Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Le culte de Notre-Dame de Lourdes dans da mission du Coimbatour

Le culte de Notre-Dame de Lourdes dans da Mission du Coimbatour 1 Dans l'élan universel des chrétiens pour le culte de N.-D. de Lourdes, la Mission de Coïmbatour n'est pas restée en arrière ; témoins les chapelles, les autels dédiés à la Vierge Immaculée, les grottes fac-similés bien imparfaits sans doute de celle de Massa bielle, mais qui n'en prouvent pas moins la popularité de ce culte parmi nos Indiens.
Add this

    Le culte de Notre-Dame de Lourdes


    dans da Mission du Coimbatour 1

    Dans l'élan universel des chrétiens pour le culte de N.-D. de Lourdes, la Mission de Coïmbatour n'est pas restée en arrière ; témoins les chapelles, les autels dédiés à la Vierge Immaculée, les grottes fac-similés bien imparfaits sans doute de celle de Massa bielle, mais qui n'en prouvent pas moins la popularité de ce culte parmi nos Indiens.
    Au premier rang des apôtres de N.-D. de Lourdes, il faut compter Mgr Peyramale, parent du vénérable Mgr Peyramale, curé de Lourdes au moment des apparitions.
    L'enfant qui devait devenir évêque de Coïmbatore avait été témoin des merveilles de la grotte de Massa bielle. Il avait grandi au milieu des foules accourues de France et dailleurs pour s'agenouiller sur les bords du Gave. Son âme, nourrie de leur ardente piété, partageait leur invincible confiance en la Vierge Immaculée.
    Dès son arrivée en mission, M. Peyramale aspire à communiquer autour de lui les sentiments de son cur. Nommé chef du district de Pallapalayam vers l'année 1877, il trouve bientôt l'occasion de déployer tout son zèle.
    A peine la famine qui, à cette époque, désola l'Inde, a-t-elle cessé, qu'il met à exécution un projet depuis longtemps caressé.
    Sur le sol de l'Inde, il veut construire une grotte semblable à celle de Lourdes. Il communique ses intentions à ses chrétiens. Sa parole les convainc. Une cotisation est ouverte. La grotte est commencée. Mais hélas ! Les ouvriers sont d'une rare inexpérience. Le missionnaire doit se faire architecte et maçon lui-même. Luvre s'achève malgré toutes les difficultés, et la « bien-aimée protectrice » prend possession de son trône.
    Une fête est instituée pour en solenniser le joyeux, anniversaire. Tous les fidèles apportent leur obole afin d'en couvrir les frais.
    Un autel gracieux occupe le centre de la grotte, et chaque samedi, le Saint-Sacrifice y est célébré au milieu d'une affluence de fidèles, comparable à celle du dimanche.

    1. Rapport de Mgr Roy, évêque de Coimbatore.

    Marie ne se laisse point vaincre en générosité. Elle récompense largement la confiance de ses pieux serviteurs. Ses mains s'étendent sur ce peuple et s'ouvrent toutes pleines de grâces intérieures et de faveurs temporelles. Faut-il, en passant, signaler la protection visible dont se glorifie tout le village ? Autrefois, chaque année, à peu d'exceptions près, Pallapalayam était visité par le choléra. Le terrible fléau moissonnait de nombreuses victimes. Depuis le jour où Notre-Dame de Lourdes y a son sanctuaire, l'épidémie n'y fait que de rares et courtes apparitions.
    En 1884, M. Peyramale, dont la santé périclitait sous le chaud climat de la plaine, fut transféré à Coonor sur les « montagnes bleues ». La chrétienté de cette petite ville ayant augmenté dans des proportions considérables, on avait songé à remplacer la vieille chapelle par un édifice plus en rapport avec les besoins nouveaux. Les travaux étaient déjà commencés lorsque le missionnaire vint prendre possession de ce champ d'action. La bien-aimée protectrice aura son sanctuaire comme à Pallapalayam C'est la première pensée de M. Peyramale. Mais la mise à exécution rencontre les mêmes difficultés qui surgissaient, là aussi, de l'inhabileté des ouvriers. Pour les résoudre, il envoie plusieurs d'entre eux s'instruire à Pallapalayam même. Ils voient la grotte, étudient son architecture, reviennent sûrs d'eux-mêmes et luvre s'achève sans trop de tâtonnements.
    Avec quelle joie, le pieux missionnaire offre à Notre Dame de Lourdes son nouvel asile ! De magnifiques fêles en rappelleront longtemps aux fidèles la prise de possession. Des exercices de piété y sont établis comme à Pallapalayam. Les chrétiens répondent avec enthousiasme aux avances de leur pasteur et adoptent toutes ses propositions avec la plus vive piété.
    Chaque année, la provision d'eau de Lourdes est augmentée et elle est insuffisante pour satisfaire la pieuse avidité des fidèles et même des païens.
    La fête du 8 décembre revêt bientôt un éclat égal à celui de la fête patronale. De jour en jour, les noms de Lourdappen, Lourdammal (serviteurs, servantes de Notre-Dame de Lourdes), donnés aux nouveaux nés à leur baptême, deviennent plus communs.
    Le missionnaire avait atteint son but. Il voyait ses efforts couronnés au-delà de ses espérances.
    La dévotion à Marie Immaculée était en honneur à Coonor comme à Pallapalayam.
    Devenu évêque, Mgr Peyramale méditait de faire encore davantage, mais le divin Maître le trouva mûr pour la récompense et le rappela à lui au début d'un épiscopat qui avait donné tant d'espérances. Il a voulu dormir son dernier sommeil au pied de sa chère grotte de Coonor, où, chaque soir, pendant 18 années, il était venu s'agenouiller et prier avec cette ferveur qui faisait l'admiration et de ses confrères et de ses chrétiens.

    ***

    La bonne semence qu'il avait jetée n'avait pas tardé à produire des fruits de salut en dehors de son district. Vers 1888, le P. Foubert, chapelain militaire de Wellington, petite ville distante de quelques milles seulement de Coonor, ayant à reconstruire son église, n'eut garde, pour répondre aux désirs de ses chrétiens, d'y oublier une place pour Notre Dame de Lourdes. Il ne recula point devant les dépenses d'une magnifique statue de grandeur naturelle, à qui des yeux en verre « des yeux qui parlent » disent les indiens, donnent l'apparence de la vie ».
    Dès les premiers jours de son installation, les dévots serviteurs de Marie accourent se prosterner à ses pieds pour lui exprimer les sentiments de leur filial amour et lui exposer leurs besoins avec une naïve et invincible confiance. Leur ferveur s'est accrue d'année en année. Passent-ils près de l'église, ils s'arrêtent et entrent pour adorer Notre-Seigneur et saluer sa «bonne Mère ». Chaque dimanche après la grande messe, ils n'ont garde de sortir avant de s'être agenouillés devant sa statue.
    La ville principale des « Montagnes bleues », Ootacamund, se glorifie d'une florissante chrétienté, composée, en partie de vieilles familles catholiques, où depuis longtemps la piété envers Marie est en honneur. Elle n'est pas en retard pour manifester sa foi en l'Immaculée. Le P. Biolley a lancé une souscription pour lui construire un sanctuaire. Riches et pauvres donnent généreusement. Un autel latéral de la vaste église paroissiale est trans-formé en grotte. La nouvelle dévotion devient rapidement très populaire. Une fête annuelle est établie en l'honneur de « Lourdes Mada » ; bientôt elle égale en solennité si elle n'éclipse pas l'Assomption elle-même, la fête patronale. Sur ces entrefaites est publiée la traduction en tamoul, due à la plume de Mgr Bottero, des apparitions de Notre-Dame de Lourdes. Elle obtient un grand succès, surtout à Otacamund, où l'instruction est relativement répandue parmi le peuple.
    Les chrétiens lisent ce livre avec empressement et le présentent aux païens. Sa lecture remue et éclaire ces pauvres âmes. Leur foi dans les idoles est ébranlée, et au jour de l'épreuve ils élèvent leurs mains suppliantes vers la Vierge de Lourdes, qui plus d'une fois exauce leurs souhaits. Les lumières de la foi accompagnent souvent ses faveurs temporelles. Aussi n'est-il pas rare à Ootacamund de voir ces pauvres païens venir solliciter la grâce du baptême pour eux ou quelqu'un des leurs, en accomplissement des vux faits à Lourdes Mada. L'amour des fidèles pour la Vierge Immaculée est donc une des notes caractéristiques de la chrétienté d'Ootacamund. Aussi quand il s'agit d'y fonder une nouvelle paroisse, donner une place d'honneur à Notre Dame de Lourdes dans l'église en construction, c'était répondre aux plus ardents désirs de la population.
    Ootacamund renferme un couvent de Religieuses européennes de la Congrégation des Franciscaines missionnaires de Marie. Malgré leur pauvreté, ces Mères n'ont point hésité à se mettre en frais pour offrir à Marie un sanctuaire moins indigne d'elle. Leur grotte fait l'admiration de tous les visiteurs. Elle l'emporte de beaucoup en beauté sur toutes selles de la mission.
    Elle s'élève au fond d'une allée de leur jardin. Des rosiers, des églantiers, des lierres et autres plantes grimpantes en ornent le fond et les parois. Un petit ruisseau a été détourné de son lit, et amené en serpentant aux pieds de la grotte. Quelques gouttes d'eau de Lourdes l'ont consacré à Marie.
    Des fleurs rares embaument l'air de doux parfums et transforment ce petit coin de terre en une miniature de paradis terrestre.
    Aussi chrétiens et païens y accourent chaque jour en grand nombre. C'est pour lui recommander une affaire importante, la prier pour un malade, faire brûler en son honneur de l'encens, un cierge, déposer dans le tronc la petite pièce de monnaie promise, suspendre en ex-voto une minuscule couronne d'argent, un collier de perles... On emportera, comme un précieux trésor, une fleur, quelques feuilles pour les tremper dans une potion destinée à un malade, dans l'espérance de lui communiquer, par là; l'efficacité nécessaire. Les pieux larcins des pèlerins, ils ne s'en doutent pas, causent des désastres difficiles à réparer et soumettent à une épreuve, trop souvent répétée, la patience des Religieuses.
    Mais les surprises ménagées par l'affluence des pèlerins ne sont pas toujours désagréables.
    Un jour, les Religieuses s'en vont, selon leur habitude, rendre visite à la Madone chérie. Elles la trouvent avec une grosse paire de lunettes plus ou moins bien ajustées sur les yeux en guise d'ex-voto. Une pauvre vieille païenne, affligée d'un mal d'yeux, après avoir, sans aucun résultat, épuisé tous les collyres et les médicaments conseillés par la Faculté, s'était lavée avec un peu d'eau de la grotte. Quelques jours après, le mal avait complètement disparu. Transportée de joie, la bonne vieille voulait un mémorial de sa guérison et un gage de sa reconnaissance envers Lourdes Mada Une paire de lunettes était évidemment l'ex-voto le plus significatif. Elle se les procure aussitôt et les offre à sa divine bienfaitrice.
    Quelques jours après, voici un heureux berger, tenant entre ses bras un joli petit agneau. Il est debout devant la grotte. Les bêlements de l'agnelet attirent l'attention. Une religieuse s'approche : « J'ai changé de village lui dit le païen. Or, en me rendant à ma nouvelle habitation, j'avais perdu deux brebis. Je m'en suis aperçu seulement au moment d'enfermer mon troupeau dans le nouveau bercail. Je revins aussitôt sur mes pas, mais mes recherches furent vaines. Ayant entendu parler de la puissance de Lourdes Mada du couvent, je suis venu me prosterner à ses pieds et lui exposer mon embarras lui promettant le premier agneau qui naîtrait dans ma bergerie si elle me rendait mes brebis perdues. Elle m'a exaucé. A peine de retour au village, j'ai trouvé les deux fugitives à la porte du bercail ; elles attendaient qu'on leur ouvrît pour y entrer. J'apporte ce petit agneau pour accomplir ma promesse et comme gage de ma reconnaissance à Lourdes Mada.
    Les faveurs temporelles obtenues par l'intercession de la Madone des bonnes Religieuses sont très nombreuses. Aussi catholiques, protestants, païens célèbrent à l'envie sa puissance maternelle. Les fêtes, processions instituées en son honneur attirent chaque fois au couvent un immense concours de peuple. Les bardes et les musiciens du pays considèrent comme un grand honneur d'être admis dans ces occasions à célébrer à leur manière les gloires de Marie.

    ***
    Kotagiri est situé sur les Nilgiri, à14 milles de Coonor. Depuis 1883 Notre Dame de Lourdes en a pris possession. Son église était pauvre et menaçait ruine. Elle était, en outre, d'un accès difficile. On en construisit une autre, qui fut bénite par Mgr Bardou le 26 septembre 1885, et quelques années plus tard, elle était ornée d'une statue de Notre-Dame de Lourdes due à la générosité du P. Briand.
    Si le culte de Notre-Dame de Lourdes a pris son extension la plus rapide dans la partie montagneuse de la mission du Coïmbatour nous trouvons cependant dans la plaine de nombreux districts, en dehors de Pallapalayam, où la Vierge Immaculée a sa chapelle ou un autel avec sa statue.
    A une vingtaine de milles plus au sud on rencontre Polatchi, centre d'un nouveau district, dont la chapelle a Notre-Dame de Lourdes pour titulaire. La fête du 11 février y attire bon nombre de pèlerins.
    Beaucoup de païens des environs viennent ce jour-là apporter leurs offrandes à la Mada des chrétiens.
    La principale chapelle du district d'Erode, à l'est de la Mission, est aussi dédiée à l'Immaculée Conception. L'ancienne statue en bois, oeuvre plus ou moins grossière d'un artiste Indien, a été remplacée par une plus belle. La fête patronale du 8 décembre est précédée d'un Triduum, dont les chrétiens même les plus tièdes tiennent à suivre les différents exercices. Le jour de la fête les communions sont nombreuses, et à la tombée de la nuit a lieu à travers la ville d'Erode une longue procession : musique, feux dartifice, chants, rien ne manque pour donner à cette manifestation religieuse un cachet indien. Les païens ne se réclament point de la liberté de conscience pour venir molester les fidèles ; quelques-uns parmi eux se joignent même aux chrétiens pour suivre le char de Marie.
    En 1889, le zélé P. Gudin, alors chargé du district de Palghat, installe dans son église une belle statue de la Vierge de Massa bielle, cadeau d'un excellent chrétien d'origine eurasienne.
    Cette même année, un jour pendant l'absence du missionnaire, un païen s'introduisit dans l'église. Depuis il est comme fou. Le malheureux s'était attaqué à la statue de Notre Dame de Lourdes, si chère à nos chrétiens. Il avait brisé un des bras de la statue et s'était emparé d'un chapelet d'argent, suspendu à son cou, lorsqu'il fut aperçu par le catéchiste. Celui-ci voyant, couché sous un banc, un individu à figure sinistre, fut saisi de crainte et s'élança au dehors en poussant des cris.
    Le voleur aurait eu dix fois le temps de s'enfuir. Il s'obstina à rester dans l'église. Quelques instants après, chrétiens et païens accourent. A la vue de la statue de Notre Dame de Lourdes brisée, un frémissement d'indignation et d'horreur saisit toute l'assemblée. On cherche des yeux le sacrilège. Il se défend comme un forcené et frappe à tort et à travers. Plus de mille personnes l'entourent, prêtes à lui faire un mauvais parti. La police l'arrache enfin de leurs mains. Il donne, depuis lors, des signes de vraie folie.
    L'année suivante, les femmes chrétiennes d'Atticodou se cotisent pour avoir aussi leur statue de Notre Dame de Lourdes, qui est installée sur un pilier en maçonnerie. Mais bientôt un autel latéral de léglise sest transformé en grotte où lImmaculée trouve son trône et reçoit les honneurs des fidèles. Pour donner un plus libre cours à leur dévotion les chrétiens s'entendent afin de prendre comme fête patronale celle de l'Apparition.

    ***
    En dehors des chrétientés que nous venons de citer, Saveriarpalayam, Nadatakoulam, Tiroupour, Karumattampatti, possèdent aussi des statues de Notre Dame de Lourdes. Dans ce dernier village la statue a été offerte par un chrétien indigène en exécution d'un vu.
    Presque partout dans le diocèse il y a une neuvaine ou un triduum en l'honneur de Notre Dame de Lourdes comme préparation à la fête de l'apparition du 11 février. Le jour de la fête il y a à Coimbatore messe pontificale, procession aux flambeaux sous la présidence de l'évêque. Les communions sont nombreuses pendant la neuvaine et surtout au jour de la fête.
    Le culte de la vierge de Massa bielle existe dans plus des deux tiers de nos districts.
    Puisse le mouvement qui porte les âmes vers Notre Dame de Lourdes continuer à s'étendre et nous valoir de la part de l'Immaculée Conception des grâces de préservation pour nos chrétiens et de conversion pour les malheureux païens, si nombreux encore, qui nous entourent.




    1908/255-261
    255-261
    Inde
    1908
    Aucune image