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Le père Marcel Dubois est mort

Le Père Marcel DUBOIS est mort Le dernier numéro des Annales renfermait encore un article de lui : il en avait si souvent publié à l'intention de nos lecteurs et bienfaiteurs que ceux-ci nous excuseront de déroger à nos coutumes en disant ce que fut cet excellent missionnaire du Setchoan. Jean Marcel Dubois naquit à Blaignac, au diocèse de Bordeaux, le 1er mars 1879. Il fit ses études secondaires à l'Ecole Apostolique de Bordeaux, tenue par les RR. PP. Jésuites.
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    Le Père Marcel DUBOIS est mort

    Le dernier numéro des Annales renfermait encore un article de lui : il en avait si souvent publié à l'intention de nos lecteurs et bienfaiteurs que ceux-ci nous excuseront de déroger à nos coutumes en disant ce que fut cet excellent missionnaire du Setchoan.

    Jean Marcel Dubois naquit à Blaignac, au diocèse de Bordeaux, le 1er mars 1879. Il fit ses études secondaires à l'Ecole Apostolique de Bordeaux, tenue par les RR. PP. Jésuites.
    Entré laïc au séminaire de la Rue du Bac, il y fut ordonné prêtre le 28 septembre 1902. Le 28 février de l'année suivante, il débarquait Suifu avec les PP. Le Roux et Pierrel, destinés comme lui au Setchoan Méridional.
    Après avoir étudié la langue à Semong sous la direction du P. Delolme, il recevait, en septembre 1903, comme premier poste, Hongia, où il resta deux ans. En septembre 1905, il était au Kientchang avec résidence à Techang. Le Supérieur du Kientchang était alors le P. de Guébriant.
    Il était rappelé du Kientchang en 1907 et chargé de l'intérim de Tseleoukan ; puis, de 1908 à 1912, il fut auxiliaire du P. Sapin à Jencheou. En 1913, il était à la tête de l'immense district de Jencheou comprenant la sous-préfecture de Jencheou et celle de Tsinien. Au bout de quelques mois, il passait Jencheou au P. Jacques Ouang et se réservait Tsinien, absolument vide de chrétiens. C'est à partir de cette date que, puissamment aidé par les subsides de la mission et les dons de bienfaiteurs de France et même de Chine, commença sa période de conquête.
    En 1927, laissant à son successeur 900 confessions annuelles, il partait de Tsinien pour Iunhien. Iunhien avait perdu de sa prospérité des environs de 1900. Les efforts du P. Dubois se concentrèrent sur les descendants des anciens néophytes qui n'étaient plus chrétiens que de nom. Et comme, cette année là et les années suivantes, le mouvement antichrétien était à son zénith, les ennuis et les difficultés ne lui manquèrent pas.
    En 1931, il établit son quartier général à Ouangtatsoui dans la résidence construite par le P. de Guébriant. Son but était de former trois nouveaux districts qui auraient pour chefs-lieux respectifs : Hokeou (sous-préfecture de Iunhien), Kouanintchang (sous-préfecture de Gnipin alias Suifu ), et Ouangtatsoui (sous-préfecture Gnipin). Ses objectifs furent rapidement atteints. Hokeou devenait, district indépendant en 1934, et, en 1935, Kouanintchang avait son curé indigène. Quant à Ouangtatsoui, il resta sous la direction du P. Dubois jusqu'à sa mort.
    En résumé, de 1913 à 1938 inclusivement, le P. Dubois fit une moyenne de 300 baptêmes par an, et quatre districts lui doivent ou leur naissance ou leur résurrection.
    Après s'être dévoué au chevet du P. Pangaud, gravement malade, et l'avoir vu entrer en convalescence, le P. Dubois avait quitté avec lui Neikiang le 26 juin dernier pour arriver, dans la soirée du même jour, chez le P. Pierrel à Tzeliutsing. Ce soir là, avant de se coucher, il ressentit des frissons et de vives douleurs dans la région de l'estomac, mais croyant que c'était une nouvelle crise de son ancienne maladie de 1934, il ne s'en inquiéta pas.
    Le 30 juin, malgré les instances du P. Pierrel qui voulait le retenir jusqu'à guérison, il se mit en route pour Suifu, avec le P. Pangaud qui, de malade, était devenu garde-malade. Trois jours de chaise de Tzeliutsing à Suifu et, par malchance, deux jours de pluie continuelle, de Tzeliutsing à Pehouatchang et de Pehouatchang à sa station de chrétiens de Tsongtchang, il fut mouillé. Le dimanche 2 juillet, bien qu'il eût passé une très mauvaise nuit, il voulut célébrer la messe pour ses chrétiens, mais il dut quitter l'autel avant l'évangile.
    Ce dimanche 2 juillet, à 2 heures de l'après-midi, il arriva à l'évêché très fatigué et la voix presque éteinte. Tsongtchang est à 12 kilomètres de Suifu. Il se coucha immédiatement. Le docteur lui donna une potion contre les douleurs d'estomac et les vomissements. La nuit du 2 au 3 fut une nuit blanche. Le 3, à midi, son état avait empiré : extrémités froides, soif ardente, figure terreuse, nez allongé et aminci, véritables symptômes du choléra. Il se confessa. Les douleurs devenaient de plus en plus intolérables. Persuadé qu'elles se calmeraient s'il pouvait vomir, il réclamait un vomitif. En se reposant sur son oreiller, après s'être penché pour vomir il expirait. Il était quatre heures de l'après-midi.
    Le P. Dubois fut, sa vie durant, un charmant confrère, se plaisant à rendre service et sachant remercier ceux qui lui en rendaient. Aussi fut il aimé de tous. II fut d'un zèle débordant et dévorant ; il se donna sans compter ; toujours optimiste, il ne se laissa jamais décourager ni par les difficultés qu'il rencontra, ni par l'ingratitude de ceux qui l'entouraient. Il avait une dévotion spéciale à la Sainte Vierge. C'était à Elle qu'il confiait ses plans d'apostolat avec prière de les réaliser.
    De plus, le P. Dubois savait tenir la plume. De nombreux articles, très goûtés, parurent dans le Bulletin de la Société, dans les Annales de l'OEuvre des Partants et dans les Annales de la Propagation de la Foi ; ils étaient signés Marcel Dubois, ou Missionnaire du Setchoan ou Arden.
    Le cher P. Jean Marcel Dubois a bien mérité de nos missions ; les lecteurs des Annales auront un souvenir spécial pour lui dans leurs prières.

    R. I. P.



    1939/249-251
    249-251
    Chine
    1939
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