Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

La visite de Mgr de Guébriant dans nos Missions 1

La visite de Mgr de Guébriant dans nos Missions 1
Add this
    La visite de Mgr de Guébriant dans nos Missions 1

    Mgr de Guébriant poursuit infatigablement sa tournée de visite des missions. Partout l'accueil est le même, empreint de respectueuse allégresse; partout aussi se répètent les mêmes paroles de vénération et de reconnaissance d'une part, d'encouragement et de confiance, de l'autre. Aussi serait-il fastidieux de suivre et de retracer jour par jour les détails de ce voyage apostolique, quelque intéressants qu'ils puissent être. Nous contenterons donc de signaler au passage les incidents qui s'écartent quelque peu du programme protocolaire.

    En Birmanie. Après nos missions des Indes, ce sont celles de Birmanie qui reçurent la visite du Supérieur de la Société. Arrivé à Rangoon le 17 novembre, Monseigneur se rendait le lendemain à Bassein, puis à Thonze. De là dans la Haute Birmanie, où, accueilli à Mandalay par Mgr Falière, il visita l'Ecole Saint Pierre et fut salué par la sonnerie des nouvelles cloches de l'église Saint-Michel. Ensuite retour à Rangoon et départ pour la presqu'île malaise.

    En Malaisie. Outre les postes principaux de la mission : Singapore avec ses cinq paroisses, Kuala Lumpur, Malacca, etc., Son Excellence revoit avec grand intérêt le Collège général de Pinang, qui compte actuellement 111 élèves, venus de 24 missions différentes, dont 16 dépendant de notre Société et 8 relevant d'autres Instituts. Le vénéré Visiteur ne put que féliciter les directeurs de leur dévouement, les élèves de leur bon esprit, et souhaiter continuation de succès à un établissement qui, installé depuis 125 ans dans cette île, a rendu tant de services à la cause du clergé indigène.

    Au Siam. La mission du Siam peut être considérée comme la mission mère de toutes les autres missions de la Société. C'est là, en effet, qu'arrivèrent en 1662 Mgr Lambert de la Motte et en 1661, Mgr Pallu ; c'est à Ajuthia, alors la capitale, qu'ils firent leurs premiers chrétiens et fondèrent leurs premières oeuvres ; c'est de là enfin que devait, dans les siècles suivants, rayonner ce mouvement missionnaire qui s'étend d'un côté dans les Indes, de l'autre jusqu'au Japon.
    Le soir même de son arrivée à Bangkok, le 8 décembre, Mgr de Guébriant avait la satisfaction de bénir une nouvelle procure « attendue depuis 275 ans », destinée à recevoir tous les missionnaires au moment de la retraite annuelle et offrir un asile accueillant à ceux que la fatigue ou la maladie oblige à interrompre leurs labeurs apostoliques.
    A Bangkok, Mgr de Guébriant rencontre, pour la première fois dans sa visite, les Soeurs de Saint-Paul de Chartres, qu'il retrouvera en Indochine, en Chine et au Japon.
    Après la visite des établissements religieux de la ville épiscopale, Monseigneur entreprit un voyage de 750 kilomètres pour voir la partie nord de la mission et se rendre compte des espérances que donnent quelques postes récemment fondés dans cette région plus laotienne que siamoise. A l'aller, une halte à Ajuthia pour y célébrer la sainte Messe dans la modeste chapelle de l'endroit, là où ont prié et souffert les fondateurs de notre Société.
    Le 14 décembre, Son Excellence continuait sa route dans la direction de Phnompenh.

    Au Cambodge. Un petit détour permet à Mgr le Supérieur de visiter les ruines d'Angkor, dont l'Exposition Coloniale n'a pu donner qu'une partielle réduction. A Phnompenh, visite à S. M. le roi Sisowath, au Résident supérieur, et réception à la Résidence. A Culao-gien, où les missionnaires étaient réunis pour leur retraite annuelle, Son Excellence leur adressa la parole plusieurs fois, leur rappelant les motifs d'aimer et d'estimer notre vieille Société des Missions Etrangères.

    En Cochinchine. Salué, dès son arrivée à Saigon, par M. le Gouverneur, Monseigneur lui rendit sa visite en compagnie de Mgr Dumortier, et, le lendemain, le Gouverneur recevait à sa table les deux prélats. Thudaumot, Phanthiet, Djiring, Dalat, furent, après le départ de Saigon, les stations favorisées d'un arrêt, jugé toujours trop court par les confrères qui avaient l'honneur et la joie de recevoir le vénéré Supérieur.
    Arrivé à Quinhon dans la soirée du 24 décembre, Monseigneur y célébra la messe de minuit, pendant laquelle il voulut bien adresser la parole aux assistants. Dès le lendemain de Noël, départ pour Kontum, en pays bahnar, qui va devenir le centre d'une nouvelle mission, détachée de celle de Quinhon. Le 29, dans une automobile mise à sa disposition par S. Exc. M. Bài, Mgr Chabanon venait jusqu'à Tourane au devant du Visiteur pour le conduire à Hué.
    Hué est l'ancienne capitale du royaume d'Annam et le roi y a son palais. L'entrée de Monseigneur dans la ville fut vraiment triomphale. A la limite du territoire de la cathédrale, une procession s'organise : enfants des écoles, prêtres français et annamites précèdent les deux prélats, qui s'avancent sous le dais ; les cloches sonnent à toute volée, les tambours et les instruments de musique résonnent, les pétards crépitent, d'innombrables drapeaux et bannières flottent au vent. Son Excellence reconnut qu'Elle avait rarement été reçue aussi solennellement. A la cathédrale, Monseigneur adresse aux chrétiens quelques mots que leur traduit Mgr Chabanon ; il dit qu'il est le Père de leurs missionnaires et qu'il peut se dire le « Grand Père » des chrétiens annamites : le mot obtient le plus vif succès chez les auditeurs, qui ont par tradition une respectueuse vénération pour les vieillards. Après cela, réception à l'évêché, discours latin d'un prêtre indigène, réponse de Monseigneur également en latin ; puis entretien avec Mgr Dreyer, Délégué apostolique. Le lendemain, visites et réceptions traditionnelles. Le soir, à la Résidence supérieure, dîner auquel ont été invités, outre Mgr de Guébriant, le Délégué apostolique, le Vicaire apostolique, Son Excellence Nguyen Huu Bài, président du Conseil royal et fervent chrétien, le Ministre de la Justice, plusieurs missionnaires et prêtres indigènes.
    Le 2 janvier, Monseigneur quittait Hué et, visitant successivement le sanctuaire de Notre Dame de Lavang, le monastère cistercien de Notre Dame d Annam, le petit séminaire d'Anninh, arrivait dans la mission de Vinh, où après une journée consacrée à la visite des deux séminaires de Xadoai et du monastère franciscain récemment inauguré, Son Excellence franchissait en auto les 200 kilomètres qui séparent Vinh de Nongseng, centre de la mission du Laos.

    Au Laos. Arrivé le 5 janvier au soir, Monseigneur célébra à Nongseng la fête de l'Epiphanie. Au repas de midi, auquel prenaient part 7 missionnaires et 2 prêtres indigènes, eut lieu le partage du gâteau des Rois, et la Providence seul agent dans l'affaire voulut que la fève échût à Mgr le Supérieur, qui choisit pour Reine un prêtre laotien, le Père Lazare, et lui promit, comme souvenir de sou éphémère dignité, une belle chasuble, qui lui sera envoyée du Setchoan. Dès le lendemain matin, le Visiteur partait de Thakhek qour rentrer à Vinh.

    Au Tonkin. Ayant déjà vu, avant sa visite au Laos, les principaux établissements de Xadoai, Monseigneur ne donna qu'une journée à Vinh et, le 8 janvier, prenait le chemin de Thanh-hoa, poste avancé de la mission de Phatdiem. Après Thanh-hoa et Ninhbinh, Phucnhac, où les petits séminaristes accueillirent leur « Père de Paris » avec de telles démonstrations de joie : chants, drapeaux, sonneries de cloches, roulements de tambours et de gongs, etc., que Monseigneur dut avouer que, si généralement le bien se fait sans bruit, il fallait faire une exception pour le Petit Séminaire de Phucnhac, où il se fait certainement beaucoup de bien, mais aussi beaucoup de bruit. Dispense des examens semestriels fut la récompense bruyamment accueillie de cette bruyante réception. Au Grand Séminaire de Phatdiem, l'accueil fut, comme il convenait, moins retentissant, mais non moins enthousiaste. Après avoir visité les autres oeuvres de la mission et s'être entretenu avec les missionnaires, Son Excellence partait pour Haiphong, où Elle devait s'embarquer pour Pakhoi et Hongkong.

    En Chine. Arrivé à Pakhoi au matin du 13 janvier, Monseigneur passa cette journée à l'évêché et., le lendemain, visitait la petite concession française de Kouangtcheou-wan, où il reprenait le paquebot Tonkin, qui le conduisait à Hongkong.
    Dans l'île de Hongkong, colonie anglaise, la Société des Missions Etrangères a trois établissements importants. Dans la ville même de Victoria, la Procure générale, que le P. Libois y transféra de Macao en 1847 ; à 6 kilomètres de la ville, sur la côte sud, au village de Pokfulum, le sanatorium de Béthanie, fondé en 1875, et la Maison de Nazareth, à la fois lieu de retraite pour les missionnaires et atelier d'une imprimerie qui emploie 60 ouvriers chinois, tous catholiques, et édite des ouvrages en vingt langues différentes, chacune en ses caractères spéciaux. Sauf une rapide visite à Canton et à Swatow, Monseigneur, arrivé le 16 janvier, demeurait à Hongkong jusqu'à la fin du mois, se donnant d'abord aux oeuvres de la Société, mais n'oubliant aucun des nombreux établissements religieux, français, italiens, qui concourent à la prospérité toujours croissante de la mission de Hongkong.

    Débarqué le 1er février à Haiphong, Monseigneur visite rapidement les Missions de Hunghoa et de Hanoi ; puis, dans un wagon spécial mis à sa disposition parla Compagnie des Chemins de fer du Yunnan, pénètre de nouveau en Chine, passe 4 jours à Yunnanfu; puis, avec le P. Audren, venu au devant de lui, se met en route pour le Kientchang, son ancienne mission. Dès lors, plus de bateaux, de trains ou d'automobiles : c'est la partie la plus difficile, la plus pénible de la longue tournée apostolique. Dieu garde le vénéré voyageur !
    1932/130-135
    130-135
    France et Asie
    1932
    Aucune image