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La médaille de saint benoît et le « Tan-chen » ou Dieu Chinois du foyer.

SU-TCHUEN MÉRIDIONAL LETTRE DU P. BREUIL Missionnaire A SON VICAIRE APOSTOLIQUE, Mgr CHATAGNON La médaille de saint Benoît et le « Tan-chen » ou dieu chinois du foyer. Peu de jours après le passage de Votre Grandeur, j'ai eu l'occasion d'expérimenter l'efficacité des médailles de saint Benoît, que je vous avais prié de bénir, pour combattre les maléfices des démons. Le plus terrible, dans ces pays, est celui que les païens adorent sous le nom de Tan-chen, comme dieu ou esprit du foyer.
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    SU-TCHUEN MÉRIDIONAL

    LETTRE DU P. BREUIL

    Missionnaire

    A SON VICAIRE APOSTOLIQUE, Mgr CHATAGNON

    La médaille de saint Benoît et le « Tan-chen » ou dieu chinois du foyer.

    Peu de jours après le passage de Votre Grandeur, j'ai eu l'occasion d'expérimenter l'efficacité des médailles de saint Benoît, que je vous avais prié de bénir, pour combattre les maléfices des démons. Le plus terrible, dans ces pays, est celui que les païens adorent sous le nom de Tan-chen, comme dieu ou esprit du foyer.

    Il est représenté, dans chaque demeure, par mie pierre informe percée d'un trou, dans lequel on dépose neuf sapèques et quelques grains de riz. C'est un hôte généralement pacifique et, peu exigeant; mais dans la sous-préfecture de Jen-cheou, il se montre insatiable et cruel. Il parle quelquefois lui-même; le plus souvent, il s'empare d'une personne, et réclame, par sa boucle, tantôt de riches offrandes, tantôt un pèlerinage lointain, tantôt l'érection d'une pagode. Si l'on refuse ou si seulement l'on tarde à lui accorder sa demande, il fait du tapage à la maison, en frappe les habitants de maladies étranges qui résistent à tous les remèdes. De riches familles sont quelquefois ruinées par ce méchant démon; aussi les païens ne l'honorent-ils que parce qu'ils le craignent, du reste, comme toutes leurs divinités. S'ils lui font des présents, c'est pour l'apaiser.

    Tout récemment, j'étais en tournée dans mon district, lorsqu'un néophyte d'une station assez éloignée vint me trouver pour un cas de ce genre. Il y avait, dans son voisinage, une famille depuis quelque temps déjà en butte aux vexations du Tan-chen. Cette famille se composait d'une veuve âgée de soixante-six ans, de son fils et des cinq enfants de celui-ci. Le démon s'emparait de la veuve et la liait, comme disait mon néophyte, c'est-à-dire la paralysait, raidissant tous ses membres. Peu à peu les crises devinrent fréquentes, et duraient quelquefois assez longtemps. Le fils avait déjà dépensé beaucoup d'argent pour apaiser le démon et délivrer sa mère. Rien n'y faisait, le Tan-chen était intraitable. A la fin, cette famille désolée écouta les propositions d'un néophyte de ses parents.

    Ce chrétien leur disait de renoncer aux idoles et d'embrasser la religion chrétienne. Alors seulement, assurait-il, leur maison serait délivrée pour toujours de la tyrannie du Tan-chen. La veuve, son fils, ses petits-fils acceptèrent, et, sans plus tarder, ce néophyte, leur parent, accourut me prier de venir à leur secours.

    C'était loin ; j'avais encore plusieurs chrétientés à visiter el pas de temps à perdre. Bref', je ne jugeai pas à propos d'interrompre mes travaux pour aller, en personne, mettre à la porte le Tan-chen. Je donnai deux médailles de saint Be-noit à mon néophyte, et lui dis de fixer l'une sur la grande tablette, appelée ou-tse-pai, laquelle résume toute la superstition païenne et devant laquelle se font les cérémonies. Il devait placer l'autre dans la bouche même du Tan-chen, c'est-à-dire dans le trou de la pierre destiné à recevoir les sapèques et les grains de riz.

    Le néophyte reçoit les médailles avec respect, et s'en retourne, plein de confiance dans les armes que je viens de lui donner pour combattre le démon. Dès le lendemain de son arrivée, il se présente dans la famille affligée, fait renouveler à tous ses membres leur renoncement à Satan et leur promesse de servir désormais le vrai Dieu, puis il se met en devoir d'exécuter son mandat. Il place la première médaille sur la grande tablette, sans que le démon donne aucun signe de résistance: mais il n'a pas plus tôt mis la seconde dans la bouche du Tan-chen, qu'il en sort un hurlement épouvantable. Le démon crie qu'on le chasse injustement de son domicile, maudit ses persécuteurs et finit par quitter la place, disant qu'il s'en va dans telle famille du voisinage où il sera mieux traité.

    Depuis lors, il n'a pas reparu; la veuve a été délivrée et n'a pas subi de nouvelles attaques. Toute la famille étudie la doctrine et les prières avec ardeur, rendant grâces à Dieu qui l'a visitée clans sa miséricorde.
    1898/169-170
    169-170
    Chine
    1898
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