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Le centenaire du Martyre du Bienheureux François Isidore Gagelin en Franche Comté

Le centenaire du Martyre du Bienheureux François Isidore Gagelin en Franche Comté
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    Le centenaire du Martyre du Bienheureux François Isidore Gagelin en Franche Comté

    François Isidore Gagelin, né en 1799 à Montperreux, dans le diocèse de Besançon, prêtre de la Société des Missions Etrangères de Paris, après 12 années d'apostolat en Cochinchine, subit le martyre a Hué, le 17 octobre 1833, « pour avoir prêché la religion chrétienne ». II a été béatifié en 1900 par le Pape Léon XIII, avec 8 autres missionnaires de la même Société, — dont le Bienheureux Marchand, franc-comtois comme lui, — 18 prêtres indigènes et 22 chrétiens chinois ou indochinois.
    Son Eminence le Cardinal Binet décida de fêter l'anniversaire centenaire du martyre de cet enfant du diocèse de Besançon par un triduum fixé aux 18, 19 et 20 novembre. Sur son aimable invitation, Mgr de Guébriant, Supérieur général de la Société des Missions Etrangères. Mgr Prunier, évêque de Salem (Inde) de la même Société. Mgr Olichon, directeur de l'Union Missionnaire du Clergé, Mgr Arthaud, directeur de l'OEuvre de la Propagation de la Foi, le P. Robert, premier Assistant de Mgr de Guébriant et franc-comtois, lui aussi, vinrent se joindre au clergé bisontin pour rendre honneur au glorieux Martyr.
    Le triduum s'ouvrit, le samedi 18 novembre au soir, par une séance au Kursaal de Besançon, dont l'organisation avait été confié à la conférence Saint Thomas d'Aquin. M. Georges Goyau, le maître incontesté de l'histoire missionnaire, rappela le réveil des Missions catholiques au XIXe siècle et fit de la vie et de la mort du Bx Gagelin un récit vraiment émouvant, qui intéressa au plus haut point son auditoire.
    Après l'éminent académicien, Mgr de Guébriant prit la parole et retraça l'oeuvre accomplie par la Société des Missions Etrangères. Fondée il y a 270 ans, cette Société a réalisé partout les promesses qu'elle avait faites. Particulièrement en Indochine, le pays évangélisé par le Bienheureux Gagelin, elle a obtenu des résultats merveilleux. En terminant, Son Excellence félicite les diocèses de Franche-Comté pour le nombre imposant de missionnaires qu'ils ont envoyé aux Missions Etrangères : ils ont été une pépinière d'apôtres zélés : ils le seront encore dans l'avenir.
    Le lendemain, dimanche, c'est devant une affluence considérable que Mgr de Guébriant célébra la messe pontificale à la cathédrale. Le panégyrique du Bienheureux fut prononcé par M. l'abbé Lambert, qui rechercha les sources franc-comtoises de la sainteté du futur Martyr et les trouva dans ces générations sacerdotales dont les traditions d'austérité sont légendaires.
    Pendant que ces imposantes cérémonies se déroulaient à Besançon, Montperreux, le village natal du Bienheureux, était aussi en fête. Mgr Prunier y célébrait la messe pontificale et, dans un discours impressionnant, évoquait devant ses auditeurs les labeurs de la vie de missionnaire et le champ immense ouvert aux conquérants d'âmes.
    Mais l'après-midi devait être plus solennelle encore. Le village a revêtu sa parure des grands jours de fête : des banderoles et des oriflammes sont disposées de tous côtés ; l'église et la maison natale du Bienheureux sont richement décorées et, dans la soirée, elles brilleront de mille feux étincelants. De toutes parts les pèlerins arrivent en groupes compacts et, sans discontinuer, voitures et autos déversent sur la place du village des fidèles qui ont tenu à venir glorifier l'illustre enfant de Montperreux.
    A 3 heures, S. Em. Le Cardinal Binet arrive avec Mgr de Guébriant et le P. Robert, et peu après, Mgr Boucher, Mgr Olichon, etc. Un long cortège se forme et se rend à la maison du Bienheureux. Là, le Maire, en termes délicats, souhaite la bienvenue à Son Eminence et aux personnalités religieuses, militaires et civiles, qui sont venues rehausser l'éclat des fêtes du centenaire de François Isidore Gagelin, dont il retrace la vie en quelques mots. Son Eminence répond en rendant hommage aux organisateurs de la cérémonie et remercie l'imposante assista ace venue pour honorer le Bienheureux Martyr ; puis, sur le seuil de la maison natale, le Cardinal bénit une plaque commémorative en marbre noir, dont l'inscription en lettres d'or rappelle que, le 10 mai 1799, naquit dans cette maison le Bx François Isidore Gagelin, martyrisé à Hué, en Annam, le 17 octobre 1833.
    De là le cortège se rend à l'église, où, après une allocution délicate de M. le Curé et une brève réponse du Cardinal, le P. Robert monte en chaire et, en un discours d'une pénétrante émotion, fait le panégyrique du Bienheureux.
    Mgr de Guébriant bénit ensuite une plaque de marbre apposée dans l'église en mémoire de l'illustre fils de Montperreux, et la journée se termina par le Salut du Saint-Sacrement, chanté de tout coeur par l'assistance tout entière.
    Le lundi fut la journée missionnaire du clergé : au Grand Séminaire, 300 prêtres apportèrent au Bienheureux Gagelin l'hommage de ses frères dans le sacerdoce. Mgr Olichon, M. le Chanoine Demanesche, Mgr Arthaud et Mgr de Guébriant prirent successivement la parole pour dégager devant ce magnifique auditoire les leçons de l'apostolat missionnaire du XIXe siècle et définir les tâches de l'époque actuelle. Ces conférences, riches de doctrine et pénétrées de l'esprit apostolique, ne pouvaient qu'accroître dans des coeurs de prêtres le zèle du salut des âmes, base de l'action missionnaire, et il est facile d'imaginer ce que fut, après de telles heures, la cérémonie de clôture : combien impressionnante cette procession, où 300 prêtres et 150 séminaristes firent escorte aux reliques du Bienheureux et combien émouvant ce salut du Saint-Sacrement dans la chapelle où s'était formée l'âme du Martyr et où, aujourd'hui continue d'agir cet Esprit du Seigneur qui prépare à l'Eglise les apôtres de demain! Puissent-ils être nombreux ! Les fêtes du centenaire, splendides manifestations de foi et d'esprit apostolique, autorisent toutes les espérances.
    Le diocèse de Besançon occupe certainement un des premiers rangs parmi les diocèses de France qui ont le plus efficacement contribué à l'expansion missionnaire de l'Eglise. A la seule Société des Missions Etrangères combien n'a-t-il pas donné de martyrs, d'évêques, de missionnaires de qualité exceptionnelle ?
    Des Martyrs : les Bienheureux Cuenot, Gagelin, Marchand, Néron.
    Des Evêques : Mgr Ponsot au Yunnan, Mgr Gauthier et Mgr Theurel au Tonkin, Mgr Bigandet et Mgr Cardot en Birmanie, Mgr Guillemin à Canton, Mgr Dubail en Mandchourie, Mgr Blanc en Corée, Mgr Mossard à Saigon, pour ne citer que les morts.
    Des missionnaires ; parmi les quelque 200 Francs Comtois des Missions Etrangères, les PP. Rigaud, Brieux, Bourgeois, Mussot, massacrés en Chine par les païens, le P. Letondal, le restaurateur à Pinang du Collège général de la Société, et tant d'autres, dont la carrière apostolique a fait honneur à la fois et à la Société à laquelle ils appartenaient et au diocèse qui les lui avait donnés !
    Actuellement encore on compte dans nos Missions plus de 30 Francs Comtois, dont 3 Evêques. Le diocèse de Besançon garde donc dans toute leur générosité ses nobles traditions missionnaires. Le Maître des Apôtres saura l'en récompenser !

    1934/21-25
    21-25
    France
    1934
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