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La Société des Missions Etrangères dans la Chine Occidentale

La Société des Missions Etrangères dans la Chine Occidentale SETCHOAN L'évangélisation de la province du Setchoan, la plus grande de la Chine (566.000 km2), est depuis plusieurs siècles confiée à la Société des Missions Etrangères de Paris.
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    La Société des Missions Etrangères dans la Chine Occidentale

    SETCHOAN

    L'évangélisation de la province du Setchoan, la plus grande de la Chine (566.000 km2), est depuis plusieurs siècles confiée à la Société des Missions Etrangères de Paris.
    En 1658, Mgr Pallu était nommé, en même temps que Vicaire apostolique du Tonkin, administrateur du Setchoan, mais il n'y put jamais pénétrer, non plus que Mgr de Lionne, qui, de 1699 à 1713, fut le premier Vicaire apostolique de cette province. En 1702, les PP. de la Balluère et Basset arrivèrent au Setchoan avec MM. Mullener et Appiani, de la Congrégation de la Mission : ils y trouvèrent quelques chrétiens émigrés du Houkouang. Le P. de la Balluère, nommé vicaire apostolique en 1713, mourut deux ans après avoir reçu la consécration épiscopale. M. Mullener, chargé alors de l'administration de la province, y fit tout le bien que lui permirent ses modiques ressources et les tracasseries des mandarins. Mgr de Martiliat, qui lui succéda, rédigea deux règlements importants : l'un pour les vierges chinoises, l'autre pour les catéchistes.
    C'est avec le sacre de Mgr Pottier (1765) que commence véritablement l'oeuvre apostolique dans cette immense mission, qui ne comptait pas alors plus de 4.000 chrétiens, en y comprenant ceux du Yunnan et du Kouytcheou, rattachés au vicariat du Setchoan. L'évêque avait pour le seconder des missionnaires remarquables par leur zèle et leur intelligence : le P. Alary, plus tard supérieur du Séminaire de la rue du Bac ; le P. Gleyo, intrépide confesseur de la foi, qui passa 9 années en prison ; le P. Mye, fondateur de la Congrégation de la Providence de Portieux (Vosges) ; le P. Hamel, qui consacrera toute sa vie apostolique à la formation d'un clergé indigène et fera ordonner plus de 20 prêtres chinois, etc. La persécution, qui sévit sans arrêt, n'arrête pas leur dévouement. Les PP. Delpon et Devaux meurent dans les prisons de Pékin ; Mgr de Saint-Martin, Coadjuteur puis successeur de Mgr Pottier, est exilé avec le P. Dufresse, mais l'oeuvre progresse toujours : 40.000 païens sont baptisés, des écoles sont établies, des catéchistes sont formés. Mgr Dufresse succède en 1801 à Mgr de Saint-Martin, et le Synode du Setchoan (1803) consacre ces résultats complète l'organisation de la mission. Mais la persécution redouble de rigueur : le 14 septembre 1815 Mgr Dufresse est condamné à mort et décapité (1). La mission n'a plus d'évêque, elle n'a que 2 missionnaires européens et un petit nombre de prêtres indigènes, les chrétiens ont cherché refuge dans les montagnes ou émigré dans les provinces voisines ; ceux que l'on peut saisir sont jetés en prison, soumis à la torture et condamnés à l'exil ou à la mort.

    1. Mgr Dufresse a été béatifié en 1900.

    C'est la plus terrible persécution qu'ait subie le Setchoan. Elle ne cessa complètement que vers 1840, deux ans après la mort de Mgr Fontana, qui avait gouverné la mission de 1817 à 1838. A son successeur, Mgr Pérocheau, allait incomber la tâche de relever les ruines du passé et de préparer l'avenir : ce fut l'oeuvre de son épiscopat de 23 années. Non seulement l'évêque travailla à la création d'oeuvres nombreuses et à la fondation de nouvelles chrétientés, mais il obtint que le Yunnan et le Kouytcheou fussent érigés en missions indépendantes, et, avant de mourir, il vit le Setchoan partagé en trois vicariats, tous confiés à la Société des Missions Etrangères Setchoan Ocidental, Setchoan Oriental et Setchoan Méridional. Ainsi dans le territoire formant jusque là une seule mission on en compta désormais cinq, dont chacune aura son histoire. Le Yunnan et Kouytcheou appartenant au groupe des Missions de la Chine Méridionale, nous n'aurons pas à en parler ici ; nous nous bornerons aux missions du Setchoan, qui de 3 en 1860 s'élèveront à 8 en trois quarts de siècle (1).
    Setchoan Occidental (Chengtu). Mgr Pérocheau ne gouverna pas longtemps la mission réduite dont il demeurait le chef, il mourut en 1861, après 43 ans d'épiscopat (il avait été sacré à Paris en 1818 avant son départ pour les missions, afin qu'il puisse conférer la consécration épiscopale à son vicaire apostolique, Mgr Fontana, dont il fut le Coadjuteur pendant 20 ans). Il eut pour successeur Mgr Pinchon, qui, durant un épiscopat de 30 années, donna un grand essor aux oeuvres de la Mission. Il construisit petit et grand séminaires, orphelinats de filles et de garçons, hôpital, nombreuses chapelles. Il revint en Europe pour prendre part au Concile du Vatican. En 1880, il présida à Suifu un synode des évêques de la région. En prenant la direction du Vicariat il y avait trouvé 10 missionnaires, 27 prêtres indigènes, 30 séminaristes et environ 30.000 chrétiens. A sa mort, on comptait 30 missionnaires, 45 prêtres indigènes, 98 séminaristes, 206 écoles ou orphelinats avec 2.480 enfants, 40.000 catholiques.

    1. En 1924 les missions ont changé de nom et reçu celui de leur centre principal. Nous mettons entre parenthèses le nouveau nom.

    Mgr Dunand, qui succéda à Mgr Pinchon, eut un épiscopat plus agité. En 1895, l'évêché de Chengtu, qui venait d'être construit, est détruit par une populace ameutée, et tous les oratoires des environs de la ville sont pillés et brûlés. Deux ans après, les brigands incendient trois autres postes de la Mission. Le soulèvement des Boxeurs eut aussi sa répercussion au Setchoan : des chrétiens furent massacrés. La Révolution de 1911 provoqua des désordres dans la province et, si la résidence épiscopale fut épargnée, plusieurs stations chrétiennes furent détruites et nombre de fidèles périrent sous le fer des assassins.
    Malgré ces persécutions, la religion ne laissa pas de progresser : de nouvelles chrétientés furent fondées, les Frères Maristes furent appelés pour diriger une grande école, les oratoires détruits furent relevés, et il n'est pas exagéré de dire que, sous l'administration de
    Mgr Dunand, la situation du Setchoan Occidental est devenue prospère à tout point de vue. Le vaillant évêque mourut en 1915 à 74 ans. Le gouvernement français l'avait nommé en 1898 chevalier de la Légion d'Honneur.

    Mgr Rouchouse, qui lui succéda en 1916, est encore à la tête de la Mission, qu'il continue à diniger dans la voie du progrès. En 1926, il a cédé au clergé chinois la partie orientale de sa mission, avec 20 prêtres indigènes et 20.000 chrétiens. Ces années dernières les bandes communistes ont à plusieurs reprises envahi et ravagé plusieurs préfectures de la Mission.
    Setchoan Oriental (Chungking). Le premier Vicaire apostolique de cette nouvelle Mission, Mgr Desflèches, était Coadjuteur depuis 12 ans de Mgr Pérocheau, lorsque, en, 1856, il fut désigné pour cette charge, qu'il exerça durant 26 ans, au ilieu de difficultés toujours renaissantes. En 1859, il est en rance, où il cherche à intéresser Napoléon III aux missions de Chine. L'année suivante, il est à Rome et y obtient que le Se-tchoan Méridional soit détaché de son Vicariat. De retour à hungking, s'appuyant sur le traité franco-chinois de 1860, qui avait reconnu la liberté religieuse, il s'applique à multiplier les oyens d'évangélisation, mais la persécution éclate : la résidence épiscopale est détruite ; le P. Mabileau est massacré, le P. Rigaud, qui le remplace à eouyang, subit le même sort. Durant son séjour à Rome, lors du Concile du Vatican, l'évêque réfute les calomnies accumulées contre les missionnaires de Chine et contre lui en particulier. En 1873, nouvelle persécution, durant laquelle le P. Hue est massacré avec un prêtre chinois. La Légation de France envoie alors son secrétaire, M. de Roquette, négocier avec le Vice-roi du Setchoan un arrangement, qui ramène un peu de tranquillité. Mais, en 1878, les païens rouvrent les hostilités contre la religion et essaient de prouver que la présence en Chine de Mgr Desflèches est un élément de troubles. Pour se disculper, l'évêque part pour Pékin, puis pour Rome, mais le gouvernement français ayant déclaré son retour à peu près impossible, il donna sa démission (1883) après avoir obtenu un Coadjuteur, et se retira au Sanatorium de Montbeton, où il mourut en 1887. Durant son épiscopat il avait ordonné 30 prêtres chinois.
    Le Coadjuteur qui devait succéder à Mgr Desflèches était Mgr Coupat, jusque là et depuis 15 ans missionnaire du Setchoan Occidental. Le nouveau Vicaire apostolique s'appliqua à développer les séminaires ; il rebâtit l'évêché et l'orphelinat de Chungking, mais peu après, en 1887, cet évêché, ainsi que de nombreuses chapelles et résidences dans les districts, étaient incendiés par les païens. L'évêque travailla à relever ces ruines, mais sa santé ne lui permit pas d'achever cette oeuvre de reconstruction ; au mois de janvier 1890, il rendait son âme à Dieu, âgé seulement de 48 ans.
    Le 27 décembre 1891, Mgr Biet conférait la consécration épiscopale à Mgr Chouvellon, qui inaugurait ce jour-là un épiscopat de 33 années, qu'il mit sous le patronage de saint Joseph. Le nouvel évêque commença par réparer les désastres accumulés par la persécution de 1886. Il reconstruit les séminaires, les églises, les écoles. Une persécution suscitée en 1898 arrêta quelque temps ses efforts ; mais, la tourmente passée, il se remet à l'oeuvre : il bâtit l'hôpital de Chungking, pour lequel il fait appel aux Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie ; puis le Collège Saint-Paul, qu'il confie aux Petits Frères de Marie ; il crée des hôpitaux gratuits ; il fonde le journal « La Vérité » ; il commence une oeuvre des vieillards et invite les Petites Surs des Pauvres à en prendre la direction ; enfin, et ce fut sa dernière oeuvre, il appelle des Carmélites pour fonder un monastère à Chungking. Pendant son épiscopat, il ordonna 75 prêtres chinois, il visita 5 ou 6 fois tous les districts de sa mission. Epuisé par tant de travaux, il mourut le 11 mai 1924. Sur son lit de mort il reçut, des mains de M. Robbe, Capitaine de Frégate et Inspecteur du Haut Yangtse, la Croix de la Légion d'Honneur, que lui avait décernée le gouvernement français. La République chinoise l'avait décoré de l'Ordre de l'Epi d'Or.
    Son successeur, Mgr Jantzen, continue avec succès depuis 11 ans l'oeuvre de Mgr Chouvellon, et le Vicariat de Chungking reste une des plus florissantes missions confiées à la Société des Mission Etrangères,
    En 1927, la partie nord-est de la Mission fut cédée, avec 23 prêtres chinois et 23.000 chrétiens, au clergé indigène pour former le Vicariat apostolique de Wanhsien.
    Setchoan Méridional (Suifu). Erigé en 1860 en mission indépendante, le Vicariat apostolique du Setchoan Méridional eut pour premier titulaire Mgr Pichon, depuis 15 ans missionnaire du Setchoan. Il fut sacré par Mgr Desflèches et fixa sa résidence à Suifu. Le pays était alors désolé par la guerre civile, à laquelle s'ajouta bientôt la famine, et l'évêque dut se faire mendiant pour distribuer des secours aux affamés. La mission complait environ 12.000 chrétiens, mais seulement 2 missionnaires européens et 8 prêtres indigènes. Le premier soin de l'évêque fut de fonder un séminaire, puis d'établir l'OEuvre de la Sainte Enfance. Il se rendit, en 1869, au Concile du Vatican, mais ne revit pas la Chine, car il mourut en France en mars 1871.
    Son successeur fut Mgr Lepley, qui se mit, aussitôt après son sacre, à visiter son vicariat. Grâce au calme, au moins relatif, qui régnait alors, il put développer les oeuvres, entreprendre l'évangélisation du Kientchang et augmenter de plusieurs milliers le nombre des chrétiens. A la suite de fatigues, sa santé fut ébranlée ; il alla chercher sa guérison au sanatorium de Hongkong, mais il y mourut le 24 septembre 1886.
    L'année suivante, Mgr Chatagnon inaugurait un épiscopat qui devait durer 33 ans et être marqué, comme généralement au Setchoan, par des alternatives de vexations et de succès apostoliques, de pillages et de réparations insuffisantes. Néanmoins les progrès de la religion furent consolants : Mgr Chatagnon, au début de son épiscopat avait trouvé dans sa Mission 25 missionnaires, 9 prêtres indigènes et 18.000 chrétiens ; à sa mort on en comptait respectivement 32, 25 et 39.000. En 1909, il avait obtenu comme Coadjuteur Mgr Fayolle, qui lui succéda en 1920.
    C'est durant l'épiscopat de Mgr Chatagnon que le Kientchang, partie sud du Setchoan Méridional, en fut détaché pour former une mission autonome, dont le premier Vicaire apostolique fut Mgr de Guébriant (1910) .
    Mgr Fayolle continua les oeuvres de ses prédécesseurs. En 1927, une partie de sa mission fut cédée au clergé indigène et forma la préfecture apostolique de Yachow, élevée peu après au rang de vicariat et dont le premier titulaire, Mgr Ly, sacré à Rome par S. S. Pie XI, le 11 juin 1933, devait mourir deux ans après, au grand dommage de sa jeune mission.
    Mgr Fayolle, mort le 19 octobre 1931, avait depuis 1924 un Coadjuteur, Mgr Renault, qui lui a succédé.
    La mission de Suifu comprend une partie de la région montagneuse habitée par les sauvages Lolos, jusqu'ici rebelles à l'évangélisation. Le P. Biron, qui, le premier, s'établit sur leur territoire, paya de sa vie sa généreuse tentative : il fut assassiné en 1935.
    Kientchang (Ningyuan-fu) Détachée du Setchoan Méridional en 1910, la Mission du Kientchang eut pour premier Vicaire apostolique Mgr de Guébriant, qui, comme missionnaire et provicaire, y avait déjà travaillé avec un zèle couronné de succès. La nouvelle Mission avait alors 8 missionnaires et 3 prêtres indigènes pour une population de 2 millions d'habitants, dont 4.000 chrétiens seulement. L'évêque sut exciter le zèle de ses prêtres et des catéchistes, développa les oeuvres existantes, fonda un séminaire, des écoles, bâtit un évêché. Le travail apostolique était en pleine activité lorsque soudain, en 1916, Mgr de Guébriant fut transféré à Canton.
    Il eut pour successeur son provicaire, Mgr Bourgain, qu'il sacra lui-même à Ningyuanfu le 10 novembre 1918. Mgr Bourgain, au Kientchang depuis 20 ans, y avait rendu déjà des services signalés. Devenu évêque, il continua, au milieu de multiples difficultés, les oeuvres créées ou développées par son prédécesseur. Malheureusement sa santé ne répondit pas à son activité : en 1925, il entreprit un voyage en France pour y chercher la guérison, mais il mourut à Yunnanfu, hors de sa mission, pour laquelle il avait inlassablement travaillé et souffert.

    Mgr Baudry, le 3e Vicaire apostolique du Kientchang, quil évangélise depuis 1913, s'applique avec succès à perpétuer les traditions de zèle et d'activité qu'il a héritées de ses prédécesseurs et la mission est en voie de progrès encourageants. Un prêtre originaire du Kientchang a été choisi, en 1935, pour devenir Préfet apostolique de la nouvelle mission de Chaotong au Yunnan.
    Thibet (Tatsienlu). Après quelques courtes périodes d'évangélisation aux XVIIe et XVIIIe siècles par les Jésuites et les Capucins, le Thibet resta sans missionnaires jusqu'en 1846. A cette époque il fut confié à la Société des Missions Etrangères et fut réuni à la Mission du Setchoan, alors gouvernée par Mgr Pérocheau. Celui-ci chargea le P. Renou d'essayer de pénétrer dans le royaume interdit. Le missionnaire traversa les principautés de Lithang et de Bathang et franchit la frontière du Thibet proprement dit, mais là il fut arrêté et reconduit à Canton. Il ne se découragea pas : par la voie du Yunnan, il rentrait au Thibet et, en 1854, s'établissait à Bonga, où il réussissait à convertir quelques païens.
    Dans le même temps, deux missionnaires, les PP. Krick et Bourry, tentaient de pénétrer au Thibet par le sud ; ils furent massacrés par les sauvages Michemis (1854).
    En 1857, un missionnaire du Setchoan, le P. Thomine Desmazures, ancien chanoine et vicaire général de Bayeux, fut nommé Vicaire apostolique du Thibet. Avec plusieurs missionnaires, il prit la route de Lhassa ; arrêté par la diplomatie chinoise, il se rendit à Pékin pour y plaider la cause de la liberté religieuse au Thibet, y fut payé de bonnes paroles, qui demeurèrent sans effet ; il ne put même retourner dans sa mission. Rentré en Europe, il porta l'affaire à Paris, puis à Rome, et, devant les difficultés de la situation donna sa démission. Il mourut en France en 1869.
    Pendant ce temps, les missionnaires fondaient quelques chrétientés, mais les épreuves suivirent de près ces premiers succès. En 1863, le P. Renou mourait ; l'année suivante, les chrétientés naissantes étaient détruites, les fidèles emprisonnés, les missionnaires chassés ; puis le P. Durand, attaqué par les agents des lamas, reçut deux coups de feu et se noya en essayant de traverser la Salouen pour échapper à ses agresseurs.
    Sur ces entrefaites, le Coadjuteur du Yunnan, Mgr Chauveau recueillait la succession de Mgr Thomines Desmazures. Voyant l'impossibilité de s'établir au Thibet, il se fixa à Tatsienlu, à proximité des Marches thibétaines, et de là traita avec les autorités chinoises les affaires de sa mission ; mais la cour de Pékin était malveillante, les mandarins locaux étaient hostiles En 1873, trois chrétientés étaient détruites par les païens. Cette fois cependant. Lévêque obtint la réparation des dommages et la réintégration des missionnaires dans leurs postes. Ce fut le dernier acte de son administration : il s'éteignait en 1877.
    Mgr Biet, qui lui succéda, reprit du côté de l'Inde les tentatives faites 20 ans auparavant. Le P. Desgodins put s'installer à Padang, non loin de Darjeeling, et ce fut le commencement de ce qui devait devenir la Préfecture apostolique du Sikkim dont nous aurons à parler ailleurs.
    Dans les Marches thibétaines, les troubles se succédaient presque sans interruption. Les lamas font massacrer le P. Brieux, piller les stations chrétiennes. Au milieu des négociations entreprises pour obtenir justice, l'évêque tomba gravement malade et dut rentrer en France, où il mourut en 1901.
    En 1897, le P. Girau-deau, missionnaire du Thibet depuis 1878, avait été nommé évêque de Tiniade et Coadjuteur du Vicaire apostolique malade : il lui succéda et il continue de gouverner avec prudence sa difficile Mission, dont l'histoire présente une série ininterrompue, d'un côté d'efforts persévérants et en apparence infructueux, de l'autre, de persécutions ou au moins de tracasseries incessantes. L'année 1905 vit le massacre de 4 missionnaires : les PP. Mussot, Soulié, Bourdonnec et Dubernard ; en 1914, c'est le P. Mombeig qui est victime de la haine des païens. Et, malgré ces épreuves, l'oeuvre d'apostolat se poursuit inlassablement, entravée, ces dernières années, par les incursions des bandes bolcheviques, dont le passage est marqué par les pillages, les incendies, les meurtres.
    La Mission de Tatsienlu compte actuellement 5.000 chrétiens. Les Franciscaines Missionnaires de Marie y ont deux établissements, dont la léproserie de Mosimien, où elles sont aidées par quelques Franciscains.
    Depuis 1926, Mgr Giraudeau a pour Coadjuteur Mgr Valentin.
    En terminant ce trop rapide résumé de l'histoire religieuse du Setchoan, il y a lieu de remarquer que, sur les 8 circonscriptions ecclésiastiques qui se partagent la province, les trois vicariats cédés par la Société des Missions Etrangères au clergé chinois représentent ensemble 75 prêtres indigènes et 50.000 chrétiens. Dans les 5 autres vicariats restés à la charge de la Société, on trouve 115 missionnaires, 142 prêtres chinois et 125.000 chrétiens. Durant le seul exercice 1934-35, y ont été administrés 7.750 baptêmes d'adultes, 4.860 baptêmes d'enfants de chrétiens et 27.000 d'enfants de païens en danger de mort.
    Si l'on veut bien tenir compte des difficultés : persécutions, troubles, pillages, incendies, meurtres, etc., qu'ont eu à subir les Missions catholiques pendant les deux derniers siècles, on devra reconnaître que ces chiffres, à premier vue inadéquats, sont un indéniable témoignage du zèle persévérant des apôtres de l'Evangile.

    1936/195-206
    195-206
    Chine
    1936
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