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La résidence de Gan-Chouen

KOUY-TCHEOU La résidence de Gan-Chouen LETTRE DE M. FAGUET Missionnaire Apostolique. Gan chouen est en importance politique la seconde ville de la province du Kouy-tcheou ; elle est située au milieu d'une plaine fertile, sur la grande route de Kouy-yang à Yun-nan sen ; elle renferme environ 50.000 habitants ; elle est la résidence d'un préfet de première classe et d'un général, chef de la division militaire.
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    KOUY-TCHEOU

    La résidence de Gan-Chouen

    LETTRE DE M. FAGUET
    Missionnaire Apostolique.

    Gan chouen est en importance politique la seconde ville de la province du Kouy-tcheou ; elle est située au milieu d'une plaine fertile, sur la grande route de Kouy-yang à Yun-nan sen ; elle renferme environ 50.000 habitants ; elle est la résidence d'un préfet de première classe et d'un général, chef de la division militaire.
    En 1865, le vice-roi du Yun-nan et du Kouy-tcheou, Lao, qui toujours avait témoigné aux catholiques une véritable amitié passait à Gan-chouen. Sur la demande que lui avait adressée, Mgr Faurie. Vicaire apostolique du Kouy-tcheou, il fit don à la mission du prétoire des anciens tao-tai1. Par suite d'une querelle entre le général et le tao-tai, ce dernier fut placé ailleurs et sa demeure ne servit plus, et d'ailleurs fort rarement, que de demeure aux vice-rois de passage dans la ville. L'année suivante, en 1866, le P. Lamy, jeune missionnaire, fut chargé du poste de Gan chouen, il y a de cela plus de 40 ans, et le P. Lamy est toujours à Gan chouen. Il prit possession de l'ancien prétoire, le transforma en presbytère, église, orphelinat, couvent, école. Peu à peu cette transformation se précisa, s'augmenta pour arriver à la quasi perfection à laquelle elle est aujourdhui.
    Je vous envoie la description et le plan des bâtiments dans leur état actuel2. Ils vous feront connaître la résidence de Gan-chouen et aussi dans ses grandes lignes l'organisation des plus importantes résidences des autres missionnaires.

    1° La pharmacie ;
    2° L'orphelinat des garçons et leurs dépendances ;
    3° L'orphelinat des tilles et leurs dépendances ;
    4° L'église ;
    5° L'habitation des missionnaires et ses dépendances.

    1. Commandant de cercle, ayant juridiction sur plusieurs préfectures.
    2. Nous y avons joint l'ancien plan des bâtiments, tels qu'ils étaient en 1869.

    JANVIER FÉVRIER 1908, N° 61.

    1° Pharmacie.
    A l'entrée se trouve une maison divisée en trois parties.
    Au milieu le passage pour aller à l'église, à l'école et chez le missionnaire. Seuls les hommes peuvent pénétrer par là.
    A gauche deux chambres. L'une est la pharmacie de la Sainte En fance, où l'on distribue gratuitement les remèdes chinois pour les petits païens malades et où l'on baptise ceux qui sont mourants. L'autre chambre pour le portier.
    A droite deux chambres. Elles sont habitées par le procureur. Ce procureur est l'homme d'affaires du missionnaire. Il fait les commissions, les achats pour les orphelinats, surveille la rentrée de la récolte, les ouvriers qui travaillent à l'intérieur, vend les livres de doctrine, etc.

    2° Orphelinat des garçons et ses dépendances.
    On entre dans une grande cour par un pavillon ouvert de tous côtés. Au fond on aperçoit l'église, à droite et à gauche les bâtiments de l'orphelinat des garçons.
    Sous le pavillon qui sert de préau peuvent jouer les enfants aux jours de pluie. C'est aussi comme une petite place publique devant l'église, où les chrétiens avant et après les offices s'attardent à causer, où le procureur fait ses achats, où les fermiers de l'église après la moisson viennent apporter et faire vanner le riz.
    A droite, un long bâtiment qui monte jusqu'à l'église. Il y a un étage.
    Au rez-de-chaussée se trouvent : le magasin pour le riz, c'est-à-dire un grenier pour rentrer le riz quand il a été bien séché dans la cour dallée à cet effet, puis une chambre où on l'écosse et où on le moud avant de l'envoyer cuire. Dans ce magasin travaillent chaque jour deux hommes et des enfants de l'orphelinat que leurs infirmités, par exemple la cécité, rendent impropres aux autres travaux.
    Ensuite viennent deux vastes classes. Dans la première se trouvent trois maîtres d'écoles avec une soixantaine d'enfants. Chaque maître est chargé d'une vingtaine d'enfants. Il a son bureau où vient tour à tour chaque élève répéter les caractères chinois, pendant que les autres à leur place apprennent chacun les leurs. Aux coins des classes se trouvent de petites chambres. Ce sont celles des maîtres qui, chacun à son tour pendant une semaine, doivent coucher à l'école pour surveiller le dortoir.
    Dans la seconde classe sont deux maîtres et une quarantaine d'élèves, entre autres les enfants de l'extérieur.
    A l'étage supérieur sont deux grands dortoirs. Des lits de bois placés sans séparation, les uns à côté des autres, une natte de paille et une couverture, voilà le mobilier.
    A gauche se trouve l'écurie pour les chevaux ou pour les mules des missionnaires de passage. Faisant pendant au magasin pour le riz, des chambres pour les palefreniers et autres gens de service, puis un parloir où les païens viennent entendre la doctrine que leur prêche un catéchiste.
    Faisant pendant aux classes, deux chambres où de vieilles femmes s'occupent des petits garçons qui exigent, à cause de leur bas âge, des soins particuliers. Au delà, la cuisine. Au delà encore, le réfectoire pour les enfants et tous les gens de service.

    3° 0rphelinat des filles et ses dépendances.
    Pour entrer dans l'orphelinat des filles passons par la rue. Il y a une entrée réservée aux femmes. C'est par là qu'elles se rendent à l'église.
    A l'entrée on remarque comme à la pharmacie :
    Au milieu le passage.
    A droite et à gauche, des chambres où habitent de vieilles femmes qui surveillent l'entrée. Au delà, une petite cour. A droite, quelques chambres habitées aussi par de vieilles femmes. En face, une maison divisée en trois parties. Au milieu, un parloir où les vierges reçoivent les femmes qui ont à leur parler. De chaque côté, des chambres où logent encore soit de vieilles femmes, soit des vierges qui sont employées à visiter les chrétiennes de la banlieue. A gauche, se trouve la classe pour les filles de l'extérieur.
    En face de cette classe existent deux couloirs.
    Le premier conduit par une grande cour à l'église, c'est le chemin que prennent les femmes pour s'y rendre. Le second donne accès dans l'orphelinat. Par le premier couloir on pénètre dans une basse-cour. On y voit aussi un grenier pour le riz. Au fond à droite une porte latérale donne accès dans l'église, en face une autre porte permet l'entrée dans un jardin potager, à gauche une autre porte pour que les filles puissent se rendre directement à l'église. Revenons au second couloir dont on a parlé tout à l'heure et pénétrons dans l'orphelinat. Nous sommes au milieu de la cour. Derrière se trouvent, au rez-de-chaussée, une grande salle pour les filles plus petites qui demandent des soins particuliers. A l'étage supérieur un grand dortoir pour les filles plus grandes. A gauche un long bâtiment. Un tiers sert encore aux toutes petites filles. Les deux autres tiers forment le réfectoire. A droite la chambre du charbon, puis la cuisine, puis des chambres pour les vierges.
    Devant, dans la cour, on voit au milieu un préau puis deux petits bassins à poissons, quelques fleurs et au delà un grand bâtiment. C'est là que se trouve, au rez-de-chaussée, l'unique classe pour toutes les orphelines. De chaque côté, une chambre pour les vierges. A l'étage supérieur, un second dortoir pour les grandes filles.

    4° Église
    Rien à remarquer dans l'église que la cloison qui la divise en deux compartiments, séparant les hommes et les femmes complètement. Point de chaises. De longs bancs sans accoudoir où les Chinois restent agenouillés tout le temps que durent les prières. Derrière l'autel est la sacristie.

    5° Habitation des missionnaires et ses dépendances.
    Quand on est dans la cour des garçons, au fond et à droite de l'église, se trouve une porte pour aller dans l'habitation des Pères. Au delà, une petite cour longeant l'église qui est à gauche. A droite, chambre pour les ouvriers, écurie des chèvres, boulangerie. Puis un préau. On gravit quelques marches pour entrer dans la maison des missionnaires.
    On voit un jardin entouré de bâtiments. A droite, chambre, réfectoire, chambre servant de cave, autres chambres pour les domestiques. Au fond, cinq chambres. Au milieu c'est le parloir où l'on reçoit les mandarins, à droite chambre du missionnaire de l'endroit, une autre pour les missionnaires de passage. A gauche du parloir, chambre de l'évêque, puis chambre du vicaire. A gauche, en descendant vers l'église, chambres pour les confrères de passage, chapelle du Saint-Sacrement. Faisant face au corps de bâtiment qu habite le missionnaire de l'endroit se trouve la sacristie. Par la sacristie, on pénètre dans une chambre où le Père entend les confessions des femmes. De là, le Père peut aussi se rendre dans l'orphelinat des filles et dans le jardin potager, où habitent quelques vieillards qui gardent de ce côté la maison contre les voleurs.
    Dans le jardin qui est au milieu de la résidence des missionnaires, on voit tout autour un promenoir. Dans un coin, entre la sacristie et la chapelle du Saint-Sacrement se trouve un guichet. Au-dessus est une petite cloche. Lorsque les femmes ont à parler au missionnaire, elles viennent sonner cette cloche, et c'est à travers ce guichet que le Père les voit et s'entretient avec elles.
    Voilà la description de la résidence de Gan-chouen. Autour il y a des maisons et des terrains. Les maisons sont louées à des chrétiens, en particulier aux maîtres d'école. Les jardins servent de jardins potagers pour les enfants des orphelinats.
    J'ai peut-être été long, mais les soustractions sont plus faciles à faire que les additions.

    1908/33-35
    33-35
    Chine
    1908
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