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Le chemin de croix d'une mission

Le chemin de croix d'une mission La Mission de Swatow, en Chine méridionale, confiée à la Société des Missions Etrangères de Paris, est, sous la direction d'un Vicaire apostolique, évangélisée par 20 missionnaires français. Voici leurs noms, suivis de la mention de leur diocèse d'origine et de la date de leur départ pour l'Extrême-Orient :
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    Le chemin de croix d'une mission
    La Mission de Swatow, en Chine méridionale, confiée à la Société des Missions Etrangères de Paris, est, sous la direction d'un Vicaire apostolique, évangélisée par 20 missionnaires français. Voici leurs noms, suivis de la mention de leur diocèse d'origine et de la date de leur départ pour l'Extrême-Orient :
    Mgr A. RAYSSAC (Cahors, 1889). Missionnaire à Lok-Fong en 1903, il est poursuivi et arrêté par une bande de soldats qui faillirent l'envoyer directement en paradis. Le vice-roi du Kwangtong envoie une canonnière qui le ramène sain et sauf à Canton.
    Père J. LE CORRE (Rennes, 1896). Provicaire et curé de Chaw-Chou-Fu ; en 1926, une bande de forcenés envahit soudainement la Mission catholique » et réclame le diable étranger » qu'ils voue laient enchaîner et traîner dans la ville. A grande peine et par des portes dérobées, le Père peut se réfugier chez des voisins chrétiens.
    Père C. VOGEL (Strasbourg, 1901). Provicaire. N'a connu que de nombreux incidents de voyage au cours de ses 30 années de Chine. Intact.
    Père C. GUILLAUME (Nancy, 1872). En pieuse retraite au Sanatorium de Hongkong. Intact, également, malgré 52 ans de services actifs.
    Père H. VACQUEREL (Bayeux, 1878). Depuis 51 ans missionnaire au Tchong-Lok ; avec le P. Guillaume, obligé de se réfugier à Hongkong en 1884. En janvier 1927, caché dans la montagne près de sa résidence, il en « surveille le pillage par une troupe de 300 communistes, tandis que flambe la maison des notables chrétiens.
    Père F. BECMEUR (Saint-BI ieux, 1887). Trente ans curé de Péh-Né. Les 16 et 17 janvier 1927 s'est tiré de l'anéantissement de sa chrétienté en sauvant sa vie, sans plus. A 66 ans, simplement, il entreprend de relever les ruines.
    Père CH. REY (Lyon, 1889). Fondateur du district de Pin-Nien. Auteur de dictionnaires Hakka. Intact.
    Père A. VEAUX (Tulle, 1892). Au district de Hopo. Souvent menacé, mais encore intact.
    Père L. ETIENNE (Reims, 1900). Actuellement supérieur du petit Séminaire de la Mission. Curé au pays Hakka pendant 20 ans. Le 14 octobre 1915, en voyage, est attaqué par les brigands : deux coups de couteau et une balle de revolver qui lui traverse la poitrine et le tient pendant 40 jours entre la vie et la mort.
    Père P. PENCOLÉ (Saint-Brieuc, 1900). En 1917, poursuivi à coups de fusil par des soldats, au Tchao-Yong. Sa résidence de Mong-Tsio deux fois pillée en 1927 ; celle de Ha-Swa, en 1929. Voit l'une de ses églises, Kang-Tau, transformée en prison communiste et les « bourgeois » pendus à la travée devant l'autel.
    Père G. THIOLLIÈRE (Lyon, 1901). Curé de Taï-Yong ; ces dernières années toujours menacé, et plusieurs fois obligé de tout abandonner et de fuir à l'approche des communistes qui ravagent son district.
    Père J. CONSTANCIS (Clermont, 1902). Curé de Tang-Ke. Sa belle église sans cesse occupée par les soldats ; elle est pillée en 1927, les statues brisées. Le pillage est renouvelé en 1928 dans la résidence même du Père.
    Père L. WERNER (Strasbourg, 1902). A Kow-Koï, en 1928, a sa tête mise à prix par ses voisins et amis « les rouges ».
    Père C. FAVRE (Annecy, 1903). Aujourd'hui curé de Chaow-Chow-Fu. En août 1925, dans l'église de Nien-Fou, est attaqué par une trentaine de soldats qui le laissent à terre, évanoui, une côte fracassée.
    Père L. COIFFARD (Angers, 1909). Chargé de Kwe-T'an en février 1928. De l'incendie de cette importante chrétienté par les communistes n'a sauvé que « sa vie », mais rien de plus.
    Père M. RIVIÈRE (Paris, 1915). Curé de « Pierre blanche ». En 1928, reste au milieu de ses chrétiens, les Tsong de la vallée de Ha-Sa, qui, entourés de tous côtés par les Rouges, se battent avec l'énergie du désespoir et obligent les communistes à la retraite. Plusieurs fois le Père consomme la Sainte Réserve en prévision du pillage imminent de son église.
    Père G. GINESTET (Rodez, 1920). A Kityang en 1828, se voit saisi dans son jardin par 50 soldats qui lui lacèrent la soutane, lui arrachent la barbe, le frappent à coups de crosse et l'entraînent prisonnier à leur casernement.
    Père N. WAGUETTE (Nancy, 1922). Missionnaire au Lok-Fong. Prisonnier des communistes du 23 mars au 23 août 1930... Cinq mois, et quelle captivité !
    Enfin, les trois plus jeunes, N. RONDEAU (Reims, 1925), J. LE PAGE (Quimper, 1927) et A. LAMBERT (Saint-Dié, 1929), intacts n'ayant pas encore eu l'occasion et l'honneur de figurer dans les stations du Chemin de Croix de la Mission de Swatow. Mais dans l'état spasmodiquement troublé de la Chine, il ne faut jamais désespérer de rien...

    1931/23-24
    23-24
    Chine
    1931
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