respect, la confiance et l'affection des séminaristes.
    La convocation du Concile du Vatican amena à Rome la plupart des évêques de nos missions. Les supérieurs jugèrent la circonstance favorable à une révision du Règlement de la Société, qui n'avait subi aucun changement depuis 1700, alors que la multiplication du nombre des missionnaires et les vicissitudes des temps demandaient que des modifications y fussent apportées. Le Père Rousseille fut chargé d'abord de relever dans les archives tout ce qui avait été écrit depuis l'origine de la Société au sujet du Règlement ; puis il fut choisi pour représenter le Séminaire dans les réunions tenues par les évêques. Là, il retrouva le P. Libois qui, en 1866, avait quitté la procure de Hongkong pour celle de Rome ; il dut même le suppléer, car le vieillard se trouva malade précisément au moment où la présence des vicaires apostoliques à la procure y augmentait singulièrement le travail d'administration.
    Choisi pour son théologien par Mgr Faurie, vicaire apostolique du Kouytchéou, Bordelais comme lui, le P. Rousseille prenait part aux séances du Concile, ainsi qu'aux cérémonies pontificales, il accompagnait les vicaires apostoliques au Vatican, aux réceptions des Cardinaux ; les loisirs que lui laissaient ses travaux étaient employés à visiter les monuments de la Ville éternelle, les basiliques, les catacombes. Il eut ainsi le bonheur d'assister aux dernières manifestations du peuple romain en l'honneur du Pape Roi et aux dernières grandes solennités de Rome chrétienne.
    Le 2 juillet 1870, le P. Rousseille rentrait à Paris pour y reprendre la direction des aspirants ; mais la guerre éclata et bientôt, à l'approche des Prussiens marchant sur la capitale, le séminaire dut être licencié. Plusieurs directeurs se retirèrent en province afin de pouvoir correspondre avec les missions et avec les aspirants : le P. Rousseille s'établit à Bordeaux et y demeura jusqu'à la fin de la guerre.
    Au mois de mars 1871, il rentrait à Paris ; mais à peine y était-il arrivé qu'il fut obligé de fuir pour échapper aux dangers de l'insurrection de la Commune : il se réfugia à Meudon, où, pris entre l'armée de Versailles et celle de l'émeute, il passa deux longs mois, exposé au bombardement des insurgés et rongé d'inquiétude sur le sort du séminaire et des directeurs restés à Paris.
    Grâce à Dieu, le séminaire, sorti sain et sauf de la tempête, put reprendre sans tarder sa vie de prière et de travail, et le Père Rousseille ses fonctions de directeur des aspirants, mais pour peu de temps : le 6 avril 1872, le P. Libois mourait à Rome et c'est lui qui fut désigné pour recueillir sa succession. Il acheva cependant à Paris l'année scolaire et, le 16 octobre, il prenait possession de son nouveau poste.
    Le procureur de Rome est chargé, tant auprès du Saint Siège qu'auprès de la Congrégation de la Propagande, des affaires générales de la Société et de celles que lui confient les Supérieurs des missions : c'est dire l'importance de cette fonction, qui exige à la fois talent et modestie, zèle et tact, dévouement et prudence. Le P. Rousseille fit preuve de toutes ces qualités et gagna ainsi à la Société des Missions Etrangères la sympathie et la bienveillance des autorités ecclésiastiques avec les quelles il avait à traiter, et à lui-même leur confiance. Il fut nommé successivement membre de la Commission des Etablissements français à Rome et à Lorette, consulteur de la Congrégation des Evêques et Réguliers, postulateur de la cause des Martyrs de la Société. Il occupa ses loisirs à la compilation du « Collectanea Decretorum », travail considérable dans lequel il recueillit tous les décrets de la Propagade ou des autres Congrégations romaines relatifs aux Missions. Cet ouvrage parut si utile que, après qu'il eut été, comme nous le verrons, imprimé à Hongkong, la Propagande publia un travail semblable, plus étendu, mais dont la plus grande partie était empruntée à celui de notre confrère.
    Le P. Rousseille était depuis huit ans procureur général de la Société à Rome et s'acquittait de cette fonction difficile à la satisfaction de tous, lorsque, au mois de juillet 1880, eurent lieu à Paris les élections triennales pour la répartition des charges du Séminaire. Le P. Delpech, Supérieur depuis 1867, ne pouvant, d'après le Règlement, être réélu, l'unanimité des votes se porta sur le nom du P. Rousseille, d'où résulta une permutation : le Supérieur devint procureur à Rome et le procureur de Rome devint Supérieur à Paris.
    Durant le supériorat du P. Rousseille fut établi au séminaire l'usage des Dominicales, sortes d'examens hebdomadaires pour encourager le travail des séminaristes ; le nombre des élèves augmentant, il arrivait à 150, la communauté fut partagée en deux : les théologiens restant à Paris, les philosophes s'installant à Meudon ; en prévision des épreuves qui menaçaient alors les Congrégations, une annexe du Séminaire, dont la durée ne fut que de deux ans, fut établie à Bolognano, dans le Tyrol autrichien ; sous le titre de Dames Auxiliatrices des Missionnaires, une oeuvre fut fondée dans le but de venir en aide au séminaire par la confection des vêtements, l'entretien du linge, la préparation du trousseau des jeunes prêtres, oeuvre qui, reprise et élargie quelques années plus tard, est devenue la florissante oeuvre des Partants.
    En juillet 1883, le P. Delpech redevenait supérieur; quant au P. Rousseille, une importante mission lui était confiée. Depuis longtemps on regrettait que la Société des Missions Etrangères n'eût pas un établissement où, après des années de travail, les missionnaires pussent se retremper dans la prière et la retraite spirituelle ; il y avait un sanatorium pour la santé du corps, il en fallait un pour la sanctification des âmes. Le P. Rousseille fut chargé de cette fondation et on lui laissa la liberté de choisir l'endroit le plus propice à l'établissement projeté. Le 22 octobre 1883, il s'embarquait à Marseille ; il visita successivement nos missions de l'Inde, de Birmanie, de Malaisie, dans lesquelles il recruta les trois premiers collaborateurs de son oeuvre ; puis, en avril 1884, il débarquait à Hongkong. Où allait-il installer sa maison de retraite ?
    A quelque 175 kilomètres au sud-ouest de Hongkong se trouve la petite île de Sancian, dans la quelle saint François Xavier était mort le 3 décembre 1552. C'est là que, en souvenir du grand Apôtre des Indes, le P. Rousseille avait dès l'abord rêvé de fixer sa communauté. Il s'y rendit, en effet ; mais l'irrégularité des communications, la difficulté de se procurer les objets de première nécessité, le manque de sécurité causé par les fréquentes incursions des pirates, ne tardèrent pas à lui démontrer l'impossibilité de l'entreprise : il fallut chercher un lieu plus sûr et plus tranquille.
    Il songea alors à Macao et y loua une maison suffisante pour une installation provisoire : l'inauguration en fut faite le 18 décembre 1884, et cette date est considérée depuis lors comme celle de la fondation de la maison de Nazareth et le commencement de la vie de prière et de travail qui devait être celle de la communauté naissante. La population portugaise de Macao ne voyait pas de mauvais oeil la petite colonie de missionnaires français, qui ne manifestait d'autres intentions que de prier et de travailler pour le service des missions. Mais il n'en fut pas de même de la part des autorités civiles, dont l'esprit ombrageux conçut des doutes et crut devoir considérer la modeste résidence des missionnaires comme une demeure à surveiller. Aussi, lorsque le P. Rousseille, désireux d'une installation définitive, entama les démarches nécessaires pour l'acquisition d'un immeuble plus en rapport avec ses projets d'avenir, il se heurta à tant de tracasseries et de difficultés qu'il jugea la situation intolérable et, après un séjour de quatre mois seulement, se résolut à abandonner Macao et à demander asile à la colonie anglaise de Hongkong.
    Il se trouva précisément, à proximité du sanatorium de Béthanie, établi là depuis dix ans, une propriété, avec maison européenne et dépendances, qu'une compagnie anglaise était disposée à céder. L'affaire fut conclue rapidement et, le 26 avril, en la fête du Patronage de Saint-Joseph, on célébrait la première messe dans la plus grande salle de la maison. La cérémonie d'installation fut solennelle : deux évêques, Mgr Raimondi, de Hongkong, et Mgr Foucard, du Kouangsi, les confrères de la procure et du sanatorium, et, en plus, les missionnaires du Kouangtong, chassés de leur mission par la persécution et alors réfugiés à Hongkong, assistèrent à la fête. Et dès le lendemain Nazareth reprenait les exercices d'une communauté mi-contemplative mi-active : prière et travail.
    Tout parut d'abord marcher à souhait : l'acclimatement s'était fait sans difficulté ; l'imprimerie, installée dans un bâtiment spécial, avait déjà édité plusieurs ouvrages importants ; l'avenir paraissait donc assuré, lorsqu'une épreuve vint fondre soudain sur la petite communauté. On savait que le terrain sur lequel on s'était établi laissait à désirer sous le rapport de la salubrité et l'on avait pris des mesures d'assainissement : nettoyage, écoulement des eaux, abatage de fourrés, plantation d'eucalyptus et de camphriers ; rien n'y fit, et, en dépit des doses quotidiennes de quinine qu'absorbèrent courageusement les hôtes de Nazareth, ils ne réussirent pas à chasser la fièvre ; ce fut la fièvre qui les chassa.
    Il fallut, en effet, chercher un autre domicile : on trouva à louer, à l'entrée de la ville de Victoria, une maison, dans laquelle les Pères s'installèrent tant bien que mal, tandis que l'imprimerie restait dans les locaux « enfiévrés ». Une situation aussi précaire ne pouvait durer. Pour en sortir, le P. Rousseille jugea nécessaire d'en conférer avec le séminaire et partit pour Paris. A son grand étonnement, il trouva, en arrivant, la question résolue. Son voyage avait été rapide, mais le télégraphe l'avait été plus encore, et c'est un télégramme qui avait apporté la nouvelle que le procureur de Hongkong ayant trouvé inopinément une propriété en vente, qui lui avait paru convenir pour l'installation de Nazareth, avait immédiatement conclu l'affaire. Cette propriété consistait en une villa, appelée Douglas Castle, avec ses dépendances et un terrain d'une superficie suffisante pour permettre les agrandissements qui seraient jugés nécessaires, le tout vis-à-vis du sanatorium, dont une route seule le sépare. Tout heureux d'une si prompte solution, le P. Rousseil le abrégea son séjour en France et, le 3 octobre 1894, il était de retour à Hongkong.
    Les travaux d'aménagement furent poussés avec activité : on construisit successivement un bâtiment pour l'imprimerie, un autre pour le logement des ouvriers chinois, la chapelle, et enfin, le 31 mai 1896, on reprenait la célébration de la grand'messe dominicale et la récitation intégrale de l'Office divin. La communauté comprenait alors 5 membres titulaires définitivement attachés à l'établissement et 6 confrères qui y passaient un temps plus ou moins long.
    Nazareth entrait dans une nouvelle période de son histoire : période de régularité conventuelle et de travail fécond. Il serait trop long de donner même la seule liste des ouvrages sortis des presses de l'imprimerie. Disons seulement qu'elle en arriva à employer plus de 60 ouvriers, tous chinois et tous catholiques, et à éditer des oeuvres en vingt langues différentes, chacune en caractères indigènes, chinois, annamites, thibétains, laotiens, etc., sans parler des langues européennes : latin, français, anglais, portugais, etc...
    Le P. Rousseille pouvait donc se rendre le témoignage que, grâce à son zèle et à son activité, l'oeuvre de Nazareth était en bonne voie. Malheureusement la santé du vénéré supérieur n'était pas à la hauteur de sa bonne volonté : les fatigues, les préoccupations, la fièvre, avaient ébranlé sa forte constitution. Un voyage en Annam, entrepris en 1897 dans le but de se procurer un peu de repos et de distraction, ne lui apporta qu'un surcroît de faiblesse : il revint à Hongkong et fut soigné au sanatorium, où il trouva une amélioration sensible qui lui permit de reprendre son travail.
    Le séminaire de Paris cependant s'inquiétait et était décidé à faire tout le possible pour prolonger une existence aussi précieuse à la Société. Sur ces entrefaites le Supérieur du Séminaire de Bièvres vint à mourir. Alléguant donc que l'oeuvre de Nazareth, fortement constituée maintenant, pouvait se passer de son concours et que le climat de France lui rendrait ses forces, le séminaire rappela le P. Rousseille pour lui confier la succession du Supérieur défunt. Ce fut, pour la Maison de Nazareth et pour son dévoué fondateur, un dur sacrifice, qui fut cependant accepté de part et d'autre avec une courageuse résignation.
    En juillet 1899, le P. Rousseille prenait donc la direction du séminaire de philosophie à Bièvres. Quelques mois après, au coeur d'un de ces hivers de France auxquels il n'était plus habitué, un coup de froid passa sur cette frêle poitrine, sur ce corps usé, et l'emporta en quelques jours. Le 22 janvier 1900, doucement, sans secousse, il rendait son âme à Dieu.
    La Société des Missions Etrangères perdait l'un de ses plus dévoués serviteurs.

    1932/215-220
    215-220
    Chine
    1932
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