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Kumbakonam Travaux apostoliques.

Kumbakonam LETTRE DE M. LIGEON. Travaux apostoliques.
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    LETTRE DE M. LIGEON.

    Travaux apostoliques.

    La dernière fois que je vous ai écrit, ma lettre était datée de Gangavelly. Depuis mon départ d'Atur, j'ai été débordé par le travail. Je comptais n'avoir que pour deux mois de construction à Gangavelly, or j'ai dû mettre six mois, par manque de maçons et de charpentiers. Mes travaux finis, j'ai fait l'administration de mes chrétientés, travail bien fatigant lorsqu'on les administre à la suite les unes des autres, ce que j'ai dû faire cette année, à cause du retard considérable occasionné par mes travaux à Gangavelly.
    Mon district est en effet très étendu, et pour aller d'une chapelle à l'autre en voiture à boeufs, cela prend presque une journée. Les jours de voyage, à cause du déménagement, de la chaleur et de la façon même de voyager, sont très fatigants ; d'autant plus que ces jours-là, où l'on aurait besoin d'être sustenté un peu plus que d'habitude, on est obligé de jeûner, parce qu'on n'arrive que bien tard au village, et qu'après y être arrivé il faut tout préparer pour faire la cuisine. C'est ainsi en arrivant, c'est ainsi en partant ; aussi au bout de trois ou quatre administrations semblables, la fatigue se fait fortement sentir. C'est mon cas actuellement. C'est un peu de ma faute, et mon évêque me le reproche, en me disant qu'au train dont je vais je ne tiendrai pas, que je devrais faire en trois ans ce que je fais en un. Mais, quand on est dans les constructions, on ne fait pas toujours ce que l'on veut ; pour ne parler que des maçons et des charpentiers, on ne peut pas les avoir à volonté.
    Je viens de terminer quatre administrations de groupes de villages : Gangavelly, Kyjpodur, Govindapaleam et Pungavedy. Tout n'a pas marché souhait. Hélas ! Que mes nouveaux chrétiens laissent encore à désirer. Ils voient dans leur Père spirituel celui qui doit aussi les aider pécuniairement à vivre. Et comme naturellement, il est impossible de satisfaire à toutes leurs demandes, plusieurs ne se sont pas approchés des sacrements. Mes nouveaux chrétiens de Pungavedy principalement me donnent beaucoup de peine. Combien la foi est peu vive parmi eux !
    La patience et les bonnes paroles ne produisent aucun effet sûr leur coeur. Pour certains, j'ai déjà essayé tous les moyens, ils restent sourds. Aussi, j'aspire après le moment où il me sera donné de leur bâtir une chapelle où je pourrai conserver le Saint-Sacrement. Ce sera le grand moyen de toucher ces âmes rebelles, et de chasser le diable de ce village où il a trop d'empire.
    L'année dernière en faisant l'administration de Mikelpur, j'ai eu le bonheur de conserver dans ma nouvelle chapelle le Saint-Sacrement. C'est au bon Jésus que j'ai dû le succès de mon administration.
    Ce sont aussi des nouveaux chrétiens qu'il y a à Mikelpur, et lorsque j'en fis l'administration, le village était en dispute ; il y avait plusieurs procès entre les chrétiens. Je me demandais comment réconcilier mon monde, et au moment où tout semblait vouloir se gâter, tout s'arrangea comme par enchantement.

    1918/535-537
    535-537
    Inde
    1918
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