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Le culte de notre-dame de lourdes 1

Le culte de notre-dame de lourdes DANS LA MISSION DU KOUANG-TONG « Une des premières chapelles en l'honneur de Notre Dame de Lourdes dans la mission du Kouang-tong a été élevée en 1882 à Pak-hoi par le P. Dejean.
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    Le culte de notre-dame de lourdes

    DANS LA MISSION DU KOUANG-TONG

    « Une des premières chapelles en l'honneur de Notre Dame de Lourdes dans la mission du Kouang-tong a été élevée en 1882 à Pak-hoi par le P. Dejean.

    Il voulait1 ainsi remercier la Très Sainte Vierge d'une faveur singulière dont il avait été l'objet et qu'il tenait pour vraiment miraculeuse. C'était vers la fin de l'année 1881. Un incendie ayant éclaté à Pak-hoi pendant la nuit, un vent violent, soufflant du nord-ouest, poussait les flammes vers la chapelle. Elles avaient déjà dévoré les maisons avoisinantes. La dernière venait de s'effondrer. Les flammes léchaient les murailles de la vieille résidence et l'extrémité des chevrons, ressortant en dehors, avait pris feu. Des malandrins, sous prétexte de venir en aide au missionnaire, avaient même envahi la chapelle. Tout semblait désespéré. Cependant le Père était aux pieds de la Sainte Vierge. Au fort du danger, il promit à Notre Dame de Lourdes de bâtir en son honneur une nouvelle chapelle. Il venait de se relever et commençait à asperger d'eau de Lourdes les murs déjà brûlants, quand subitement, au grand étonnement de tous, le vent change de direction et le feu s'éteint de lui-même laissant les murs noircis en témoignage de ce fait remarquable.

    Tous les païens n'ont pu s'empêcher de reconnaître dans cet événement une protection particulière du ciel. Quelque temps après, le pieux P. Dejean bâtissait sa nouvelle chapelle.

    Mgr Chausse, dans le compte-rendu des travaux de ses missionnaires, de la même année, signale la construction d'un autre oratoire en l'honneur de Notre Dame de Lourdes. Il est dû au zèle de M. Gérardin et s'élève à 20 minutes de Canton, tout près du cimetière. Un commandant de la marine a fait don au missionnaire d'une magnifique statue de Notre Dame de Lourdes.

    1. Rapport de M. Fleureau, pro-préfet apostolique du Kouang-tong.

    A mesure que le culte de la Vierge Immaculée se répand dans la mission, les fruits de salut se multiplient, les chrétiens deviennent plus fervents, les conversions de païens nombreuses, les ruses du démon sont déjouées. Nous voulons citer comme témoignage ces paroles de M. Legros1 :

    « Malgré les efforts de Satan bien servi par les mandarins, j'ai pu, sous la protection de Notre Dame de Lourdes, baptiser 177 adultes, dont 4 hérétiques. Ce chiffre, supérieur à celui des années précédentes, témoigne que l'esprit de foi va grandissant chez les néophytes. Le culte de Notre-dame de Lourdes a pris un grand développement dans le district, et la fête du 11 février a été chômée à l'égal des dimanches. Les chrétiens sont-ils malades, vite ils ont recours à l'Immaculée, et je pourrais en citer plusieurs qui, abandonnés des médecins, ont été guéris par la protection de Marie. Aussi les neuvaines sont fréquentes, et au lieu d'appeler le docteur, on fait brûler des cierges à l'autel de la bonne Mère.

    « L'année dernière, à l'époque de la peste, j'avais promis de placer, dans ma chapelle, une statue de Notre-dame de Lourdes, si elle préservait mes chrétiens du terrible fléau. La sainte Vierge nous a exaucés, et sa statue est maintenant dans la chapelle de Ny-reng, en attendant que je lui élève un petit trône comme je m'y suis engagé lors de l'attaque que nous avons subie le 5 août dernier. Nous étions assaillis en même temps que les protestants anglais et américains ; ces derniers ont tout perdu, et nous, nous avons échappé au pillage.

    « Quand je vis cette foule de bandits s'avancer vers la chapelle avec des cris féroces, mon premier mouvement fut de me jeter à genoux et de faire mon acte de contrition ; puis me relevant, je m'adresse à Notre Dame de Lourdes, lui promets un petit trône, et au nom de la communauté, je fais voeu de brûler un cierge à l'heure de la prière du soir et du matin si elle nous délivrait. Un bachelier s'avança au-devant de la foule, et lui parla si bien qu'elle se retira sans commettre de dégâts : nous étions sauvés ».



    1. Compte-rendu de Mgr Mérel, préfet apostolique du Kouang-tong, année 1900, p. 125.



    En 1894, à la demande des Soeurs catéchistes missionnaires de Marie Immaculée, Mgr Chausse fit élever un oratoire avec grotte en l'honneur de Notre Dame de Lourdes. Entre plusieurs faveurs miraculeuses, figure au premier rang la guérison d'un peintre chinois à peu près aveugle, qui, à la suite d'une neuvaine à la grotte, recouvra l'usage de ses yeux. Le fait est consigné dans un ex-voto.

    En 1898 dans le jardin du Séminaire un oratoire fut également élevé et consacré à la Vierge Immaculée. Les séminaristes s'y réunissent chaque samedi et la veille des fêtes pour y prier et chanter quelques cantiques. Ils y vont, de plus, réciter un Ave Maria au commencement de chaque récréation.

    La Très Sainte Vierge n'a pas été sans accorder, plus d'une fois des faveurs signalées à ceux qui l'ont invoquée. La plus remarquable est la guérison, contre toute attente, d'un jeune séminariste atteint du choléra et dont, au dire des médecins, l'état était absolument désespéré.

    A quelques pas de l'oratoire du Séminaire et séparé seulement par un mur, est celui des chrétiens de la cathédrale. Il a été élevé par M. Sorin, pro préfet de la mission, alors curé de la cathédrale. Les chrétiens y prient volontiers en entrant à la cathédrale ou quand ils en sortent. Ils s'y réunissent en grand nombre aux principales fêtes de la sainte Vierge. Plus récemment une chapelle élevée à la campagne du Séminaire à Sha-ho-po, au-dessous et à une lieue de Canton, a été également mise sous le vocable de Notre Dame de Lourdes. Ainsi à Canton même, la Vierge Immaculée est honorée et invoquée dans cinq chapelles ou oratoires.

    La chapelle de la concession européenne à Sha-min est sous le vocable de Notre Dame de Lourdes.

    Après Canton vient Shun-tak, district qui comprend la sous-préfecture du même nom : « Dans l'oratoire de Shun-tak, écrit le missionnaire, M. Lanoue, une belle et grande statue est placée bien en vue, en arrière de l'autel, avec l'invocation Maria Immaculata, ora pro nobis. Toutes les chrétientés du district ont une dévotion très spéciale à la sainte Vierge, invoquée sous ce titre. Les fidèles, qui ont entendu parler de l'eau de Lourdes et peuvent s'en procurer, le font avec empressement. J'ai eu moi-même grandement à me féliciter d'y avoir eu recours.

    « C'était en 1890, au cours d'une maladie réputée mortelle. Déjà, sur l'avis du médecin, les chrétiens étaient allés chercher le missionnaire voisin pour m'administrer les derniers sacrements. En attendant, dans un des rares moments où j'avais toute ma connaissance, je demandai un petit flacon d'eau de Lourdes qui m'avait été donné en mars 1881. Le domestique me l'ayant apporté, j'en bus une partie et me trouvai immédiatement si bien soulagé qu'il ne fut plus question pour moi de recevoir l'Extrême-Onction.

    « L'année suivante, j'ai élevé une chapelle promise à l'heure du danger, et j'ai placé au-dessus de l'autel l'image de Notre-Dame de Lourdes.

    « Dans le district de Yan-ping, écrit M. Pencolé, deux chapelles sont consacrées à la Sainte Vierge sous le vocable de Notre Darne de Lourdes ; celle de Ung-kung a un de ses autels latéraux qui lui est dédié ».

    M. Genty se félicite de la piété de ses chrétiens et de leur confiance en la Vierge Immaculée. Toutes leurs prières se terminent par l'invocation trois fois répétée : « Notre Dame de Lourdes, priez pour nous ». Elle est la titulaire de la chapelle de Tup-trac. L'église de Yeung-kong, la plus belle de tout le district, a aussi Notre-Dame de Lourdes comme patronne.

    De Shiou-hing est venue une relation, dont voici un extrait :

    « Vous me demandez, dit M. Clauzet, si Notre Dame de Lourdes est connue et honorée dans mon district. Autant vaudrait s'enquérir si l'astre d'argent qui brille au firmament si pur de nos nuits étoilées d'Extrême-Orient et auquel veut bien être comparée la Reine du ciel « Pulchra ut luna », réjouit de sa douce lumière les yeux des humains des hauteurs où il rayonne.

    « C'était quelques années après la proclamation du dogme de l'immaculée Conception par le Pape Pie IX, au lendemain des apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes.

    « M. Foucard, le premier missionnaire français de la ville préfectorale de Shiou-hing, consacrait sa chapelle et son district à Notre Dame de Lourdes. Depuis ce jour cette fête n'a cessé d'être célébrée avec solennité.

    « Des chapelles nouvelles ont été ouvertes au culte, et beaucoup d'entre elles, pour contenter le pieux désir des fidèles, ont été dédiées à la Sainte Vierge, que nos chrétiens tiennent à vénérer spécialement sous le vocable de l'Immaculée Conception ou de Notre Dame de Lourdes.

    « Ses deux fêtes, celles du 8 décembre et celles de l'Apparition le 11 février, sont en grand honneur chez nos vieux chrétiens.

    « Des faveurs spéciales ont été obtenues par mes chrétiens ; mais en voici une dont le récit vous sera certainement agréable : « C'est la guérison d'une petite fille, délicate créature, qui, à peine née à la terre, semblait déjà mûre pour le ciel, jeune lis non encore épanoui et dont la tête s'inclinait vers le sol ne laissant nul espoir de floraison. Je recommandai à l'enfant, condamnée à mourir comme poitrinaire dans un bref délai, à la chute des feuilles (et nous étions à la fin de l'été) de recourir à Notre Dame de Lourdes pour qu'elle lui laissât encore ici-bas le temps d'acquérir quelques mérites et d'embaumer la terre avant d'aller parfumer le ciel. Elle le fit avec une douce confiance, mais bien résignée à mourir si telle était la volonté de Dieu. Il faut croire que Notre Dame sourit à ses prières naïves, car de son doigt virginal elle releva la tige de ce lis étiolé. La poitrinaire est devenue une grande jeune fille, pieuse et sage, édifiant la chrétienté, et dans sa reconnaissance, voulant consacrer à l'Immaculée la virginité de ce corps, qu'après sa mère de la terre, elle doit pour la deuxième fois à sa mère du ciel ».

    « Mes chrétiens, dit M. Freyssinet, chargé du district de la sous-préfecture de Pok-lo, connaissent et invoquent Notre Dame de Lourdes. Dans plusieurs circonstances difficiles, ils ont fait des neuvaines pour obtenir de sa part une protection particulière ».

    « Dans quelques villages où la peste décimait les païens, les vrais chrétiens n'ont pas été atteints ou aucun d'eux n'est mort.

    « Le fléau, dans la ville de Pok-lo, a fait un choix lors de la peste ; il a paru que les chrétiens dévots à Notre Dame de Lourdes ont été spécialement protégés ; tels ceux de Pok-lo où les païens et les mauvais catholiques ont seuls été frappés, tels les chrétiens de Wong-tong1 où pas un n'est atteint tandis que 82 païens succombent dans l'espace de trois semaines.

    1. Wong-tong est un village de plus de mille habitants. Les chrétiens et les catéchumènes sont une centaine. La chapelle de Wong-tong est dédiée à Notre Dame de Lourdes. Les chrétiens ont contribué pour une large part à sa construction. C'est le plus bel édifice catholique du district de Pok-lo.

    A Wai-chau, sept personnes de trois familles différentes sont atteintes, et le bubon s'est déjà développé soit à l'aine soit au cou, soit à l'aisselle. Elles invoquent Notre Dame de Lourdes et toutes guérissent.

    M. Grégoire fait le récit d'une guérison attribuée à la vertu de l'eau de Lourdes : « Un chrétien souffrait cruellement depuis deux mois d'un mal très gênant. Après avoir mis à contribution toute la science des médecins chinois sans obtenir aucun résultat, le pauvre malade eut recours au missionnaire. Celui-ci lui envoie un peu d'eau de Lourdes, en lui recommandant de s'en servir contre la maladie avec une grande confiance en la puissance de Marie. Le chrétien en prend quelques gouttes ; il éprouve aussitôt un mieux très sensible. Quelques semaines se passent et la guérison est complète. Le malade et ses connaissances attribuent tous ce relèvement inespéré à une faveur spéciale de la très Sainte Vierge et le publient très haut ».

    Les fidèles de Lin Chan aiment à s'approcher des sacrements en grand nombre aux fêtes de l'Immaculée Conception et de l'apparition de Notre Dame de Lourdes. M. Zimmermann, chargé de ce poste, a construit, l'an dernier, une jolie chapelle qu'il veut lui dédier.

    « Il y a quelques années, dit ce missionnaire, un de mes chrétiens, marchand d'orfèvrerie, est atteint d'une maladie de peau. Il essaie vainement tous les remèdes. A l'unanimité, les médecins ont diagnostiqué la lèpre. Grand émoi dans la famille. J'avais un peu d'eau de Lourdes. Je lui en offris. Il s'en servit plusieurs reprises pour se laver les endroits les plus malades. Depuis lors les traces du mal ont disparu.

    « Plusieurs autres confrères dont les lettres ne nous sont point parvenues, dit M. Fleure au en terminant son rapport, ont aussi une chapelle consacrée à l'Immaculée Conception que leurs chrétiens aiment à invoquer sous ce titre. Marie a récompensé leur confiance dans maintes circonstances, en leur accordant des faveurs spirituelles ou temporelles, dont bon nombre sont vraiment extraordinaires ».




    1909/40-45
    40-45
    Chine
    1909
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