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Guérison de Maria Tricong

Guérison de Maria Tricong NÉE A CAI-MONG EN 1856, ENTRÉE AU COUVENT EN 1871 ET PROFESSE EN 1875 Pendant de longues années, cette religieuse fut envoyée en district, tantôt comme institutrice, tantôt comme catéchiste, ou comme baptise use d'enfants païens.
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    Guérison de Maria Tricong

    NÉE A CAI-MONG EN 1856, ENTRÉE AU COUVENT EN 1871

    ET PROFESSE EN 1875

    Pendant de longues années, cette religieuse fut envoyée en district, tantôt comme institutrice, tantôt comme catéchiste, ou comme baptise use d'enfants païens.
    Rentrée à la communauté avec lés autres surs, au commencement de février 1895, sur la remarque d'une de ses compagnes, elle s'aperçut de la naissance, au milieu du cou, à l'endroit appelé pomme d'Adam, d'une petite glande, à peine grosse comme le bout du doigt, ronde, mobile, non douloureuse
    Inquiète, elle alla sur l'avis de son frère, dans un village voisin, consulter un médecin païen, le plus en vogue des environs.
    Ce médecin, après mûr examen, dit franchement à la sur, qu'elle était atteinte, au cou, d'une glande, ou mieux d'une pierre naissante (Thach thuong tho) ; qu'il avait été témoin, dans sa longue carrière, de plusieurs maladies de cette sorte, et que cette excroissance, grossissant de jour en jour, deviendrait dure comme une pierre, l'empêcherait de boire et de manger et la conduirait sûrement à la mort. « Pas de médecine qui tienne, ajouta-t-il, et aucun médecin n'est capable de guérir une telle maladie ».
    Après cet arrêt, la pauvre religieuse, d'abord toute interdite, finit par se faire à l'idée d'une mort certaine et à bref délai, non seulement avec résignation, mais avec une certaine joie.
    « Ainsi, disait-elle, je suis sûre de mourir dans ma vocation et puis ma mort sera un bon débarras pour le couvent ; car j'ai un caractère difficile, pointilleux. Souvent, mes compagnes que j'aime cependant de tout mon cur, se plaignent de mes procédés, et mes supérieures ne cessent de me rappeler à la charité, et de me faire remontrances sur remontrances. Oh ! Oui, mourir maintenant, c'est un gain pour moi, pour mes surs, et surtout pour mes supérieures !»
    Selon la prévision du médecin annamite, la glande ne fit que grossir, et la malade dut rester à la communauté. Pendant quelques mois, elle put boire et manger sans trop de difficulté, mais bientôt il lui fut impossible de tourner la tète ni à droite, ni à gauche.
    C'est alors que je lui ordonnai de demander sa guérison à la sainte Vierge, lui rappelant les grâces insignes accordées à plusieurs de ses consurs. « Mais, me répond-elle, pourquoi demander ma guérison ? Il m'est plus avantageux de mourir ». « Et ton vu d'obéissance, qu'en fais-tu ? » « Oh ! Père, ju'oubliais ! »
    Elle prit donc une médaille miraculeuse bénite, qu'elle plaça sur la glande, et la couvrit d'une espèce de mouchoir. Pendant quatre mois, tous les soirs, vers dix heures, elle récitait à genoux, sur son lit, les bras en croix, six Pater, six Ave, six Gloria, et un Memorare, demandant, souvent avec larmes, que la sainte Vierge daignât la guérir ; souvent elle songeait à ses péchés combien peu expiés, au purgatoire qui serait très rigoureux pour elle, puisque jusqu'ici ses souffrances corporelles avaient été si minimes ; mais surtout la pensée, qu'elle devait mourir sans recevoir le saint Viatique, lui fendait le cur et redoublait ses larmes.
    Cependant, la glande dure comme une pierre, comprimant le pharynx, était devenue grosse comme un oeuf, et la déglutition très difficile menaçait de devenir absolument impossible.
    Enfin, le dimanche, 25 août, fête du Saint Cur de Marie, vers dix heures du soir, à genoux sur son lit, elle venait de réciter ses prières accoutumées ; elle s'écria : « O Marie, ma bonne Mère, vous plus puissante que les Anges et les Saints réunis, ayez pitié de votre enfant. Veuillez au moins changer cette infirmité et la remplacer par une autre maladie aussi douloureuse que celle de la bonne vieille Maù (1). Ainsi, mon purgatoire sera fait en ce monde, et je ne serai pas privée du saint Viatique ».
    Des larmes abondantes lui coulaient des yeux, quand elle entend distinctement une toute petite voix, « comme au confessionnal », lui dire : « Prends la médecine qui se trouve dans ta caisse, fais-en un emplâtre, et tu seras guérie ».

    (1) Une autre religieuse du couvent.

    Le lendemain matin, 26 août, elle cherche et trouve au fond d'une vieille caisse, une espèce de cérat dont elle avait oublié l'existence, panacée universelle pour clous, plaies, maux d'yeux etc. etc. et dont son vieux père lui avait donné la formule, mais cérat éventé, corrompu et de mauvaise odeur... Ce cérat se composait de camphre, de sulfate de chaux, d'alun, de rue, officinale, d'huile de cocos et de cire d'abeilles.
    Aussitôt, elle enduit de ce cérat de coton qu'elle place sur son cou avec la médaille miraculeuse. A midi la glande lui semble moins dure et devenir molle. Vers trois heures, la malade me rencontre à l'infirmerie, et m'affirme que la sainte Vierge commence à la guérir. Je me moque d'elle, et je lui répète en riant, qu'à sa mort je ferai sonner, en branle, les six cloches de l'église, en signe de joie et de délivrance.
    Peu de jours après, elle me montre la glande qui a diminué de moitié, et elle m'affirme qu'à la fête de la Nativité de la sainte Vierge tout le mal aura disparu.
    En effet, ce jour-là, toutes les religieuses des paroisses, étant de retour à la communauté, constatèrent avec moi la disparition complète du mal. La guérison avait eu lieu en moins de neuf jours.
    Mais la bonne Mère du Ciel ne fait pas les choses à demi. Le caractère de la religieuse s'est transformé.
    Après la grande retraite annuelle qui se termine à la fête du Rosaire, cette enfant privilégiée de Marie fut de nouveau envoyée en paroisse, où elle manifeste un zèle tout nouveau, et emploie, pour le salut des âmes, la santé qui lui a été rendue d'une manière si extraordinaire.

    MARS AVRIL 1903. N° 32.

    1903/111-113
    111-113
    France
    1903
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