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La « Basilique » des martyrs à Hanoi

La « Basilique » des martyrs à Hanoi Les « Missions Catholiques » du 16 avril dernier, sous la plume du P. Depaulis, ont donné un saisissant raccourci de l'intensité de vie catholique que présente la ville de Hanoi, capitale du Tonkin, qui « peut être citée comme type d'organisation générale et donnée en exemple pour la multiplicité de ses oeuvres ». Nous y ajoutons les réflexions suivantes et une actualité qui nous vient du Tonkin.
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    La « Basilique » des martyrs à Hanoi
    Les « Missions Catholiques » du 16 avril dernier, sous la plume du P. Depaulis, ont donné un saisissant raccourci de l'intensité de vie catholique que présente la ville de Hanoi, capitale du Tonkin, qui « peut être citée comme type d'organisation générale et donnée en exemple pour la multiplicité de ses oeuvres ».
    Nous y ajoutons les réflexions suivantes et une actualité qui nous vient du Tonkin.
    Dans le centre de Hanoi la piété catholique a toutes facilités pour s'alimenter à sa source, l'Eucharistie, et elle en profite largement si l'on en juge par le chiffre impressionnant des communions annuellement distribuées. C'est que, chaque matin, la sainte messe est célébrée en onze endroits de la ville : cathédrale, chapelle paroissiale de secours, chapelles des Frères, des Soeurs, du Carmel, des Rédemptoristes, du Juvénat des religieuses indigènes, de l'Asile des Vieillards, de l'Hôpital colonial, de la Clinique Saint-Paul, et de l'église des Martyrs, tout récemment inaugurée.
    Cette nouvelle église, qui deviendra le centre d'une seconde paroisse, est presque achevée, mais, hélas! Loin d'être intégralement payée : en attendant, elle fait d'ores et déjà grand honneur à la générosité des paroissiens du P. Dronet et contribue magnifiquement à l'esthétique de la capitale : c'est un pur chef d'oeuvre colonial dans l'emploi du ciment armé.
    Voici ce qu'écrit l'«Avenir du Tonkin» au lendemain de l'inauguration de cette « basilique » c'est ainsi qu'on nomme préventivement la nouvelle église du boulevard Carnot, dédiée aux Martyrs du Tonkin et, plus spécialement, à « l'angélique martyr » hanoïen, le Bienheureux Théophane Vénard, décapité sur la berge du Fleuve le Rouge 2 février 1861 :
    Le 4 décembre 1927, en présence d'une assistance considérable dE'uropéens et d'indigènes, S.G. Mgr Gendreau bénissait solennellement la première pierre de l'Eglise des Bienheureux Martyrs.
    Le dimanche, 1er février 1931, à la même heure, le vénéré prélat, qui vient de nous revenir de France plus alerte que jamais, montait à l'autel pour célébrer le saint Sacrifice à, cette même place où voici trois ans une simple pierre avait été placée.
    De l'endroit réservé à la chaire le bon Père Dronet, d'une voix étranglée par l'émotion, lança à la foule pieusement rassemblée ce cri du coeur :
    « Mes chers frères, les paroles nie manquent pour vous remercier tous ici présents de votre générosité qui m'a permis d'édifier cette église. Je demande de tout mon coeur à Dieu de vous en récompenser largement sur terre, et éternellement dans le ciel ».

    Regina Martyrum, ora pro nobis.

    Sa Grandeur revêtit alors les ornements sacrés puis, mitre en tête, crosse en main, monta lentement à l'autel.
    S.G. Mgr Chaize, son coadjuteur, assistait au choeur.
    Aguiche se tenaient les RR. PP. Dominicains français et un P. espagnol ; les PP. Rédemptoristes ; les Frères des Ecoles Chrétiennes.
    A droite on remarquait les PP. des Missions Etrangères et les Soeurs de Saint-Paul de Chartres.
    La Maîtrise de l'Ecole Puginier avait pris place dans la tribune. Sur la terre nue, la foule des fidèles était rassemblée : familles catholiques françaises, annamites et chinoises ; hautes personnalités civiles et militaires ; dames et jeunes filles françaises et annamites du si dévoué Comité de Patronage de l'église ; hauts mandarins, leurs femmes et leurs enfants, amis de la Mission, amis de Mgr Gendreau, amis du P. Dronet.
    Il n'y a que des chaises et des bancs de fortune, en attendant mieux. Qu'importe ! Debout, la plupart des fidèles suivront le saint Sacrifice ; debout, ils prieront ; debout, ils remercieront le ciel d'avoir comblé leurs voeux de doter Hanoi d'une nouvelle église, d'une très belle église.
    Il appartenait au T. R. P. Gerest, Provincial des Dominicains, arrivé depuis peu au milieu de nous pour se dévouer, avec quelques religieux de son Ordre, à la jeunesse française et annamite, il appartenait au T. R. P. Gerest de donner le premier sermon dans l'église du Boulevard Carnot. Ses paroles resteront profondément gravées chez tous ceux qui les entendirent et ceux-là demeureront reconnaissants au brillant orateur d'avoir retracé l'oeuvre si méritoire du R. P. Dronet. Son appel à la générosité des fidèles ne fut pas lancé en vain, car à l'offertoire, lorsque des dames quêteuses traversèrent la foule, chacun s'empressa d'offrir, selon ses ressourcés, son obole pour l'achèvement de l'Eglise des Bienheureux Martyrs.
    A 10 h. 30, cette belle cérémonie d'inauguration prenait fin, et la foule se dispersait non sans avoir pris congé du R. P. Drouet dont la joie faisait plaisir à voir.
    La décoration de l'église était forcément sobre mais l'Usine électrique n'avait pas manqué de placer aux meilleurs endroits des guirlandes d'ampoules qui produisaient leur effet.
    Au dehors, notre police urbaine assurait l'ordre avec la correction et l'exactitude qu'on lui connaît.
    Dans la soirée, à 5 h. 30 un Salut solennel réunissait les fidèles à la Cathédrale, et c'est sur cette pieuse cérémonie que cette journée historique, mais singulièrement chère au coeur des chrétiens prenait fin.
    Et l'Avenir du Tonkin de conclure : continuons notre aide au R. P. Dronet et tenons à coeur de parachever son oeuvre.

    Regina Martyrum, ora pro nobis.

    1931/109-112
    109-112
    Vietnam
    1931
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