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La confession d'un Israélite

La confession d'un Israélite MONSIEUR L'ABBÉ, JE SUIS ISRAÉLITE, VOULEZ-VOUS ME CONFESSER? Je me trouvais dans un secteur où les obus pleuvaient ; chacune de mes après-midi était employée à enterrer de pauvres artilleurs tombés à côté de leur pièce. Un jour m'arriva un soldat ayant une allure un peu embarrassée. Par quelques bonnes paroles je le mis à l'aise, et il me demanda : « Monsieur l'abbé, vous êtes bien prêtre catholique ? —Oui. —C'est que j'aurais quelque chose à vous dire.
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    La confession d'un Israélite

    MONSIEUR L'ABBÉ, JE SUIS ISRAÉLITE, VOULEZ-VOUS ME CONFESSER?

    Je me trouvais dans un secteur où les obus pleuvaient ; chacune de mes après-midi était employée à enterrer de pauvres artilleurs tombés à côté de leur pièce. Un jour m'arriva un soldat ayant une allure un peu embarrassée. Par quelques bonnes paroles je le mis à l'aise, et il me demanda :
    « Monsieur l'abbé, vous êtes bien prêtre catholique ?
    — Oui.
    — C'est que j'aurais quelque chose à vous dire.
    Nous étions trois ou quatre au bureau. Je sortis avec lui. Quand nous fûmes dehors il me dit :
    — J'ai sur la conscience une chose qui me gêne. Ne pourrais-je pas me confesser à vous.
    — De suite, si vous Voulez,
    — C'est que, et il hésita un peu, je suis Israélite; mais je ferai tout ce que vous direz ; j'accomplirai tous les rites que vous m'ordonnerez afin d'être débarrassé de ce qui présentement alourdit ma conscience.
    — Si vous êtes Israélite, je ne puis pas suivre avec vous les rites de l'Eglise catholique; mais puisque vous avez confiance dans le prêtre, je vous entendrai à titre d'ami, et vous donnerai un conseil, si vous croyez en avoir besoin.
    ― Je vous remercie.
    Et il commença son récit. Un lion catholique ne se fut pas mieux confessé. Nous parlâmes ensuite pendant quelques minuties.
    — Monsieur l'Abbé, me dit-il en me quittant, je vous remercie, je vous remercie beaucoup. Vous m'avez fait grand bien. Si jamais j'ai besoin d'un confident, d'un conseiller, permettez-moi de m'adresser à vous.
    ― Je suis, tout à votre disposition, répondis-je en lui serrant la main.
    Reverrai-je jamais cet homme que le hasard, la Providence a une fois sur ma route ? Il, m'a paru bon de rac inter ce souvenir de ma carrière militaire. Il contribuera à prouver une fois de plus combien sage et bon a été le divin Maître en instituant la confession, et de quel secours elle est aux âmes, dont la force a pu faiblir à l'heure de la lutté, quand le regard s'obscurcit sous le choc de trop vives émotions.
    Un missionnaire.

    1918/641-642
    641-642
    France
    1918
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