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La société des Missions Étrangères

La Société des Missions Étrangères
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    La Société des Missions Étrangères



    Les Annales des Missions Étrangères nous paraissent devoir consacrer quelques lignes de leur premier fascicule à la Société dont, elles sont l'organe. Nous n'avons pas le droit de la louer, nos sentiments de filial amour doivent demeurer en l'intime de notre aime ; nous ne répéterons pas même les éloges que des étrangers ont bien voulu en faire ; nous nous contenterons de, jeter un coup dil sur son passé et sur son présent ; plus tard, dans les différents numéros de nos Annales, nous étudierons en quelques pages son séminaire et les groupes de missions qu'elle dirige en Extrême-Orient, depuis l'Inde jusqu'au Thibet.

    ***

    Les principaux fondateurs de la Société furent Mgr Pallu et Mgr de la Motte Lambert; tous les deux avaient été nominés évêques par le Souverain Pontife Alexandre VII en 1658, atin d'aller en IndoChine et en Chine instituer des. Églises sur le modèle des Églises d'Occident et former un clergé indigène dont on attendait les plus précieux services.

    JANVIER FÉVLLIER 1898. N° 1

    Mais partir, sans laisser derrière eux des hommes qui leur fussent attachés, qui eussent pris leur oeuvre à cur, ne se pouvait faire: il fallait assurer l'avenir, et c'est ce que fit Mgr Pallu en cherchant et en trouvant des prêtres et des laïques qui voulussent bien être ses procureurs, recruter des missionnaires, diriger le séminaire dont il avait commencé l'établissement et lui envoyer des ressources. Ainsi unis clans la même pensée, ces hommes de Dieu travaillèrent pour sa gloire, les uns en France et les autres clans les missions, jetèrent peu à peu les bases du règlement que l'avenir devait perfectionner et furent le noyau de notre chère Société, dont le but général et exclusif était et est encore : l'apostolat dans les missions ; le but particulier nettement défini : la formation du clergé indigène.

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    Son organisation mérite une mention spéciale :

    La Société des Missions Étrangères n'est pas un Ordre religieux, elle est une Société de prêtres séculiers, reliés entre eux comme les membres d'un même Corps, non par des vux, mais seulement par un Règlement général approuvé du Saint-Siège, par la communauté de but et par le Séminaire des Missions-Étrangères, centre de la Société et fondement commun qui en soutient les diverses parties. Elle ne reçoit que des Français et ceux dont la langue maternelle est le français. En entrant dans la Société, les prêtres font la promesse de se dévouer jusqu'à la mort au service des missions; de son côté, la Société leur assure en retour, avec des moyens de sanctification et de persévérance, tous les secours et l'assistance nécessaires sous le rapport temporel.

    Elle n'a pas de Supérieur général; les évêques, vicaires apostoliques, les supérieurs des missions, et le conseil des Directeurs du Séminaire sont les Supérieurs de la Société.

    Les Directeurs du Séminaire sont choisis parmi les missionnaires, et chaque groupe de missions est représenté par l'un d'entre eux. Les évêques, vicaires apostoliques, sont nominés par le Souverain Pontife, après le vote des missionnaires et sur la présentation des Directeurs du Séminaire : dans leurs missions, ils ne relèvent que de la Propagande.

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    Les débuts de la Société en IndoChine et en Chine furent marqués par quelques persécutions, par le baptême de plus de quarante mille infidèles, la fondation d'un séminaire général, l'ordination de trente prêtres indigènes, la création d'un institut de religieuses, les Amantes de la Croix. Deux missionnaires, MM. Genoud e t Jouet, furent massacrés au Pégou, pendant que Mgr Laneau. Mgr. de Lyonne et les missionnaires de Siam aidaient les ambassadeurs de Louis XIV à nouer avec la cour de Juthia des relations durables, utiles à notre influence politique et à notre commerce.

    Plus tard, clans le courant chi dix-huitième siècle, quand la foi s'affaiblira dans le cur des chrétiens, que le recrutement deviendra de plus en plus difficile, la Société verra diminuer le nombre de ses membres : elle ne craindra pas cependant d'envoyer ses prêtres sur des (erres encore entièrement infidèles, et cieux de ses entant mourront martyrs à Socotora ; elle acceptera de succéder dans une partie des missions de l'Inde aux religieux de la Compagnie de Jésus; et en même temps elle appellera par la voix d'un de ses évêques, Mgr Pigneaux de Bell aine, l'attention de la France sur l'Indo Chine orientale, où flot te aujourd'hui notre drapeau, et où Mgr Puginier et tant de nos missionnaires ont rendu à nos soldats et à nos officiers des services signalés.

    Viennent la révolution franc aise et les affreux malheurs qui l'accompagnent, et la Société sera alors visiblement récompensée des efforts qu'elle aura faits pour la création d'un clergé indigène, puisque en l'absence de missionnaires européens, elle aura la joie de les voir suffire presque à eux seuls aux besoins des chrétiens en Cochinchine, à Siam, en Chine.

    Enfin lorsque notre siècle donne, en 1822, naissance à l'OEuvre de la Propagation de la Foi: en 1847, à l'OEuvre de la Sainte-Enfance, lorsque la vapeur supprime les distances et que les martyrs tombent plus nombreux sous le sabre des bourreaux, au Tonkin, en Cochinchine, au Su-tchuen, le recrutement de la Société des Missions-Étrangères devient plus facile et plus rapide.

    De 1658 à 1822, c'est-à-dire en 164 ans, la Société n'avait envoyé en Extrême-Orient que 215 missionnaires; de 1822 à 1898, elle en a envoyé 2,050, par conséquent 2,265 depuis sa fondation. Sur ce nombre, 17 condamnés à mort en haine de la foi ont été déclarés Vénérables par décrets de Grégoire XVI, de Pie IX et de Léon XIII ; 9 ont été également condamnés à mort et exécutés ; 53 sans avoir été condamnés par sentence juridique, ont été massacrés en haine de la foi catholique ; et 31 autres ont été enfermés dans des prisons siamoises, annamites et chinoises; ce ne sont pas eux qui ont manqué au martyre, mais le martyre qui leur a manqué ; en tout 110 ont souffert pour le nom de Jésus-Christ.

    Dans la statistique comparée que nous allons donner de l'état de la Société et de ses missions en 1822, en 1866 et en 1897, nous verrons la succession des progrès accomplis.

    En 1822, la Société était chargée de : 5 missions dans lesquelles on comptait 6 évêques, 27 missionnaires, 135 prêtres indigènes, 9 séminaires avec 250 élèves, et 300,000 chrétiens. Chaque année, le nombre total des baptêmes d'adultes s'élevait en moyenne de 3,000 à 3,500, celui des enfants de païens à l'article de la mort à plus de 100, 000.

    En 1860, la Société avait : 22 missions, 21 évêques, 230 missionnaires, 300 prêtres indigènes, 11 séminaires avec 400 élèves, et 550,000 chrétiens. Chaque année, les missionnaires baptisaient, en moyenne, 7 à 8,000 païens adultes et 140,000 enfants païens.

    En 1897, la Société possède 28 missions, dirigées par 31 évêques, 1,053 missionnaires, 542 prêtres indigènes, et comptant 83 séminaires avec I, 915 élèves, 2,485 écoles et 76,318 élèves, 1,124,862 chrétiens. Le nombre des conversions s'est élevé l'année dernière à 38,882, les baptêmes d'enfants de païens à 172,716 ; et par les premiers rapports récemment arrivés des missions, nous avons l'espoir fondé que cette année les chiffres anciens, déjà bien consolants, seront dépassés.

    Les 28 missions confiées à la Société sont situées dans l'Inde, l'Indo Chine, la Chine, le Thibet, la Corée et le Japon, c'est-à-dire dans cet Extrême-Orient dont une partie appartient à la France et à l'Angleterre et dont l'autre partie semble aujourd'hui devoir bientôt être le théâtre de graves événements politiques.
    1898/13-18
    13-18
    Chine
    1898
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