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L'Apostolat catholique

L'Apostolat catholique Le but de l'apostolat catholique a été dit assez haut et répété assez souvent pour que personne ne l'ignore ou ne l'oublie ; c'est d'obéir à la parole du Christ : « Allez, enseignez toutes les nations » ; c'est de convertir tous les hommes à la foi en Dieu, c'est de donner à tous la liberté de la conscience, la dignité de la vie, la vérité unique, en les faisant entrer dans le sein de l'Eglise catholique, telle que l'a établie Notre Seigneur Jésus-Christ.
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    L'Apostolat catholique

    Le but de l'apostolat catholique a été dit assez haut et répété assez souvent pour que personne ne l'ignore ou ne l'oublie ; c'est d'obéir à la parole du Christ : « Allez, enseignez toutes les nations » ; c'est de convertir tous les hommes à la foi en Dieu, c'est de donner à tous la liberté de la conscience, la dignité de la vie, la vérité unique, en les faisant entrer dans le sein de l'Eglise catholique, telle que l'a établie Notre Seigneur Jésus-Christ.
    C'est là le seul but que poursuit le missionnaire, mais ce n'est pas le seul qu'il atteint.
    En travaillant pour Dieu et pour l'Eglise, il aide la civilisation, il agrandit, pour ainsi dire, le monde matériel en faisant connaître de nouveaux peuples et de nouvelles terres ; il étend le monde moral en établissant des relations entre les nations les plus éloignées ; il aide sa patrie, dont il enseigne le nom, la langue et la glorieuse histoire ; il aide les lettres et les sciences, en publiant des études sur les moeurs, les coutumes, la langue, la géographie, l'histoire des pays qu'il évangélise.
    Si nous étudiions le passé, sans même consulter d'autres annales que celles de la Société des Missions Etrangères, que de noms d'évêques et de missionnaires prouveraient la vérité de ces assertions.
    Pour servir efficacement l'Eglise, la civilisation et la science, évêques et prêtres passent leur vie dans la souffrance et le travail.
    La souffrance se rencontre partout : elle étreint le coeur du jeune missionnaire quand il donne à sa mère un dernier baiser, quand il salue d'un dernier regard le village natal et d'une dernière prière le rivage de la patrie ; elle le frappe quand il touche la terre si ardemment désirée qu'il vient évangéliser ; il y a les souffrances du corps, les chaleurs torrides, les froids rigoureux, la pauvreté, la maladie qui condamne à l'inaction ceux qui ne rêvent que le travail ; s'il y a moins qu'autrefois les cachots, les supplices, la mort sanglante, il y a encore les déprédations des bandits, la captivité chez les brigands, avec toutes les privations et les vexations qu'elle implique ; il y a les souffrances de l'âme, plus amères et plus nombreuses, car elles viennent de tous côtés, des amis et des ennemis, de l'ingratitude des uns, du mépris des autres, des païens qui insultent, des chrétiens qui résistent, des hérétiques qui, l'or à la main, achètent les âmes, et des âmes qui se vendent ou même se donnent.
    Avec la souffrance il y a le travail ; il est de tous les instants et se présente sous toutes les formes : l'étude de la langue, généralement longue et difficile, l'enseignement des enfants, la composition des livres, les voyages à faire, les procès à dirimer, les églises à bâtir, les orphelinats à 'instituer, les catéchuménats à diriger, les hôpitaux à établir, les séminaires à fonder, et, avant tout cela, le saint ministère à exercer, les malades à visiter, parfois à des distances considérables, les confessions à entendre pendant de longues heures dans les chrétientés nombreuses.
    Les travaux matériels, le missionnaire doit les faire sans ressources ou à peu près ; pour construire la moindre chapelle, il doit tendre la main jusqu'en Europe.
    Mais l'argent n'est qu'utile, la vertu est nécessaire, et c'est encore un travail de l'acquérir et de la conserver. La piété fondée sur l'esprit d' oraison, l' humilité, la docilité, la persévérance, le zèle actif et prudent, sont les grandes vertus du missionnaire et les moyens qui, avec la grâce de Dieu, touchent et convertissent.
    Quelque pénibles qu'ils puissent paraître à la nature, la souffrance et le travail donnent cependant à celui qui les supporte vaillamment les joies les plus vives et les plus suaves que le coeur humain puisse goûter. L'apôtre voit, sous ses yeux et par ses soins, les coeurs se purifier, les intelligences s'élever, la charité croître, les âmes se sauver, les Eglises se développer ; il sait que la liberté est plus respectée, la vérité mieux connue, la religion plus honorée, Dieu plus adoré. N'est-ce pas assez pour que les douleurs lui deviennent légères et les travaux faciles ?
    Sans doute, il est des mères qui trouvent dur de voir leurs enfants s'éloigner, de les laisser s'en aller mourir sur une terre étrangère ; il en est qui ne comprendront pas leur soif de sacrifice et d'abnégation : que celles-là se rappellent la parole d'une mère de missionnaire, parole si profonde, si forte et si convaincante dans sa brièveté : « Mon fils, fais ce que Dieu veut ! » Là est tout le secret de la générosité d'un fils et de la résignation d'une mère.
    Mais pour que les souffrances, les travaux et les joies du missionnaire soient véritablement féconds, pour que le but de l'apostolat soit complètement atteint, pour que les peuples assis à l'ombre de la mort se lèvent et marchent dans la plénitude de la lumière et de la vie, il faut que chaque jour s'accroisse le nombre des prédicateurs de la foi.
    En nous bornant à l'Extrême-Orient, nous voyons que la Chine compte 450 millions d'habitants, l'Indochine 40 millions, les Indes 350 millions, le Japon (avec la Corée) 90 millions, soit un total de 930 millions, presque un milliard ! Sur ce nombre, les chrétiens n'arrivent pas au chiffre de 8 millions, pas 1 sur 100 ! Et, pour évangéliser ces immenses multitudes de païens et prendre soin de fidèles, les missionnaires sont environ 5.000 (dont 1/5 appartiennent à la Société des Missions Etrangères), les prêtres indigènes 4.500, soit 9.500 ouvriers apostoliques. Qui oserait dire que ce nombre suffit ? Hélas ! Fût-il décuplé, il serait encore hors de proportion avec l'oeuvre à accomplir.
    Il y a un siècle, le Cardinal Préfet de la Propagande écrivait aux Directeurs du Séminaire des Missions Etrangères : « De toutes parts les chrétiens qui vivent au milieu des infidèles, réduits à une extrême et déplorable nécessité, implorent l'arrivée et le secours des ministres sacrés... Plusieurs, parmi les païens, prêtent une oreille favorable à la prédication de l'Evangile. C'est donc une portion de la sollicitude pastorale que l'envoi de ministres évangéliques empressés de voler au secours de leurs frères en proie à tant de besoins. Que l'on ne craigne pas d'en éprouver parmi vous un affaiblissement dans le ministère sacré : plus de nombreux exemples de cette charité éclateront, plus le saint zèle se réveillera parmi les enfants du sanctuaire ».
    Ne dirait-on pas, en vérité, ces paroles écrites d'hier ?
    A quelle époque l'apostolat a-t-il jamais eu un besoin plus pressant de prêtres ? A quelle époque les Missions ont-elles offert le spectacle d'activité plus grande et d'espérances plus fondées ?
    N'est-ce pas le moment de répéter les éloquentes paroles que prononçait Fénelon il y a deux siècles et demi, dans la chapelle même du Séminaire des Missions Etrangères : «Evêques, prêtres, par la vertu toute puissante du nom de Jésus-Christ, allez annoncer l'Evangile à toute créature ; j'entends la voix de Pierre qui vous envoie et vous anime. Il vit, il parle dans son successeur, il ne cesse de confirmer ses frères. Allez donc, anges prompts et légers : que sous vos pas les montagnes descendent, que les vallées se comblent, que toute chair voie le salut de Dieu ! »


    1935/4-7
    4-7
    France
    1935
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