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Le diocèse de Bayonne et la Société des Missions Étrangères

Le diocèse de Bayonne et la Société des Missions Étrangères A la mort de Mgr Pigneau de Béhaine (1799), il devint Vicaire apostolique. Il réunit ses prêtres en synode et s'appliqua à parfaire l'éducation religieuse de ses chrétiens et à augmenter le nombre des religieuses Amantes de la Croix. Tombé malade à Hué en 1822, il mourut l'année suivante. Sa douceur l'avait fait appeler un nouveau saint François de Sales.
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    Le diocèse de Bayonne et la Société des Missions Étrangères
    A la mort de Mgr Pigneau de Béhaine (1799), il devint Vicaire apostolique. Il réunit ses prêtres en synode et s'appliqua à parfaire l'éducation religieuse de ses chrétiens et à augmenter le nombre des religieuses Amantes de la Croix. Tombé malade à Hué en 1822, il mourut l'année suivante. Sa douceur l'avait fait appeler un nouveau saint François de Sales.
    Le jour même de la mort de Mgr Labartette entrait au Séminaire des Missions un jeune prêtre basque qui, comme lui, devait être honoré de l'épiscopat. Il se nommait Jean-Baptiste Boucho et était né en 1797 à Athos Aspis. En 1824, il fut envoyé au Siam et, durant dix-sept années, travailla dons la presqu'île malaise. Lorsque, en 1841, celle-ci fut détachée de la mission du Siam, le P. Boucho fut nommé provicaire, puis, en 1845, évêque d'Atalie et vicaire apostolique. Il s'installa dans l'île de Penang, appela dans sa mission les Dames de Saint-Maur et les Frères des Ecoles chrétiennes, fonda des écoles et fit plusieurs visites pastorales.
    Lorsque, en 1855, la Birmanie fut confiée à la Société des Missions Étrangères, il en fut nommé administrateur et, l'année suivante, plaça à la tête de cette mission son Coadjuteur, Mgr Bigandet, à qui il adjoignit plusieurs missionnaires. Après vingt-cinq années d'un fructueux épiscopat, Mgr Boucho mourut dans l'île de Penang en 1871, âgé de 74 ans.
    Le troisième Basque qui fut revêtu de l'épiscopat est Mgr Pierre Mugabure, né à Guéthary en 1850, missionnaire du Japon en 1874, puis du Japon Septentrional (Tôkyô) en 1876. Il fut chargé successivement des postes de Niigata, de Yokohama et de la cathédrale de Tôkyô. Il fit plusieurs voyages en Europe et en Amérique pour recueillir des aumônes en faveur de sa mission devenue en 1891 archidiocèse, où tout était à créer. En 1902, il fut nommé évêque de Saga lasso et Coadjuteur de l'Archevêque de Tôkyô, Mgr Osouf, à qui il succéda en 1906. Mais sa santé l'obligea à rentrer en France, et il mourut en 1910 à Guéthary, son pays natal.
    Le diocèse de Bayonne est encore représenté en Extrême-Orient par un évêque, Mgr Jean Larrart, qui, né en 1884 à Camou, parti en mission en 1909, est, depuis 1933, évêque d'Aulon et coadjuteur de Mgr Séguin, Vicaire apostolique de Kweiyang (Chine).
    Il y a exactement deux cents ans, nous l'avons vu, que le diocèse de Bayonne envoyait son premier missionnaire à la rue du Bac. Depuis lors quatre-vingt dix-huit Basques ou Béarnais sont venus grossir la phalange des apôtres de l'Extrême-Orient. Sur ce nombre, quatre ont reçu les honneurs de l'épiscopat, quatre aussi ont confessé la foi et ont subi une mort cruelle pour la cause de l'Évangile.
    Paul Souviron, né en 1768 à Oloron, avait à peine mis le pied sur la terre de Chine qu'il fut arrêté et jeté dans la prison de Canton : c'est là que, après deux mois de captivité, il mourut d'une fièvre maligne, offrant sa vie à Dieu pour ce peuple qu'il aurait voulu évangéliser. Deux mois après, son corps fut trouvé entier, flexible, nullement défiguré et n'exhalant aucune mauvaise odeur, quoiqu'il eût été inhumé dans une fosse peu profonde et à l'époque des grandes chaleurs. En 1877 ses restes ont été transportés dans la chapelle du sanatorium de Béthanie, à Hongkong.
    Dominique lribarne, d'Ossès, entré en 1880 au Séminaire des Missions Étrangères, partit en 1883 pour la Cochinchine Orientale. Il y travaillait depuis deux ans lorsque, à l'occasion de l'expédition française au Tonkin, une effroyable persécution se déchaîna. Le jeune missionnaire, arrêté dans sa chrétienté de Quancau, fut massacré, sa tête fut suspendue à un arbre et son corps dépecé et grillé. C'était le 19 août 1885.
    Jean Théodore Monbeig, de Salies-de-Béarn, missionnaire du Thibet en 1899, massacré par des brigands près de Lithang en 1914.
    La Grande Guerre de 1914-1918 fit aussi des victimes dans la phalange bayonnaise des Missions Étrangères. Le P. Benoît Puyao, de Thèze, missionnaire du Haut Tonkin depuis 1907, mort d'un accident en service commandé à Fréjus le 3 novembre 1916.
    Trois aspirants missionnaires donnèrent également leur vie pour la France :
    M. Jean-Pierre Bergerot, d'Ohaxe, minoré, le 15 juin 1915 ;
    M. Jean-Pierre Héguy, de La Bastide Clairance, minoré, en février 1915 ;
    M. Joseph Loustalot, de Boeil-Bezing, minoré, le 28 février 1917.
    Soyons assurés que, du haut du ciel, ils prient pour les missions auxquelles ils voulaient dévouer leur vie.
    Sur les quatre-vingt-dix-huit missionnaires partis de Bayonne depuis deux siècles pour l'Extrême - Orient, quarante - huit travaillent encore aujourd'hui dans l'immense champ du Père de famille ; cinquante sont allés déjà lui rendre compte de l'état du sillon qu'il leur avait donné à creuser. Parmi ceux-ci combien mériteraient une citation à l'ordre du jour de l'armée apostolique ! Ne pouvant les mentionner tous, signalons au moins ceux que les circonstances de leur carrière sacerdotale ont mis plus en évidence.
    Pierre Dourisboure, de Briscous, le principal fondateur de la mission des sauvages, Bahnars et autres, de la Cochinchine Orientale. Sous ce titre : « Les Sauvages Bahnars », il a publié le récit des travaux, des souffrances de son apostolat de quarante années, récit aussi intéressant qu'édifiant (1850-1890).
    Maurice Chirou, de Pontacq, missionnaire du Yunnan en 1852, fut rappelé en 1869, à Paris, comme Directeur du Séminaire, charge qu'il remplit durant quarante ans, distingué par sa modestie, sa prudence et sa piété. Il était le frère d'un des premiers collaborateurs du Bx Garicoïts dans la fondation de la Société des Prêtres du Sacré Coeur de Bétharram.
    Pierre Xavier Cazenave, né en 1834 à Sendets, parti pour l'Extrême-Orient en 1858, travailla successivement dans les procures de Hongkong, Singapore et Shanghai ; rappelé à Paris en 1866, il y exerça diverses charges jusqu'au jour (1883) où il fut nommé procureur général de la Société à Rome, fonction qu'il remplit pendant vingt-neuf ans, y apportant un dévouement inlassable au bien général de la Société qu'il représentait auprès du Saint-Siège.
    Joseph Gaztelu, de Bayonne, missionnaire du Setchoan Méridional en 1875, y travailla avec zèle tout en se livrant à une étude approfondie de la langue et des caractères chinois. En 1886, il devint Directeur de la Maison de Nazareth à Hongkong et, durant vingt-quatre années, y rendit de grands services.
    Combien d'autres noms mériteraient d'être cités à l'ordre de l'armée missionnaire ! Les limites d'un bref article de revue ne nous permettent pas de le faire ; mais il leur suffit et il est préférable pour eux, après leurs travaux apostoliques, d'avoir été cités à l'ordre de l'Église triomphante.
    Continuant les généreuses traditions de leurs devanciers, quarante-huit missionnaires bayonnais soutiennent encore actuellement en Extrême-Orient la lutte contre le paganisme. Leur méridionale véhémence s'y donnant libre cours, autorise les plus consolants espoirs, et, comme preuve que, chez eux,

    . . . . . . . . . . âmes bien nées,
    La valeur n'attend pas le nombre des années, on peut constater en feuilletant l'État de la Société des Missions Étrangères, que trois d'entre eux, après une moyenne d'à peine dix années de ministère apostolique, ont déjà mérité la dignité de « Vicaire général » ou de « Provicaire » dans leur mission. Ce simple fait n'est-il pas à la fois un « prix d'honneur » pour un court passé et un « prix d'encouragement » pour un long avenir ?
    Cet avenir d'une large et féconde collaboration du clergé basque ou béarnais à l'oeuvre missionnaire nous est, d'ailleurs, garanti par le nombre d'aspirants qui se préparent dans nos séminaires à l'apostolat en pays infidèles : ils sont actuellement dix, ce qui place Bayonne dans les tout premiers rangs des diocèses pourvoyeurs de la relève apostolique. La Société des Missions Étrangères l'en remercie chaudement ; le Roi des Apôtres l'en récompensera généreusement !
    1938/237-241
    237-241
    France
    1938
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