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Jubilé sacerdotal de M. Lesserteur

Jubilé sacerdotal de M. Lesserteur Directeur du Séminaire des Missions Étrangères de Paris Le 21 mai dernier a été célébré, au Séminaire des Missions Etrangères, le jubilé sacerdotal du plus ancien directeur de cette maison, M. E.-C. Lesserteur.
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    Jubilé sacerdotal de M. Lesserteur

    Directeur du Séminaire des Missions Étrangères de Paris

    Le 21 mai dernier a été célébré, au Séminaire des Missions Etrangères, le jubilé sacerdotal du plus ancien directeur de cette maison, M. E.-C. Lesserteur.
    Prêtre le 21 mai 1864, parti pour le Tonkin occidental le 15 juillet suivant, M. Lesserteur, après s'être formé au ministère apostolique, fut nommé par Mgr Puginier, supérieur du séminaire de Hoang-nguyen où tout était à organiser, et qu'il organisa très bien. Quelques années plus tard (1872), il devint directeur du Séminaire des Missions Etrangères où il professa la théologie dogmatique, puis exerça les fonctions de procureur. Supérieur du sanatorium des Missions Etrangères, à Hyères, en 1885, il installa, en 1886, notre sanatorium actuel de Saint-Raphaël a Montbeton (Tarn-et-Garonne) et le dirigea jusqu'en 1893. Revenu à Paris, et de nouveau professeur, il fut, de mars 1900 à juin 1901, supérieur du séminaire de l'Immaculée Conception, à Bièvres.
    Entre temps, il publia de nombreux articles dans les Missions Catholiques dont il est un des plus anciens collaborateurs, puisque les premiers articles historiques et géographiques qu'il leur adressa datent de 1873. Il a publié également des articles dans l'Univers, et dans la Revue française, alors dirigée par M. Marbeau ; il a traité dans plusieurs ouvrages des questions spéciales de théologie ; il a fait connaître au monde médical un remède employé au Tonkin, le Hoang-nan, et qui a parfois donné de bons résultats dans le traitement de la lèpre.

    1. Saint Jean, XV, 13.

    Son jubilé sacerdotal rappelait à ses confrères et à ses amis tous ces souvenirs qui ne peuvent être indifférents à nos lecteurs.
    A la messe qu'il chanta avec une émotion profonde, M. Lesserteur était assisté de trois autres directeurs du séminaire, M. Mollard, M. Compagnon et M. Garnier, remplissant les fonctions de diacre, de sous-diacre et de maître des cérémonies.
    A la réunion qui suivit, composée de Mgr Marcou, Vicaire apostolique du Tonkin maritime, de Mgr Foulquier, Vicaire apostolique de la Birmanie septentrionale, du supérieur et des directeurs du Séminaire et de plusieurs missionnaires, Mgr Marcou présenta au jubilaire les voeux et les félicitations des missions du Tonkin, du Séminaire et de la Société des Missions Etrangères tout entière. Il parla en termes heureux du souvenir si vivant que le Tonkin a gardé de l'apôtre ardent, dévoué, plein d'initiative, qui travailla là-bas de 1864 à 1871, de l'édification donnée par le prêtre plein d'une dévotion si fervente envers la Sainte Eucharistie et si filiale envers la Sainte Vierge. Remontant à quarante années en arrière, il rappela qu'il avait été le servant de messe du vieillard fêté en ce jour, et, dans une pensée où se mêlaient l'affection, le respect et une humilité touchante, il lui demanda de renouveler la bénédiction qu'autrefois il lui avait si souvent donnée, et il s'agenouilla.
    Trop ému pour exprimer ses sentiments avec cette éloquence chaude et colorée qui lui est propre, le jubilaire tendit en pleurant lei bras à l'évêque.
    Les aspirants présentent ensuite leurs compliments. Le plus ancien d'entre eux termine son discours par ce souhait dont nous voulons espérer la réalisation : « Laissez-moi, mon Père, en terminant, vous exprimer un voeu que nous avons tous formé ce matin, celui de voir Dieu vous combler longtemps encore des grâces du sacerdoce. Que Jésus accorde dans 10 ans, à nos successeurs en cette maison, de célébrer avec la même allégresse vos noces de diamant ! Puisse-t-il vous donner, mon Père ce serait pour vous la plus grande des joies de vivre assez longtemps pour voir placer sur les autels vos confrères d'ordination et de départ : Just de Bretenières, Beaulieu, Dorie et Huin, les glorieux martyrs de la Corée ».
    M. Lesserteur répondit en quelques mots. Il dit combien il était sensible à tous ces témoignages de respect et de sincère affection. L'un de ses souhaits les plus vifs est de voir s'accroître le nombre des aspirants. En souvenir de cette fête, il offrit à chacun de nous une image représentant la sainte Famille avec la prière de Notre Seigneur : « Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié ! Que votre règne arrive ! Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! »
    Espérons que les missionnaires devenant plus nombreux, le règne de Dieu se répandra plus vite et plus loin dans les régions encore assises à l'ombre de la mort.

    Ajoutons que les Vicaires apostoliques du Tonkin, en reconnaissance des services rendus à leurs missions par le vénérable Père, lui ont offert un très beau porte missel, incrusté de nacre aux nuances les plus fines, représentant les martyrs du Tonkin béatifiés en 1900 et 1909, et la Cène de Léonard de Vinci, chef-d'oeuvre d'imitation artistique et de patient travail.
    « Vraiment, comme le dira Mgr Marcou, en ce jour de douce et sainte joie, les âmes s'élevaient jusqu'au Ciel, et par la fête de l'Ascension qui y transportait notre pensée, et par le Jubilé du prêtre dont les vertus sont un exemple pour le gagner ».

    1914/199-200
    199-200
    France
    1914
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