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Hakodaté faveur Obtenue

Hakodaté faveur Obtenue DE N. -D. DE LOURDES LETTRE DE Mgr BERLIOZ.
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    Hakodaté faveur Obtenue DE N. -D. DE LOURDES
    LETTRE DE Mgr BERLIOZ.
    « Le 23 novembre 1915 eut lieu la bénédiction solennelle de la chapelle de Fukushima. Le maire assistait à la cérémonie, le préfet s'y était fait représenter ; il y avait aussi le chef de la police, plusieurs directeurs d'école et les délégués de la presse locale. Jamais, jusqu'ici, les chrétiens ne s'y étaient trouvés réunis aussi nombreux, car il en était venu aussi des campagnes environnantes. Parmi ces derniers, il y avait un jeune homme de vingt et quelques années, qui fut confirmé ce jour-là, et dont l'histoire mérite d'être racontée. Neveu d'un sénateur du département de Fukushima, riche, ayant reçu une éducation soignée, il se trouva un jour affligé d'une maladie de poitrine, qu'il vint soigner au chef-lieu à l'hôpital de la Croix-Rouge. Les gardes-malades, qui le veillaient les premiers jours, disent qu'il était d'une humeur insupportable et qu'elles ne l'approchaient qu'en se faisant violence. Cependant l'une d'elles, catéchumène de Morioka, bien connue pour son franc-parler, le trouva un jour plongé dans la lecture d'un livre protestant. « Si vous voulez connaître le vrai christianisme, dit-elle, ce n'est pas ce livre qui vous renseignera, laissez-moi vous en procurer un autre mieux autorisé ». En venant à la messe le dimanche suivant, elle demanda pour son malade l'Histoire des Martyrs du Japon et d'autres ouvrages préparatoires à l'étude du catéchisme. Le premier effet de ces lectures sur notre jeune homme fut d'adoucir son caractère ; ce n'était plus le mécontent de la veille, il était devenu docile, et l'infirmière catéchumène n'eut pas de peine à lui persuader de venir à la mission catholique le jour où les médecins lui permettraient de sortir. Après quelques entretiens avec le missionnaire, la résolution du malade fut prise, et, dans son grand désir de s'instruire pour devenir parfait, il voulut lire tous nos livres. Sa mère, fervente bouddhiste, était heureuse du double changement opéré dans la santé et dans le caractère de son fils ; mais elle gémissait en secret de le voir imbu des principes de la religion si décriée des chrétiens. Elle fit donc un voeu à ses divinités pour obtenir que son enfant restât fidèle, à la croyance des ancêtres de la famille. Non seulement elle ne fut pas exaucée, mais le convalescent lui déclara un jour qu'en sa qualité de chef de famille, il avait le devoir de détruire tous les objets superstitieux conservés à la maison, afin de recevoir le baptême avec les dispositions requises. La mère était très attachée à sa religion, mais d'autre part, elle subissait déjà l'ascendant que son fils exerçait sur elle, et qui se traduisait à son égard par des actes de piété filiale, plus affectueuse que jamais. Elle dit oui, mais elle réclama pour elle la tablette portant le nom bouddhiste de son mari défunt. Tout le reste fut détruit et replacé par la croix et par des images catholiques.
    « Après son baptême, le malade se rendait à jeun à la messe le dimanche pour pouvoir communier (sa maison est à une heure de marche du chemin de fer, lequel l'amène à Fukushima en une demi-heure environ). Il vivait dans la disposition habituelle de ne jamais offenser Dieu de propos délibéré et, pour y arriver, il s'aidait des exercices de l'oraison mentale et de l'examen particulier. C'était vraiment un chrétien modèle.
    « Au mois d'août 1916, des vomissements de sang se déclarèrent ; on crut voir arriver l'heure de sa mort. M. Defrennes le trouva, en effet, à la dernière extrémité, entouré de médecins et de parents accourus pour l'adieu suprême. M. Montagu, qui l'avait instruit et préparé au baptême, était venu de Sendai pour le voir encore une fois et consoler sa famille. On fit boire au malade un peu d'eau de Lourdes et on attendait la fin. Faisant effort pour surmonter sa faiblesse, le mourant dit à ses parents réunis : « J'ai une chose à vous demander avant de « mourir : promettez-moi tous de vous faire chrétiens ! » « Oui nous le promettons », dit sa mère. Les autres lui ayant donné la mène assurance. « Eh ! Bien, maintenant je mourrai en paix » ajouta-il-il. Cependant M. Deffrennes lui dit d'avoir confiance en Notre Dame de Lourdes et de lui demander encore sa guérison.
    « A partir de ce moment, le malade sembla se ressaisir ; un mieux continu se déclara et, quelques semaines après, il était debout, faible il est vrai, mais plus occupé que jamais à veiller à l'exécution des promesses de sa mère et de ses frères et soeurs.
    1917/149-150
    149-150
    Japon
    1917
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