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Journées de missions à Lille et à Strasbourg

Journées de missions à Lille et à Strasbourg Nos lecteurs savent que sur le désir des Souverains Pontifes Benoît XV et Pie XI des expositions et des conférences ont lieu, tantôt dans une ville, tantôt dans une autre, pour faire connaître les travaux des ouvriers apostoliques et pour exciter l'intérêt que tout catholique doit prendre à la diffusion de l'Évangile.
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    Journées de missions à Lille et à Strasbourg

    Nos lecteurs savent que sur le désir des Souverains Pontifes Benoît XV et Pie XI des expositions et des conférences ont lieu, tantôt dans une ville, tantôt dans une autre, pour faire connaître les travaux des ouvriers apostoliques et pour exciter l'intérêt que tout catholique doit prendre à la diffusion de l'Évangile.
    Ce qui avait été tenté jusqu'à ce jour en France ne constituait à cet égard que de timides essais. A Lille, grâce au zèle de Mgr Descamps et au crédit dont il jouit dans ce diocèse, à l'appui très bienveillant de Mgr Quilliet et à une organisation qui n'avait rien d'improvisé, la « Journée missionnaire » du 3 décembre marque une étape importante dans le mouvement de sympathie populaire créée par ces sortes de manifestations en faveur de l'apostolat lointain.
    Dès le 29 novembre s'ouvrait dans la grande salle de l'évêché une exposition de Missions : cartes, photographies, tableaux graphiques résumant par chiffres, courbes, diagrammes, etc. l'oeuvre des missionnaires, de nombreux travaux exécutés par les indigènes, des objets curieux des pays de missions, des costumes, idoles, portraits de missionnaires célèbres, etc. Il y eut 14 comptoirs appartenant à 14 Congrégations différentes dont 4 de religieuses.
    Du mercredi au lundi une foule considérable défila sans interruption. Au milieu de la salle on pouvait se procurer livres, cartes postales, plaquettes, et rares étaient ceux qui sortaient de la salle sans emporter un souvenir acheté ici ou là.
    Le comptoir des Missions Etrangères comprenait trois tableaux annamites empruntés à la Salle des Martyrs, avec deux petites vitrines contenant quelques reliques de nos martyrs. Au milieu, un tableau statistique de grand effet donnait en résumé l'état de notre personnel, de nos oeuvres, et de nos positions en Extrême-Orient.
    Une trentaine de photographies représentant les différentes races évangélisées et quelques-uns de nos plus beaux monuments religieux, distribuées sur deux panneaux, encadraient et illustraient la statistique. Sur une table recouverte d'une broderie chinoise, étaient disposés à une extrémité les ouvrages du P. Launay sur nos Missions.
    Une plaquette à couverture rouge, contenant 10 cartes postales très bien faites, et intitulée Les Martyrs, a été fort appréciée. Des ouvrages en caractères chinois, annamites, cambodgiens, laotiens, lolos, thibétains, sortis de notre imprimerie de Hongkong, attiraient l'attention.
    Ici et là quelques objets exotiques : un gong japonais, un gong birman, un costume de mandarin annamite, des idoles chinoises et siamoises, etc.
    La Croix du Nord, la Semaine Religieuse, la Dépêche, ont eu les appréciations les plus bienveillantes sur ce stand qui était, à leur avis, « un de ceux qui parlaient le plus éloquemment aux yeux et au coeur ».
    Deux aspirants prêtres, avec un zèle admirable et une prenante éloquence, si on en juge par le cercle d'attentifs qui se reformait sans cesse autour d'eux, donnaient des explications sur notre Société, nos Missions, nos Martyrs.
    Les Jésuites, les Lazaristes, les Oblats, les Franciscains, les Pères Blancs, les Missions Africaines de Lyon, les Missionnaires du Sacré-cur d'Issoudun et les Marianistes avaient également de très beaux comptoirs. Les religieuses exposantes étaient les Soeurs Blanches, les Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie, les Soeurs de Saint-Joseph de Cluny et les Auxiliatrices du Purgatoire.
    Le dimanche 3 décembre, des missionnaires des différentes Congrégations tinrent la chaire dans 15 églises, à toutes les messes; les religieuses donnèrent des conférences dans de vastes salles. Le soir il y eut aussi des conférences avec projections.
    Le P. Mollat, un de nos confrères, parla à l'église Saint-Maurice sur le résultat du labeur apostolique en Chine, et un autre, de nos confrères, le P. Michotte, fit une conférence sur les Indes au patronage d'Esquesmes.
    Dans l'église Saint-Maurice, les vêpres furent célébrées par Mgr Descamps, l'organisateur de la « Journée missionnaire », le directeur de l'oeuvre de Saint-pierre; elles furent présidées par Mgr l'évêque de Lille. Mgr de Guébriant y prit la parole devant une assemblée de plusieurs milliers de personnes. Après avoir parlé de sa visite apostolique en Sibérie, de l'état de l'église russe, il passa à l'état général des missions et à la situation de l'apostolat dans le monde païen :
    « Grâce à l'oeuvre de la Propagation de la Foi, créée à Lyon il y a cent ans, dit-il, l'organisation missionnaire a pu s'étendre au monde entier.
    « Maintenant s'ouvre une nouvelle période. Il faut que l'Église missionnaire se retire lentement pour faire place à l'Église définitive. L'évolution est inévitable, elle sera la dernière et durera longtemps peut-être, mais un jour les pays même les plus reculés auront leur Eglise plantée en pleine terre indigène et trouvant sur place tous les éléments nécessaires à sa vie.
    « Pour cela, il faudra former des clergés indigènes complets. Tel est précisément l'objectif que poursuit l'oeuvre de Saint-pierre ».
    En terminant, l'orateur souhaite que cette apostolique journée inspire aux catholiques du Nord la résolution efficace de collaborer à l'oeuvre des Missions.
    « Offrez pour elle, demande-t-il, vos prières et vos communions, vos sacrifices et les mérites de vos bonnes actions. Suppliez Dieu de multiplier les vocations missionnaires dan tous les pays, et surtout dans le nôtre.
    « Si la grâce d'une de ces vocations tombe dans vos paroisses ou dans vos familles, quoi qu'il vous en coûte, même s'il s'agit pour vous d'un frère ou d'un fils, ne vous opposez pas à l'appel de Dieu, ne prenez pas sur vous la responsabilité d'entraver ou de détourner une vocation missionnaire.
    « Tenez-vous au courant, en vous abonnant aux Revues qui enregistrent les efforts grandioses faits par l'Eglise depuis sa fondation pour étendre sur terre le royaume de Dieu.
    « Agrégez-vous, pour devenir leurs associés sérieux, aux oeuvres de la Propagation de la Foi, de Saint-pierre et de la Sainte Enfance. A vos cotisations régulières, ajoutez quelquefois des dons. Rappelez-vous que si un verre d'eau, quand il est offert au nom de Dieu, ne reste pas sans récompense, le don de la Foi, fait aux hérétiques, aux schismatiques et aux païens, sera pour vous une cause de bénédictions sans nombre ici-bas et d'une gloire incomparable dans l'autre !
    Pour illustrer la parole de l'évêque missionnaire, et peindre aux yeux ce que fut à travers les siècles la mission conquérante de l'Eglise dont Mgr de Guébriant avait fait apparaître dans un prochain avenir la dernière phase, M. le doyen de Saint-Maurice avait organisé un cortège historique qui eut tout le succès qu'il voulait atteindre, et émerveilla les assistants.
    En voici la composition :

    1° La Rédemption du genre humain par la vie et la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ.
    Voici la naissance de l'Enfant Dieu porté clans sa crèche par quatre petits anges et adoré par les bergers.
    Derrière ce groupe s'avancent dans leurs riches costumes orientaux les trois rois Mages portant leurs présents et entourés de leur Cour. Une étoile d'or les précède et les amène aux pieds de Jésus : c'est la vocation des nations à la lumière de l'Evangile.
    L'Evangile, c'est la Bonne Nouvelle que jésus prêche aux juifs sur les chemins de la Judée, et qui en Mérite la grâce aux hommes par le sacrifice sanglant de sa croix portée jusqu'au Calvaire, et sur laquelle il va mourir, au milieu des plus atroces souffrances représentées par les instruments de sa Passion.

    2° La Mission des apôtres. L'Evangile et la grâce vont être portés à toutes les nations par les douze apôtres que Jésus s'est choisi parmi ses disciples. 1l sont là, les douze, qui après l'Ascension du Sauveur sont allés le bâton de voyageur à la main, à travers le monde, annoncer la bonne nouvelle du salut et sceller du sang de leur martyre le témoignage rendu à ta divinité de leur Maître. Pendant dix-huit cents ans leurs successeurs les ont suivis sur les chemins de toutes les nations. Sans se lasser ils ont prêché la parole de Dieu, ils ont étendu le règne de Jésus-Christ à tous les peuples qui ont au cours des siècles accueilli leur parole, et maintenant ils continuent leur mission.

    3° Les OEuvres missionnaires. Toutes les trois sont nées du coeur généreux de la France. La Sainte Enfance dont la bannière est suivie par un groupe nombreux de religieuses de différents Ordres qui s'occupent des Missions étrangères : Soeurs Blanches, Soeurs de Saint-Joseph de Cluny, Filles de la Charité, Auxiliatrices du Purgatoire, Soeurs Franciscaines, etc.

    La Propagation de la Foi est représentée par la statue du héros de l'apostolat, saint François-Xavier, portée sur les épaules de quatre prêtres étrangers : un Chinois, un Yougo-Slave, un Brésilien et un Hollandais. Elle est suivie par un groupe compact de missionnaires de tous les Ordres.

    L'OEuvre de Saint-pierre, toute nouvelle, récemment établie par le Pape Benoît XV pour fournir des clergés indigènes aux différentes nations, où la foi prêchée depuis plusieurs siècles a déjà élevé de nombreuses familles chrétiennes, et qui sont appelées à se suffire à elles-mêmes dans un temps plus ou moins rapproché.
    Dominant tous ces groupes qui représentent l'histoire de sa mission à travers les âges, l'Eglise s'avance sur la barque de Pierre. A son front brille la tiare des Papes, ses mains tiennent haut la croix de Jésus et présentent, au monde l'Evangile ; à ses pieds des enfants agenouillés symbolisent les diverses nations de toutes couleurs qui lui sont soumises, des anges tiennent le filet des pêcheurs qu'ils vont jeter de nouveau sur la mer pour la pêche des âmes; à la poupe, près du gouvernail, Jésus, dans la sainte Eucharistie, est toujours le pilote de la barque sacrée. La composition de ce groupe symbolique est un vrai chef-d'oeuvre inspiré par la Foi.
    Précédé du clergé, Mgr Quilliet et Mgr de Guébriant suivaient le cortège en bénissant la foule.
    Après la procession, le salut fut chanté par Mgr de Guébriant.
    Le soir, Mar Descamps, à qui va notre très vive gratitude et celle de tous les missionnaires, donna à ses hôtes la joie d'apprendre qu'il organiserait une nouvelle Journée missionnaire à Roubaix pour le 4 février, et en fit prévoir d'autres à Rouen et à Amiens.
    Que Dieu soit béni des saintes inspirations qu'il met au coeur des amis des missionnaires !

    ***

    A Strasbourg a eu lieu en même temps qu'à Lille une fête des Missions. Elle consistait principalement dans une exposition d'ornements, linge d'autel, calices, etc., au profit des Missions. Les sermons dans les églises ont été donnés par des missionnaires d'Afrique. A la suite de cette « journée », nous avons reçu de M. le chanoine Lutz, directeur diocésain de la Propagation de la Foi, plusieurs lots d'ornements pour les missionnaires alsaciens de notre Société.

    1923/31-35
    31-35
    France
    1923
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