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Le déluge raconté par les Dioi

Le déluge raconté par les Dioi LETTRE DE M. DOUTRELIGNE, Missionnaire au Kouy-tcheou. Les Dioi sont la population indigène du Kouy-tcheou. Les Annales des Missions Etrangères en ont parlé plusieurs fois, grâce aux intéressantes lettres de M, Williatte, Je vous envoie aujourd'hui l'histoire du Déluge, telle qu'elle se raconte parmi les Dioi depuis plusieurs générations.
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    Le déluge raconté par les Dioi
    LETTRE DE M. DOUTRELIGNE,
    Missionnaire au Kouy-tcheou.
    Les Dioi sont la population indigène du Kouy-tcheou. Les Annales des Missions Etrangères en ont parlé plusieurs fois, grâce aux intéressantes lettres de M, Williatte,
    Je vous envoie aujourd'hui l'histoire du Déluge, telle qu'elle se raconte parmi les Dioi depuis plusieurs générations.
    Dans les temps reculés, il y avait un homme juste sur la terre ; un jour il arriva qu'il reçut la visite d'un passant ; c'était le Touen sien (divinité suprême) déguisé, qui lui dit :
    « Ami, toi qui es droit, je viens t'avertir qu'il y aura de grandes inondations ; alors dépêche-toi de faire une barque, et mets-y toutes les provisions que tu pourras ». Cet homme juste s'appelait Paooui-ram ; il offrit à dîner au passant. Ensuite, il se dit : « Cet homme ne me trompe pas ». Il partit dans la forêt abattre beaucoup d'arbres et construisit sa grande barque.
    Alors arriva le vieux Touen-pia (le tonnerre) en personne, petit, laid, bossu, qui se moqua de Pao-oui-ram !
    « Tu crois donc aux sornettes d'un passant ! Toi qui es droit ! Tu te laisses tromper ! Il ne pleuvra pas ! Foi de Touen-pia ! ».
    Pao-oui-ram avait foi au premier passant, il fut très mécontent des paroles de Touen-pia ; il prit ce Monsieur Tonnerre à bras le corps, le ligota, l'emprisonna dans une des chambres de la barque, et ayant fermé les issues il lui dit :
    « S'il ne pleut pas je te délivrerai ; s'il pleut je te tuerai ».
    Le Touen-pia étant enfermé, Pao-oui-ram alla à son travail.
    Touen-pia essaya de sortir ; impossible.
    A la fin il imagina de tromper les enfants de Pao-oui-ram.
    Un jour que ce dernier était absent, il feignit d'être malade et appela les enfants.
    « J'ai le gosier sec, leur dit-il, ça me pique, apportez-moi une cuillerée d'eau ». Les enfants ont tous le coeur simple ; ils apportèrent de l'eau, entrouvrirent la porte ; mais aussitôt, le Touen-pia s'échappa dans un éclair. Arrivé au ciel il fit pleuvoir, tonner, si bien que Paooui-ram entra dans la barque et le bateau flottait.
    L'eau allait atteindre le ciel, le bateau montait ; Touen-pia riait à travers les éclairs.
    Quand le bateau fut près de toucher à la voûte du ciel, et que Touen-pia, regardait par une fente, Pao-oui-ram prit des longues pinces à feu, attrapa Touen-pia par la jambe et le ré emprisonna.
    « Pardonne ! Pardonne ! Se mit à crier le Tonnerre, je vois que tu es le plus fort ; faisons un pacte, nous allons nous arranger ; toi tu t'oc duperas de la terre, depuis la septième jusqu'à la douzième lune, et moi je serai patron de la première à la septième et nous serons égaux ».
    Pao-oui-ram relâcha le Tonnerre et c'est depuis ce temps, qu'il y a un commencement à l'époque des chaleurs et des orages, et un commencement à l'époque des froids.

    1917/148-149
    148-149
    Chine
    1917
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