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La révolte de Lin-Ngan de mai à août 1903

YUN-NAN La révolte de Lin-Ngan de mai à août 1903 PAR M. LIÉTARD Missionnaire apostolique. J'ai lu plusieurs articles parus dans les journaux de France et du Tonkin touchant la révolte de Lin-ngan. Les uns ont dit la révolte presque anti-européenne ; c'est la minorité. La chose, ainsi crûment présentée, était fausse.
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    YUN-NAN

    La révolte de Lin-Ngan

    de mai à août 1903

    PAR M. LIÉTARD
    Missionnaire apostolique.

    J'ai lu plusieurs articles parus dans les journaux de France et du Tonkin touchant la révolte de Lin-ngan.
    Les uns ont dit la révolte presque anti-européenne ; c'est la minorité. La chose, ainsi crûment présentée, était fausse.
    Les autres l'ont dite simplement anti-mandarinale ; ce qui était vrai, ainsi que vous avez pu le constater par ma lettre au Père Chirou, en août dernier. Ces derniers cependant ont eu le tort, à mon avis, de trouver que les Européens n'avaient couru aucun danger sérieux.
    Quoiqu'à présent tout soit rentré dans le calme, je crois bon de revenir sur les événements. C'est de l'histoire ancienne, c'est vrai ; mais l'histoire n'est-elle pas toujours ancienne, peu ou beaucoup.
    Vous savez sans doute que la dynastie des Tsin, actuellement régnante sur la Chine, s'empara du trône en 1643. Vous savez aussi que le dernier Empereur de la dynastie des Ming, Tchong-tchen, se pendit en 1642, pendant la révolte de Li-kong ou Li-tse-tchang, un voleur de grand chemin qui rêvait de faire la conquête de la Chine septentrionale. Avant de se donner la mort, le pauvre Empereur voulut tuer sa fille ; il la frappa d'un coup de sabre qui lui coupa seulement la main droite.
    Li-kong monta sur le trône, et le lendemain il fit mettre en pièces le cadavre de Tchong-tchen et tuer deux de ses fils ; l'aîné seul fut sauvé. On vit errer longtemps, dans les montagnes du Chan-tong, un vénérable vieillard échappé au carnage et toujours dévoué aux Ming vaincus ; il servait de mentor à un jeune homme dont les manières distinguées trahissaient l'illustre origine ; près de lui une jeune fille, sa soeur bien-aimée..., elle n'avait plus qu'une main !
    Ces Ming, dit-on, ont encore leurs rejetons au Kouang-si, qui a toujours été un foyer de révoltes, de pirateries, etc. En 1901, après la signature de la paix, à Pékin, ce foyer ne fit que se rallumer et s'activer ; les événements sont là, preuve convaincante ! C'est surtout la société des « Tai-ping » ou « Tchang-mao » ou « San-tien-houi, Trois Points », qui est à la tête de ce mouvement antidynastique.
    Depuis 1902, ces rebelles s'étaient répandus au Yun-nan, principalement sur les frontières, le long du fleuve Rouge.
    Ils avaient trouvé de nombreuses recrues : des villages entiers s'étaient enrôlés sous leur bannière, d'autant plus volontiers qu'on notait sur des listes spéciales le nom des récalcitrants qui, à la première action, devaient payer de leur tête leur dévouement à l'Empereur Kouang-su.
    Plus avant, dans l'intérieur, à Mong-tse, Lin-ngan, Tong-hai, Yun-nan-sen, d'une part ; à Mi-lé, Kouang-si-tcheou, Kouang-nan, Kiou-pé, d'autre part, on n'avait pas osé travailler le peuple aussi ouvertement, mais on s'était acquis la participation des grands chefs francs-maçons et autres, lesquels, au jour fixé, devaient entraîner leurs affiliés et les paysans.
    Dès le mois de janvier 1903, le Consul général était averti que la révolte devait éclater au mois d'octobre suivant, et il agissait en conséquence auprès des mandarins.
    Au commencement de l'année chinoise, le Tao-tai de Mong-tse ordonnait donc au sous-préfet de Kai-hoa, connu par sa grande énergie, de faire la chasse aux « San-tien-houi » du côté du fleuve Rouge.
    Avec son habileté habituelle, le Kai-hoa-hien délogea les meneurs et fit couper nombre de têtes. Un jour à Man-hao, on pouvait en voir seize alignées sur la rive gauche du fleuve.
    Bon nombre de listes dont j'ai parlé plus haut arrivèrent aux mains du mandarin, qui put ainsi frapper juste et ferme. C'est ainsi que fut pris le fils d'un riche commerçant de Man-hao, bien connu dans le pays de Mong-tse. Moyennant la forte somme, son père avait d'abord réussi à lui sauver la vie ; mais bientôt l'ordre arriva de Yun-nan sen d'être sans pitié. On reprit le cher enfant ; le père en fut pour son argent.
    Dans cette révolte, il n'était pas question de toucher aux Européens, car les promoteurs ne voulaient pas se mettre leurs gouvernements à dos. Tel était le mot d'ordre des grands chefs.
    Il n'en est pas moins vrai cependant que dans certains endroits, le peuple, une fois lancé, n'aurait eu en vue que le pillage et, en Chine, les Européens passent pour être riches. De plus, certains individus influents, à qui il importe peu d'être gouvernés par un Tartare ou par un Chinois, mais qui ne s'étaient affiliés aux « San-tien-houi » que pour se faire un nom et pêcher en eau trouble, auraient avant tout assouvi leur haine anti-étrangère.
    C'est ainsi que pendant que se déroulaient les événements ci-dessus mentionnés, un Chinois influent du pays de Mi-lé, chef de la garde nationale, bien connu des mandarins du pays qui l'ont toujours craint et qui toujours plient devant ses volontés, réunissait un beau jour tous les villages dépendant de sa juridiction, à Ché-mo, marché situé non loin de l'endroit où doit passer la voie ferrée. La raison officielle de cette réunion était d'inviter les villages à s'unir et à se défendre en cas d'alerte ! Quelle alerte ? Personne n'en savait rien.
    La raison officieuse, connue seulement des hauts huppés, était de se défaire des Européens. Cet individu était un ami du Tcheou-ta-ma-tse.
    Le consul prévenu sans retard fit agir les mandarins.
    Et maintenant, venons-en à « Tcheou-ta-ma-tse » c'est-à-dire Tcheou le grand grêlé!
    C'était tout simplement un brave chinois des environs de Ko-Kieou, pays situé à une otite journée de Mong-tse, surtout connu par ses mines importantes, non moins que par ses mineurs, gens turbulents au possible et donnant bien souvent du fil à retordre aux mandarins.
    Qu'on se rappelle l'équipée de ces braves sur la douane de Mong-tse en 1899 !
    Le « Grêlé » était un fervent des « San-tien-houi », il avait sous lui, comme grand chef, environ deux cents « Hiong-ti, frères affiliés ».
    Il ne fit cependant guère parler de lui avant le mois de septembre de Fan dernier ; et voici comment : On avait fait venir de Tchao-tong à Ko-kieou une dizaine de femmes. Tcheou ne connut leur arrivée que forte tard dans la nuit. En galant homme, il voulut vite voir ces beautés et, pour ce, faire ouvrir la « Tchà-tsè-mên » barrière fermant la nuit l'extrémité d'une rue. Les gardiens refusant de laisser passer, même un grand homme comme le « Grêlé », il s'ensuivit lutte, coups, etc. Les conséquences de cet incident furent plus grandes que ne le prévoyait Tcheou, car quelques jours plus tard arrivait l'ordre de le saisir. Il prit la tangente et évita ainsi les fers. N'empêche, il n'était pas content ! « Comment, disait-il, pour une si petite affaire, le Tao-tai daigne s'occuper de moi ? Prenez patience ; je rendrai à ces mandarins la monnaie de leur pièce ! » Et Tcheou, quoique à demi caché, se remuait ferme.
    Au mois de février, on prenait enfin et on tuait à Mong-tse même le chef de la bande des meneurs qui, en 1899, avait brûlé la douane impériale et pillé le consulat. Ce chef était un ami de Tcheou. Sa mort violente ne fit qu'exciter celui-ci et ses subalternes. Cependant, extérieurement, ses menées n'avaient pas trop d'éclat encore.
    Enfin, au mois de mai, qu'y eut-il au juste ? On ne le sut jamais exactement.
    Ou bien les mandarins voulurent d'un grand coup étouffer la révolte qui devait éclater au mois d'octobre suivant, ou simplement se débarrasser d'un individu dangereux, toujours est-il que sans grande raison extérieurement sérieuse, le Tao-tai de Mong-tse envoya de nouveau saisir le « Grêlé ». Celui-ci tua simplement les satellites et se révolta nettement !
    Le sous-préfet de Mong-tse, avec une partie de la garde nationale, immédiatement levée à cet effet, fila sur Ko-kieou, en passant par Tsin-ngan-so, afin de s'adjoindre Mac (ancien pirate nommé mandarin militaire depuis 1897 à l'effet de lui enlever ses goûts de piraterie) et ses soldats, anciens pirates comme lui.
    Arrivé le premier près de Ko-kieou, le sous-préfet n'eut que le temps de s'enfermer dans une pagode, dont les hommes du « Grêlé » vinrent immédiatement faire le siège. Les gardes nationaux, pas plus fiers que leur chef, commencèrent par se sauver ; mais sur cent qui sortirent, quatre-vingt-dix furent tués par des balles ennemies!
    Petit à petit, les révoltés forcèrent les portes de la pagode. Ils avaient ordre d'amener le mandarin devant leur maître sans le tuer.
    L'un d'eux réussit en effet à s'en saisir, mais il fut tué d'un coup de revolver par Mac qui arriva juste à point.
    Ce fut alors un corps à corps épouvantable, cependant que le sous-préfet jouant des coudes, se réfugiait, dans un état lamentable, au prétoire du délégué des mines, situé un peu en dehors du marché.
    Le même soir, on incendiait le marché et l'on pillait en grand. Le sous-préfet, se voyant de nouveau menacé, faisait une trouée dans un mur d'arrière du prétoire et, tout déguenillé, se réfugiait à Ki kai, à la faveur des ténèbres, chez le petit mandarin de l'endroit. Après deux jours de déboires, il regagnait Mong-tse.
    Pour toute récompense, il fut dégradé ! C'est toujours ainsi que finissent, en Chine, les braves qui ont le malheur de ne pas réussir. Heureux encore quand ils gardent la tête sur les épaules ! Et cependant le vice-roi lui devait une belle chandelle à ce brave sous-préfet ; car si le premier il n'était allé mettre le pied clans ce guêpier, les affaires n'eussent probablement pas été si faciles à arranger cinq mois plus tard.
    Quant à Tcheou, il était le plus fort ; tout le monde épousait sa cause. Aux yeux du peuple c'était un dieu ! Déjà la Chine était à lui !
    Après l'incident de la pagode, quelques fuyards vinrent à Mongtse narrer l'épopée du sous-préfet au Tao-tai, qui, dit-on en devint presque fou. La chose est fort croyable ; le brave homme en effet n'avait pas un soldat sous la main. Ce n'est que petit à petit que trois cents hommes lui furent envoyés. Aussi fut-il heureux de mettre toute sa confiance dans les Européens à qui il fit distribuer les quelques bons fusils qu'il possédait.
    Il n'était que temps. Dès le lendemain de l'incendie de Ko-kieou on apprenait à Mong-tse que le « Grêlé » désirant aussitôt s'emparer de la ville avait donné l'ordre à un richard de la plaine de faire cuire une grande quantité de riz pour ses soldats.
    Mong-tse, malgré cette alerte, ne fut jamais attaqué. Dans la bande du « Grêlé » il s'était en effet formé deux camps : les uns voulaient marcher sur Mong-tse, les autres sur Lin-ngan. Le conseil de ces derniers l'emporta.
    On se dirigea donc de suite sur Lin-ngan, dont les notables ouvrirent les portes presque toutes grandes.
    Tcheou s'installa en ville. Fier de sa victoire, il força le préfet enchaîné à lui servir de domestique, coupa quelques têtes ennemies pour affermir sa conquête, et passa le reste du temps à bien manger, bien boire et bien s'amuser. Chaque jour il y avait grande représentation chez lui.
    Pauvre Grêlé ! Malgré toute sa bravoure et tout son courage, il ne fut jamais ni politique, ni soldat. Il eut un instant bien des atouts dans son jeu ; mais, hélas ! Jamais il ne sut en profiter ! Soyez plutôt maçon; si c'est votre métier !
    L'incendie de Ko-kieou et la prise de Lin-ngan furent vite connus dans toute la région comprise entre Mong-tse et Yun-nan sen.
    Partout ce fut une terreur épouvantable et un affolement général, même parmi les mandarins. Cet affolement se conçoit d'autant mieux chez ceux-ci, qu'ils n'avaient guère de vrais soldats à opposer à l'ennemi. Vite on lève la garde nationale ; on arme celui-ci d'un fusil à mèche, celui-là d'un fusil à capsules, un autre d'un trident, un autre d'un petit sabre, et sus à l'ennemi ! Ennemi comprenant 800 hommes bien armés.
    Ces braves gardes nationaux furent battus, en ce sens que jamais ils n'osèrent se mesurer avec l'ennemi, qui put ainsi prendre Mien-tien, Sin-fang et Kouan-y. Quand je dis : prendre, je joue à l'euphémisme, car dans ces cas-là, tous les habitants d'un village préfèrent se soumettre au plus fort et payer quelque rançon plutôt que de vendre chèrement leur vie pour la patrie. Ce genre de patriotisme est encore inconnu des Chinois.
    Quant aux soldats de la garde nationale, en guerre ils ressemblent beaucoup aux chiens de mon pays. Voyez en effet deux chiens qui se poursuivent ! L'un court furieusement après l'autre qui se sauve à toutes jambes ; mais que celui-ci se retourne, son adversaire qui courait si fort tout à l'heure, s'arrête net ; et si au lieu de se retourner simplement, il ose faire quelques pas en arrière, c'est alors le premier qui se hâte de faire volte-face et de déguerpir.
    L'intention de Tcheou était de marcher sur la capitale. Il en écrivit à un de ses compères de l'endroit, lui ordonnant de se tenir prêt avec ses affiliés pour tel jour. Malheureusement, dans le corps de bâtiment occupé par ce compère, nommé Hu, je crois, se trouvait aussi un autre Chinois du même nom, et c'est précisément à ce dernier que la fameuse lettre de Tcheou fut remise. Le dit Hu en ayant pris connaissance et sûr de recevoir une exceptionnelle récompense, s'empressa de remettre la missive au Vice-Roi. Dès le lendemain l'ami malheureux du « Grêlé » était pris et décapité en pleine ville.
    Les grands mandarins, tout de même, étaient de moins en moins fiers. Ils mirent alors leur confiance dans notre consul général à qui ils firent remettre d'excellents fusils, le suppliant de défendre la capitale, en cas d'attaque, avec ses 80 compatriotes qu'il avait sagement appelés à Yun-nan sen dès le commencement de la révolte, plutôt que de les laisser disséminés sur la voie ferrée.
    Les excellents fusils ne devaient cependant pas être en grand nombre dans toute la province du Yun-nan. Car je connais un préfet qui s'adressa à un missionnaire le priant de défendre la ville avec ses chrétiens en cas de besoin. Le Père répondit affirmativement, à condition toutefois qu'on lui fournit des armes. Le mandarin s'adressa en haut lieu : on lui envoya vingt fusils à mèche !!!
    Tandis que les timides se cachaient ou du moins mettaient leur argent et leurs femmes en lieu sûr, les francs-maçons des petites villes et des campagnes, toujours prêts à pêcher en eau trouble, se remuaient à qui mieux.
    Il y eut, pendant quinze jours, des réunions sans nombre dans les pagodes, et ce dernier mouvement alors était bien anti-européen. Les lettrés, du reste, avaient répandu dans le peuple suffisamment d'insanités sur le chemin de fer, pour que tout le monde se lançât dans la mêlée ! Les mandarins qui, en d'autres temps, eussent peut-être été fort heureux de la chose, sentaient maintenant le terrain leur glisser de plus en plus sous les pieds.
    Il fallait à tout prix se débarrasser des grands chefs francs-maçons. Les tuer sur place n'était pas chose pratique, pour plusieurs raisons ; on eut recours à un procédé génial, comme seuls les Chinois peuvent en trouver.
    On proposa officiellement à tous ces grands gueux un globule assez élevé avec un commandement dans l'armée qu'on envoyait sur Lin-ngan ! La proposition fut par tous acceptée.
    Les dits chefs francs-maçons se rendirent à la capitale, avec les volontaires que chacun avait engagés dans son pays. Ils y allèrent sans défiance ; mais quand ils furent arrivés là-bas, on coupa la tète aux plus enragés et on enferma les autres jusqu'à la fin des événements !
    Dans toute la province, pour le moindre faux bruit, on coupa têtes sur têtes ; c'est ainsi qu'au bout d'un grand mois, les mandarins plus rassurés, purent lancer 20.000 hommes sur les 800 soldats du Grêlé. Celui-ci avait eu le tort de vouloir faire les choses trop grandiose ment. De Lin-ngan à Sin-fang à et Kouan-y, on compte trois jours de marche. Huit cents hommes, répartis sur pareille étendue, devaient sinon périr, du moins céder à l'ennemi le terrain conquis. C'est ce qui arriva.
    De plus, les villages qui s'étaient soumis aux révoltés par crainte, se soumirent de même à l'armée régulière, qui en volant, pillant, finit par arriver sans grand coup férir, dans la plaine de Lin-ngan.
    Pendant ce temps, les notables de Lin-gan allaient à Yun-nan sen demander la grâce du Grêlé, promettant de payer les frais de la révolte. Au lieu de les entendre, le Vice-Roi les fit mettre en prison.
    Tcheou toujours enfermé dans Lin-ngan, soutenait bravement le siège. A la fin cependant les courages s'amoindrissaient ; les murmures se faisaient entendre ; les amis même perdaient de leur bravoure ! Il fallait tirer un plan pour sortir de cette position qui de jour en jour devenait plus critique.
    Le révolté s'adressa au vice-consul de Mong-tse, le suppliant de s'entremettre auprès du Tao-tai en vue de finir l'affaire à l'amiable.
    Le consul lui répondit de se rendre au consulat avec armes et soldats, et qu'alors on répondait de sa vie.
    Mais avant que cette réponse lui fut parvenue, le Grêlé se laissait prendre aux fausses promesses du général en chef.
    Celui-ci, en effet, lui avait offert, comme prix de sa soumission, un beau globule et un commandement pour conduire 500 soldats contre les pirates au Kouang-si.
    Il devait se mettre en route immédiatement ; à cet effet le général lui envoyait une belle chaise de commandant.
    L'homme accepta tout. Mais à quelques ly de la ville, des soldats postés en embuscade se ruaient sur la chaise et ligotaient Tcheou-tama-tse qui fut écorché vif et à qui on trancha ensuite la tête : Sic transit gloria mundi !
    Sa tête fut portée à Yun-nan sen. Un délégué vint de Pékin pour en faire la reconnaissance.
    Et en quelques jours, tout rentra dans le calme, jusqu'à la prochaine occasion !

    1904/162-169
    162-169
    Chine
    1904
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