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L'archidiocèse de Besançon et la Société des Missions Etrangères

L'archidiocèse de Besançon et la Société des Missions Etrangères
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    L'archidiocèse de Besançon et la Société des Missions Etrangères

    En 1678, par le traité de Nimègue, la Franche-Comté devenait province française. Dès l'année suivante un jeune clerc comtois se présentait au Séminaire des Missions Etrangères pour y demander son admission comme aspirant à l'apostolat en pays infidèle : il avait nom Pierre Ferreux. Né vers 1657, à Rochejean (Doubs), ou à Vesoul (Haute-Saône), selon une autre version, il avait fait ses études dans cette dernière ville, puis était venu à Paris étudier la théologie. L'impression qu'il produisit sur les directeurs du Séminaire des Missions dut être des meilleures, puisque, après une année seulement de probation, n'étant encore que clerc tonsuré, il fut envoyé au Siam. Ordonné prêtre par Mgr Laneau, en 1684, il travailla dès lors, au milieu de difficultés sans cesse renaissantes, avec un tel zèle, qu'il fut choisi comme provicaire de la mission et que, après la mort de Mgr Laneau, il fut nommé évêque de Sabule et vicaire apostolique du Siam. Mais quand les bulles de Rome arrivèrent, Mgr Ferreux avait suivi de près son prédécesseur dans la tombe ; il avait succombé à Juthia, le 11 janvier 1698, avant d'avoir reçu la consécration épiscopale.
    Quelque regrettable que fût cette mort prématurée, on peut dire que les prémices du diocèse de Besançon dans l'apostolat catholique en Extrême-Orient furent honorables pour lui. Comment expliquer que, ce premier jalon planté, il fallut attendre près d'un siècle pour en voir un second marquer la voie missionnaire ? ...
    Ce n'est, en effet, qu'en 1764 qu'un second Bisontin, M. Antoine Thiébaut, entra aux Missions Etrangères, d'où il partit pour le Tonkin Occidental : il y travailla durant 25 années, surtout comme professeur, puis supérieur du séminaire, et déploya beaucoup d'activité.
    Après lui, le P. Jean-Joseph Descourvières, originaire de Goux-les-Usiers, d'abord missionnaire au Loango (Afrique), entra en 1776 au Séminaire de la rue du Bac, fut envoyé comme procureur à Hinghoa (Fokien), puis revint à Paris comme directeur du Séminaire. Pendant la Révolution, il se réfugia à Rome, où il rendit de grands services à la Société. Il y mourut en 1804, et telle était sa réputation de vertu que les habitants de son quartier disaient : « Le saint prêtre français est mort ».
    Depuis lors, la chaîne ainsi renouée n'a pas connu de solution de continuité et le diocèse de Besançon a toujours été largement représenté et dans les Missions et au Séminaire de la Société. Après les pionniers dont nous venons de parler, 155 Francs Comtois sont partis de la rue du Bac pour les missions d'Extrême-Orient. Sur ce nombre, 3 ont versé leur sang pour la cause de Jésus-Christ et ont été élevés par l'Eglise au rang des Bienheureux ; ils ont droit à notre premier hommage.
    François Isidore Gagelin, né en 1799, à Montperreux, missionnaire de Cochinchine en 1820, ordonné prêtre en 1822, à Nhutdong, fut arrêté au milieu de ses travaux apostoliques par ordre du roi Minh-mang et gardé à vue à Hué ; en 1828, il recouvra la liberté et, nommé provicaire par Mgr Taberd, il évangélisa fructueusement plusieurs provinces. Arrêté de nouveau et incarcéré à Hué, il fut condamné à la strangulation et exécuté le 17 octobre 1833. Il a été béatifié par le Pape Léon XIII en 1900. Ses restes ont été rapportés en France en 1847 et reposent dans la crypte de l'église du Séminaire.
    Joseph Marchand naquit à Lassavant, en 1803, entra sous-diacre au Séminaire des Missions Etrangères en 1828, fut ordonné prêtre l'année suivante et envoyé en Cochinchine. La persécution de 1833 l'obligea à se réfugier à Macbac ; découvert par un chef de rebelles, il fut enfermé durant 18 mois dans la citadelle de Saigon. Les troupes royales ayant pris cette ville, le missionnaire, accusé d'avoir participé à la rébellion, fut conduit à Hué, incarcéré, soumis à la question et condamné au supplice des cent plaies, qu'il subit avec un héroïque courage le 30 novembre 1835, près de Hué. Il a été béatifié en 1900, en même temps que le P. Gagelin.
    Etienne Cuénot, né en 1802 au Bélieu, prêtre en 1823, entra au Séminaire des Missions en 1827 et partit l'année suivante pour la Cochinchine. En 1835, son évêque, Mgr Taberd, le choisit comme Coadjuteur et le sacra évêque de Metellopolis, lui laissant désormais le gouvernement de la Mission. Tout son épiscopat ne fut qu'une suite de persécutions qui entravèrent son ministère et firent de nombreuses victimes. Après 25 années d'une vie d'alertes continuelles, il fut arrêté ; enfermé dans l'écurie des éléphants de guerre, il y tomba gravement malade et mourut le 14 novembre 1861, vers minuit ; il venait d'expirer quand arriva l'ordre du roi Tuduc de le décapiter. Inhumé sans cercueil non loin de la citadelle, son corps fut exhumé l'année suivante et jeté au fleuve : il n'a jamais été retrouvé. Mgr Cuénot a été béatifié par le Pape Pie X en 1909.
    Après ces trois Bienheureux Martyrs, il est d'autres missionnaires bisontins qu'une mort violente a arrêtés au milieu de leurs labeurs apostoliques ; eux aussi ont répandu leur sang pour la cause de Notre Seigneur Jésus-Christ.
    Jean-François Rigaud, d'Arc et Senans, ordonné prêtre en 1861, partit l'année suivante pour le Setchoan Oriental (Chungking) ; il fit naufrage dans la mer de Chine, mais put aborder dans, l'île de Hainan, d'où une barque chinoise le conduisit à Macao. Arrivé au Setchoan, après quelques années il fut chargé du poste de Yeouyang, où le P. Mabileau avait été massacré en 1865. Il fut aussitôt en butte à la haine des païens et, le 2 janvier 1869, il fut massacré dans son église, agenouillé devant l'autel et priant pour ses bourreaux.
    Jean-Baptiste Brieux, né à Bonboillon, en 1845, entré au Séminaire des Missions Etrangères en 1876, fut envoyé deux ans après dans la Mission du Thibet (Tatsienlu). Chargé du poste de Bathang, un jour qu'il se rendait chez le missionnaire le plus rapproché de sa résidence, il fut assailli et tué à coups de sabre par des brigands à la solde des lamas : c'était dans la nuit du 8 au 9 septembre 1881.

    Le P. MUSSOT

    Louis Bourgeois, de la Chapelle des Bois, était missionnaire de Mandchourie depuis 11 ans lorsque éclata la terrible insurrection des Boxeurs. Menacé par les rebelles dans son poste de Lienchan, il se réfugia, avec le jeune P. Le Guével et une vingtaine de chrétiens, dans une vieille tour, où il défendit vaillamment sa vie et celle de ses fidèles ; mais, après deux jours de résistance, il dut céder devant le nombre des assaillants : les deux missionnaires furent décapités et leurs têtes, portées à Ningyuen, furent exposées sur les murs de la ville (16 juillet 1900).
    Henri Mussot, originaire d'Ouge, parti en 1881 pour la Mission du Thibet, après avoir failli être massacré par les Boxeurs, tomba sous les coups de bandits soudoyés par les lamas le 5 avril 1905, à Bathang.
    Et, parmi ceux que la mort a prématurément arrêtés dans la voie de l'apostolat, nous devons citer un jeune aspirant missionnaire, Léon Cuenot, de Noël Cerneaux, qui, entré au Séminaire en 1909, fut mobilisé dès le début de la grande guerre et frappé à mort le 25 septembre 1915. Il était sous-diacre et n'avait que 26 ans. Dieu s'était contenté de sa bonne volonté et de son désir de se dévouer aux missions.
    Après les Martyrs, l'Eglise honore les Confesseurs Pontifes : nous ferons de même.
    Le diocèse de Besançon a donné aux Missions d'Extrême-Orient une belle phalange d'évêques. A la suite de Mgr Ferreux et de Mgr Cuénot, dont nous avons parlé déjà, nous trouvons 12 Bisontins élevés à l'honneur de l'épiscopat. Sur ce nombre, dix ont quitté ce monde pour une vie meilleure, deux administrent encore avec zèle la mission dont ils sont les Pasteurs.
    Mgr Joseph Ponsot, né en 1803, à Vy-le-Ferroux, travaillait depuis 12 ans au Setchoan, lorsque, en 1843, le Yunnan en ayant été séparé pour former une mission autonome, il fut désigné pour en être le premier Vicaire apostolique, avec le titre d'évêque de Philomélie ; son Consécrateur fut Mgr Pérocheau, jusque là son évêque. Durant un épiscopat de 37 ans, Mgr Ponsot vit son xicariat presque toujours en proie à la guerre civile et réussit néanmoins à développer les oeuvres. En arrivant dans sa nouvelle mission, il y avait trouvé environ 6.000 chrétiens ; à sa mort, en 1880, ce chiffre avait plus que doublé.

    Mgr BIGANDET

    Mgr Paul Bigandet naquit à Malans en 1813 : Prêtre en 1837, il partit la même année pour la Mission du Siam. Il travailla dans la presqu'île malaise et il y resta lorsque celle-ci fut, en 1841, érigée en mission indépendante. Son évêque Mgr Boucho, après l'avoir nommé provicaire, le choisit comme Coadjuteur, et à Georgetown, dans l'île de Penang, le sacra en 1856 évêque de Ramatha, puis il lui confia l'administration de la Mission de Birmanie, qui venait d'être confiée à la Société des Missions Etrangères. Le nouvel évêque trouvait dans son vicariat 10 missionnaires et 4.000 chrétiens. Il se met à l'oeuvre avec une activité que rien n'arrête : il bâtit des églises, des presbytères, des écoles ; il demande et obtient le concours des Frères des Ecoles chrétiennes, des Soeurs de Saint-Joseph de l'Apparition, des Soeurs du Bon Pasteur d'Angers ; il noue de bonnes relations avec les autorités anglaises et avec le roi de Birmanie ; il publie en anglais (traduit ensuite en français) un ouvrage : la « Légende de Gaudama », qui a beaucoup de retentissement ; il sert d'interprète pour le traité de 1866 entre l'Angleterre et la Birmanie. Les services qu'il rend sont appréciés : il est nomme successivement Chevalier de la Légion d'honneur, Commandeur de la Couronne d'Italie, membre de l'Université de Calcutta. En 1869, il se rend au Concile du Vatican ; il obtient le partage de son immense Mission en trois et garde seulement la Birmanie Méridionale. Il fonde alors une Congrégation de religieuses indigènes, les Soeurs de Saint François-Xavier, et jette les bases d'un Séminaire. Son jubilé sacerdotal, en 1887, fut célébré avec enthousiasme par toute la population. Quelques années après (1893), il sacrait son Coadjuteur, Mgr Cardot, Bisontin comme lui. Il s'éteignit à Rangoon, le 19 mars 1894, à l'âge de 81 ans, et son nom demeure vénéré par les Anglais protestants, par les Birmans bouddhistes, aussi bien que par les catholiques des diverses races qui peuplent la Birmanie.
    Mgr Joseph Chevalier, né en 1814, à Arc et senans, partit en 1833 pour Mysore (Inde Méridionale). Il y travaillait depuis 35 ans avec un zèle fructueux, lorsque, à la mort de Mgr Charbonnaux, il fut appelé à lui succéder. Sacré à Bengalore le 1er mars 1874, il se distingua surtout par l'admirable charité qu'il déploya durant les grandes famines qui désolèrent l'Inde à cette époque. Il mourut le 18 mars 1880.

    Mgr MOSSART

    Mgr Zéphyrin Guillemin, originaire de Vuillafans, où il naquit en 1814, était le compatriote et le contemporain de Mgr Bigandet : il fut aussi son émule par le zèle apostolique et les grandes oeuvres qu'il accomplit. C'est le premier missionnaire envoyé par la Société des Missions Evangéliques à Canton, où il arriva seulement en 1848, ayant exercé durant 9 ans le ministère dans son diocèse. Il ne trouvra dans sa mission que 3 ou 4 chapelles, 2 écoles et quelque 2.000 chrétiens bien peu instruits de leur religion. Il se mit courageusement à l'oeuvre et commença par la fondation d'un séminaire. En 1853, il était nommé Préfet apostolique et, trois ans plus tard, évêque de Cybistra : il fut sacré à Rome, par le Pape Pie IX lui-même, le 25 janvier 1857. Il obtint de Rome que sa Mission fût entièrement soustraite à l'autorité de l'évêque de Macao, et il put dès lors poursuivre librement la réalisation de tous ses projets. Il mena de front toutes les initiatives de l'apostolat catholique, mais la grande oeuvre de son long épiscopat fut la construction de sa cathédrale de Canton, la plus belle de l'Extrême-Orient. En 1870, il se rendit au Concile du Vatican. Dès son retour en Chine, sa santé s'affaiblit ; en 1879, il rentra en France et mourut à Besançon le 5 avril 1886. Il laissait dans sa Mission 22.000 chrétiens, plus de 100 chapelles, 2 grands orphelinats et 60 écoles.
    Mgr Joseph Theurel, de Laître, entra en 1849 au Séminaire des Missions, où il se lia d'une étroite amitié avec le futur Martyr et Bienheureux Théophane Vénard. Prêtre en 1852, il fut envoyé au Tonkin Occidental (Hanoi), et il travailla pendant quelques années sous l'active direction de Mgr Retord. Il établit une imprimerie qui édita des livres classiques et les lettres pastorales de l'évêque. La persécution l'obligeait à se cacher, lorsqu'il reçut des lettres de Paris le rappelant pour être directeur du Séminaire de la Rue du Bac ; mais son évêque et les missionnaires furent d'avis qu'il devait rester au Tonkin, et il resta. Mgr Jeantet, successeur de Mgr Retord, le choisit alors pour Coadjuteur. Mais la persécution continuait, et il fut réduit à demeurer caché. Fatigué par cette vie de proscrit, il revint en France en 1865, mais il n'y resta que quelques mois, rappelé par la mort de Mgr Jeantet. Epuisé bientôt par un la beur incessant, il choisit Mgr Buginier pour son Coadjuteur, le sacra lui-même, le 26 janvier 1868, et s'éteignit le 3 novembre de cette même année, à 39 ans, laissant une réputation méritée d'intelligence, de courage et d'initiative, dont une mort prématurée l'empêcha de donner toute la mesure.

    Mgr CARDOT

    Mgr Constant Dubail, né à Dorans (Territoire de Belfort), partit en 1862 pour la Mandchourie. Comme le P. Rigaud, son compagnon de traversée, il fit naufrage dans la Mer de Chine, aborda à Hainan, se rendit ensuite à Pékin, et de là dans sa Mission. Après 15 années de fructueuse activité, il succéda à Mgr Verrolles, avec le titre d'évêque de Bolina. Il n'exerça son ministère épiscopal que durant deux ans. Tombé malade, il essaya vainement de recouvrer la santé, et mourut le 7 décembre 1887.
    Mgr Gustave Blanc, né à Reugney, fit ses études dans le diocèse de Lyon, auquel il fut incorporé. Missionnaire de Corée en 1867, il ne put y pénétrer, à cause de la persécution, qu'en 1876. Nommé en 1882 Coadjuteur de Mgr Ridel et évêque d'Antigone, il fut sacré à Nagasaki ; un an après, il devenait Vicaire apostolique. Il appela en Corée les Soeurs de Saint Paul de Chartres, prépara la construction d'une cathédrale et d'un évêché à Séoul. Il mourut le 21 février 1890.
    Mgr Lucien Mossard, né à Dampierre sur le Doubs, en 1851, missionnaire de Saigon en 1876, devint en 1899 évêque de Médéa et Vicaire apostolique. Durant son épiscopat de 20 années, il porta toutes les oeuvres de la Mission : apostolat, enseignement, bienfaisance, à un haut degré de prospérité ; le nombre des chrétiens s'était élevé de 60.000 à 78.000 ; celui des prêtres indigènes de 60 à 90. Il mourut à Dijon le 11 février 1920, délégué par les évêques de Cochinchine pour assister à la réunion préparatoire à la révision du Règlement de la Société.
    Mgr Alexandre Cardot, de Fresse, missionnaire de Birmanie Méridionale en 1879, succéda en 1894 à Mgr Bigandet, dont il était le Coadjuteur depuis un an. Comme il avait été un zélé missionnaire, il fut un évêque d'une inlassable activité. Dans ses dernières années, menacé de perdre la vue, il choisit pour Coadjuteur Mgr Perroy, sur lequel il se déchargea de l'administration de son vicariat. Il mourut le 18 octobre 1925, à 68 ans, après une carrière apostolique des plus fructueuses.
    Mgr Constant Jeannin gros, originaire de Longe chaux, fut ordonné prêtre en 1895 et envoyé à Quinhon (Annam). Après 15 années d'un laborieux ministère, il fut choisi comme Coadjuteur par Mgr Grangeon, qu'il devança de 12 ans dans la tombe. Conscient de la délicatesse de son rôle, il y apporta une abnégation totale, soutenue par sa profonde piété. Il succomba à une maladie du foie le 21 mars 1921.
    L'archidiocèse de Besançon a encore fourni deux autres évêques à la Société des Missions Etrangères, mais ceux-là sont vivants, et nous ne pouvons que les mentionner, ainsi que la Mission, au progrès de laquelle ils apportent leur zèle éclairé.
    Mgr Martial Jannin, de Besançon même, missionnaire de Quinhon, en 1890, a toujours travaillé à l'évangélisation des sauvages de la région montagneuse de l'Annam, Bahnars et autres. Après 33 années de laborieux ministère, il a été nommé évêque de Gadara et Vicaire apostolique de la nouvelle Mission de Kontum, détachée de Quinhon.
    Mgr Louis Tournier, né en 1887, à Buc, missionnaire de Coimbatore en 1912, est devenu évêque de ce grand diocèse en 1932. Il s'applique avec succès à continuer et à développer les oeuvres qu'il a recueillies de ses prédécesseurs.
    Après les Confesseurs Pontifes, les Confesseurs non Pontifes. Parmi les quelque 120 missionnaires bisontins qui sont allés recevoir la récompense de leurs labeurs, de leurs sacrifices, de leurs souffrances, combien mériteraient d'être cités au tableau d'honneur de leur diocèse natal et de la Société à laquelle ils ont appartenu : les Letondal, les Pernot, Ies Guerrïn, les de Pirey... et tant d'autres ! Les limites d'un article de revue ne nous permettent pas de les mentionner tous, mais leurs noms sont écrits dans le « Livre des Entrées » que doit rédiger le bon saint Pierre à la porte du Paradis, où ils prient pour leurs successeurs dans la carrière apostolique.
    Leurs successeurs bisontins, qui combattent actuellement dans cet Extrême-Orient où ils ont eux-mêmes lutté pour la cause de Dieu, sont au nombre de 40. Ils suivent courageusement les traces de leurs vaillants devanciers. Nous n'avons pas à parler ici des vivants, mais nous ne pouvons omettre de rappeler que c'est au diocèse de Besançon que la vieille Société de la rue du Bac doit son Supérieur général actuel, le T. R. Père Robert, et aussi son représentant en Extrême-Orient, le P. Vircondelet, Procureur général de la Société à Hongkong.
    A l'heure actuelle, le diocèse de Besançon est représenté au Séminaire par 11 aspirants missionnaires : 5 à Paris, 3 à Bièvres et 3 au service militaire.
    La métropole comtoise garde donc fidèlement les généreuses traditions apostoliques de son passé. En retour, la Société des Missions Etrangères lui répond par ses prières, expression de sa gratitude séculaire.
    Père, regardez un peu ! Ce sac, cette casquette ! ...
    Superbe, superbe !... Et quand commence l'école ?
    Jeudi prochain.
    C'était devant le presbytère de Numazu que le missionnaire s'extasiait avec conviction devant trois petits bonshommes qui arboraient fièrement leur première casquette d'élèves de l'école primaire.
    Jusqu'à ces derniers jours, ils étaient élèves du Jardin d'enfants de la mission; mais il a fallu se séparer, au moment où ces petits commençaient à comprendre qui est le bon Dieu, et Jésus, et Marie.
    C'est la loi : à 7 ans révolus, il n'est plus possible de garder les enfants dans une école privée.
    Hein ! Ce sac, cette casquette ! ...
    Ils sont venus là tout exprès pour me les faire admirer, peut-être aussi un peu pour s'assurer si la bonbonnière du Père est toujours à sa place, mais n'approfondissons pas trop les motifs de la visite.
    Et je regarde le sac et la casquette, et sur la casquette l'insigne : une fleur de prunier. Quelle relation peut-il y avoir entre fleur de prunier et école primaire ?... Une antique légende va nous l'apprendre.

    1938/50-60
    50-60
    France
    1938
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