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La saint Jean-Baptiste a la rue du bac 2 juin 1930

La saint Jean-Baptiste a la rue du bac 2 juin 1930 MONSEIGNEUR, Il semble que c'était hier, tellement vite passe le temps, que nous vous présentions nos derniers voeux de fête. Cette impression de la rapidité des jours pourrait peut-être laisser tomber sur nos esprits un léger voile de tristesse, pourtant rapidement écarté, à cette heure, par la joie de vous répéter ce que déjà vous connaissez : notre attachement filial, et notre respectueuse affection.
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    La saint Jean-Baptiste a la rue du bac 2 juin 1930

    MONSEIGNEUR,

    Il semble que c'était hier, tellement vite passe le temps, que nous vous présentions nos derniers voeux de fête. Cette impression de la rapidité des jours pourrait peut-être laisser tomber sur nos esprits un léger voile de tristesse, pourtant rapidement écarté, à cette heure, par la joie de vous répéter ce que déjà vous connaissez : notre attachement filial, et notre respectueuse affection.
    Aujourd'hui les voeux que nous vous offrons s'accompagnent d'une émotion toute particulière, du fait que nous nous trouvons à la veille d'un événement important : l'Assemblée générale. Cette émotion est toute naturelle. Peut-on vraiment se défendre d'une certaine tristesse à la pensée d'une dispersion possible ? Nous ignorons ce que Dieu prépare ; ce qu'il prépare nous le voulons avec sincérité, encore que nos voeux secrets puissent être réalisés, et les vôtres... contrariés. Nous ignorons ce dont demain sera fait et et c'est cet inconnu qui nous impressionne.
    Si l'avenir est à Dieu, le passé est un peu à nous et nous pouvons en parler sans être accusés de présomption ; il nous enseigne de précieuses leçons. Vous n'avez pas été, Monseigneur, la voix prêchant dans le désert. Cette voix si discrète, cependant si prenante, et qui se nomme l'exemple, nous l'avons écoutée et elle a eu sur nous des effets que vous ne sauriez mesurer. Vous avez été pour nous le modèle achevé du missionnaire, c'est-à-dire du prêtre nourri de l'amour de Dieu et désireux d'étendre son règne parmi les peuples et plus spécialement parmi les païens.
    Cet idéal qui fut le vôtre, vous l'avez jalousement cultivé, et pour l'étendre vous avez tout sacrifié : repos, goûts personnels, santé, etc... Vous nous avez ainsi fait comprendre qu'il nous fallait être des prêtres vivant tellement de la foi qu'ils en viennent à juger de toutes choses en fonction d'elle écartant de leur esprit tout ce qui en diminuerait l'importance et cette souplesse qui rend l'homme serf de la volonté divine.

    Nous attendons de la Providence le développement de notre chère Société. Tous nous savons que vous l'avez préparé par ce don total de vous-même à cette grande et noble cause. Sans doute le poids des ans et les fatigues vous ont rendu plus lourd le fardeau de votre supériorat, mais l'âme bretonne a des énergies insoupçonnées. Vous êtes encore à l'âge où l'Eglise se plaît à choisir des Papes et il est moins difficile de gouverner une Société que de gouverner l'Eglise.
    Combien nous nous réjouissons qu'au berceau même de la Société des Missions Etrangères, la grande impulsion que doit être l'assemblée de 1930 se fasse sous vos auspices, à la lumière de votre longue expérience et du sens que vous avez si juste de ce qui lui convient à l'heure présente.
    Nous avons la persuasion que, par dessus les siècles, les grandes âmes des PALLU, des DE LAMOTHE, des PIGNEAU DE BÉHAINE et des
    PUGINIER vont rejoindre le vôtre pour compléter l'oeuvre de près de 3 siècles d'apostolat que cette Société a inscrite à son bilan.
    Quoi que vous pensiez de vous-même et vos pensées ne nous sont pas entièrement inconnues il est un fait : c'est que Dieu vous a choisi pour être notre guide à cette heure grave et ce fait domine toutes nos pensées.
    Nous saluons en vous ce précurseur d'un avenir d'expansion apostolique que vous avez préparé pendant le cours de ces 10 dernières années par une activité pieuse, constante et une inlassable charité. Le zèle que vous avez apporté à renforcer nos rangs éclaircis par les événements politiques et la Grande Guerre a déjà produit d'heureux résultats et nous ne doutons pas que l'Assemblée, s'occupant de la question du recrutement, n'intensifie cette oeuvre qui est pour nous si vitale.
    Bonne et sainte fête, Monseigneur, et daignez recevoir avec l'expression de notre reconnaissance, l'assurance de notre entier dévouement.

    1930/186-187
    186-187
    France
    1930
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