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La femme païenne en Chine

La femme païenne en Chine Par le P. Doutreligne Missionnaire au Kouy-tcheou.
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    La femme païenne en Chine

    Par le P. Doutreligne
    Missionnaire au Kouy-tcheou.

    Il y a quelque temps je lisais un article de journal chinois traduit par le Père Wieger avec sa maestria ordinaire : « Les femmes chinoises veulent vivre et agir ! Elles ne veulent plus être dans la société comme un ballast mort. Le mouvement féministe est lancé, elles veulent leur liberté. Inexpérimentées par suite de leur longue réclusion, elles font encore des maladresses! Les difficultés de l'entreprise féministe pourraient effrayer ! L'idée de rester dans le statu quo pourrait s'emparer de l'esprit! Que chose pareille ne nous arrive pas. Honte à celles qui consentiraient à rester dans la condition des femmes chinoises du passé, sous les pieds d'un homme auquel il faut mendier sa subsistance, esclave volontaire, poupée se fardant pour le plaisir d'un maître, lui sacrifiant toute sa dignité humaine ! N'avons-nous pas un honneur et une pudeur ? Sommes nous des êtres inférieurs sans intelligence et sentiment ? On nous a traitées indignement. Il nous faut abolir cet état de choses. Tout n'est pas fait quand on s'est coiffée en toupie (la coiffure des suffragettes) au lieu du chignon traditionnel! Il faudra des efforts sans doute, mais le courage vient à bout de tout ! Je vous le crie, femmes chinoises ! Celle d'entre vous qui restera en arrière manque de ce qui est la qualité d'une femme, puisqu'elle n'a pas de coeur.
    Les femmes chinoises, on vient de le lire, ne laissent rien à désirer au point de vue décision et fougue oratoire. Elles disposent déjà de la presse. Leurs organes de revendications se constituent; ils prennent de l'autorité ; mais veuillez m'en croire, dit un vieux missionnaire chinois, le Chinois vieux style et mari traditionnel a la santé extrêmement vivace ; il se retranchera longtemps encore derrière le précepte du sage Confucius : « Il faut écouter sa femme, la laisser dire et... n'en rien croire ».
    De fait, si l'on excepte les sociétés mondaines qui fréquentent les ports ou nos concessions, la Chine tient encore dans une sorte d'asservissement toutes les filles d'Eve.
    Les Chinoises subissent le sort de la femme vivant dans le monde païen. Partout où le christianisme n'a pas apporté le remède de la rédemption, la condition de la femme est l'esclavage. Il y aura des degrés en cet état d'humiliation, plus cruel ici, plus humiliant ailleurs, plus abject en certains pays, mais c'est la loi générale sans exception. Il ne faut pas s'étonner de cet état de choses, de cette dégradation de la nature humaine qui, laissée à ses seules forces, à ses seules lumières, est la cause de tant d'autres misères.
    Confucius le saint (?) patron de la Chine, qui par prudence et pudeur égarée défendait de prendre la main d'une femme qui, se noie ! Voilà l'excès des lois féroces. Ni ce grand philosophe ni le Turc ne comprennent rien aux lemmes chrétiennes
    « Compagnes d'un époux, reines en tous lieux
    Libres sans déshonneur, fidèles sans contrainte,
    Et ne devant jamais leur vertu à la crainte ».
    1924/149
    149
    Chine
    1924
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