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Kumbakonam la Charité d'une lépreuse

Kumbakonam la Charité d'une lépreuse LETTRE DU P. LIGEON Missionnaire apostolique.
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    Kumbakonam la Charité d'une lépreuse

    LETTRE DU P. LIGEON
    Missionnaire apostolique.

    Un jour que j'allais à Sakanadaburam visiter mes nouveaux chrétiens, le catéchiste me dit : « Père, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer, notre village s'est augmenté d'un foyer; voyez cette maison en ruines, c'est la maison d'une lépreuse nouvellement venue de Kandy avec ses trois enfants; elle est païenne mais elle désire se faire chrétienne. C'est très bien, lui dis-je, fais la venir ». Un instant après, Arulai, ainsi se nommait la lépreuse, était en ma présence avec sa dernière fille. Je lui posai quelques questions auxquelles sa façon de répondre me fit voir que j'avais à faire à une âme droite et sincère. Après quelques paroles d'encouragement, je l'admis au catéchuménat avec ses trois enfants, un garçon et deux filles, et dès le lendemain je commençai leur instruction.
    Depuis quelques jours déjà, tous les quatre, joints à mes autres catéchumènes, étudiaient les prières avec ardeur lorsque la lépreuse tomba gravement malade.
    Pendant que je la préparais à recevoir le baptême et que je l'exhortais à se repentir de ses fautes, je compris à quelle belle âme j'avais à faire : réellement je fus touché de voir avec quelle componction elle implorait la miséricorde du bon Dieu et lui demandait pardon de ne l'avoir pas servi jusqu'alors.
    Un jour que j'étais venu dans sa misérable demeure, elle me dit après mon instruction : « Père, il y a ici une vieille païenne qu'il faut instruire et baptiser, je lui ai parlé du ciel, elle a le désir de se convertir. Où se trouve cette païenne, dis à ta fille de la faire venir ici ».
    Lorsque la vieille toute ratatinée et courbée par les ans et aussi les privations, m'eût salué, je l'interrogeai, et je vis que son désir d'embrasser notre religion était sincère. Je la fis étudier. Peu de jours après, je baptisai la lépreuse sous le nom de Salva Maria (Marie la Fortunée).
    Elle mourut bientôt dans les sentiments de la plus admirable piété.
    Le lendemain de sa mort, je baptisai la vieille païenne que la pauvre lépreuse m'avait fait connaître.
    En lui administrant le sacrement je fis un rapprochement entre la charité de saint Martin et celle de la lépreuse. Le soldat encore simple catéchumène avait partagé son manteau avec un pauvre. Ma lépreuse n'avait pas de quoi faire l'aumône matérielle ; elle en avait fait une plus riche en amenant à la connaissance du vrai Dieu et bientôt à la possession du ciel la vieille Indienne.
    1921/115
    115
    Inde
    1921
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