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Kumbakonam le nouveau dispensaire d'atur

Kumbakonam le nouveau dispensaire d'atur Lettre du P. Ligeon, Missionnaire apostolique. Depuis ma dernière lettre du mois de septembre, j'ai eu le plaisir de terminer à peu près le dispensaire et la maison des soeurs. Il me reste polir l'année prochaine le pavage que je ferai en ciment, et la construction d'une cuisine, d'une salle de bains, etc., travail de 3 à 400 roupies environ.
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    Kumbakonam le nouveau dispensaire d'atur

    Lettre du P. Ligeon,

    Missionnaire apostolique.

    Depuis ma dernière lettre du mois de septembre, j'ai eu le plaisir de terminer à peu près le dispensaire et la maison des soeurs. Il me reste polir l'année prochaine le pavage que je ferai en ciment, et la construction d'une cuisine, d'une salle de bains, etc., travail de 3 à 400 roupies environ.

    On estime les bâtiments que j'ai construits à 10.000 roupies, ce qui représente en francs, au taux actuel, plus de 40.000 fr. Grâce à un labeur incessant, j'ai pu diminuer ces dépenses de plus de moitié : j'ai fait les briques et la chaux moi même, et sur le bois j'ai réalisé également une forte économie. Néanmoins les dépenses se sont élevées à plus de 4.000 roupies.

    Ce dont je suis heureux, et dont je rends grâce à Dieu, c'est de lu façon dont m'est venu l'argent. En commençant mes constructions, je n'avais pas en main la dixième partie de la somme qu'il me fallait. Je comptais beaucoup sur l'Amérique où j'avais envoyé plusieurs appels ; mais les secours venus de cette source ont été presque insignifiants ; j'aurais dû m'en douter, car j'avais déjà quêté auparavant en Amérique pour parfaire le capital nécessaire à la fondation de l'oeuvre du dispensaire ; or, en Amérique, une oeuvre pour laquelle on a quêté est une oeuvre établie, il n'y faut plus revenir.

    Donc le bon Dieu m'a aidé... La Mission, quoique pauvre, m'a donné 4.500 francs touchables à Paris ; cela devait me donner ici 1.500 roupies; mais le change ayant baissé, je n'ai eu que 1.400 roupies. Un confrère en partance pour la France me donna 665 roupies en échange de 2.000 francs à toucher à Paris; d'autres confrères me vinrent en aide en prenant sur leurs économies jusqu'à concurrence de 1.000 roupies. Cela, joint à mes économies et à quelques petites sommes venues de ci, de là, me permit de mener à bien ces constructions. Au mois de janvier ou de février, Mgr Chapuis viendra faire ses tournées de Confirmation dans mon district, il en profitera pour les bénir. A cette date, lors de la bénédiction du dispensaire, il y aura 12 ans que j'assistais à celle du dispensaire de Ayampettai bâti par le, P. Playoust; j'étais arrivé en mission depuis 3 jours, et Mgr Bottero m'avait pris avec lui pour ses tournées de Confirmation. Tout était nouveau pour moi dans l'Inde. En voyant la belle oeuvre établie par le P. Playoust, dont les parents sont de riches industriels dans le département du Nord, je l'admirais évidemment, mais même en songe, l'idée ne me vint pas que j'établirais un jour la même oeuvre. C'est une affaire à peu près faite. Le bon Dieu m'a demandé la foi dans le succès et le courage d'aller de l'avant envers et contre tous.

    Aujourd'hui, en disant ma reconnaissance et mes remerciements aux bienfaitrices et aux bienfaiteurs de mon district, je suis heureux de leur envoyer la photographie du dispensaire et du couvent des Religieuses, qui, mieux que tous les discours leur dira comment leurs aumônes ont été employées.

    Bien que leur générosité et leur zèle n'aient nul besoin d'être stimulés, cependant pour leur joie il n'est peut-être pas inutile de leur dire avec quel soin jaloux le missionnaire a fait fructifier leurs aumônes, et comment il s'ingénie et se donne de la peine pour tirer le meilleur parti de leurs bienfaits.

    Pour n'en citer qu'un exemple, le dispensaire et le couvent d'Atur, quoique non achevés, sont estimés par le Gouvernement à 12.000 roupies, et cependant ils n'en ont coûté que 4.500. Le secret d'une telle économie est bien simple : le missionnaire qui construit se fait architecte et contre maître; il prépare lui-même ses matériaux en faisant faire et cuire les briques et la chaux sous sa surveillance. Véritable cheville ouvrière, du matin au soir, il est avec ses maçons, il les stimule et les encourage; et ceux-ci travaillent mieux, plus longtemps et ne songent pas à la journée de huit heures. Ainsi donc, en tirant de chacun tout ce qu'il peut donner, le missionnaire arrive à bâtir avec moins de 5.000 roupies ce qui en coûterait 12.000 au Gouvernement.

    Néanmoins malgré mes efforts et mes économies, je dois avouer que ma bourse s'est trouvée vide avant que j'eusse pu achever mon entreprise. Pour installer les Soeurs, il me reste, en effet, à paver le couvent et le dispensaire, à les meubler discrètement et à construire les dépendances, cuisine, salle de bains, etc.

    Je suis donc arrêté, comme un voyageur qui, sur le point d'arriver au terme de son heureux voyage, se trouve subitement en face d'un obstacle qu'il ne peut franchir.

    J'ai besoin de vous, chers bienfaiteurs, et je me permets, une fois encore, de vous tendre la main, vous priant, vous suppliant de me donner votre obole, afin que le dispensaire d'Atur soit ouvert à tous les miséreux, que de nombreux baptêmes d'enfants de païens y soient administrés, en un mot qu'un bien considérable soit accompli. Que votre charité daigne réaliser mes voeux.

    Adresser les aumônes à :

    MADAME LA PRÉSIDENTE DE L'OEUVRE DES PARTANTS,

    26, rue de Babylone,

    Paris (VIIe).

    ou au. :

    R. P. BOULANGER

    Assistant du Supérieur

    Séminaire des Missions Etrangères

    rue du Bac, 128,

    Paris (VIIe).




    1923/105-106
    105-106
    Inde
    1923
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