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La province du Su-Tchuen 2 (Suite)

La province du Su-Tchuen1 2 (Suite) (Suite). Outre les fleuves dont nous avons parlé, et sur lesquels naviguent des milliers de barques d'un tonnage plus ou moins fort, il y a quelques voies importantes de communication par terre malheureusement très mal entretenues. Les principales sont : 1o Celle qui vient de Pékin, passant à Pao-ning, Tchen-tou, Ya-tcheou et se continuant par Ta-tsien-lou et Batang jusqu'à Lhassa. 2o Celle de Ya-tcheou au Yun-nan par le Kien-tchang.
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    La province du Su-Tchuen1 2 (Suite)

    (Suite).

    Outre les fleuves dont nous avons parlé, et sur lesquels naviguent des milliers de barques d'un tonnage plus ou moins fort, il y a quelques voies importantes de communication par terre malheureusement très mal entretenues.
    Les principales sont :
    1o Celle qui vient de Pékin, passant à Pao-ning, Tchen-tou, Ya-tcheou et se continuant par Ta-tsien-lou et Batang jusqu'à Lhassa.
    2o Celle de Ya-tcheou au Yun-nan par le Kien-tchang.
    3° Celle de Tchen-tou à Su-tcheou et se continuant au sud du fleuve dans le Yun-nan et le Kouy-tcheou.
    4° Celle de Tchen-tou à Tchong-kin.
    5° Celle de Tchen-tou à Kouy-fou par Ouan.

    1. Voir mars avril 1909, n° 68, p. 63.


    Population. Villes.

    La population totale est, d'après le dernier recensement, de 68.724.800 habitants, ce qui donne 120 habitants par kilomètre carré.
    Les plus nombreux sont les Chinois ; dans le nord-ouest, dans le sud-ouest et dans l'ouest de la province, il y a environ 6 millions de représentants des autres races : Miao-tse, Lolos ou Man-tse ; Si-fan et Thibétains 1.
    Les Chinois sont de types fort divers ; les uns ont le type mongol, d'autres le type hindou, on en trouve qui se rapprochent du type européen. Plusieurs ont les yeux bleus ou gris et les cheveux châtains. Ces différences sont dues à la position du Su-tchuen, contrée frontière et pays d'échanges, de populations fort diverses, et aux révolutions qui ont amené la dévastation de la province et son repeuplement par des familles immigrantes.
    Les Su tchuennais ont la réputation d'être fins, actifs, chicaneurs quoique fort polis et hospitaliers. Ils émigrent volontiers, et on en trouve au Kouy-tcheou, au Yun-nan, au Kansou.
    Les Miao-tse habitent la région voisine du Kouy-tcheou, ils sont peu nombreux et ne se distinguent pas de ceux dont nous avons parlé en étudiant le Kouy-tcheou2.
    Les Lolos habitent la partie sud-ouest. On les appelait autrefois Lo-koué puis Lo-ko et Lo-lo. Ils vivent principalement dans le massif qui sépare la vallée du Kien-tchang du Yang-tse et occupent une contrée d'environ 60 lieues de long sur 30 à 40 de large. Ce sont des Lolos noirs ainsi appelés à cause de leur teint très brun. Voici, fait par le Dr Deblenne, le portrait du type3 : « Ils sont de haute stature, leurs épaules sont larges, leur tronc n'est pas carré, leurs membres bien articulés et proportionnés, leurs jambes droites à mollets développés ».
    Dans le nord-ouest du Su-tchuen habitent les Si-fan, « Fans occidentaux », que les Chinois traitent de barbares et qui à la vérité n'ont qu'une civilisation assez primitive. Jadis ils étendaient au loin leur domination. Plusieurs de leurs princes ont régné sur les provinces occidentales de la Chine. On les divise en He Si-fan, les Si-fan noirs, et Hoang Si-fan, les Si-fan jaunes. Ils semblent être un prolongement des Thibétains en Chine. Leurs villages sont d'ordinaire éloignés des routes fréquentées. Leurs demeures sont de grossières maisonnettes percées d'étroites ouvertures et couvertes d'un toit plat.

    1. Nous ne parlerons pas de ces derniers trop peu nombreux au Su-tchuen, réservant ce que nous avons à en dire quand nous étudierons le Thibet.
    2. Annales de la Soc des Missions Étrangères, année 1904, novembre décembre, no 42, p. 334.
    3. La mision lyonnaise. Voir également Missions catholiques, 1873, p. 71, 94, 105, par M. Crabouillet, missionnaire apostolique du Su-tchuen.

    Ils sont d'humeur douce, faciles à gouverner, naturellement gais, assez courageux. Ils ont, dit-on un goût, prononcé pour les liqueurs fortes.

    ***

    Le Su-tchuen compte 12 fou ou préfectures de 1er ordre, 8 tche-li-tcheou ou préfectures de 2e ordre, 3 tche-li-tin ou préfectures de 3e ordre, et 122 sous-préfectures, hien, chou-tcheou chou-tin, de diverses classes.
    Voici les noms de ces villes par préfecture.

    Dans le Tchouan-si tao (Occidental).

    TCHEN-TOU F1

    (TCHEN-TOU H).

    Hoa-yang h. Sin tou h.
    Choang-lieou h. Hing-tang h.
    Sin-tsin h. Che-fang h.
    Ouan-kiang h. Pong h.
    Pi h. Koang h.
    Tsong-nin h. Tsong-kin T.
    Sui-fan h. Han T.
    Kien T.

    MEOU2 T

    Ouen-tchoan h. Li-fan t.

    SONG-PAN T

    1. F = Fou. T = Tche-li-tcheou. T = Tche-li-ting H et h = hien. t = chou-tcheou. t = chou-tin.
    2. Ou Mong selon quelques-uns, Mong tcheou aurait pour sous-préfectures Ouen-tchoan, Mong-kong tin, Tsa-kong tin, Song-pan tin.

    MIEN T

    Gan h. Mien-tchou h.
    Lo-kiang h. Te-yang h.
    Tse-tong h.

    LONG-GAN F

    (PIN-OU H).

    Kian-yeou h. Tchang-min h.
    Che-tsien h.

    Dans le Tchoan-pe tao (septentrional).

    PAO-NIN F

    (LANG-TCHONG H).

    Lan-pou h. Lan-kiang h .
    Tsang-ki h. Tong-kiang h.
    Tchao-hoa h. Pa t.
    Koang-yuen h. Kien t.

    TONG-TCHOAN F

    (SAN-TAI H).

    Lo tche h. Pang-ki h.
    Gan-yo h. Tchong-kiang h
    Su-nin h. Yen-tin h.
    Chai-hong h.

    CHOEN-KIN F

    (LAN-TCHONG H).

    Y-long h. Lin-chan h.
    Yuin-chan h. Koan-gan t. 1
    Si-tchang h. Pong t.
    Ya-tche h.

    1. Koan-gan et Pong sont-ils chou-tcheou ou hien?

    Dans le Tchoan-tong (oriental).

    TCHONG-KIN F
    (PA H).

    Kiang-tsin. h. Ta-tsiou h.
    Ki-kiang h. Yun-tchang h.
    Nan-tchoan h. Yuin-tchoan h.
    Tchang-cheou h. Pi-chan h.
    Tin-yuen h Ho t.
    Tong-leang h. Fou t.
    Kiang-pe t.

    SIU-TIN F

    (TA H).

    Tong-hiang h. Kin h.
    Tai-pin h. Ta-tchou h.
    Sin-lin h. Tchen-keou t.

    KOUI-TCHEOU F

    (FONG-TSIE H).

    Ou-chan h. Kai h.
    Ta-nin h. Ouan h.
    Yuin-yang h.

    CHE-TCHOU TIN1

    TCHONG-TCHEOU F

    Leang-chan h. Tien-kiang h.
    Fong-tou h.

    YEOU-YANG T

    Kien-kiang h. Pen-choui h.
    Sieou-chan h.

    1. Une carte récemment publiée à Tchen-tou attribue Che-tchou tin à la préfecture de Koui-tcheou fou.

    Dan le Tchoan-lan (méridional).

    YA-TCHEOU F1

    (YA-GAN H)

    Lou-chan h. Min-chan h.
    Yuin-ki h. Tien-tsue h.
    Tsing-ki h. Ta-tsien-lou t.
    Tsing-si h.

    LIN-YUEN F2

    (SI-TCHANG H).

    Yen-yuen h., Houi-li t.,
    Mien-lin h., Yue-ki t.

    KIA-TIN F

    (YO-CHAN H).

    Kien-oui h. Kia-kiang h.
    Yuin h. Hong-ya h.
    Oui-yuen h. O-mien h.
    O-pien t.

    KIONG T.

    Ta-i h. Pou-kiang h.

    MEI T.

    Pong3-chan h. Tan-lin h.
    Tsin-cher h.

    SIU-TCHEOU F

    1. Cette même carte attribue Mong-kong tin à cette préfecture
    2. Que plusieurs écrivent Niu-yuen. D'ailleurs dans la transcription des noms chinois l et n s'emploient facilement l'une pour l'autre.
    3. Ou Pen-chan.

    (GNI-HIN H).

    Long-tchang h. Hin-ouen h.
    Fou-chouen h. Tchang-nin h.
    Lang-ki. Kang h.
    Kao h. Pin-tchoan h.
    Yuin-lien h. Ma-pien t.
    Kin fou h.

    SIU-YUIN TIN.

    Yuin-nin h. Loui-po tin.

    LOU T

    Kiang-gan h. Ho-kiang h.
    Na-ki h. Kieou-sing se.

    TSE T1

    Yen-tcheou h. Tse-yang h.
    Tsin-yen h. Loui-kiang h.

    Les villes principales sont Tchen-tou, près de 700.000 habitants, capitale de la province et résidence du vice-roi et du Vicaire apostolique du Su-tchuen Occidental.
    Ses murailles, bâties il y a 160 ans, ont 2 mètres de large et 15 mètres de haut ; elles ont environ 20 kilomètres de tour et renferment trois villes : chinoise, tartare, impériale. La première est la plus importante, elle a quelques belles rues bordées de riches magasins, un commerce fort important et des industries florissantes, particulièrement le tissage de la soie ; elle possède un arsenal et une fonderie. De nombreux mandarins y habitent attendant une place.
    La cité tartare a des remparts en briques. Kang-hi la fit bâtir et diviser en 32 rues, elle compte environ 15.000 habitants. Une des caractéristiques de cette ville, ce sont des maisons isolées avec de vastes jardins, habitées par des officiers subalternes et par des soldats.

    1. Dans la carte récemment publiée à Tchen-tou, la préfecture de Tse-tcheou est placée dans le Tchouan-si (partie occidentale).

    Tchen-tou est située dans une plaine vaste de 115 kilomètres de long sur 40 de large, extrêmement riche, remarquable par le système de canaux1 qui servent à l'agriculture et peuplée d'environ 4 millions d'habitants, possédant 18 sous-préfectures de première et de seconde classe. La grande route qui va de Pin-chan à Tchen-tou sur une longueur de 80 kilomètres est pour ainsi dire une seule rue bordée de maisons.
    Tchong-kin, résidence du Vicaire apostolique du Su-tchuen Oriental, 350.000 habitants selon les uns, 600.000 selon les autres, est bâti sur le Yang-tse à l'extrémité d'un promontoire rocheux qu'une comparaison locale assimile au col et au bec d'une oie, et qui va en s'étranglant dans la direction du nord-ouest. Les rues montent en escalier, elles sont quelquefois coupées par de grands espaces libres autour des pagodes. C'est un port ouvert aux Occidentaux depuis plusieurs années et la ville la plus commerçante2 du Su-tchuen auquel elle sert d'entrepôt pour toutes les marchandises. Ses importations consistent en : cotons, cotonnades, lainages, articles de bazars, métaux, pétrole, etc. ; ses exportations en opium, soie, cire végétale, musc, chanvre, plantes médicinales, huiles, tabac, pailles tressées. Son port est fréquenté par des milliers de jonques de fort tonnage.
    Kia-tin, 150.000 habitants, résidence du Vicaire apostolique du Su-tchuen Méridional, centre principal de la production de la soie au Su-tchuen. C'est une des plus anciennes villes de la province ; elle fut plusieurs fois détruite pendant les longues guerres que se livrèrent dans la province les autochtones et les envahisseurs. En 1465, l'empereur Tchen-hoa fit construire, pour la préserver des inondations, une grande jetée en pierre à la jonction des trois cours d'eau qui forment la rivière Fou. Sous Kang-hi, fut commencé le mur d'enceinte de 5 mètres de haut sur 6 kilomètres de tour.

    1. Les prises d'eau et tout un système de barrages se trouvent à Kouan-hien à 60 kil N.-O. de Tchen-tou. La tradition attribue le commencement de ces travaux à Li-ping, le premier gouverneur du Su-tchuen nommé par les Tsin, après le renversement de la dynastie des Chou qui avait son siège à Tchen-tou (265 après Jésus Christ). Un mandarin d'un grade assez élevé est chargé de la surveillance de toute l'irrigation de la plaine.
    2 La valeur en taëls du commerce de Tchong-kin, en 1904, fut de 29. 403. 966.

    Les autres villes les plus importantes sont : Ouan 140 à 160.000 habitants, le port le plus commerçant du haut Yang-tse après Tchong-kin ; c'est la tète de ligne d'une grande route mandarinale allant vers Tchen-tou et le centre do distribution des filés de coton et cotonnades du Hou-pé ; exportation d'opium, de sucre, de colza.
    Fou-tcheou, 100.000 habitants, le grand marché d'opium de la province ; là se trouvent les principaux marchands qui en établissent le cours.
    Siu-tcheou, plus souvent appelé Soui-fou, 70 à 80.000 habitants ; port de commerce sur le Yang-tse à l'embouchure du Min-kiang. Commerce de métaux, musc, indigo, insectes à cire blanche, opium, cotonnades.
    Lou-tcheou, également sur le Yang-tse à l'embouchure du Tchong-kiang, port de commerce moins important que le précédent.
    Kouy-tcheou, plus connu sous le nom de Kouy-fou, sur le Yang-tse, à l'entrée du Su-tchuen, 40.000 habitants, siège d'une double douane, impériale et provinciale.
    Ya-tcheou, 30.000 habitants, centre d'importations et d'exportations pour le Thibet.
    Ning-yuen, capitale du Kien-tchang, située dans une vallée très fertile.
    Song-pan 10.000 habitants, marché de laines, musc, peaux, moutons, venant du Thibet et du Kan-sou.
    Nous pouvons nommer aussi Ta-tsien-lou, qui n'appartient plus depuis 1856 aux missions du Su-tchuen, mais à la mission du Thibet, dont le Vicaire apostolique y réside. Elle est située à 2.700 mètres d'altitude et possède 20.000 habitants. Elle est en grande partie thibétaine, importante par son commerce de fourrures, de poils et de queues de yacks, de remèdes venant du Thibet ; entrepôt de soieries, de thé, de cotonnades.

    Administration. Armée. Instruction publique. Croyances religieuses.

    Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit ailleurs de l'administration générale des provinces de Chine1 ; nous indiquerons seulement les points principaux qui ont trait au Su-tchuen.
    La province est gouvernée par un vice-roi.
    Il y a 5 tao-tai ou commandants de cercles ou encore commandants de circuits de défense. Voici les noms de leurs résidences avec ceux des préfectures sur les quelles ils ont juridiction :
    A Tchen-lou, sur Tchen tou, Mien tcheou, Tong-tchoan, Long-ngan, Moeu-tcheou, Tse-tcheou (en partie) et Song-pan.
    A Lou-tcheou, sur Siu-tcheou, Lou-tcheou, Tse-tcheou (en partie) Siu-yuin.
    A Tchong-kin, sur Tchong-kin, Koui-fou, Siu-tin, Tchong-tcheou, Yeou-yang, Che-tcheou.
    A Pao nin, sur Pao-nin, Tong-tchoan (en partie), Choen-kin.
    A Ya-tcheou, sur Ya-tcheou, Lin-yuen. Kia-tin, Mei-tcheou, Kiong-tcheou.
    Il y a encore à Tchen-tou un tao-tai qui est l'intendant du sel, du thé et des postes dans toute la province.
    Les Miao-tse ont des chefs qui portent le nom de Tou-se, mais dont l'autorité ne dépasse guère celle des petits mandarins.
    Les Lolos forment une sorte de confédération de tribus, réunies pour sauvegarder leurs biens et leur liberté. Il y a parmi elles des tribus complètement soumises à la Chine, et d'autres que l'on appelle indépendantes, quoiqu'elles ne le soient pas entièrement. Ces dernières ont des otages chez les mandarins chinois ; elles sont gouvernées par des roitelets héréditaires. Ce qui est en dehors de la parenté ou de la tribu est considéré comme un ennemi contre lequel tous doivent se prémunir. Quant à la police intérieure chacun la fait comme il l'entend, mais dans les conflits particuliers, il se trouve toujours des médiateurs pour arranger le litige. Chaque famille a pour chef direct et absolu le père, dont l'autorité sur les esclaves et sur les enfants est illimitée. Les femmes sont protégées par leur parenté et même par leur tribu. Les cas qui réclament le concours de toute une tribu, à l'effet d'obtenir justice, sont l'homicide, l'adultère, le vol d'un esclave ou la coopération à son évasion, le meurtre d'une femme, et même, en certaine circonstance, la mort accidentelle.

    1. Annales de la Société des M.-E., année 1904, nov déc. ne 42, p.342.

    ***

    L'armée provinciale était en 1902 de 21796 hommes ; elle est comme dans toutes les provinces, sous le commandement d'un Ti-tou ou Ti-tai.
    Le vice-roi a un corps spécial dit Tou-piao. La ville de Tchen-tou possède une garnison tartare commandée par un Tsiang-kiun (maréchal).

    ***

    Chaque province ayant un nombre fixe d'hommes reçus pour la licence et le doctorat, ce nombre est pour le Su-tchuen de 80 licenciés et de 13 docteurs. Ces chiffres ne sont pas absolus puisqu'en 1903 le nombre des licenciés du Su-tchuen fut de 941.

    ***

    La langue officielle et généralement employée dans toute l'étendue de la province, est le chinois mandarin.
    Les Miao-tse parlent une langue particulière monosyllabique et comprenant divers tons.
    La langue des Lolos est monosyllabique. Les monosyllabes, ayant chacun un sens précis, sont parfois juxtaposés dans les mots doubles ou triples terminés par une syllabe euphonique. Les Lolos ont une écriture particulière. D'après M. Vial, missionnaire du Yun-nan, les caractères lolos étaient autrefois hiéroglyphiques, « puis, dit-il, les Lolos ont appliqué plusieurs mots sur un même caractère, conservant pour certains uniquement le son et abandonnant l'idée. La langue lolotte s'écrit comme elle se parle ». Parlant des Lolos du Su-tchuen, un missionnaire de cette province, M. Crabouillet, dit qu'ils ne savent ni lire ni écrire ; que dans leurs contrats ils font usage de planchettes sur le bord desquelles ils pratiquent diverses échancrures.

    1. D'après un décret impérial de 1904, les anciens examens sont supprimés ; ils finiront en 1913 pour la licence et le doctorat, et en 1910 pour le baccalauréat. A cette époque le choix des docteurs appartiendra à l'Université, celui des licenciés aux écoles supérieures des provinces, celui des bacheliers aux directeurs des lettres.

    ***

    Les Chinois du Su-tchuen, comme ceux de Lotit l'empire, pratiquent plus ou moins trois religions : le Confucianisme, seule religion officielle, le Taoïsme et le Bouddhisme. Ces trois religions se fondent en une pour la masse du peuple qui va indifféremment de l'une à l'autre. Il faut y joindre le culte des ancêtres qui ont leurs temples et leurs tablettes, le culte des esprits mauvais, la croyance à la métempsycose, aux mérites et de nombreuses superstitions.
    Le Chamanisme se trouve chez les Miao-tse qui croient aux esprits et rendent un culte à certains arbres, à certaines pierres.
    Les Lolos croient aux esprits, surtout aux esprits malfaisants. Ils les redoutent et afin de se soustraire à leur funeste influence, ils portent sur eux des amulettes et accrochent aux murs des maisons, des branches d'arbres ou des crânes d'animaux. Ils vénèrent un certain Ou-lang, le premier des humains et l'inventeur des céréales, qui fut aussi, disent ils, un grand chasseur de bêtes fauves. Pour le représenter pendant les sacrifices, ils piquent en terre un bâton sur lequel ils placent un vêtement quelconque. Ils ont de nombreux sorciers. Ils brûlent leurs morts, et, la combustion terminée, ils placent les cendres et les os dans un vase qu'ils mettent en terre ; puis ils recouvrent le tout de petites planches et de feuillages.
    Les Si-fan pratiquent à peu près le bouddhisme thibétain ; on les entend souvent répéter la célèbre formule Om mani padme oum, que certains philologues déclarent intraduisible et que d'autres traduisent : « O joyau dans le lotus, ainsi soit-il » et d'autres « O Bouddha, écoute, reçois ma prière ».
    Les Si-fan ont des lamaseries habitées par un certain nombre d'individus ; ces lamas appartiennent aux sectes des lamas rouges ou jaunes.

    1909/126-137
    126-137
    Chine
    1909
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