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Kumbakonam la Chrétienté de Prattacoudy : Fondation et développement

Kumbakonam La Chrétienté de Prattacoudy Fondation et Développement La légende fait remonter à plus de 200 ans la fondation de la chrétienté de Prattacoudy. Il y avait alors à Magalanbady, village voisin de Prattacoudy, une déesse cruelle nommée Coujandalaï. Non contente des sacrifices ordinaires elle exigeait des victimes humaines.
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    Kumbakonam


    La Chrétienté de Prattacoudy

    Fondation et Développement

    La légende fait remonter à plus de 200 ans la fondation de la chrétienté de Prattacoudy. Il y avait alors à Magalanbady, village voisin de Prattacoudy, une déesse cruelle nommée Coujandalaï. Non contente des sacrifices ordinaires elle exigeait des victimes humaines.

    Une femme était allée à l'étang puiser de l'eau laissant dans son berceau un petit enfant encore à la mamelle. A son retour, le berceau était vide et les restes de l'enfant se consumaient dans le forer ardent. A cette vue, la pauvre mère se répand en cris, en lamentations et en gémissements, puis elle va se plaindre à la déesse qu'elle rend : responsable de son malheur, lui demandant pour quelle faute ignorée elle est si cruellement punie ?

    Tes fautes sont nombreuses, répond la déesse, et pour apaiser ma colère, il faut que toutes femmes enceintes du village me soient immolées avec le fruit qu'elles portent dans leur sein.

    Effrayés par cet ordre, les adorateurs de Coujandalai la conjurèrent de se montrer mois cruelle, promettant de lui obéir en toute antre chose, mais la suppliant d'épargner leurs femmes et leurs enfants. La déesse resta inflexible et exigea le sacrifice demandé.

    Irrités de cette barbarie les paysans décidèrent unanimement d'abandonner la méchante Coujandalaï « et de se faire chrétiens » puis saisissant la statue de la terrible déesse ils la précipitèrent dans I'étang du village, creusé près de la pagode. Après cette exécution, trois frères, chefs de famille, se rendirent ainsi que leurs enfants à Trichinopoly, à 12 milles au sud du village dont nous parlons et oit les Pères Jésuites se trouvaient alors. « Nous renions tous nos diables, dirent-ils ; aux missionnaires, et nous voulons devenir chrétiens, donnez-nous le baptême ». Les Pères les reçurent avec joie, les félicitèrent de leurs bonnes dispositions et après les avoir instruits le baptisés ils les renvoyèrent dans leurs foyers. Mais eux, ne voulant plus habiter Magalanbady, s'établirent en dehors du village, et l'endroit où ils élurent domicile prit le nom de Prattacoudy qui veut dire en tamoul « habitation au dehors du village ». Ils étaient seuls chrétiens dans l'endroit. Comme ils n'avaient pas de lieu de réunion et manquaient de ressources pour bâtir une chapelle, ils plantèrent une croix sur un tertre en maçonnerie et au-dessus ils élevèrent lui pandel, ou toit de branches de cocotiers supporté par quatre pierres de granit, et les néophytes convertis par le diable vinrent prier au pied de cette croix. Cette jeune phalange s'accrut rapidement. D'autres païens reçurent le baptême et grossirent la nouvelle chrétienté. L'on dut songer alors à construire une petite chapelle, et I'emplacement choisi lut celui-là même où avait été plantée la croix. L'oratoire fut fait en partie avec les matériaux d'une ancienne pagode ; il comprenait, outre le sanctuaire et l'autel, un porche où une vingtaine de personnes pouvaient se grouper, et à droite et à gauche de l'autel un emplacement susceptible de donner asile aussi à 20 chrétiens. Le reste du peuple restait dehors pour entendre la sainte messe quand le missionnaire venait visiter la petite chrétienté.

    On était à l'époque où les Français et les Anglais se disputaient l'empire de l'Inde. Toute la côte Est de l'Indoustan, de Madras à Trichinopoly était française. Une route récemment tracée reliait Trichinopoly à Pondichéry et passait par Prattacoudy qu'on appelait alors Xaveriar pattanam (ville de Saint François-Xavier). La femme d'un officier français mort à l'armée, Mme Marhini, disent les Indiens, suivant ce chemin, s'arrêta à Prattacoudy et planta sa tente au nord du village à l'endroit où quelques arbres sont restés comme vestiges de la route royale. C'était un dimanche, elle voulut entendre la sainte Messe. L'assemblée chrétienne était considérable, et la plus grande partie du peuple entendait la messe du dehors.


    Ce que voyant, la bonne et généreuse dame prise de compassion pour Ies fidèles forma la résolution de bâtir une église assez grande pour contenir toute la population chrétienne de l'endroit. Dos ordres furent donnés et peu de temps après, par les soins et aux frais de cette noble et vertueuse femme et sons la direction d'un Indien nommé Paramanandapilley on vit s'élever une église à trois nefs très solidement construite, suffisamment grande pour la population et contiguë à l'ancienne chapelle qui fut conservée. L'église se termina en 1715 et fut dédiée à Saint François-Xavier, comme l'atteste l'inscription tamoule placée au frontispice. Elle est pavée de belles dalles de granit empruntées à un ancien temple païen.

    Depuis lors que de générations se sont succédé et sont venues prier dane cette église ! Que de prêtres, que de saints missionnaires y ont offert le saint Sacrifice de la messe) L'un d'eux le Père Goust qui exerça, pendant plus de dix-huit ans, son zèle dans ce district, a laissé un nom entouré d'une telle vénération que l'on accourt de cinquante milles à la ronde pour venir prier à son tombeau, comme à celui des saints et des martyrs.

    A l'exception de la chrétienté de Calpaleam fondé avant celle de Prattacoudy, les nombreuses stations qui sur un rayon très étendu avoisinent Prattacoudy sont toutes filles de l'église de Saint François-Xavier.

    Aussi chaque année, le trois décembre, fête du grand apôtre des Indes, les chrétiens de ces divers postes se font-ils un devoir d'accourir en pèlerinage à l'église mère.

    Une fois encore cette église était devenue trop petite et en 1884 sous l'inspiration de Mgr Laouënan, il fut décidé que l'on y ajouterait deux bras lui donnant ainsi la forme d'une croix.

    Mais le plan était grandiose autant que les ressources faibles, et l'édifice inachevé attend qu'une autre dame française, dévote à saint François-Xavier, achève luvre fondée par Mme Marhini.


    1903/242-245
    242-245
    Inde
    1903
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