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Kouy-Tcheou troubles et pillages

Kouy-Tcheou troubles et pillages Lettre de M. Naville. Missionnaire apostolique. Tcha-tso. août 1922.
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    Kouy-Tcheou troubles et pillages


    Lettre de M. Naville.
    Missionnaire apostolique.

    Tcha-tso. août 1922.

    Nous sommes toujours dans le trouble et la confusion, sans compter les attaques et les pillages. On m'a tiré à bout portant un coup de revolver, la balle a effleuré mes habits ; on m'a tiré à 10 mètres un coup de fusil. Ma résidence a été cernée. Impossible de fuir. Depuis 10 h. du matin jusqu'à la tombée de le nuit, les brigands ont fait sentinelle à la porte de ma chambre: défense de bouger... La nuit, j'ai fui sous des habits d'emprunt et je suis allé à 1 kilomètre de la ville me réfugier dans une famille chrétienne. Le lendemain matin, après le départ des soldats, je rentrai chez moi. Monseigneur, averti pendant la nuit, m'envoie le P. Gros qui arrive dans la soirée ; nous passons tranquillement ensemble la journée du samedi et préparons la cérémonie des Rameaux, puis nous nous couchons.
    A minuit, grand branle-bas; les chrétiens nous pressent de fuir : les brigands ont été refoulés de Kouy-yang ici, à Tchatso. C'est une fuite éperdue ; nous partons sans rien emporter et nous marchons dans la nuit noire et sous la pluie. Enfin, à bout de forces, à 5 h. du matin, nous demandons l'hospitalité à une famille chrétienne près de laquelle nous décidons de passer la journée du dimanche. Puis nous envoyons aux informations : de partout, on nous dit que les soldats ont passé. Le lundi matin, nous nous décidons à rentrer chez nous ; heureusement, à 1 kilomètre de la résidence, nous nous arrêtons dans une famille chrétienne ; car après un instant de repos les nouvelles arrivent : les brigands sont restés en arrière ; vers midi, ils ont forcé l'entrée de la résidence et sont allés droit à ma chambre. N'y pouvant pénétrer, ils brisèrent les fenêtres et e s portes intérieures, et le pillage commença aux cris de , « Mort aux étrangers ! » Alors, nous faisons filer nos mules à travers les ravins et nous les suivons de près. A peine s'était-il écoulé 5 minutes depuis notre départ que les soldats arrivaient... Nous l'avons échappé belle ! Car c'était la mort assurée...
    Pendant ce temps, résidence, église, école de filles ont été pillées de fond en comble ; ils n'y ont laissé que des livres ; tout le reste a disparu ou a été brisé.
    A Kouy-yang, Monseigneur n'a pu me donner que quelques ornements déchirés, une nappe d'autel, un petit calice. Si quelque bonne âme pouvait m'envoyer un ornement convenable. Oh ! Je ne suis pas difficile, et je prierai de bon coeur pour tous ceux qui auront la grande charité de m'aider.

    1923/13-15
    13-15
    Chine
    1923
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