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L'art des bouquets au Japon

L'art des bouquets au Japon La photographie montre un coin d'une exposition de bouquets au Japon. La gardienne est un professeur de fleurs qui se tient prête à donner aux visiteurs tous les renseignements qu'ils peuvent désirer. Les Japonais sont tous amateurs de fleurs et de bouquets. La composition de ces derniers exige une longue étude et dans cet art il y a plusieurs degrés ou diplômes qui, une fois acquis, vous permettront d'enseigner à votre tour et parfois de former école et d'acquérir une grande réputation.
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    L'art des bouquets au Japon

    La photographie montre un coin d'une exposition de bouquets au Japon. La gardienne est un professeur de fleurs qui se tient prête à donner aux visiteurs tous les renseignements qu'ils peuvent désirer.
    Les Japonais sont tous amateurs de fleurs et de bouquets. La composition de ces derniers exige une longue étude et dans cet art il y a plusieurs degrés ou diplômes qui, une fois acquis, vous permettront d'enseigner à votre tour et parfois de former école et d'acquérir une grande réputation.
    Notre genre de disposer les fleurs en bottes ou en bouquets agencés n'est nullement compris ni apprécié.
    Pour eux, c'est l'imitation en miniature d'un paysage, l'expression d'une pensée, l'explication d'une poésie au moyen de la disposition des fleurs qui les ravit. Ordinairement tout bouquet doit exprimer la triple pensée du Ciel, de la Terre, de l'Homme.
    On coupe une branche d'arbre en fleurs et pour lui garder la forme d'arbre, mais réduite, on pique cette branche debout sur un lourd peigne de plomb qu'on place au fond d'une cuvette remplie deau.
    Le sommet de la branche s'élevant tout droit indiquera le Ciel. A droite une branche horizontale se détachera, ou bien on ajoutera des fleurs qui s'étendant en largeur signifieront la Terre. A gauche une autre branche quittant d'abord horizontalement le tronc, remontera aussitôt verticale et désignera l'Homme.
    Parfois dans une exposition, et c'est le cas de la photographie, 4 bouquets indiqueront les 4 saisons par l'agencement de fleurs s'épanouissant à chacune des saisons. Ce qui fait que cet art est fort dispendieux : il faut se procurer des fleurs à l'époque où on ne les trouve que chez les fleuristes qui, en terre chaude, forcent la nature à donner ce qu'on exige d'eux. Et ils savent comme à Nice mettre à profit les exigences de leur clientèle.
    Cet art des bouquets fut très florissant au XVIIe siècle. Les shoguns Tokugawa, pour faire perdre l'esprit guerrier aux seigneurs de l'époque, les lancèrent dans une civilisation ultra raffinée, on pourrait dire efféminée, où la musique, la poésie, tous les arts devinrent presque l'unique préoccupation.
    Et lorsqu'à l'époque de la Restauration (1868) les samurais se trouvèrent sans emploi, beaucoup trouvèrent leur gagne-pain en donnant des leçons de musique, de dessin, ou surtout de composition de bouquets.
    De nos jours encore ce dernier art est très apprécié et bien des professeurs de fleurs ont une célébrité générale; aux expositions ils donnent leurs nouveautés et une planchette sur laquelle leur nom est inscrit, placée près de leur oeuvre, sera la meilleure réclame pour les visiteurs.
    Les poupées intercalées entre chaque bouquet, sont là pour charmer l'oeil et couper les lignes trop monotones, à moins qu'on ne fasse en même temps une exposition de poupées anciennes et modernes.

    1928/9
    9
    Japon
    1928
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