Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

La Vïsite de Mgr de Guébriant dans nos Missions de l'Inde

La Vïsite de Mgr de Guébriant dans nos Missions de l'Inde Les lecteurs des Annales n'ignorent pas que Mgr de Guébriant a entrepris la visite des Missions confiées à la Société, dont il est le Supérieur général.
Add this
    La Vïsite de Mgr de Guébriant dans nos Missions de l'Inde

    Les lecteurs des Annales n'ignorent pas que Mgr de Guébriant a entrepris la visite des Missions confiées à la Société, dont il est le Supérieur général.
    « C'est une chose extrêmement émouvante, dit la Dépêche Coloniale (8 oct. 1931), de songer à ce départ de l'illustre missionnaire, qui s'éloigne de France, seul et sans escorte, sans bruit, pour aller porter l'encouragement de sa présence à ses frères et à ses fils qui luttent pour la paix chrétienne en Extrême-Orient. Ce geste simple et grand peut se passer de commentaires : il se suffit à lui-même. Il est bien de la plus pure et de la plus authentique tradition française ».
    « Il faut une énergie singulière, ajoute Mgr Olichon (L'Union Missionnaire du Clergé de France, janvier 1932), à ce vieillard de 71 ans pour entreprendre et réaliser un tel voyage. C'est à cheval qu'il devra parcourir la plupart de ses missions de Chine, à travers des chemins effondrés ou à peine tracés, au milieu de populations hostiles en pleine effervescence ».
    Des fatigues, certes, Monseigneur les a prévues et acceptées d'avance, pensant surtout au bien produit par sa visite, et, s'il a entrevu aussi quelques consolations, son espoir n'a pas été trompé. Une brève relation de sa tournée apostolique en fournira l'impressionnant témoignage.

    A KUMBAKÔNAM. Ayant pris passage à Marseille le 9 octobre sur le Félix Roussel, des Messageries Maritimes, Monseigneur débarquait à Colombo (Ceylan) le 25 et, deux jours après, arrivait à Kumbakônam.
    Détaché en 1899 de l'archidiocèse de Pondichéry, le diocèse de Kumbakônam fut confié à la Société des Missions Etrangères. II comptait alors 85.500 chrétiens, administrés par 25 missionnaires français et 17 prêtres indiens. Trente ans plus tard, il y avait 105.000 chrétiens, 34 missionnaires et 27 prêtres indigènes. Le Saint Siège estima que le temps était venu de transférer la mission au clergé indien. Un évêque, le P. Francis Peter, fut nommé et sacré le 29 juin 1931, et le diocèse, bien que ressortissant à la métropole de Pondichéry, n'a plus de relations officielles avec la Société des Missions Etrangères.
    En arrivant là, Mgr de Guébriant ne se sentait donc plus « chez lui ». Quel accueil lui était réservé ? A sa descente du train qui l'y avait amené, il trouve à la gare Mgr Peter avec tout son clergé. Une procession s'organise avec éléphant, voitures, musique, et c'est au milieu d'une foule considérable que Monseigneur fut conduit à la cathédrale, puis à l'évêché, où le P. Xavier, Vicaire général, le salua en des termes que nous nous reprocherions de ne pas reproduire ici.

    MONSEIGNEUR,

    « Permettez-moi de vous exprimer, au nom de Mgr Peter et au nom de mes 34 confrères indiens, nos sentiments d'amour et de gratitude.
    Notre coeur est inondé de joie en vous voyant aujourd'hui au milieu de nous, et cette joie est d'autant plus grande que vous avez eu la bonté de nous donner les prémices de votre visite.
    Vous êtes notre grand papa, et nous sommes vos petits-fils. En effet, c'est à Dieu d'abord, puis à la Société des Missions Etrangères de Paris que doivent aller tous nos sentiments de reconnaissance pour ce que nous sommes et pour ce que nous possédons.
    Quoique Kumbakônam soit devenu un diocèse indien, et cela grâce à vos démarches et recommandations auprès du Saint Siège, nous voulons être toujours unis à cette glorieuse Société française, et la Mission de Pondichéry sera toujours le trait d'union entre nous.
    Nous aurions grandement désiré que le premier Evêque Indien de Kumbakônam fût consacré par Votre Excellence ; niais, malgré votre délicate condescendance à nous donner cette satisfaction, les Bulles étant arrivées plus tôt que nous ne pensions, et votre départ pour l'Inde ne devant avoir lieu qu'en octobre, c'est-à-dire après l'expiration du délai de trois mois accordé par le Droit canonique, Mgr Colas de Pondichéry a bien voulu tenir votre place. C'est le fils qui a remplacé le, père pour consacrer le petit-fils. Nous ne finirions pas d'énumérer tous les bienfaits dont les missionnaires, tant de Pondichéry que de Kumbakônam, nous ont comblés. Nous en serons à jamais reconnaissants, et nous vous prions, Monseigneur, de nous bénir tous afin de rendre plus étroits, si possible, les liens qui unissent depuis si longtemps déjà le nouveau diocèse indien de Kumbakônam et la vieille Société missionnaire française. Vive Mgr de Guébriant ! »
    Monseigneur pouvait s'attendre à un accueil chaleureux dans « ses » missions, et nous verrons qu'il le reçut, en effet ; mais la réception de Kumbakônam, expression si sincère de vénération et de reconnaissance, dut lui aller profondément au coeur en lui prouvant que ses missionnaires avaient su non seulement se faire estimer, mais aussi se faire aimer, et qu'ils avaient pleinement réussi dans cette oeuvre si importante, premier but de leur Société : la formation d'un clergé indigène à la hauteur de sa tâche.
    Le lendemain de cette touchante réception fut consacré à la visite des différents établissements catholiques, églises, écoles, de la ville de Kumbakônam : partout l'accueil fut empreint de la même respectueuse allégresse; partout le vénéré Visiteur se montra enchanté de ce qu'il vit et entendit. Le soir même, accompagné de Mgr Peter, il partait pour le Collège de Cuddalore (1), où l'attendait Mgr Colas, archevêque de Pondichéry.

    A PONDICHÉRY. Le jeudi 29 octobre, vers midi, les voyageurs arrivent à Pondichéry, où 40 missionnaires sont réunis pour saluer le Supérieur impatiemment attendu ; Mgr Colas lui souhaite la bienvenue en quelques mots, auxquels il répond avec tout son coeur.
    Dans l'après-midi il fait une conférence aux missionnaires : il leur parle de la chère Société des Missions Etrangères, de ses traditions, de ses titres de gloire; il leur rappelle les motifs qu'ils ont de l'aimer et d'être fiers de lui appartenir; il leur demande surtout de demeurer dignes d'elle en se montrant toujours d'infatigables défricheurs dans le champ du Père de la grande famille indienne.
    Les deux journées suivantes furent employées à la visite des principaux établissements de la Mission : cathédrale, séminaires, écoles.
    Le 30, Monseigneur est à Tindivanam, où il félicite le P. Gavan-Duffy de ce qu'il a entrepris et réalisé avec succès dans les oeuvres scolaires.

    (1) Important établissement dirigé par les, missionnaires de la Mission de Pondichéry : il compte actuellement 850 élèves.

    Après un rapide passage à Eraiyur et à Kallakurchi, Mgr Colas, arrivé aux confins de son diocèse, prend congé de Mgr de Guébriand, qui se dirige sur Salem.

    A SALEM. Lorsque la mission de Kumbakônam fut transférée au clergé indigène, les missionnaires qui en avaient eu la charge jusque là reçurent en partage un nouveau diocèse, détaché pour la plus grande partie de celui de Pondichéry, avec quelques districts de Mysore et de Kumbakônam. Ce fut le diocèse de Salem, qui compte 32 missionnaires et 18.000 catholiques. Le premier évêque est Mgr Prunier, qui fut sacré le 14 septembre 1930.
    C'est dans cette nouvelle Mission que, le 2 novembre, arrivait Mgr de Guébriant. Mgr Prunier l'avait devancé à Attur pour le recevoir à son entrée dans le diocèse et l'accompagner jusqu'à la ville épiscopale.
    L'accueil à Salem fut vraiment triomphal : sur tout le parcours ce ne furent qu'acclamations : « Vive Notre Saint Père le Pape Pie XI ! Vive Mgr de Guébriant ! Vive Mgr Prunier ! »
    Dès le lendemain commence la visite qui, naturellement, se répétera partout, des établissements religieux, scolaires ou charitables de la Mission. Monseigneur le Supérieur ne recule pas devant une randonnée de 250 kilomètres pour visiter le doyen de la mission, le P. Playoust, et les oeuvres qu'il a fondées à Krishnagiri. A Salem, Monseigneur bénit le couvent récemment construit pour les Soeurs Catéchistes Missionnaires de Marie.
    Avant le départ, Mgr Prunier exprime la reconnaissance du diocèse de Salem, qui doit son existence à Mgr de Guébriant ; celui-ci, en réponse, revendique les joies de la paternité et dit son émerveillement de tout ce qu'il a vu dans cette jeune Mission, à laquelle il souhaite un splendide essor.

    A COIMBATORE. Le 6 novembre, Monseigneur le Supérieur arrivait à Coimbatore, où il était accueilli par Mgr Roy entouré des missionnaires de la plaine, ceux de la montagne se réuniront ailleurs. Après la visite des établissements de la ville, départ pour le sanatorium Saint Théodore, à Wellington. C'est là que, le dimanche 8, les confrères de la montagne vinrent se joindre aux hôtes habituels du sanatorium pour offrir leurs hommages au vénéré Visiteur, qui, dans un entretien familier, leur fit part des bonnes impressions qu'il recueillait dans les Missions de l'Inde.
    Continuant sa route, Monseigneur visite à Ootacamund le Couvent de Nazareth, berceau de l'Institut des Franciscaines Missionnaires de Marie; dans une charmante allocution, Son Excellence rappelle l'intime affinité qui relie l'Institut des Franciscaines Missionnaires à la Société des Missions Etrangères et fait l'éloge du dévouement des Religieuses dans nos Missions.
    Le lendemain, 9 novembre, départ pour Mysore (1).

    Au MYSORE. A son arrivée dans la ville de Mysore, capitale du Maharajah, Mgr de Guébriant fut accueilli par le P. Vanpeene, Vicaire général, le P. Feuga, curé de la paroisse et plusieurs autres prêtres. Dans l'après-midi, après une visite au Couvent du Bon Pasteur, eut lieu, au presbytère, la réception des catholiques de la ville. Le secrétaire du Maharajah de Mysore, M. Thumboo Chetty, lut une adresse dans laquelle était apprécié l'honneur fait à la cité par la visite du Supérieur des Missions Etrangères, « chef de la noble phalange des missionnaires qui, se consacrant entièrement au service de Dieu, abandonnent leur chère patrie pour devenir les propagateurs du Catholicisme en Extrême Orient ». Dans sa réponse, Monseigneur remercia la population de Mysore et chargea M. Thumboo Chetty d'exprimer au Maharajah ses remerciements pour sa royale sollicitude envers les catholiques de ses Etats.
    Le lendemain, départ pour Bangalore, la ville épiscopale et la résidence du Délégué Apostolique des Indes. Mgr Despatures vint au devant du Visiteur à quelques kilomètres de la ville, où l'on entra par le square Briand, ainsi nommé non pas en l'honneur de certain Ministre des Affaires Etrangères, mais du nom du missionnaire doyen de la Mission (il a 78 ans) et curé d'une paroisse de Bangalore.
    Dès le lendemain commencèrent les visites : la cathédrale, le cimetière, l'orphelinat, le séminaire, le couvent des Soeurs de Saint-Joseph de Tarbes, le grand Collège Saint-Joseph (1.700 élèves), l'hôpital Sainte-Marthe, reçurent successivement le vénéré Supérieur. Au repas du soir, présidé par S. Exc. Mgr Kierkels, Délégué Apostolique, 37 missionnaires entouraient le Représentant du Pape, le Supérieur des Missions et l'Evêque du diocèse.

    (1) Bien qu'ayant donné son nom au diocèse, ce n'est pas Mysore, mais Bangalore qui est la résidence épiscopale.

    Mgr Despatures exprima en termes émus les sentiments du clergé de Mysore pour le Saint Père, puis pour le vénérer Supérieur de la Société des Missions Etrangères. Celui-ci, dans sa réponse, insistant sur une idée qui lui est chère, termina par ces paroles : « Nous sommes missionnaires et uniquement missionnaires, pour fonder l'Eglise et non pas des succursales de notre Société. Nous sommes réunis ici, non pas les prêtres des Missions Etrangères d'une part, et de l'autre les prêtres indigènes, mais tous fondus dans un seul bloc qui n'est autre chose que l'Eglise ».
    Le lendemain, Monseigneur le Supérieur se disposait à prendre le train pour Madras, lorsque, à la gare même de Bangalore, les prêtres indiens de la Mission vinrent lui offrir de superbes et riches objets en bois de santal, dont une magnifique statue de saint Joseph, manifestant ainsi leur reconnaissance au Supérieur de la Société et à la Société elle-même. Cette démarche toute spontanée clôturait dignement la visite de nos Missions de l'Inde.
    Un religieux de Vienne (Autriche) a exécuté une copie du célèbre tableau « La Cène » de Léonard de Vinci en y employant 12.000 timbres-poste. Le travail a duré cinq ans. Un Américain en a offert 10.000 dollars or : son offre a été refusée.
    Un anonyme a envoyé à la Revue Catholique de Baltimore un chèque pour abonner 250 de ses amis à cette Revue. Les Annales des Missions Etrangères seraient heureuses de rencontrer un anonyme de ce genre.
    Il y a actuellement 15 prélats chinois : 10 évêques et 5 préfets apostoliques.
    1932/85-90
    85-90
    Inde
    1932
    Aucune image