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Le centenaire de la chinoise Liou doctoresse en médecine 1

KOUY-TCHEOU Le centenaire de la chinoise Liou doctoresse en médecine « Dans les montagnes, il y a des arbres de cent ans. Parmi les hommes tu trouveras difficilement un homme de cent ans ». (Proverbe Chinois).
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    KOUY-TCHEOU

    Le centenaire de la chinoise Liou
    doctoresse en médecine

    « Dans les montagnes, il y a des arbres de cent ans. Parmi les hommes tu trouveras difficilement un homme de cent ans ».
    (Proverbe Chinois).

    La chrétienne Liou, surnommée la vieille médecine, a atteint ses cent ans le 3e jour de la 5e lune, et c'est pour la fêter que nous sommes montés à Tchao-ky, près de Tchouang-tong, où elle demeure Tchouang-tong dont le nom peut, en français, se traduire par : roche perforée, possède deux curiosités naturelles très remarquables.
    La première se trouve en aval du petit fleuve ; à 30 ly environ, le lit de ce fleuve est coupé brusquement à pic, et les eaux, se précipitant à 20 mètres au-dessous, décrivent une courbe superbe, sous laquelle depuis des siècles, affirme-t-on, les stalactites et les stalagmites ont formé un tunnel parfaitement sûr qui sert de route aux voyageurs.
    La seconde merveille est dans le voisinage de Tchao-ky. En plein massif rocheux s'ouvre une baie rectangulaire. De loin, dans la plaine, on dirait un immense miroir appliqué aux parois de la montagne. Les Chinois racontent qu'aux temps fabuleux, un saint chinois, nommé Tchang, étant passé par là, appliqua son sceau sur la montagne qui céda aussitôt. Quel sceau et quel homme !
    Le chemin en zigzag qui conduit à Tchao-ky ressemble vraiment à un éboulis de roches. Sous le soleil de juin la montée est des plus rudes ; nos pauvres mules ont toutes les peines du monde à franchir certains passages.
    Heureusement, qu'à deux endroits différents quelques arbres nous offrent un peu d'ombre. Ils entourent des pagodillons élevés à deux idoles : M. et Mme Tou-ty. Pendant que nous nous reposons, un beau parleur comme il y en a tant en Chine, nous raconte l'histoire de M. et Mme Tou-ty.

    1. Compte-rendu de-la Société des M.-E., Année 1896, p. 355.

    JANVIER FÉVRIER 1911, N° 79.

    Lorsque la dynastie des Yuen eut conquis le pays, elle imposa à chaque village l'entretien et la présence d'un soldat ainsi placé pour affermir la conquête.
    Les Chinois eurent tant à se plaindre de ces soldats qu'ils résolurent de s'en débarrasser.
    A la pleine lune du 8e mois, on a la coutume de manger des petits pains d'épices ronds. Le mot d'ordre fut placé dans les petits pains, et, au jour fixé, les soldats furent massacrés. L'empereur les déifia, en disant : « Vous n'avez pu les supporter vivants, vous les adorerez morts ». C'est ainsi que dans tous les lieux dé sorts, aux angles des routes, on voit toujours M. et Mme Tou-ty.

    ***

    Cette petite digression nous ramène naturellement à notre sujet.
    Après les Yuen, les Min conquirent à leur tour le pays, et à la suite de l'armée victorieuse vinrent les émigrants du Kiang-si qui forment ce que l'on est convenu d'appeler la population autochtone.
    La famille Liou faisait partie de ces émigrants, et elle s'établit à Tchao-ky où nous arrivons, enfin !
    Eclairé par les rayons du soleil couchant, entouré d'une ceinture de rochers, le pays est charmant : un nid de héron, dit mon palefrenier qui a de l'imagination.
    Le fond du nid est une plaine qui a un kilomètre de diamètre, environ ; sur les collines, des rizières s'étagent en amphithéâtre, aussi haut que l'eau peut monter ; les champs de maïs, de fèves, se superposent aux rizières, et des roches abruptes, entre lesquelles se montrent quelques buissons rabougris, couronnent le tout.
    Un ruisseau pénètre dans cette petite Thébaïde, et s'écoule par l'étroit passage. Il arrive quelquefois que des éboulements ferment cet unique orifice, et Tchao-ky est transformé en lac de forme ovale.
    Voici la petite maison de la vieille Liou : la cheminée fume ; on nous attend. Les grelots de ma mule ont été entendus ; on court, on appelle. L'un apporte une chaise, l'autre allume deux cierges sur l'autel ; entrons.
    J'entonne le Veni Creator ; je fais l'aspersion de l'eau bénite : la visite de la mission est commencée.
    Je reçois les salutations de deux ou trois familles chrétiennes, puis Liou me conduit dans une chambre, et quand je suis assis, elle me présente délicatement, avec les deux mains, trois feuilles de tabac, un bol de thé, et fait la génuflexion :
    — « Comment va la santé du Père ? Comment va l'Évêque ? Et les autres Pères ? »
    Sans attendre ma réponse, elle va et vient, s'occupant des apprêts du souper. Elle a bien pour l'aider un de ses arrière-petits-neveux, enfant de treize à quatorze ans, intelligent et adroit ; mais quoi qu'il ait relevé ses manches jusqu'au coude, il ne peut suffire à tout ce que la bonne vieille lui commande à la fois!
    Mes gens, pour lui faire plaisir, lui disent : « Vénérable Grand Mère, vous êtes bien conservée, vous êtes toute rajeunie ». Je lui répète le compliment. « Cela ne va plus, me dit-elle, je vieillis ; quand je suis à sarcler mes légumes pendant deux ou trois heures, je suis toute fatiguée ».
    Elle se remue du matin au soir, à faire son jardin, sa cuisine, à nourrir son cochon, à faire des travaux de vannerie. Sa maison est petite, mais tout y est bien balayé, épousseté, brossé. Malgré son grand âge, elle s'habille encore avec soin, comme il convient à sa dignité ; elle s'occupe encore d'affaires : souvent on la prend pour arbitre dans les procès, et à elle seule elle en a terminé plus que maints juges et avocats.

    ***

    On raconte, à ce sujet, ce qui lui est arrivé il y a peu de temps. Un jeune lettré, maître d'école, la pria de lui servir d'entremetteuse pour un mariage ; après bien des pourparlers, l'affaire fut conclue et les fiançailles eurent lieu.
    Quelques mois se passèrent ; le bachelier ouvrit une école ailleurs : le coeur de l'homme est inconstant ; notre lettré trouva un parti plus avantageux et, sans avertir la vieille femme, il prépara les noces.
    Liou apprend la nouvelle, s'enquiert de la date du mariage ; elle fait une grosse journée de marche et arrive chez le globule pendant, qu'avec ses amis, il prenait le repas de noces. Quel trouble-fête ! N'importe, le bachelier fait bonne mine à l'arrivante, et va au-devant d'elle, l'invitant avec civilité à prendre part au festin. Elle n'entend pas de cette oreille. Pendant qu'il la salue, elle prend son globule, le jette au loin, et administrant au jeune homme quelques bonnes gifles, devant toute l'assemblée, elle lui dit :
    « Comment, tu m'invites à te servir d'entremetteuse, et sans m'avertir, sans rompre les fiançailles, tu abandonnes la partie? Est-ce la civilité qu'un lettré apprend dans les livres? Tu m'accompagneras au Tribunal, ainsi que ceux qui t'ont procuré ce parti ».
    On cherche à la calmer, mais c'est en vain. Quelques chrétiens interviennent alors, pour faire faire, suivant l'expression chinoise, « un détour à la ligne droite ».
    Et Liou dicte ses conditions : « Tes complices me paieront mon voyage, aller et retour ; toi, tu achèteras deux aunes et demie de la meilleure soie rouge pour la fille que tu abandonnes, afin d'avouer publiquement que la rupture des fiançailles vient de ton côté, et que la fille n'a aucun tort ».
    Le maître d'école s'exécuta, bien heureux de se tirer à si peu de frais d'un pas difficile ; car le mandarin lui-même n'eût point osé donner tort à la vieille.
    La vieillesse est très respectée, en Chine ; être vieux est un grand honneur parce que c'est un signe de vertu, le ciel protégeant les hommes vertueux.
    Aussi Liou raconte volontiers que dans sa famille, les cas de longévité furent fréquents. Comme j'aime beaucoup à la faire causer, je lui dis un jour :
    — Sans doute les Liou meurent très vieux ; mais toi qui vivras plus de cent ans, tu vivras encore éternellement dans le paradis qui est bien plus beau que ton cher pays de Tchao-ky. Quelle grâce le bon Dieu te fit, lorsqu'il t'envoya un prédicateur de la vraie religion. Sans lui, tu serais morte païenne. Est-ce que tu songeais, avant ta conversion, que plus tard il y avait un ciel, un enfer ?
    — Jusqu'à cinquante ans, je ne songeais à rien.
    — Mais tu craignais au moins les idoles ? Leur étais-tu bien dévote ?
    — Je n'y croyais pas trop. Mon mari y croyait un peu plus. Un jour, notre fils tomba malade, mon mari fit un voeu, l'enfant guérit ; on devait faire des prières, des superstitions ; déjà le cochon était engraissé pour la circonstance.
    « J'exhortai mon vieux Liou (elle nomme ainsi son défunt mari par respect) à ne pas faire ces superstitions ; il m'écouta, et notre fils grandit tout de même.
    « Je ne voyais guère à quoi pouvaient servir tant de cérémonies superstitieuses : lier l'âme, appeler la vie, éconduire les dénions, etc., etc. Pour les médecines j'y ai toujours cru. Le proverbe dit : Tu as faim, mets du riz dans ton ventre ; tu as soit au gosier, verses-y du thé ; tu as mal, prends des remèdes.
    « Ça, c'est la vérité : le bon Dieu a fait les remèdes pour guérir.
    « Que de cures j'ai faites ! L'évêque Faurie, lui-même, faisait cas de mes connaissances médicales. Le P. Thieulant était sur son lit de mort, aucun médecin n'y voyait plus clair.
    — Qu'on appelle la vieille Liou, dit l'évêque.
    « Au premier courrier, je refusai de me rendre près du malade voir un Père, il faudrait lui tâter le pouls ; or les Pères sont des saints… Mais un second courrier arriva bientôt. L'évêque ordonnait cette fois. Aussitôt je partis où le devoir m'appelait, et j'arrivai près du malade.
    « Il faut, dis-je, que je consulte le pouls ».
    « Le mourant présente la main droite, mais c'est la gauche qu'il faut consulter; cela paraît un petit détail, cependant c'est une preuve que l'on connaît son métier.
    Après un quart d'heure d'examen, le temps requis, Liou s'adresse au Père.
    — Le bon Dieu vous conservera encore longtemps, pour avoir soin de nos âmes, lui dit-elle. Et après un beau salut, elle le quitta ; mais dès qu'elle fut hors de chambre, elle dit à Monseigneur :
    — Le Père est en grand danger ; il ne passera pas minuit.
    Deux heures après, la cloche du collège sonnait l'agonie du missionnaire.
    — Mais pourquoi mentir ? Demandai-je à l'excellente femme. Tu savais qu'il allait mourir ?
    — Ce n'est pas mentir que de tromper le malade. C'est un des statuts de la corporation ; et ces statuts qui m'ont été transmis par mon maître, j'ai promis, avec serments solennels, de les observer.
    — Tu as donc eu un professeur de médecine ?
    — Mais oui, un vrai docteur ; et moi-même j'ai pris les grades jusqu'au doctorat ; j'ai mes brevets de maître de médecine en règle, et je sais qu'après trois ans de stage, il m'en a coûté cinq taëls de bon argent, sans compter les cadeaux et les invitations au repas d'agrégation à la faculté ; j'avais alors trente ans.
    « Depuis longtemps, je considérais qu'il est bien difficile dans nos campagnes d'appeler un médecin de la ville ; c'est trop cher, et bien des malades mouraient ainsi sans avoir été secourus, je résolus de me mettre à l'étude pour l'amour de l'humanité souffrante.
    « Il y avait dans ce temps-là, derrière la montagne, pas très loin de chez nous, un médecin vieilli dans le métier et proche parent de monsieur mon mari ; à cent lieues à la ronde on connaissait le vieux maître Yang.
    « Son grand âge eût été déjà une recommandation, car le proverbe dit : « bon médecin est vieux, bon forgeron est jeûne » mais ce n'était pas son seul titre à la renommée. Tel ou tel médecin s'occupait soit de maladies externes, soit de maladies internes ; celui-ci soignait les plaies, les contusions, celui-là les abcès ; maître Yang traitait toutes les maladies et visitait tous les malades, opérant de nombreuses guérisons ; aussi était-il très demandé ; souvent nous allions chez cinq ou six malades dans un seul jour. Lui, marchait devant. Il avait la barbe blanche et tenait toujours sa grande pipe à la main, moi je le suivais m'appuyant sur un bâton de bambou, portant le sac aux médecins sur les épaules, comme c'est l'usage des apprentis, et cela pendant trois ans.
    « Un vrai cours de médecine pratique qui vaut bien celui que l'on pour ait faire sur les bancs d'une école.
    « Après ces trois années, maître Yang n'eut plus rien à m'apprendre. Conformément à ce qui avait été réglé en entrant en apprentissage, je préparai les cinq taëls pour les honoraires. Tous les parents et connaissances furent invités à la cérémonie.
    « On plaça deux tables dans la salle des hôtes, et sur les tables, des bâtonnets d'encens, du papier-monnaie ; on offrit en sacrifice deux coqs dont on mêla le sang à six bols de vin.
    « Mon maître prêta alors le serment solennel, qu'il m'avait livré tous les secrets du métier, qu'il ne se réservait rien de ses connaissances médicales.
    « A mon tour, avec beaucoup d'imprécations, je jurai de conserver fidèlement ces mêmes connaissances, d observer les statuts de la corporation, de n'enseigner que des apprentis dignes, de ne donner aucun remède nuisible, etc...
    « De part et d'autre, ce serment est confirmé par de nouvelles imprécations qui impressionnent l'assistance — on boit le vin, et j'offre les cinq taëls à maître Yang qui signe mon brevet.
    « Sauf les superstitions, tout cela serait bien, et je le fis avec conviction, ajouta Liou en reprenant haleine ».
    Malgré son titre de doctoresse, elle demeura fermière et s'occupa de bien cultiver la petite propriété qui les faisait vivre, elle et son mari, dans une honnête aisance.
    — Monsieur Liou, dit-elle, était un brave homme.
    « Deux fois, avec des amis, il avait fait le voyage de Birmanie. Et chaque année, quand les travaux des champs étaient achevés, il portait une charge de sel au Kouang-si, où il achetait, pour le retour, une charge de sucre qu'il revendait avec profit à la capitale.
    Pendant son absence, qui durait deux mois environ, les soins de la femme et des trois enfants reposaient sur Liou qui atteignit ainsi l'âge de cinquante ans, époque de sa conversion.

    ***

    Vers 1850, Mgr Albrand, le premier évêque du Kouy-tcheou, voulut étendre son champ d'action. Vingt stations et plusieurs centaines de familles chrétiennes ne suffisaient plus à sa charité. Il choisit quelques hommes à qui il sut inspirer le zèle pour la conversion des païens, et ainsi fut créée l'école des catéchistes.
    Bientôt, il les envoya deux par deux évangéliser le peuple aux quatre coins du Kouy-tcheou. On les appelait : baptiseurs, prédicateurs, catéchistes, vendeurs de livres, donneurs de remèdes... le nom importait peu. Leur but était d'annoncer la Bonne Nouvelle, c'est-à-dire de faire savoir qu'il y avait une religion du Maître du Ciel.
    Ils rentraient de leurs tournées apostoliques pour la fête de Noël, et leur école compta jusqu'à 28 membres.
    Ils recevaient pour le vêlement 3 taëls par an ; quant aux frais de déplacement la somme n'en était pas uniforme. Si nous en jugeons par la profession de quelques-uns dont les noms figurent dans notre récit, il y avait des soldats de toute arme dans ce nouveau régiment : Liou, vendeur de livres, et chef de portefaix.
    Ouang, marchand d'oeufs fermentés, ex-cuisinier à 200 sapèques la journée, à la fin de sa vie martyr, et maintenant au ciel.
    Ouang-kong, marchand de mouchoirs fleuris, un petit diable d'homme qui n'eut pas froid aux yeux devant les persécuteurs.
    Iong, porteur de viatique.
    Lo Ko-eul, le bonze, ex-agent de banque d'une société anonyme des chefs Jeûneurs, pour la construction d'une arche de Noé, en vue d'un futur déluge !
    Lion-hong et d'autres.
    Deux de ces prédicateurs ambulants ouvrirent les stations de Kouang pa, Siao-pa, Toan-po-tchai et Long-hou. Cette dernière est à la distance de 30 ly du village de Tchao-ky. Un jour d'automne de l'année 1851, Liou, le vendeur de livres, se rendit au marché de Pinly et y étala ses médecines et ses livres de doctrine.
    Le chrétien Tchao et ses amis s'assirent à une même table ; le catéchiste fut de leur société et chacun offrit une tournée.
    Au nombre des amis de Tchao se trouva un Tang qui se fit chrétien, et un Ma, païen de Tchao-ky, qui invita le catéchiste à lui rendre visite, — car la table est entremetteuse de l'amitié —, l'invitation fut acceptée.
    Un soir, le petit garçon de la doctoresse lui dit :
    — Mère, en menant paître les buffles, nous sommes passés chez nos parents les Ma ; il y a un prédicateur de la religion du maître du ciel.
    — Quoi, répond la mère, un maître chrétien ? Tu n'as pas eu peur ?
    — Bah ! N’est-ce pas un homme comme un autre ? réplique l'enfant.
    Entre les Ma et les Liou existait, en effet une parenté particulière aux Chinois et que l'on appelle parenté sèche. Elle se contracte par un simple salut qui porte bonheur à la personne qui le fait : Un jour Liou avait salué la mère Ma en la nommant sa mère, et celle-ci était devenue sa mère sèche. Bien plus élastique encore qu'à fa mode de Bretagne, cette parenté est considérée comme réelle en Chine.
    Et ce fut en vertu de cette parenté que Ma conduisit le catéchiste chez Liou, dont la femme se trouvait seule au logis avec sa belle-mère, son mari étant en voyage. On invita les visiteurs à partager le repas du soir, on fuma la pipe, et le catéchiste prêcha la doctrine. La femme Liou et sa belle-mère écoutent avec attention, elles croient que cette doctrine est vraie, et le lendemain matin avant le jour elles font la cérémonie de l'adoration avec l'aînée des enfants. Le catéchiste leur donna un livre de pièces et leur enseigna le Pater et l'Ave.
    (A suivre).

    1911/34-40
    34-40
    Chine
    1911
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