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Hué, Famine et conversions.

Hué Famine et conversions. RAPPORT DE MGR ALLYS Vicaire apostolique. L'exercice 1924-1925 a été très dur pour la Mission de Hué. Après une moisson déficitaire, un typhon qui fit rage dans plusieurs provinces de l'Annam central occasionna une crue extraordinaire qui, sans parler des maisons renversées et des animaux noyés, causa la mort de plusieurs centaines de personnes.
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    Hué

    Famine et conversions.

    RAPPORT DE MGR ALLYS
    Vicaire apostolique.

    L'exercice 1924-1925 a été très dur pour la Mission de Hué. Après une moisson déficitaire, un typhon qui fit rage dans plusieurs provinces de l'Annam central occasionna une crue extraordinaire qui, sans parler des maisons renversées et des animaux noyés, causa la mort de plusieurs centaines de personnes.
    Si, après cette formidable inondation, le temps s'était remis au beau, les sinistrés auraient pu réparer au moins en partie les dégâts et surtout sécher le riz qui, en beaucoup d'endroits, avait été submergé dans les greniers; malheureusement, les derniers mois de 1924 et les premiers de 1925 furent si pluvieux qu'un grand nombre de pauvres gens, dans l'impossibilité de travailler, n'eurent bientôt plus de quoi manger.
    Ce fut alors par bandes que les affamés circulèrent dans la province de Thuathien, et surtout dans celle de Quangtri.
    La Résidence Supérieure de Hué, émue d'une pareille situation, s'empressa de faire venir du riz de Saigon; mais le chômage ayant suivi l'inondation, une foule de personnes, n'ayant plus d'argent, furent dans l'impossibilité de payer le riz fourni par le Protectorat et vendu d'ailleurs à un prix très élevé.
    On établit bien dans certains centres des chantiers de misère où du riz était distribué pour un minimum de travail; mais peu de gens pouvaient s'y rendre, et beaucoup de ceux qui y venaient étaient tellement épuisés que les secours donnés même généreusement ne les empêchaient pas de mourir de faim.
    De décembre à mai, le nombre des morts ne fit qu'augmenter de jour en jour, surtout dans la province de Quangtri. Quel a été parmi les païens le nombre des' victimes ?Je ne saurais le dire même approximativement. Ce que je puis affirmer c'est que, parmi nos catholiques, ce nombre ne dépasse pas beaucoup le millier; s'il n'a pas été plus élevé, nous le devons sans doute aux dispositions prises par M. Pasquier, Résident Supérieur de l'Annam, mais aussi et surtout aux abondants secours qui nous furent procurés par de généreux bienfaiteurs de la Cochinchine. Les missionnaires purent ainsi soulager leurs ouailles et les païens qui, en ces moments de détresse, s'adressaient à eux.
    Malgré toutes ces tristesses, le clergé de la Mission a courageusement travaillé à la sanctification des fidèles et à la conversion des païens. L'oeuvre des catéchumènes a été l'objet de la sollicitude d'un grand nombre de nos prêtres; leurs efforts et leurs sacrifices n'ont pas été inutiles, et c'est avec une joie bien compréhensible qu'en faisant l'addition de nos baptêmes d'adultes, je suis arrivé au total de 3.634, dont 57 in articulo mortis.
    Actuellement nous pourrions encore instruire d'autres catéchumènes, car les demandes de conversion sont toujours nombreuses; mais le personnel enseignant nous fait toujours défaut et, plus que jamais, nous manquons de ressources pour entretenir les catéchuménats. Le taux exorbitant de la piastre réduit au cinquième de leur valeur les allocations qui nous sont accordées par les OEuvres de la Propagation de la Foi et de la Sainte Enfance, et la Mission a dû en venir aux moyens héroïques : s'endetter.

    1926/124-125
    124-125
    Vietnam
    1926
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