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Hommage de Maryknoll à la mémoire de Mgr Gauthier

Hommage de Maryknoll à la mémoire de Mgr Gauthier Des Missions Etrangères de Paris, Vicaire apostolique de Pakhoi. La mort de Mgr Gauthier, vicaire apostolique de Pakhoi, a privé la Société de Maryknoll d'un de ses premiers et meilleurs amis en
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    Hommage de Maryknoll

    à la mémoire de Mgr Gauthier

    Des Missions Etrangères de Paris,
    Vicaire apostolique de Pakhoi.

    La mort de Mgr Gauthier, vicaire apostolique de Pakhoi, a privé la Société de Maryknoll d'un de ses premiers et meilleurs amis en
    Chine, et un de ses plus insignes bienfaiteurs. Maryknoll doit à Mgr Gauthier, plus qu'à tout autre, tout le succès qui a couronné ses premiers efforts apostoliques. Ce fut lui qui enseigna, par ses sages conseils, la conduite et les méthodes que la nouvelle mission de Maryknoll devait suivre ; ce fut lui qui donna l'exemple de la vie et des labeurs apostoliques, qui devaient être un modèle et créer une tradition. S'il est vrai qu'une oeuvre bien commencée est à moitié terminée, la reconnaissance que Maryknoll doit à Mgr Gauthier est assurément bien grande : car ce fut lui qui assura un bon commencement. La mort de ce vaillant apôtre ne fut ressentie par personne plus vivement que par Maryknoll et ses premiers missionnaires.
    Quand le Père Walsh, supérieur général de Maryknoll, se rendit en Chine en 1911, afin de chercher un champ d'apostolat pour sa jeune société, il fut accueilli par Mgr de Guébriant, archevêque de Marcianapolis (alors vicaire apostolique de Canton), qui lui offrit de prendre la direction d'une partie de son territoire La nouvelle entreprise inaugurait la participation de l'Amérique au travail des missions étrangères, aussi Mgr de Guébriant, très soucieux d'assurer le succès de cette oeuvre, mit le comble à sa première générosité par une nouvelle faveur. Il lui donna un de ses missionnaires les plus distingués pour diriger les débuts si importants de la nouvelle fondation. Le missionnaire choisi pour ce travail fut Mgr (alors Père) Gauthier.
    Pendant deux années entières, Mgr Gauthier consacra tout son temps à initier à l'apostolat les nouveaux missionnaires de Marykuoll. Il commença son ministère en allant leur souhaiter la bienvenue sur le bateau le jour de leur arrivée en Chine, et depuis lors il ne cessa de les entourer de sa sollicitude toute paternelle. H organisa tout pour eux. Il leur procura leur premier maître chinois. II leur vint en aide de mille façons. Il les accompagna dans leur mission de Yeung-Kwong. Enfin, il s'installa avec eux pour les initier au travail des missions dans lequel il était passé maître.
    La formation inculquée par Mgr Gauthier était essentiellement pratique. Il instruisit par son exemple plutôt que par ses préceptes. Pendant ces années de préparation, ce fut Mgr Gauthier qui assuma la plus grande partie du travail de la mission. Il s'occupa des chrétiens, résolut leurs difficultés et supporta toutes les charges. En même temps, il encourageait ses jeunes assistants à prendre part aux travaux de la mission dans la mesure de leur capacité, et il était toujours prêt à les aider de ses explications et de ses conseils. En un mot, il leur fit un cours idéal de missiologie capable de laisser un impression durable sur ses disciples : et il en fut ainsi.
    Une chose qui frappa surtout les missionnaires de Maryknoll fut la disposition de Mgr Gauthier à prendre toujours pour lui la tâche la plus dure. Depuis 25 ans il était en Chine et il avait dépassé la cinquantaine. Bien que doué d'une robuste constitution, son pénible ministère avait affaibli ses forces physiques, et les jeunes missionnaires étaient soucieux de lui épargner les fatigues le plus possible. Au contraire, il insistait pour faire les tournées les plus difficiles, choisissant la chambre la plus pauvre, le lit le plus dur; de façon générale il prenait pour lui tous les désagréments que nous rencontrions en cours de route. Voir un prêtre de son âge, de son expérience et d'un aspect si vénérable faisant si peu cas des petites épreuves si communes à la vie de mission en Chine était un grand sujet d'édification et un excellent encouragement pour ses compagnons.
    Quand Mgr Gauthier fut sacré évêque, il choisit pour devise In itineribus soepe ; ce qui ne surprit aucun de ceux qui le connaissaient, car cette devise résume bien toute sa carrière apostolique, son empressement à entreprendre de longs et pénibles voyages, si nécessaires en Chine, était vraiment remarquable. Pour des missionnaires dans le lieur de l'âge, les voyages en Chine peuvent avoir leurs agréments, mais pour un missionnaire avancé en âge ces expéditions sont un véritable critérium de zèle apostolique. Cependant Mgr. Gauthier était toujours prêt pour toutes sortes de voyages, et il les faisait généralement avec plus de cran et moins de phrases que ses plus jeunes et plus robustes confrères.
    Possédant parfaitement le dialecte de Canton, Mgr. Gauthier était toujours à son aise avec les chinois, chrétiens ou païens, et ses relations avec eux devenaient une leçon de choses pour ses disciples qui se perfectionnaient ainsi sur la manière d'entrer en contact avec le peuple et de gagner sa confiance. En plus de sa maîtrise du langage, sa bonne humeur lui gagnait invariablement l'affection de tous les Chinois, sa manière d'agir avec le peuple était merveilleuse ; aussi en était il récompensé par une extrême popularité. Les chrétiens l'adoraient, les païens l'admiraient et l'entouraient de respect.
    Quoique très populaire, Mgr Gauthier garda toujours une juste mesure dans le traitement des affaires du peuple. Il avait une parfaite expérience dans l'administration d'une mission, et il avait acquis une grande prudence pour régler les troubles et les disputes qui ont continuellement lieu en Chine. Il était tin pacificateur accompli et savait dissiper les malentendus par quelques mots bien choisis et une plaisanterie. Mais il savait aussi être sévère quand une chose était sérieuse, et qu'une réprimande était nécessaire. Il était franc et sans détours quand il s'agissait d'une question de principe où le bien de l'Eglise était en jeu. C'est ainsi que pendant toute sa vie apostolique il observa la sage maxime : Une main de fer dans un gant de velours.
    Ses qualités personnelles étaient si avenantes qu'il avait vite gagné les sympathies de ses confrères. Tout en étant le directeur et le guide des jeunes, il restait en même temps leur ami. Ces deux années d intime association cimentèrent une bien profonde amitié entre Mgr Gauthier et les prêtres de Maryknoll. Ceci était dû au talent qu'il avait de donner une bienveillante interprétation aux bévues de ses jeunes associés. En dépit de ces grandes capacités comme parfait missionnaire, il était admirable à l'égard des imperfections des autres, toujours attentif « à ne pas casser le roseau meurtri, ni éteindre la Mèche qui fume encore ». Cette direction mêlée d'encouragements répondait parfaitement aux besoins d'un jeune missionnaire; et il n'est pas étonnant que les prêtres de Maryknoll, qui eurent le privilège d'être formés par Mgr Gauthier lui gardent à jamais une dette de profonde reconnaissance.
    Guide et maître, modèle et exemple, père et ami : tel fut le rôle rempli par Mgr. Gauthier dans la formation de notre première mission étrangère d'Amérique. Ce que Maryknoll lui doit est inexprimable, sa mémoire demeurera en bénédiction tant que la mission de Maryknoll durera eu Chine. Maintenant qu'il a terminé sa carrière, qu'il a parcourue en géant et qu'il a obtenu la récompense des apôtres, puisse son âme d'apôtre continuer de bénir du haut du ciel la petite mission qu'il a lancée avec tant de compétence et de zèle ! Pour notre part, nous le considérons comme un ange de Dieu envoyé pour diriger nos pas dans le droit chemin : Tu vero, homo unanimix : dux meus, et notus meus : qui simul mecum dul ces capiebas cibos : ln domo Dei ambulavimus cum consensu.
    Ps. 54-14
    James F. WALSH, A. F. M.
    vic. ap. de Kongmoon.

    1929/56-59
    56-59
    Chine
    1929
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