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Impressions d'Europe par un prêtre Indien

Impressions d'Europe par un prêtre Indien Parmi les nombreux Indiens venus en pèlerinage à Rome à l'occasion de l'Année Sainte se trouvait le R. P. Thomas, rédacteur d'une revue hebdomadaire, le « Catholic Leader», dans laquelle il a résumé (N° du 11 janvier 1934) les impressions qu'il a rapportées de son premier voyage en Europe. A l'intention de nos lecteurs nous traduisons cet article, qui nous a paru de nature à les intéresser. ***
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    Impressions d'Europe par un prêtre Indien

    Parmi les nombreux Indiens venus en pèlerinage à Rome à l'occasion de l'Année Sainte se trouvait le R. P. Thomas, rédacteur d'une revue hebdomadaire, le « Catholic Leader», dans laquelle il a résumé (N° du 11 janvier 1934) les impressions qu'il a rapportées de son premier voyage en Europe. A l'intention de nos lecteurs nous traduisons cet article, qui nous a paru de nature à les intéresser.

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    En visitant l'Europe nous avons à la fois beaucoup à apprendre et beaucoup à désapprendre. Ce qui, dès le premier contact, frappe le visiteur, c'est l'activité, la vivacité de la population. Chacun paraît constamment en mouvement, occupé à quelque travail, et cela est si apparent dans la vie européenne que l'homme habitué aux usages tranquilles de l'Orient se voit lui-même contraint de s'adapter à cette nouvelle ambiance. Ce n'est, d'ailleurs, pas difficile : le climat y est vif et l'on peut travailler davantage ou combiner travail et loisir dans une proportion plus agréable que nulle part ailleurs.
    Nos lecteurs indiens apprendront avec surprise que, dans les gares de chemin de fer, il n'y a ni sifflet, ni cloche, pour annoncer le départ des trains : ce seul détail révèle avec quel soin et quelle exactitude tout est réalisé.
    On est également frappé de l'ordre, de la régularité et de la discipline qui paraissent si naturels aux masses européennes. Ce niveau très élevé de bon ordre et le sens développé du devoir public sont si caractéristiques de l'homme moyen que ces qualités peuvent être considérées comme constituant la différence la plus remarquable entre l'Orient et l'Occident.
    L'habitude de la lecture est, elle aussi, si universelle que la réplique de nos petits groupes occupés à bavarder se rencontre dans les réunions d'individus plongés dans la lecture, que l'on observe dans les trains, les tramways, les autobus et les métros, à Londres comme à Paris, chacun s'occupant ainsi de ses affaires personnelles.
    Une longue tradition chrétienne a laissé son empreinte sur les habitudes de la vie européenne en ce qui concerne les relations de voisinage : bienveillance et courtoisie sont très évidentes dans l'attitude de toutes les classes de la société. Je pourrais citer à ce propos et avec gratitude diverses circonstances qui me révélèrent les dispositions charitables de personnes complètement inconnues s'offrant d'elles-mêmes à m'aider pour porter quelque paquet, et cela dans cette ville si terriblement affairée qu'est Londres, ou encore en Hollande, en Belgique. La présence de femmes dans presque toutes les branches d'activité fait aussi réaliser au visiteur l'idée chrétienne de l'égale dignité des sexes.
    Une visite occasionnelle à la campagne m'a aussi fait observer que la différence entre villes et villages n'est pas aussi tranchée que dans les Indes. Presque toutes les commodités modernes : électricité, téléphone, hôtels, restaurants, magasins, se rencontrent aussi bien dans les milieux ruraux, et le niveau de la vie y est sensiblement le même que celui des centres urbains. Il n'y a aussi que peu de chose qui, dans les costumes ou les usages, permette de distinguer une classe sociale d'une autre.
    Cette unité de pensée et d'action, combinée avec l'effort individuel de chacun pour travailler à l'amélioration de son sort, constitue une facteur important de prospérité et de solidarité nationales, en même temps qu'elle développe un louable sentiment d'indépendance personnelle. Aussi est-on frappé de l'étroite et volontaire collaboration entre les gouvernements et les peuples en vue d'une administration pacifique et progressive des divers états.
    L'auteur de l'article mentionne ensuite les familles ou les institutions qui l'ont aidé à réaliser son programme de visite des organisations catholiques en France, en Belgique, en Hollande, en Angleterre et en Irlande. Nous le remercions d'avoir, malgré la brièveté de son séjour parmi nous, mentionné notre Séminaire de Paris, qui a été heureux de lui offrir, comme à ses confrères, une cordiale et toute fraternelle hospitalité.
    Si, d'après les passages que nous venons de citer, nos lecteurs ont pu apprendre en quoi, sur certains points, les Indes diffèrent de l'Europe, ils auront constaté aussi que parmi les catholiques et particulièrement parmi les prêtres indiens, il y a des hommes de réelle culture, qui font honneur et à leur pays et à leur religion.

    1934/121-124
    121-124
    Inde
    1934
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