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Le Kien Tchang (Su Tchuen)

VARIÉTÉS Le Kien Tchang (Su Tchuen) Avec ses pics géants où perche le condor, Ses prés tout embaumés semés de boutons d'or, Avec ses hauts plateaux et ses riches vallées, Ses petits mamelons tout couverts d'azalées Les flancs de ses coteaux où les rhododendrons Se pressent par milliers en rouges escadrons Ses buissons d'aubépine à la parure blanche Qui le long des sentiers déferle en avalanche Parmi les liserons au calice vermeil, Aux jolis yeux rieurs mi-clos par le sommeil,
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    VARIÉTÉS

    Le Kien Tchang
    (Su Tchuen)

    Avec ses pics géants où perche le condor,
    Ses prés tout embaumés semés de boutons d'or,
    Avec ses hauts plateaux et ses riches vallées,
    Ses petits mamelons tout couverts d'azalées
    Les flancs de ses coteaux où les rhododendrons
    Se pressent par milliers en rouges escadrons
    Ses buissons d'aubépine à la parure blanche
    Qui le long des sentiers déferle en avalanche
    Parmi les liserons au calice vermeil,
    Aux jolis yeux rieurs mi-clos par le sommeil,
    Ses ruisselets jasant sous les tendres caresses
    Des grands saules pleureurs aux verdoyantes tresses,
    Ses bois pleins de mystère, où le ramier redit
    Son éternelle plainte, où lécureuil bondit,
    Ses pastours, qui jouant sur leur flûte d'érable
    Un de leurs airs naïfs, de douceur admirable,
    Gambadent au milieu des ronces, des sureaux,
    Avec les agnelets et les jeunes chevreaux,
    Ses maisons dont le toit de riants feux s'irrise
    Entre les bambous verts que fait ployer la brise,
    Ses magiques chalets aux sveltes pagodons
    Où les bonzes le soir dansent des rigodons,
    Ses rustiques moulins, qui chantent par saccades,
    Mêlant leur doux tic-tac à la voix des cascades,
    Ses vastes champs d'avoine aux clochetons tremblants,
    Ses pavots et ses lins sous le vent ondulants,
    Avec ses frais bosquets où le zéphyr murmure,
    Ses sources gazouillant sous l'épaisse ramure,
    Ses beaux lacs endormis, bordés d'eucalyptus,
    Fleuris de nénuphars, de célestes lotus,
    Et dont de blancs hérons animent le rivage,
    Ses grands pins au parfum pénétrant et sauvage,
    Ses orangers en fleurs où merles et pinsons
    Aux beaux jours du printemps égrènent leurs chansons,
    Penchés aux bords des nids, sous la verte feuillée,
    Avec son ciel d'azur à voûte ensoleillée,
    Quand le Kien-tchang parait à vos yeux éblouis
    De vos lèvres jaillit ce cri : Quel beau pays !

    C'est de ce beau pays, qu'avec ces vers j'adresse mes meilleurs remerciements à la charitable personne qui a bien voulu m'attribuer un très bel ornement blanc.

    MARCEL DUBOIS

    1908/59-60
    59-60
    Chine
    1908
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