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La vierge Pak Lucie.

LETTRE DU P. ROBERT Missionnaire apostolique La vierge Pak Lucie. Une jeune chrétienne, appelée Pak Lucie, de Tjella-to, avait résolu de demeurer vierge et de se consacrer au Seigneur. Elle était orpheline de père et de mère et n'avait plus pour soutien qu'un oncle paternel.
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    LETTRE DU P. ROBERT

    Missionnaire apostolique

    La vierge Pak Lucie.

    Une jeune chrétienne, appelée Pak Lucie, de Tjella-to, avait résolu de demeurer vierge et de se consacrer au Seigneur. Elle était orpheline de père et de mère et n'avait plus pour soutien qu'un oncle paternel.
    Dernièrement, elle atteignait sa seizième année. Elle apprend alors qu'on parle de la fiancer à un chrétien des environs. Elle s'informe de la chose auprès d'une bonne vieille de ses voisines, à laquelle elle confie son secret. Celle-ci lui dit qu'elle ne peut absolument pas vivre seule, puisqu'elle est sans famille et n'a qu'un seul oncle chrétien et sans fortune; que d'ailleurs il n'y a que Séoul ou Taikou où il soit possible de vivre comme elle le désire. La fervente néophyte ne répond rien, mais déjà son parti est pris.
    Elle a vite trouvé des habits d'homme : ce sont de vieilles guenilles qu'on ne se donnerait pas la peine de ramasser. Le lendemain, elle va à la montagne sous prétexte de chercher quelques légumes. Quand elle se trouve bien seule, elle dépose ses vêtements de femme, s'affuble des lambeaux qu'elle a apportés et se met en route pour Taikou.
    Jusqu'ici, cette jeune fille n'avait jamais quitté son village, mais n'importe! Elle marche résolument. Pendant le jour, par crainte d'être reconnue, elle évite la grande route, se détourne des auberges et suit les chemins les plus impraticables, mendiant son riz dans les chaumières isolées qu'elle rencontre sur sa route. La nuit, elle couche dans quelque bois de sapins. Elle marche ainsi pendant six jours; après avoir parcouru 350 lys, elle arrive à une pauvre cabane située à 10 lys de Taikou, habitée par des chrétiens qu'elle reconnaît en les voyant faire le signe de la croix. Elle les aborde, leur raconte son histoire et demande à être conduite auprès du missionnaire de Taikou.
    Je n'en croyais pas mes yeux quand je la vis arriver. Elle était dans un état vraiment digne de compassion : ses pieds étaient enflés, ses vêtements tombaient en loques, en guise de robe elle n'avait qu'une sorte de paillasson. La pauvre enfant avait beaucoup souffert en route, et c'est à peine si elle pouvait parler. Elle n'en pleurait pas moins de bonheur et de joie, parce que, disait-elle, elle était enfin arrivée au but vers lequel tendaient toutes ses aspirations. Je la plaçai clans une bonne maison de chrétiens, où elle eut bientôt changé de costume.
    C'est là qu'aujourd'hui elle travaille et donne un libre cours à sa dévotion. Son oncle qui, après plusieurs jours de recherches infructueuses, la croyait perdue, a été informé de son arrivée ici ; bientôt il va venir la voir et sera tout heureux de la retrouver pleine de vie et de santé.

    1898/270-271
    270-271
    Corée du Sud
    1898
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